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«Islamophobie» contre «islamofolie»?

En agitant une fois de plus ces deux spectres antagonistes, l'actualité médiatique nous donne l'exemple d'un vrai-faux débat autour de l'islam. Il a suffi cette fois qu'un agitateur politique hollandais d'extrême droite brandisse la menace fantôme d'un documentaire-brûlot sur l'islam puis qu'un journaliste italien d'origine musulmane se convertisse sous les auspices du Vatican et témoigne contre le « mal » de sa religion d'origine, dans la grande tradition des... repentis de la mafia, pour qu'aussitôt nous soient resservies les thématiques très insuffisantes, voire parfaitement illusoires, grâce auxquelles il s'agirait de « penser la présence de l'islam en Europe ».

 

Deux questions se précipitent en effet sur toutes les lèvres, comme si elles étaient fondamentales. Un, est-il décidément impossible de critiquer l'islam (le documentaire en question ayant été mystérieusement empêché de diffusion) ? Deux, l'islam n'est-il pas « par nature » une religion de la violence (thèse du « repenti » italien) ? Mais sur ce que valent réellement ces questions, qui pour s'interroger ? Qui pour prendre un peu de recul face à leur bien-fondé apparent ?

 

J'ai conscience – je le précise d'emblée – qu'en m'interrogeant ainsi de façon critique sur ces deux questions, en suspectant leur prétention de pertinence, je m'expose à la réaction immédiate de ceux qui voudront y voir une nouvelle preuve qu'on ne peut rien dire contre l'islam... Bref, voilà comment par le simple effet de buzz de deux dépêches d'agence au contenu squelettique – mais qui excitent terriblement les imaginations - refont surface et florès deux théories qu'il faudrait pourtant examiner avec la plus grande circonspection.

Première théorie, il serait totalement impossible de critiquer librement l'islam en Europe à cause de la présence d'une pieuvre islamiste aux ramifications étendues imposant par le chantage de la violence une « loi du silence » à tous les esprits libres – image fantasmatique d'une Europe «tenue par l'islamisme», paralysée de peur par une islamofolie meurtrière, constituée de noyaux terroristes actifs, nombreux, organisés et fanatisés par l'idée que le sacré se protège par la violence et qui menaceraient en permanence, dans son fondement même, notre principe de liberté d'expression.

 

Voyez, nous dit cette théorie, ce qu'ils ont fait à Théo Van Gogh et ce qu'ils aimeraient faire aux caricaturistes danois. Il ne s'agit pas pour moi de nier qu'il y a effectivement en Europe de tels fous furieux qui se disent musulmans (le fou ne se prend-il pas toujours pour Napoléon ?) et qui, même s'ils ne sont que quelques poignées, suffisent hélas à tuer et à menacer, contraignant chez nous Robert Redeker à continuer de se cacher. Je ne relativise pas ce danger. Je n'excuse à aucun degré cette violence.

 

Mais, combien de fois faudra-t-il le rappeler, les musulmans européens dans leur ensemble la refusent avec horreur et consternation en demandant explicitement qu'on la considère comme une dégénérescence de l'islam ? Les musulmans sont les premiers critiques de ces dérives meurtrières perpétrées au nom de leur religion. Par conséquent, il ne me semble pas du tout impossible de critiquer la violence perpétrée au nom de l'islam. Ni même, ce que je fais personnellement depuis des années, en proposant une façon de vivre l'islam lui-même qui soit débarrassée de ses archaïsmes. Simplement, je le reconnais volontiers, c'est là un exercice difficile : même si les musulmans européens condamnent la violence, l'islam demeure chez la plupart une foi qui n'a pas encore assez l'habitude d'être remise en cause, qui n'a pas encore réellement intégré le principe du droit de la raison à discuter la révélation et les autorités religieuses.


Culturellement, les musulmans restent extrêmement sensibles à tout ce qui peut leur apparaître comme « blasphème » - une catégorie théologique dont l'Europe sécularisée a presque perdu la notion. Alors certes les plus fanatiques prêts à tuer pour « défendre l'islam » ne sont ici qu'une infime minorité, mais la masse même des musulmans conserve sur tout ce qui touche à la religion une réactivité exacerbée. Le problème de fond est là : au-delà de la violence meurtrière de quelques uns (qui représente le danger immédiat contre lequel l'Europe doit se prémunir), c'est le rapport général des musulmans à l'islam qui doit encore évoluer vers plus de capacité critique et de sérénité.

 

Dans cette direction, il faut que l'effort soit mutuel : que de leur côté les musulmans s'émancipent de la tutelle des traditions, des coutumes, des représentations et réflexes anachroniques; que de l'autre l'Europe comprenne la difficulté de cette tâche pour des populations dont le rapport à l'islam est souvent le seul pilier ou refuge d'une identité malmenée par les difficultés d'intégration (pas seulement culturelles mais aussi économiques).

