Affaire Dati: Qu'une rumeur de plus
Folle est cette histoire sans intérêt qui concerne le chef de l’Etat. La rumeur Bruni -Sarkozy-Biolay-Jouano n’était qu’une rumeur. La presse s’était donc interdit d’en parler, les sites internet se réservant le monopole de sa propagation. Pourtant aujourd’hui, tout le monde; ou presque; en parle. Chose étonnante, personne ne prend soin de taire la rumeur Dati. La presse la propage, oubliant qu’aujourd’hui, ce n’est aussi qu’une rumeur.
Pas de vérification, pas d’information
En effet, après la rumeur sur le couple présidentiel, est née la rumeur sur Rachida Dati.
Celle-ci, selon certains, serait à l’origine de la propagation de la première rumeur. Et cette idée provient du conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, Pierre Charon, par ailleurs grand adepte des rumeurs.
Celui-ci, au cours d’un dîner avec des élus parisiens, aurait déclaré que : « L’Elysée avait les preuves qu’elle était impliquée dans cette rumeur sur le couple présidentiel », a rapporté un convive à L’Express.
Dès lors, la presse s’est permise de relayer l’information selon laquelle Dati est responsable des rumeurs.
L’emballement médiatique s’est même accéléré et a été légitimé lorsque l’existence d’une enquête des services secrets sur cette affaire a été révélée.
Une éthique journalistique à géométrie variable
Pourquoi la rumeur Dati est plus acceptable que la rumeur Biolay ?
Aucun journaliste n’a la preuve que Dati est bien la source de la première rumeur. Aucun journaliste n’a rapporté la preuve que détiendrait Pierre Charon.
Pourtant aucun journaliste (ou presque) ne s’est privé de l’afficher en Une et de publier article sur article au conditionnel et sans véritable source sur le sujet. Ce qu’ils s’étaient interdits pour les rumeurs d’adultères, ils se le sont permis pour des rumeurs gouvernementales.
Il en ressort donc que les sources du gouvernement (un tel du gouvernement a dit, un conseiller a précisé en voix off, Pierre Charon aurait dit selon un convive …), sont plus fiables selon certains, que les autres sources.
Or, aujourd’hui personne ne sait rien, sinon qu’il y a eu une enquête par la DCRI, mais « qui n’est pas vraiment une enquête ». Que Dati a été soupçonnée, mais que personne n’a livré de preuves. Que Sarkozy se fiche de ces rumeurs, mais qu’il existe tout de même une enquête…
Autant dire que l’on ne sait rien, et que nous n’avons rien à savoir.
Ces rumeurs ne sont que des rumeurs et occultent dans le même temps l’information qu’il y a dans le même temps, la vraie.
Il est également, amusant de voir le gouvernement se mettre en victime pour ensuite alimenter les rumeurs. Tous les conseillers et l’entourage de Sarkozy se pressent pour raconter l’éventuelle ">
En somme, ce vaudeville présidentiel est sans intérêt. Il ne mérite pas les Unes deLibération ou du Figaro, car le traitement qu’accorde la presse à cette histoire est autant de travail en moins sur les vrais problèmes de société.
Mais cette affaire est révélatrice de la pratique présidentielle de Sarkozy.
Cela s’inscrit dans la lignée « bling-bling » du président. Etaler ses problèmes de couple, afficher sa rencontre avec Bruni (à Disneyland), dénoncer la curiosité de certains, et alimenter celle des autres, sont devenus monnaie courante.
Ne pas se rendre complice de cette supercherie, ne pas conforter le président dans sa pratique détestable sur le modèle Berlusconien est un devoir. Devoir que beaucoup semblent ignorer.
D.Perrotin
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