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Ma Syrie (21) "Fais venir "Nuit du Ramadan" !"

"Une perle rare dans son écrin, c'est sûr!", j'avoue que j'en suis restée sans voix quand j'ai compris que mon interlocuteur était vraiment sérieux et qu'il me parlait là de la façon dont il voyait un pur sang arabe dans son box. 

Oui, c'est ça, il parlait bien d'un cheval.

Même en admettant que les milliardaire soient tous fous (ce qui n'est pas forcément une évidence, vous l'admettrez), ce monsieur, au costume impeccable et la moustache brossée, qui discutait avec mon mari et moi dans un divan profond du Cham Palace, n'avait pas du tout l'air d'un allumé cérébral.

Il venait de Deir Ezzor, à l'Est du pays (une fois passé Palmyre) pour discuter travail avec Messef, dont la compétence en matière de chevaux arabes était montée jusqu'aux précieuses oreilles de la princesse Rania de Jordanie, pour nous revenir à Damas, via ce sympathique monsieur.

 

J'avais souvent entendu dans le désert que les chevaux arabes avaient comme grand point commun avec les faucons, de savoir susciter des passions folles, mais j'avoue que le coup de la perle et son écrin, rendait d'un coup la phrase plus concrète.

 

Elle le fut plus encore quand quelques jours plus tard, toujours à Damas à enchaîner les rendez-vous avec des propriétaires de chevaux arabes cherchant des dresseurs pour leur élevage, nous nous sommes retrouvés en banlieue, dans la villa d'une des fortunes syriennes de l'agroalimentaire.

Dire que le domaine était somptueux serait faire insulte au soin apporté dans toute chose, à la sobriété dans le luxe. 

J'entend par là qu'il n'y avait pas de point commun entre ce que je voyais là et le déferlement doré et dominant que j'avais vu avec les koweitis.

Non, rien à voir. Le luxe est beaucoup plus impressionnant quand on le devine, que quand on vous le brandit au visage, c'est indiscutable, et cette propriété nous a laissé un bon moment silencieux, mon mari et moi, une fois les lourdes portes refermées derrière notre dos.

C'était en plein mois d’août et avant de franchir les majestueuses grilles, le paysage était sec à mourir et les pierres brûlantes réverbéraient notre soif et une chaleur insoutenable. Nous avions roulé longtemps, dans de bien tristes et chaudes banlieues, au béton débordant et transpirant des difficultés en tous genre souvent bien mal cachées. Aucun enfant ne jouaient dans les rues tellement il faisait chaud, et Dieu sait qu'il en faut beaucoup, pour empêcher un enfant de jouer...

 

La demeure était à l'écart et c'est après avoir longé longtemps des murs impeccables et bicolores que nous sommes, une fois montrées 1001 pattes blanches, enfin passés de leur autre côté. 

Un Golf à Deauville au mois de mai, eut été moins moins vert mais probablement de taille équivalente.

Le fond de l'immense piscine extérieure (ce n'est qu'après que nous avons découverte sa jumelle intérieure) était bleu émeraude  et quelques charmantes boissons posées sur un guéridon , nous ont permis de patienter avant qu'arrive un homme dont la tenue aurait tout à fait pu venir de lui être livrée, repassée, en direct de l'avenue Georges V...Ses yeux brillaient d'exaltation.

 

"Alors on dit que vous êtes doué! Bien bien.." 

Claquement de mains

"Fais venir "Nuit du Ramadan"!!" lança-t-il avec emphase en direction du monsieur qui nous avait discrètement escorté depuis notre arrivée.

Nous étions toujours au le bord de la piscine, quand est arrivé au galop sur fond vert un magnifique cheval noir, lustré , bien nourrit, nerveux.

Je garderais toute ma vie une vision très nette de ces quelques minutes tellement, d'une part, le contraste avec notre vie bédouine était hallucinant et d'autre part, le côté "trop" de cette apparition subite corroborait son nom si porteur...

 

Mon mari avait apporté une simple baguette et s'était habillé à l'occidental. 

En quelques instant le cheval fut sur ses pattes arrière attendant des consignes pour pouvoir redescendre en position normal.

 

Son propriétaire exultait, regardait "Nuit du Ramadan" avec passion et.... mon mari avec un intérêt grandissant.


"Fais venir "Lune de l'Est"!

 

Départ soufflant et hennissant de "Nuit du Ramadan" laissa un temps de calme aux spectateurs  esbaudis, avant l'arrivée piaffante et d'une blancheur immaculée, de "Lune de l'Est"...toujours au galop à travers le gazon...

 

Même topo et quand "Lune de l'est" s'est mis à marcher en arrière, le regard vissé aux mouvements si précis de baguette de mon mari, j'ai eu l'impression de vivre, en compagnie de ce monsieur si peu impressionnable à mes yeux,  le bonheur du centre de la piste aux Etoiles, un soir, à Monte Carlo.

 

"C'est trop fort! Viens mon frère allons voir les boxes!..."

Nous nous sommes rapprochés des écuries et inutile de préciser qu'aucune odeur de fumier, ou nuage de mouches, (il faisait 45° au bas mot) ne nous a pris à la gorge.

Nickel de chez Nickel...

A se demander s'il y avait bien de la paille dans les boxes (oui il y en avait), du foin pour les chevaux (oui il y en avait) une entrée d'eau dans chaque box (bien sûr! et contrôlée par ordinateur bien entendu).

La douche des chevaux aurait fait rêver n'importe quel riche new yorkais pour son usage personnel!!!

 

Et les chevaux eux-mêmes...

Ah.....

Une vingtaine, bardés de prix divers à découvrir sur le mur droit du box. Resplendissants, lustrés, vigoureux, avec chacun un énorme box fleurant bon l'animal propre.

 

Une perle dans son écrin?

Je ne suis pas très adoratrice de la race équine mais, il y avait de clairement de ça...

Oui....à peine exagéré finalement.

 

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La première partie de mes écrits sur la Syrie, se trouve dans l'édition sur les révolutions dans le monde arabe sous les liens suivants:

(cliquez ici pour avoir accès au huitième article de cette série sur le monde bédouin du centre de la Syrie) C'est dans cet article que j'explique mon désaccord avec l'édition spéciale de  Médiapart et à la suite duquel, je suis revenue sur mon blog....

(cliquez ici pour avoir accès au septième article de cette sériesur le monde bédouin du centre de la Syrie)

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