Deuxième théorie – sur laquelle je passerai plus rapidement – une islamophobie rampante s'ourdirait à partir des caves du Vatican, inspirant le discours de Ratisbonne et instrumentalisant la conversion de ce journaliste – éminemment symbolique pour qui voudrait effectivement affirmer la supériorité du christianisme sur l'islam et sa plus grande compatibilité avec notre modernité. « Voyez », nous dit à son tour cette deuxième théorie, « à quel point l'Europe refuse de toutes les fibres de son histoire et de ses héritages l'implantation sur son territoire de cet islam si étranger, implantation qu'elle subit comme une colonisation à l'envers et une croisade qui aurait lieu cette fois sur le sol d'Occident ». « Voyez à quel point l'Europe déteste l'islam et les musulmans », « Voyez à quel point l'Europe continue de traiter ses immigrés comme des étrangers qu'elle discrimine de mille et une façons »... L'islam en Europe serait ainsi ostracisé, et les musulmans immigrés continueraient d'être persécutés ouvertement ou insidieusement comme s'ils étaient marqués à jamais du sceau de l'exclusion. Nous ne sommes pas loin ici du trouble paranoïaque.


Or là encore, relativisons. Oui, il y a vis-à-vis des populations et des individus d'origine immigrée, notamment africaine, turque et maghrébine, un problème de racisme qui bloque l'intégration. Mais combien de fois faudra-t-il souligner qu'à côté de ses racistes, l'Europe compte surtout des millions d'hommes et de femmes éduqués dans l'ouverture à l'autre, quel qu'il soit, et la conviction que la valeur d'un individu est dans ses qualités morales, dans ses compétences, dans ses idéaux, indépendamment de sa couleur de peau ou de sa religion ? Et combien de fois faudra-t-il encore rappeler contre le préjugé d'islamophobie que les peuples d'Europe dans leur majorité n'ont pas de position aussi extrême sur l'islam lui-même, et ont la lucidité de comprendre que les problèmes posés par les populations immigrées d'origine musulmane tiennent moins à leur religion qu'à l'addition de leurs difficultés économiques et culturelles en général ?

Tentons donc de redonner à la situation sa juste appréciation. Il y a certainement en Europe des cellules terroristes où nichent des individus psychiatriquement atteints par le fanatisme islamiste. Il y a également un scepticisme relativement répandu vis-à-vis de l'islam chez les autres européens, relatif à sa capacité réelle de s'acclimater à la modernité. Mais tous ceux qui tiennent des bords extrêmes – les fanatiques de l'islam contre ses ennemis – ne constituent qu'une frange d'intolérance et de haine au regard de l'ensemble de nos sociétés. La plupart des musulmans européens vivent leur foi et leur culture de façon pacifique.

 

La plupart des européens non musulmans n'ont pas vis-à-vis de l'islam davantage de préjugés qu'ils n'en ont sur « la religion » en général. Pourquoi faudrait-il donc entrer dans le jeu qui consiste à systématiquement mettre en avant les positions les plus extrêmes sur le sujet, et faire comme s'il y avait actuellement en Europe une guerre entre pro-islam et anti-islam ? Une guerre entre ceux qui voudraient « islamiser l'Europe » le sabre entre les dents, et ceux qui brandissent l'étendard de la « défense de l'Occident chrétien » ? A qui profite de faire ainsi régner la psychose et d'entretenir les fantasmes les plus irrationnels ? Certainement pas à nos sociétés désireuses d'inventer un vivre-ensemble qui réponde au défi du multiculturalisme.

En tant qu'intellectuel musulman, je me sens trop souvent pris au piège de ce type de débats. On me demande en effet de réagir à ces deux « informations » – le documentaire que personne n'a vu (!) et l'anecdote montée en épingle de cette conversion personnelle – comme s'il s'agissait là d'une actualité capitale, qui serait particulièrement révélatrice de ce qui fait problème autour de l'islam et qui comme telle mériterait d'être portée à l'attention du public à longueur d'antenne et d'écrans consacrés à cette soi-disant guerre de l'islamophobie contre l'islamofolie.

 

Je me retrouve alors face au dilemme suivant : soit je commente l'information, et je rentre alors dans ce jeu du vrai-faux débat de société tandis que les vraies questions sur l'islam sont ailleurs; soit je laisse tomber, je garde le silence (atterré qu'une fois de plus la question de l'islam soit traitée de façon aussi réductrice), mais alors je perds une occasion de ramener les choses à leur juste proportion. Intervenir et par là même accentuer le buzz autour de quelque chose qui n'en vaut pas la peine, mais intervenir quand même pour contribuer à approfondir le débat en allant voir au-delà de cette actualité. Ou bien ne pas intervenir et par là même rester en accord avec moi-même et mon appréciation personnelle de la chose, tout en ayant conscience qu'en n'intervenant pas je laisse un peu plus libre cours au règne des préjugés ambiants.

Je tranche cette alternative en choisissant d'intervenir ici, pour tenter de mettre en lumière deux choses : tout d'abord, le caractère extrêmement polémogène de ce type d'informations – pas innocentes et à considérer avec précaution – qui ont pour effet d'exciter les positions les plus extrêmes en persuadant un peu plus les partisans d'une défense de l'Occident chrétien que l'islam est le nouvel « péril rouge » et en ulcérant dans le camp d'en face les tenants d'un islam radical que la place de leur religion ne se fera ici que par l'invasion et la force; ensuite, le fait que ces mêmes informations masquent trop ce qui est la véritable interrogation concernant l'islam d'Occident : va-t-il réussir la révolution culturelle dans laquelle il est engagé ici, qui lui fait prendre un peu plus chaque jour la voie de la liberté personnelle (de croire ou de ne pas croire, de se voiler ou pas, etc.), ou bien va-t-il revenir en arrière en se laissant emporter par la révolution conservatrice qu'on observe un peu partout dans le monde musulman ?

