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Même pas peur de réinventer l'école

Etudiant éducateur spécialisé, Hugo est persuadé que le modèle français de l'éducation nationale doit impérativement être repensé. Au carcan d'une pédagogie liberticide et dépassée, il souhaite opposer une pluralité des formations, une école de la vie fondée sur l'équité et bénéficiant d'un budget conséquent. Entretien...

 

Je ne veux plus des écoles qui préparent à des métiers / Je veux un renouveau complet de la pédagogie scolaire française.

 

Quel avenir pour l’école en France ? C'est la question que devraient se poser nos élus.Le système scolaire français est en échec. Il est obsolète. Mais si on ne peut pas le blâmer d'avoir vieilli, on peut reprocher aux politiques de ne pas s'être adaptés. Car il est évident qu'ils ne font rien pour améliorer la situation. Il faudrait faire table rase de tout ce qu'on a pu apprendre, remettre à plat la pédagogie actuellement appliquée. L'avenir des élèves ? Si rien n'est fait, je l'imagine assez sombre.

 

Il faut se rendre compte que l'éducation est primordiale et qu'elle a besoin d'un vrai budget. Elle doit absolument devenir autre chose qu'un carcan. Nous avons besoin d'une véritable école de la vie, diversifiée à l'image de chacun. Nous sommes l'un des pays européens ayant le plus fort taux de décrochage dans le milieu scolaire.

 

Selon moi, les politiques usent d'une tactique ô combien transparente visant à privatiser l'ensemble de l'éducation nationale et privilégier une élite. Par exemple, l'académie de Lille doit faire face à une véritable pénurie d'enseignants remplaçants. Il n'y a plus de profs de maths, de philo ou de lettres. Les absences de titulaires ne sont donc plus compensées. Je pense que l'Etat souhaiterait, à terme, faire appel à des instituts et des sociétés privées telles qu'Acadomia. Les employés de ces entreprises pouvant alors servir de remplaçants, voire de professeurs titulaires.

 

Autre point de tension : l'école préparatoire est sans doute l'un des modèles les plus abjects que je connaisse. La rhétorique employée en ces temps difficiles tendrait de plus en plus à s’apparenter à la devise « Tradition, Honneur, Discipline, Excellence » correspondant aux valeurs combattues par les protagonistes du « Cercle des poètes disparus ». On y privilégie un élitisme et un musèlement des esprits. Les étudiants de « prépa » sont tout simplement incapables de manifester une quelconque liberté intellectuelle. Le plus effrayant dans cette situation, c'est que le modèle incarné par ces quatre mots gagne du terrain dans le secteur public.

 

En tant qu'étudiant éducateur spécialisé, je souhaite un changement radical dans le paysage politique français. Je représente une profession qui n'est pas du tout valorisée à l'échelle du pays. Nous subissons des restructurations incessantes, des privatisations et des coupes budgétaires drastiques. J'espère simplement que le prochain gouvernement fera des efforts pour rétablir une situation plus tolérable.

 

Hugo, 19 ans, étudiant éducateur spécialisé

 

 

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Si vous souhaitez répondre à Hugo, n'hésitez pas à vous exprimer sur le site de la campagne et commenter cet article.

 

Tous les commentaires

Il existait une jolie formule : "faire ses humanités"...

Que signifie « faire ses humanités » ?
Il s’agit de la « formation de l’esprit par les lettres, fondés sur la conviction que l’on devient soi-même et que l’on s’arme pour la vie par une confrontation avec les grands textes du passé, et par une confrontation personnelle, en les lisant, en les traduisant, en les comprenant, en les commentant, en les imitant par soi-même, c’est ce qu’on appelait naguère "faire ses humanités" ».

Que de généralités!!! C'est avec ce genre de généralités que l'on fait malheureusement la mauvaise soupe, la mauvaise politique.
Sur le constat tout à fait d 'accord. Sur la solution aussi : tout repenser.
Mais une fois que l'on a dit cela on n'est pas plus avancé!!!!

Je fus un des premiers Docteur en Sciences de l'Education à une époque où elle n'existait pas encore. Avec l'espoir de mieux comprendre et mieux intervenir sur ce grand corps malade qu'était déjà l'Education Nationale en 1975, avec déja le constat que nous vivions une cata et qu'il fallait tout mettre à plat.

Et depuis nous avons vu pire!!! le programme de grammaire des 6 et 5 le programme de lettres -français- de 1ère sont ce qu'il y a de plus stupides qui m'aient été donné de lire dans ma vie!!! sans que les enseignants aient osés ouvrir le bec!!!! ils obéissent ... j'ai souvent pensé, comme des collabos, sans oser le dire. J'ai abandonné. Coignard vient de publier sur le thème un ouvrage interessant. Il montre combien le corps de inspecteurs fait regner un climat fascisant sur un programme qui est tout sauf ce qu'il devrait être, l'éveil des esprit et des consciences.

à Kakadoundiaye

Vous reprochez à Hugo de se contenter de généralités et de ne rien proposer de concret, si j'ai bien compris.

Mais permettez-moi de vous dire que vous-même ne faites que constater des faits... D'après les dates vous êtes pourtant plus âgé donc plus expérimenté que lui...

Que proposeriez-vous ?

Les propositions?

J'ai passé ma vie a en faire.
Elles figurent dans des rapports - certainement plus de 200- qui trainent dans les tiroirs oubliés des bureaux oubliés de ces inspecteurs et responsables qui n'ont qu'une seule idée, leur carrière.

Une seule?

Rouvrir les internats.

Une autre?

Supprimer les " tours extérieurs" qui fait que les agregés ne sont pas agrégés et que les docteurs ne sont pas docteurs.
Une autre?

En finir avec ce que je dénonce dans un billet de blog : réponse à Cusset.

 

Merci pour votre réponse.

Oui, il y a beaucoup de résistance à la nouveauté et au changement des institutions, sauf si c'est pour en dégrader le fonctionnement...

Pourriez-vous me dire où l'on trouve votre réponse à Cusset ?

Merci

Une ancienne abonnée de Médiapart avait passé son temps à proposer sur son blog une vision de l'école pas si mauvaise:

http://blogs.mediapart.fr/edition/leducation-notre-amie

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