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Fin de la grève: l'occasion ratée
29 Octobre 2010
Par
acturevue
« Voilà, c’est fini » pourrait chanter Jean-Louis Aubert. Ou presque fini. Le mouvement contre la réforme des retraites a commencé au printemps pour se terminer cet automne. Les médias le pensent, la presse écrite aussi, à l’instar du Monde qui titrait le 26 octobre : « Retraites : décélération du mouvement social ». Comme pour plagier les mots d’un certain gouvernement.
Personne ne croyait que la mayonnaise allait prendre. Entre un et trois millions de manifestants… Surprenant. Une fois, deux fois… Très étonnant. Quoi ? Plus de trois fois… Presque choquant. Et puis, on voit une grève qui s’étend, se radicalise, s’éparpille des ouvriers aux étudiants. Stop ! Cela sent 68. On arrête tout !
Et voilà, c’est fini !Les raffineries décident de débloquer. La SNCF roule, les éboueurs ramassent. Pas de Paralysie de l’économie. Ah si, Lagarde nous dit que l’on va payer 400 millions d’euros par jour. Et les grévistes ? Ils ont fait tout ça pour rien ? Deux semaines non payées et la réforme sera votée comme prévu le 27 octobre ? Et les syndicats ? Pourquoi vouloir autant espacer les mouvements sociaux? Il va s’en passer des choses entre le 28 octobre et le 6 novembre. Mais, peut-être qu’au fond, ils n'ont pas intérêt à ce que l’on retire ce projet.Peut-être partagent-ils cela avec le PS : feinter les Français, faire croire qu’on les soutient, pour accepter discrètement mais certainement une réforme injuste.
Et qui a gagné ? On le voit déjà. Sarkozy, seul dirigeant de la Ve république à avoir résisté face à la rue. Celui qui a imposé une réforme des plus injustes en toute légalité. Face à des syndicats plus mous que nature. Face à une France bientôt résignée.
Oui, c’est une occasion ratée.
Ce que signifiaient ces contestations, ces grèves, va bien au-delà d’une simple et capitale réforme des retraites. Les gens clamaient leur ras-le-bol. Dénonçaient cette injustice omniprésente et symbolisée par ce gouvernement. Un cri de colère envahissait les foules qui voulaient mettre à bas ces affaires. Ces multiples affaires que l’on nomme Woerth, Roms, Bettencourt, Joyandet, Blanc et compagnie. La colère des manifestants contre l’immoralité d’un gouvernement.
Eh ben non ! On décide de tout arrêter. Les étudiants partent en vacances. Le gouvernement sort l’argument facture. Les syndicats ne veulent surtout pas que la base prenne le dessus. Et le Parlement vote la loi. Tout est bien qui finit bien.
L’exception d’une grève générale se dissipe. Laissant place à l’habitude d’un peuple muet. Le gouvernement sort renforcé et les syndicats délégitimés. C’est une belle occasion ratée. Mais peut-être que les Français s’en rendront compte. Demain, après-demain ou en 2012 ? Peut-être qu’ils crieront plus fort qu’aujourd’hui. Peut-être que nous pourrons écrire : « voilà, ça commence ! » .
D.Perrotin Plus d'articles sur http://www.acturevue.com



Tous les commentaires
je vous rejoins : une occasion ratée. Ca vous étonne ? la France peuple de moutons !!! Le plus important trouver de l'essence !! tant que titine roule...pourquoi suivre les syndicats ???
cher acturevue, ton lien vers acturevue.org ne s'ouvre pas? je crois
salut amical
oui c'est un problème qui vient de Mediapart.
Le site: http://www.acturevue.com
Cordialement,
Acturevue
parfaitement d'accord avec vous.!!!
occasion ratée. par contre sarko 1er peut faire le beau à bruxelles et au g20 !
C'est une façon de voir les choses !
La politique, le mouvement politique, c'est ce qui s'invente. Je peux vous dire qu'ici et là des actions se mènent, s'inventent, car il n'y a pas que la grève ; mais ce qui est sûr c'est que si on a le moral dans les chaussettes et la tête endeuillée, voire cynique, nulle action ne se mène plus !
Je suis tout à fait d'accord avec le commentaire de Marielle Billy - il faut cesser de penser que seules les formes classiques de contestation sont efficaces parce qu'elles sont censées pouvoir être poussées jusqu'au bout - si on s'arrête, c'est qu'on a perdu et surtout que Sarkozy a gagné. Je comprends très bien la déception de ceux qui se sont lancée à corps perdus dans le combat contre la réforme des retraites, mais ce n'est pas le moment de chercher des responsables à son échec, c'est le moment au contraire de chercher d'autres formes de luttes.