 

L'islam d'Europe est à mes yeux dans une situation exceptionnelle, ou plus précisément dans une matrice culturelle d'une fécondité dont on mesure encore très mal les effets. Il peut ici profondément se régénérer – trouver même le lieu d'une Renaissance – parce qu'il bénéficie de la stimulation morale, sociale et politique de notre continent sécularisé, et aussi parce qu'il hérite en même temps que tous les autres européens de la question extraordinairement riche et complexe du devenir de l'humanisme, question la plus décisive pour le destin de notre continent et à laquelle l'islam est appelé comme toutes nos autres ressources spirituelles et philosophiques à apporter sa contribution.
On est loin ici de la question des caricatures ou du vrai-faux documentaire...

 

Ayons conscience qu'en donnant une importance excessive aux représentations les plus radicales qui ont cours sur l'islam européen, notamment en le caricaturant comme « menace pour la liberté d'expression », « présence rétrograde et hostile à notre modernité », nous ne faisons pas justice aux efforts de millions de musulmans européens qui n'ont aucun problème de fond avec des valeurs – de liberté, d'égalité des sexes, de tolérance – qui sont tout autant les leurs que celles de tous.

 

Ayons conscience aussi, du côté musulman cette fois, qu'il est temps que chacun prenne ses responsabilités, c'est-à-dire accentue autour de lui le travail d'explication nécessaire pour aider les non musulmans à mieux faire la différence entre islam et islamisme, c'est-à-dire entre la vie spirituelle sereine et paisible et le fanatisme d'une religion pervertie par la violence. Pour que la terre appartienne aux hommes de bonne volonté, encore faut-il qu'ils prennent la parole en lieu et place des prêcheurs de haine.

Tous les commentaires

Cher Abdennour Bidar, vous vous demandez si vous devriez parler ou vous taire? - La réponse est claire: parlez. Et merci mille fois pour cet article, en espérant qu'il y en aura d'autres. On entend beaucoup trop les extrêmes et les dangereux simplificateurs, et pas assez les avis construits et modérés comme les vôtres, avec qui on pourrait avancer et enfin trouver la sortie.
Vous n'avez pas la partie facile, puisque tout est fait pour vous piéger, oui, même les plus intelligents comme vous, et vous faire tomber dans le "slogan à l'emporte-pièce" voire la "petite phrase déformée, sortie de son contexte et répétée en boucle", mais ce serait tout simplement une perte et un regret, que de se priver de vos vues.
Vos théories ou tentatives d'explication: Attention, si elles contiennent un fond très solide et logique, elles contiennent aussi tout ce qu'il faut pour tomber dans les pièges que j'évoquais à l'instant. Je ne suis pas sûr non plus qu'elles soient si efficaces, bien qu'indispensables, si elles ne prennent pas en compte dans quel état d'indigence se trouve le débat public en général. Si j'étais vous, je considèrerais avant tout la manière dont tout le "buzz" fonctionne, précisément parce que ce n'est pas qu'une manière de fonctionner des médias et des peuples européens captifs: c'est bel et bien une cause de tout le "problème de l'islam en Europe", c'est même, je crois, la raison principale des incompréhensions et du malaise. Car les médias se sont pervertis au fil des ans, en une grande entreprise commerciale qui n'a plus rien à voir avec l'information. Il s'agit avant tout de gagner de l'argent, en offrant au "public" un spectacle permanent basé sur des idées-choc (vendeur...) et si possible simplettes, pour faire encore plus de "chiffre" avec les masses décervelées par TF1. C'est le grand jeu médiatique, celui-là même qui a amené les fondateurs de Mediapart à prendre conscience du danger (de voir disparaître carrément la profession de journaliste: non je n'exagère pas) et à prendre le contre-pied ici.
Le grand jeu médiatique, c'est bel et bien de tomber ainsi chaque jour dans le sensationnel, et de surtout se baser sur des infos comme celles de la sortie de Fitna, film insignifiant en lui-même si on considère tout ce qui sort comme autres films excellents, et toutes les reprises, et toute l'info qu'il y aurait à traiter, sans compter les urgences et autres analyses qui sont passées sous silence en permanence. Le grand jeu médiatique, c'est de se fabriquer ainsi des sujets dits "sensibles", et de soigneusement entretenir "le malaise", pour avoir comme ça de temps en temps, des "rebondissements haletants" dans le grand feuilleton permanent et addictif.
C'est le grand problème de la politique française: le fait qu'elle soit complètement engluée dans un "grand jeu politico-médiatique" qui l'empêche d'évoluer, qui empêche les citoyens et les électeurs d'ouvrir enfin les yeux alors que le pays est arrivé (pas seulement économiquement) au bord du gouffre. Et de la même façon, c'est cela, le grand "problème de l'islam en Europe": se trouver ainsi récupéré dans ce jeu de marchandisation de l'information, ce jeu qui implique la participation la plus simplette et décervelée de la majorité des "consommateurs audimatisés".
Ah, si des philosophes comme vous pouvaient dénoncer ce problème, véritable problème de société et cause de tant de maux, notamment celui de l'incompréhension et de la mauvaise volonté à propos et de la part de l'islam. Ne vous laissez pas piéger dans le jeu qui dénaturera vos propos: prenez du recul et demandez aux médias de faire leur travail! Merci :-)

