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Même pas peur de débattre de la discrimination positive
Aller à contre courant des discours ambiants, protester et argumenter... Mathilde, étudiante en médecine de 20 ans s'est penchée sur le thème de la discrimination positive. Un nouveau problème de société présenté, selon elle, sous la forme d'une fausse bonne idée, loin de répondre aux besoins de la France de 2011.
Je ne veux plus de discrimination positive. Il n'y a rien de positif à devoir établir des quotas pour instaurer un semblant d'égalité.
Le simple fait d’avoir inventé le concept de discrimination positive exprime le mal être de notre société. Cela revient à considérer qu’il existe bel et bien une différence entre les individus, à les classer selon leur origine, leur sexe ou leur handicap. La question ne devrait même pas se poser car embaucher une personne pour ses compétences devrait être une évidence. Et s’il s’avère que certains « groupes sociaux » (si l'on suit cette logique) ont moins d’acquis sur leur CV, moins d’expérience… c’est que les mêmes chances ne sont pas données à tout le monde comme le voudrait la constitution.
Aujourd’hui, dans les faits comme dans l’inconscient général, on ne nait pas libres et égaux. Même si nos parents sont arrivés en France il y a 20 ans et qu’on y a toujours vécu, on sera considéré comme l’immigré de banlieue qui va effrayer le client. On fait même le distinguo entre immigré de 1ère, 2e et 3e génération, affirmant que certains sont plus Français que d’autres. Si on est handicapé on sera forcément incapable. Si on est une femme, on sera forcément derrière un bureau. Et les idées des employeurs ne sont pas différentes du reste de la population française et même mondiale.
On met donc en place des chiffres, comme un pansement sur une jambe de bois pour rétablir un équilibre précaire. On essaie de corriger les conséquences plutôt que la cause de ces inégalités : les préjugés. Et je veux que ça change.
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Tous les commentaires
Oui c'est détestable et vous faites bien de dénoncer ce triste état de faits. Difficile pour certains technocrates, ronds de cuir ou bureaucrates à la langue de bois de concevoir que l'amour puisse trouver dans la différence le terreau propice à son développement.
L'Affirmative Action constitue l'interprêtation américaine de la discrimination positive. Elle prend source au coeur de la période de lutte pour les droits civiques (années 1960). Elle permet en outre aux représentants de minorités ethniques d'accéder aux universités du pays. Certains spécialistes affirment d'ailleurs qu'au nom de l'évolution démographique de ces minorités le "facteur Affirmative Action" se résorbera de lui-même.
La conception américaine et la gestion du gouvernement de Washington à propos des questions d'intégration des ethnies sont-ils transposables dans la société française ?
à ma connaissance, il y a peu de mariages exogames en comparaison de la France dans le "modèle" étasunien, or c'est ce qui compte pour faire avancer la diversité et ipso facto son acceptation.
Courrier International avait publié un papier assez intéressant à ce propos en 2009. On y découvre une famille tout à fait atypique, les De Blasio. Couple mixte, enfants métissés... un portrait qui choqua l'Amérique emprunte d'une image traditionnelle de la famille. Bill de Blasio, le père, était alors candidat à d'importantes élections de l'Etat de New York et avait choisi de s'afficher au milieu des siens. Une prise de position risquée, même après le succès d'Obama à la présidentielle. http://www.courrierinternational.com/article/2009/10/29/les-mariages-mixtes-dernier-tabou-americain
eh bien justement: le couple Obama vient confirmer le manque de mixité ethnique aux USA.