Merci de votre intervention. Il est totalement indispensable que les musulmans qui défendent une religion de paix et de tolérance aient la parole, la prennent et se fassent entendre. La radicalisation religieuse est une préoccupation : les fanatismes sont multiples (pas seulement islamistes) et montent en puissance. La seule alternative réside dans l'implication à la fois sereine et forte des hommes de bonne volonté qui se revendiquent avant tout comme humains pour qui la valeur fondamentale est l'homme et sa liberté. Liberté pour chacun de croire ou de ne pas croire. Nos sociétés permettent cette précieuse liberté que nous avons mis si longtemps à conquérir. Nous avons besoin de les entendre. Nous avons besoin de comprendre ce qui cause ce fanatisme grandissant et d'œuvrer sur ces problèmes de fond : l'identité et la dignité auxquelles chacun a droit mais qui sont souvent malmenées. Affirmer haut et clair la condamnation de tout totalitarisme tout en réaffirmant les principes humanistes souvent bafoués dans les faits dans nos sociétés. Naïfs seraient ceux qui considéreraient que le problème islamiste ainsi que tout fanatisme (certains mouvements évangélistes aux États Unis) n'est pas dangereux. Inconscients seraient ceux qui y répondraient par une radicalisation supérieure. Le respect de chacun implique évidemment d'accepter les différences tout en demeurant intransigeant sur ce qui constitue la cohérence de notre société. C'est la garantie d'être considéré comme citoyen qui permet à chacun une liberté individuelle. Etre citoyen offre cette liberté et implique le respect de la règle républicaine. Chacun doit pouvoir se sentir citoyen à part entière, ce qui n'est pas toujours le cas, et ceci est inacceptable.Chacun doit avoir la volonté de revendiquer cette dignité. Mais cette revendication, pour être positive ne peut se faire au détriment de l'autre. De la force et de la mesure. La liberté et la dignité pour chacun impliquent une mesure tout autant qu'une forte conviction dans le combat. Celui-ci est de la plus haute importance car de son issue dépend l'essence même de l'être. Camus a traité en son temps ce difficile équilibre entre révolte et mesure dans son essai "L'homme révolté" dont je recommande la lecture.

Face au niveau intellectuel élevé aussi bien de l'article que des deux réponses qui sont faites, j'ose à peine faire entendre ma voix. Je le fais cependant. Proner la pratique d'une religion de paix et de tolérance, c'est bien, mais je me demande parfois si le ver n'est pas dans le fruit, si l'intolérance n'est pas contenue dans les vérités révélées qui ne laissent pas d'espace aux vérités ou aux recherches de vérité des autres. car si l'on est adepte d'une vérité révélée c'est donc que forcément les autres ceux qui ne la partagent pas se trompent et comme ces religions sont prosélytes, la tendance c'est tout de même de faire entendre raison à ceux qui sont dans l'erreur. Ce questionnement est le même d'ailleurs que celui qu'on se posait encore il y a peu sur le communisme. Le goulag était-il inclus dans le communisme ou n'en était-il qu'une perversion ? Personnellement et jusqu'à présent je penche pour la première proposition. Je note seulement que par le passé comme par le présent les religions ( comme les idéologies, les systèmes bouclés, les mode d'emploi irréfutables du monde) génèrent plus de guerres civiles, de sang, de larmes et d'horreur que de paix et d'harmonie. Tout le monde n'est pas comme ce pasteur qui m'expliquait qu'il était certain de l'existence de Dieu et que sa tolérance consistait à accepter que les autres se trompent !

Tous les angles de vue en direction de la liberté, de l'humanisme et donc du respect sont indispensables. L'essai de Camus (des années 50), cité dans mon post, examine très longuement le système soviétique ainsi que le nazisme. La révolution du XXème consistait, pour la première fois depuis des milliers d'années, à définir l'homme sans Dieu. Cette tentative a abouti à des tragédies sans nom. Camus y plaide pour une attitude tout aussi déterminée que mesurée afin de construire une société véritablement humaniste dans un équilibre difficile à ériger, entre justice et liberté. Camus replace l'action à hauteur d'homme, entre un oui et un non, également assumés.Je partage vos interrogations et vos réflexions.Cependant, il existe des croyants qui vivent leur foi à titre personnel et cette liberté de pensée est tout aussi incontournable qu'elle se doit d'être encadrée, limitée à la liberté des autres d'être dans ou hors de toutes croyances. On ne peut pas sortir de cette nécessité. Un espace est ainsi garanti pour opposer toutes pensées et actions à l'encontre des dérives directement liées à une idéologie, quelle qu'elle soit. Il existe une différence de nature entre une foi personnelle et une idéologie religieuse, c'est là que doit se situer la profonde dissociation. Oui à l'une, vigilance pour l'autre. La foi témoigne d' un parcours personnel, l'idéologie affirme être en possession de l'unique vérité et veut l'imposer à tous. Un combat à hauteur d'homme contre toutes formes d'idéologie, c'est peut-être ça être citoyen.

Merci, Monsieur, pour votre article. Mais, je ne suis pas convaincu. La tolérance est pour moi un des éléments fondamentaux de la vie. Elle est synonime de partage, d'échange, de citoyenneté, d'avenir. Mais en lisant le Coran, je ne la vois pas, pas plus que la liberté et je me dois de distinguer les versets de La Mecque de ceux de Médine qui prônent une rare et terrible violence contre l'Infidèle qui doit se convertir ou mourir. Sang, lapidation, voile, musique interdite, femmes soumises, meurtres soi-disant d'honneur... La liberté et la raison sont rejetées par une religion qui est incapable de se remettre en question. Il y a alors de quoi avoir peur. Et que penser des chrétiens d'Orient persécutés, rejetés, torturés, voire assassinés, alors qu'ils sont là depuis 2 millénaires (bien avant l'Islam donc) ? Tout chrétien est pratiquement interdit de séjour en terre d'Islam ! Pas une église ne peut s'y construire alors qu'on exige de construire des mosquées en France ! - je suis favorable à ce que tout religion ait son lieu de culte. C'est pour moi normal et légitime. Mais pas sous la contrainte. Les Chrétiens Chaldéens fuient leur terre. Cette terre qu'ils ont fait vivre, fructifier et grandir. Et l'on reproche à la France d'en accueillir 500 avec cet argument spécieux : "Pourquoi eux et pas des musulmans". Va t'on pour le politiquement correct, les laisser mourir ? Pas un musulman n'a osé manifester dans la rue contre les violences terroristes. Mais si on porte atteinte à l'Islam, les rues se remplissent de manifestants intolérants et violents et que de crimes on va commettre en son nom, que d'oukases et de fatwas ! Les millions de musulmans européens doivent montrer et prouver qu'ils s'opposent à cette violence islamiste, qu'ils la combattent haut et fort, qu'ils veulent liberté, dignité, tolérance, qu'ils défendent les lois de leur pays d'accueil.

Oui ! On attend avec impatience que les musulmans européens et démocrates se fassent entendre, puisqu'ils le peuvent, !!!

Je sous cris entièrement au point de vue exprimé par "André et Francine", dont j'aimerais savoir si M. Abdonnour Bidar va le classer dans la catégorie "islamphobie" ou "islamofolie" ? Idem pour mon propre point de vue que j'ai exprimé, ici même, dans un billet du 29 mars intitulé "je hais les extrémistes extrêmement; je n'aime les modérés que modérément". Si l'on ne voulait pas que les extrémistes aient l'exclusivité d'alerter l'opinion, c'était aux musulmans européens acquis aux valeurs démocratiques, soutenus par nos intellectuels, de dénoncer eux-mêmes le problème évoqué. Problème qui n'est pas que théorique ! Est-il besoin de le rappeler ? Les attentats terroristes relèvent-ils du fantasme ? Faut-il rappeler que l'aplication littérale de ces préceptes coraniques est couramment prônée par des imans ? Que si elle ne l'est pas davantage, c'est par les flics des RG sont à l'écoute, très activement, dans les mosquées ? Que si le passage à l'acte n'est pas plus fréquent, c'est parce que notre police est assez efficace ? Quant à notre intelligentsia qui donne des leçons à l'extrémisme, j'aimerais qu'elle se rappelle du soutien qu'elle apporta au stalinisme, du temps de ses beaux jours. jean-paul yves le goff

Les manifestations en réaction à des propos anti musulmans attirent souvent beaucoup de monde mais peu de musulmans manifestent contre les violences perpétrées en leur nom. A quand de grandes manifestations du monde musulman pour se lever contre la vision dévoyée de l'Islam que nous proposent les Islamistes? Ces manifestations ne sont pas envisageables dans certains pays arabes (peut etre d'ailleurs les musulmans europeens devraient ils se battre pour defendre la liberte d'expression qui manque tant ailleurs?) mais en Europe, en Amérique de telles démonstrations pour définitivement isoler la pensée radicale sont possibles. On espere qu'elles auront lieues un jour car les critiques contre L'Islamisme auront d'autant plus d'impact qu'elles seront portées par un Islam modéré et ouvertement en opposition avec une frange extrémiste. Mais aujourd'hui c'est manifestement la frange que l'on voit le plus.

Bonjour, Merci Monsieur Bidar pour cet article. Merci à tous pour leurs réactions dont certaines sont très intéressantes. J'aimerais d'abord analyser ou critiquer les propos de André et Francine : "Mais en lisant le Coran, je ne la vois pas, pas plus que la liberté et je me dois de distinguer les versets de La Mecque de ceux de Médine qui prônent une rare et terrible violence contre l'Infidèle qui doit se convertir ou mourir. Sang, lapidation, voile, musique interdite, femmes soumises, meurtres soi-disant d'honneur... La liberté et la raison sont rejetées par une religion qui est incapable de se remettre en question .." - Affirmer que le coran invite à convertir les gens sinon les condamner à mort est archi-faux. Un verset clair et net , sourate "la vache", le précise "On ne contraint personne à la religion " ! - La lecture du coran à elle seule ne permet, hélas, pas de bien comprendre "les piliers de de la foi" ou "les objectifs de la voie du croyant" en islam : le lecteur doit se tourner vers plus d'une référence et livres, abordant souvent la vie du prophète et illustrant ainsi l'application du texte, le coran, dans le contexte. Je donne simplement un exemple qui montre que l'on ne peut faire l'impasse sur les exégèses sous prétexte d'avoir en possession le texte source qui est le coran : il existe de nombreux versets qui ont été abrogés par d'autres versets. Il est donc tout à fait logique qu'une lecture, aussi approfondie soit-elle, du coran sans revenir aux sources fondamentales, ie les références de l'exégèse du coran selon le consensus des savants, ne permette au lecteur de comprendre l'islam tel qu'il est pratiqué par une majorité écrasante de musulmans dans le monde.. Ainsi, de deux choses l'une : soit l'on fait les efforts nécessaires pour bien comprendre un texte, soit l'on prend en compte les paroles et les actes de plusieurs centaines de millions de musulmans dans le monde qui montrent, partout notamment en europe, qu'ils sont attachés aux valeurs universelles : liberté d'expression, démocratie, liberté de conscience etc.. les prendre donc en compte dans son jugement sur une religion. Je dois dire, car je vois les doigts de certains s'impatienter à me répondre, que mon propos ici est de ne pas nier des vérités établies et évidente qu'il y ait des musulmans, heureusment minoritaires, qui prônent la violence au nom de la religion. La majorité des musulmans sont tellement pacifiques que seules quelques petits groupes se mobilisent avec violence contre des attaques, parfois stupides, contre l'islam. Il n'y a qu'à voir le nombre de personnes qui ont participé partout dans le monde aux manifestations contre les caricatures : Ce n'est pas parce que des médias projetent leurs caméras sur ces manifestations en zoomant sur une barbe et une femme totalement voilée que ces manifestants sont représentatifs de la société dans laquelle ils vivent ! Plus que jamais, l'islam fait l'objet à la fois d'attaques stupides de certains "intellectuels" et d'instrumentalisations de la part de courants extrémistes aux pays majoritairement musulmans. La motivation des premiers réside souvent dans une xnéphobie sans précédent dirigée occasionnellement vers les musulmans et qui fut exprimée à l'encontre des juifs lors du siècle précédent. Quant aux seconds, une compréhension littéraliste des textes religieux en est principalement la cause. Pour être juste, l'ignorance serait à l'origine de ce climat de peur, une peur de l'autre qui s'installe à la fois en occident et dans les pays majoritairement musulmans. Je souscris à vos appels pour que les musulmans fassent entrendre la voix de la raison et la paix et prennent des positions claires refusant l'extrémisme et la violence de tous bords. Je finis en disant qu'une vie dans le multiculturalisme exige que chacun, quelque soit sa sensibilité ou croyance, se décentre de ses références et fasse l'effort de l'auto-critique y compris dans sa lecture et compréhension des textes sacrés. Sinon, personne n'accepterait les critiques des autres au sujet de ses propres références et la passion se saisit des débats pour ne laisser aucune chance à l'échange respectueux et constructif. Encore un Grand Merci à Mr BIDAR, Merci à Toutes et à tous.

Voilà un article bien intéressant et les réactions qu'il suscite nous montre tout l'intérêt d'ouvrir un débat profon sur l'Islam. Voici quelque point qui me tienne à coeur : - Le texte en lui même, que j'ai vaguement essayé de lire et dans lequel, j'ai effectivement lu qu'il faut "brûler les infidèles" et beaucoup d'autre terme violent que soulignent André et Francine. L'éclairage de Boubekra nous explique finalement qu'il y a des éxégèse (je sais à peu près ce que c'est, mais suis trop Athé pour en donner une bonne définition, il serait cependant intéressant que nos amis nous expliquent ce que c'est, qui les écrit etc...) et qu'il y a dans le Coran des phrases de paix et d'universalisme. La réalité est là, il y a en fait dans le Coran comme dans la Bible de nombreuses contradictions qui font qu'il est impossible de lire ces livres sans un regard critique (d'où le rôle des exégèse je crois, mais je ne veux pas dire de bêtise). - Pour ce qui ait donc de distinguer 2 Islams, il est en effet plus que temps que des musulmans puissent enfin prendre la parole. car en effet, et tout le monde le sait, il y a 2 Islams (peut-être plus) l'une paacifiste et l'autre terroriste. Merci messieur de nous donner l'éclairage que vous dites majoritaires. Dans son dernier livre, BHL ouvrait la réflexion en mettant un mot sur ce fanatisme, il l'appelle "fascislamisme", dans le but justement ne plus faire l'amalgame entre l'islam et ce fanatisme religieux. J'avais trouvé la notion intéressante, qu'en pensez-vous ? -Enfin, et là se sera quand même un peu plus critique envers l'Islam modéré d'Europe. Tout d'abord, les musulmans qui ont porté plainte contre Charlie Hebdo sont-ils des modérés ou des fanatiques ? je crois qu'il y a eu là une grave erreur de ces représentants des musulmans de France car c'était alors le bon moment pour cet Islam modéré de se démarquer de ces fanatiques minoritaires. Pourquoi ne l'ont-ils pas fait ? et en ce qui concerne cette pseudo peur de la montée de l'Islam radicale en France, j'ai l'impression, et je parle volontairement d'impression car une impression n'est fondé que sur des observations personnelles et non sur une méthode scientifiques, l'impression donc, que sans être fanatique, de plus en plus de jeune musulmans se laissent poussé la barbe et pratique parfois trop rigoureusement un certains nombre de pratique, il en ai de même avec le port du voile pour les jeunes musulmanes. Qui apprendra à la jeunesse musulmane qu'il faut lire le Coran avec un regard critique ? Encore bravo pour votre texte et le débat que vous venez d'initier... pourvu qu'il ne s'arrête pas là !

Lepido, J'essairai de répondre succinctement à tes questions : 1- Pour l'exégèse du coran : il s'agit de travaux d'explication du texte coranique par des écrits plus simples visant à rendre accessible le sens des versets du coran. Les exégèses du coran sont nombreuses, certaines étant plus littéralistes que d'autres, mais dont la quasi-totalité reconnue par ce que l'on appelle "l'unanimité des savants" doit respecter plusieurs règles précises. Je cite ici brièvement à titre d'exemples les règles suivantes : - Veiller à la concordance de l’interprété et de l’interprétation , - Être attentif aux circonstances de la révélation d’un verset : le Coran ayant été révélé, par séquences inégales et parfois par chapitres entiers sur une durée de 23 ans. Sans ces circonstances, on peut parfois mal interpréter le sens d'un verset , - Mentionner le lien entre les versets : l'existence de versets abrogés en est un exemple , - .... Il est, à mon avis, clair qu'il est impossible de lire un livre comme le coran de la même façon qu'on lirait un livre de littérature classique... L'exercice serait probablement intéressant sur le plan de la beauté de la formulation notamment en arabe mais n'est à mon avis pas suffisant si l'on souhaite comprendre mieux l'islam. 2- Pour ce qui est de la formulation du fascislamisme formule de BHL, je pense que cette formule est très proche de celle qu'avait lancée Oriana Fallaci qui parlait d'un fascisme vert. Je pense sincèrement que les formules de ce genre ne font qu'exacèrber les tensions entre islam et occident : cela est dû principalement à l'utilisation excessive de ces expressions par certaines figures de l'extrême droite en europe et par quelques sénateurs républicains américains afin de justifier la guerre contre l'axe du mal (Bush a d'ailleurs utilisé à plusieurs reprises la formule "Fascisme Islamique" pour défendre sa politique au proche orient). 3- Quant aux musulmans, dont les représentants de la mosquée de Paris, qui ont porté plainte contre "Charlie Hebdo" pour avoir diffusé les fameuses caricatures de Mahomet, je trouve cela à la fois maladroit et inefficace (pour le but qu'ils visent qui est de condamner Charlie Hebdo). Je pense en effet que c'était une erreur puisque de nombreux citoyens n'ont pas compris l'objectif de la plainte. Inefficace car ce fut une magnifique opportunité pour Charlie Hebdo de poser comme étant Le défenseur de la liberté d'expression en France (ou en Occident comme ils le disent si joliment). Pour terminer sur ce sujet, ces agitations médiatiques traduisent un populisme provocateur qui ne cesse d'augmenter qui surfer sur les peurs des uns et des autres et cela commence franchement à atteindre des excès (il n'y a qu'à voir le dernier film du député hollandais Wilders). 4- Sur l'impression d'une augmentation de la pratique, j'aimerais dire simplement que la barbe ou le voile ne font ni le moine ni l'imam... Je suis partisan de la liberté de conscience de tous et donc au devoir au respect des CHOIX de chacun fussent-ils sur l'aspect "esthétique" : barbe, voile ou autres ... Ceci étant valable notamment dans l'espace public tant que ces choix respectent le cadre de la loi républicaine. 5- Enfin, je crois profondément que les croyants ne peuvent être fidèles aux finalités de la foi sans emprunter le chemin de l'évolution : autrement dit, la lecture des textes doit être menée en harmonie avec son environnement et ne doit nullement s'enfermer dans l'interprétation littéraliste. Le débat est en effet intéressant et Merci à Edwy Plenel d'avoir créé ce site,

Merci pour cette réponse qui me satisfait pour une bonne partie. J'apprécie et partage votre analyse sur la foi et le chemin de l'évolution. Bien que Athè, je suis sensible à la pratique de chacun, et le laïque que je suis reste respectueux de la foi des autres personnes. Je pense que les musulmans ont toutes leurs place en France et en Europe. Il faut que la France, avec la communauté musulmane, construise les conditions qui permettront aux musulmans de pratiquer sereinement leur culte. La première étant le lieu de culte et quand je vois les débats soulevé à l'échelle de ma commune sur cette question, je constate qu'il faudra beaucoup de patience !!! Dans son article, A. Bidar dit "Ayons conscience aussi, du côté musulman cette fois, qu'il est temps que chacun prenne ses responsabilités, c'est-à-dire accentue autour de lui le travail d'explication nécessaire pour aider les non musulmans à mieux faire la différence entre islam et islamisme". A Lyon, ou aux alentours, je ne sais plus exactement, le permis de construire de la mosquée, en partenariat avec des associations et la commune s'est faite avec une petite contrepartie : organiser des journées d'information, genre journée "porte ouverte" avec visite et surtout explication des fondamentaux de l'Islam. Je trouve ce premier pas intéressant, car l'ouverture du lieu de culte retire la méfiance que la population peut en avoir. Ne faut-il pas multiplier ce genre d'action ? en inventer d'autre ? En tout cas, il est grand temps effectivement que la société et l'Islam se rapprochent pour mieux vivre ensemble, pour ne pas laisser de place aux extrémismes de chaque côté.

Merci M. Bidar, je précise que je me décrirai comme Chrétien. Certaines réactions à l'article de M. Bidar montre que le chemin est encore long pour "démontrer" à certains qu'on peut être musulman sans être rempli de haine. Toutes les religions ont produit leurs fanatiques. Aujourd'hui encore certains au nom du Christianisme accomplissent des actes barbares (Ouganda, Congo). Je ne fais évidemment aucune comparaison avec les actes terroristes islamiques qui peuplent nos écrans. On ne rappellera jamais assez que les victimes de ce terrorisme islamique sont principalement des musulmans. L'Islam doit être jugé à travers le comportement des musulmans comme on le fait pour les chrétiens et les juifs. Il y'a dans les livres sacrés des trois religions monothéistes des passages qui pourraient radicaliser certains esprits.

Bonjour à vous ! ______________ Bonds et rebonds ! *** A ceux qui se préoccupent du fait que « peu de musulmans manifestent contre les violences perpétrées en leur nom », il leur sera simplement demandé de s’interroger sur : « Quand, pour la dernière fois, les catholiques pratiquants et tolérants ont-ils manifesté contre les débordements des catholiques intolérants et intégristes ? » Au sujet de cette autre interrogation : « A quand de grandes manifestations du monde musulman pour se lever contre la vision dévoyée de l'Islam que nous proposent les Islamistes ». Même réponse que celle apportée à la préoccupation précédente. *** Il n’y aura pas plus de manifestants dans la rue pour défendre la liberté de conscience contre le terrorisme, l’intégrisme et l’intolérance religieuses du côté des musulmans que du côté des catholiques, pratiquants ou non. Qui a défendu et qui défend aujourd’hui encore cette liberté ? Qui aujourd’hui est capable de se mobiliser ? Une petite partie de la classe moyenne, athée ou bien, agnostique, moyennement éduquée et une partie de la classe supérieure, supérieurement éduquée laquelle a accès aux moyens d’informations et de communications. Hors, ces deux classes n’existent pas chez les français issus de la culture arabo-musulmane - du moins, pas en nombre suffisant pour que... toute mobilisation d’une petite partie de ces classes puisse se faire entendre et ce faisant, avoir un réel impact. Les majorités silencieuses demeurent... (devinez ?) ... silencieuses où qu’elle soit et d’où qu’elle vienne ; et quand cette majorité appartient à une minorité, on parlera d'un silence... Assourdissant. ___________ Serge ULESKI : Littérature et peinture à l'adresse suivante : http://sergeuleski.blogs.nouvelobs.com

Ni "Hors, ces deux classes n’existent pas chez les français issus de…" ni "Une petite partie de la classe moyenne, athée ou bien, agnostique" mais "une petite partie de la classe moyenne croyante, athée ou agnostique" car on peut être "moyennement ou supérieurement éduqué" et croyant et "Or ces deux classes n’existent pas chez les français issus de…" donc.

Laïque et athée, je regrette que l'Islam soit si "voyant"en partculier pour les femmes emprisonnées dans des vêtements qui les déshumanisent ou quelquefois porteuses d'un drapeau provocateur. La religion est de l'ordre de l'intime, montre-t-on son intimité à tout le monde ...? C'est pourquoi, compte-tenu des surenchères religieuses qui vont croissant, il faut en cantonner les signes à l'espace privé : synagogues, églises, mosquées etc... domiciles, clubs etc...et les proscrire des lieux publics où ils "agressent" et ceci de la moindre croix ou "voile" ou kippa . Qui ne voit pas que le retour du religieux est de plus en plus prégnant dans la sphère publique ? Si cette démarche enfreint la liberté d'expression, il doit être possible de légiférer ( les fumées d'encens peuvent être nocives ...) et, toute espièglerie mise à part, ce sont les principes républicains - pour ne pas parler d'ordre public - qui sont menacés . Le meilleur moyen de contenir l'islamophobie, l'évangélistophobie etc... c'est pour la République de faire en sorte que les religions en concurrence s'adaptent à elle (et non le contraire selon une antienne connue ) et qu'il soit aussi condamnable d'exhiber sa religion "en public" qu'un étendard nazi par exemple .

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