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Les otages: Florence, Hervé , Stéphane....
Chère Florence.....! Uneleçon de vie cette femme. Et sur tous les fronts.
Voilà que la coquine vasortir un livre sur la précarité (la Une du Nouvel Obs de cette semaine) alors que justement je me demandais si le faitd'être pigiste m'avait protégée des bêtises de certains de mes collèguesjournalistes.....
Bon. Ca m'oblige à reveniren arrière si je veux être plus précise sur cette histoire là.
Pourquoi ai-je ouvert unblog bénévolement alors que je suis journaliste? Parce que je pense qu'il fautparler des otages mais que je n'ai pas envie de me faire du fric sur leur dos.Et puis aussi pour une autre raison: je me suis faite agressée dans un messagepersonnel (sur Facebook) par une charmante journaliste salariée, célèbre, quim'a accusé, alors que j'essayais désespérément de trouver des trucs à direadaptés sur le site de « Soutien à nos confrères de France 3 », de« squatter » le lieu. Alors que moi, j'essayais de faire monter lenombre de « fans » si j'ose dire, de la page Facebook. Parce que l'oublie,comme le disait récemment RSF, c'est le pire ennemi de l'otage. Alors jeracontais ma vie sur le front, ma vie de reporter dans la guerre....jeracontais ce qu'on essaie toujours de me faire sortir dans les diners quand ily a un blanc entre deux plats. Le côté un peu « hot » du métier. Etencore je n'ai rien dit, par rapport aux moments vraiment durs, je vous le distout de suite , ce n'était pas l'endroit. Le tout bénévolement, évidemment. Etvoilà que cette petite personne, me dit que je n'écris que des conneries, queje squatte, que je n'y connais rien...et j'en passe. En dehors du fait qu'elleme fait un mal de chien, ses conneries posent question: En serions-nous rendudans la presse à une bataille de pré carré (et ce, même dans une histoire desoutien à des confrères-otages ce qui est un constat dramatique)? Le gratuit,dans le domaine de l'info, est-il plus respectable que le payant? Lesjournalistes salariés sont-ils A CE POINT déconnectés de la vie réelle?
Ca c'est sûr, tout le monden'a pas le courage de Flo qui est allée récurer les chiottes pendant six moispour essayer humblement de comprendre le goût que ça donnait à la pensée...Ilfaut lui demander si c'est parce qu'elle a été otage, qu'elle frappe de plus enplus juste? Ou juste parce qu'elle sait la variété du mot « terrain ».....
Courage Hervé, CourageStéphane!
C'est long...mais...on faitce qu'on peut pour que ça ne dure pas trop…


Tous les commentaires
Je me pose une question qui à mon avis est bien illustrée par le nom du groupe de soutien sur Facebook. Ce groupe s'intitule "Soutien à nos confrères etc..."; cela me semble un peu sectaire et au vu de ce que tu as subi toi-même en tant que consoeur, c'est pour moi proprement hallucinant ! Si comme tu le soulignes, tu es une simple pigiste, quelle serait l'attitude des fameux "vrais" journalistes animateurs du groupe de soutien vis à vis des membres pas journalistes du tout dont je fais partie si je devais donner mon avis ! Car c'est clair que comme dirait ta consoeur, je n'y connais absolument rien en matière d'otage. Cependant, je revendique un droit à l'humanité et à exprimer celle-ci ! On est quand même encore en démocratie je crois !
Bonjour et merci de ton commentaire.
Je ne pense pas que l'attitude de ma consoeur soit liée au fait que je sois pigiste, (car je suis tout autant "vraie journaliste" qu'elle, elle le sait bien) mais plutôt au fait que, comment dire...ma présence active met à jour sa propre absence alors qu'il serait normal qu'elle dynamise cette page de soutien. Ce n'est manifestement pas son choix. et elle ne croit que dans les négociations et dans la grande volonté de l'état à mener à bien ces négociations. C'est son choix. Je pense qu'il est faux. Je pense de notre rôle de soutien est de demander des comptes, sur l'avancée de la situation, d'une façon beaucoup plus transparente et fondée que ce qui ce passe actuellement. Enfin, je pense que de m'écrire en message privé était lâche...Avec un citoyen non journaliste aurait-elle agit de même? Je ne sais pas.
Ce qui m'inquiète dans cette douloureuse prise d'otages c'est qu'en attendant le retour de "nos deux confrères" c'est la presse française tout entière qui est prise en otage. Prise en otage car le premier qui parlerais "trop" pourrait se voir reprocher d'avoir nuit au négociations, donc au sort de ces deux confrères...C'est une épouvantable confusion des genres....On peut en parler de façon intelligente et en respectant des consignes claires. Mais là, c'est tout l'inverse qui se passe. Rien n'est clair. Rien n'est précisément dit par quelqu'un qui assume ces propos. L'état a donc dans le cas présent un rôle beaucoup trop fort; Un pays où la presse est muselée est un pays où la démocratie est en danger.
Je n'ai pas compris le sujet dont vous parlez tous les deux, Adeline Chenon Ramlat et Chrisberger !
Bonjour!
Nous parlons des journalistes de France 3 actuellement otages en Afghanistan depuis plus de 50 jours.
Merci de vos précisions.
Je trouve que ça serait bien de donner les noms de famille, aussi. (Florence, j'ai cru que vous parliez de Florence Aubenas, désolée)
"L'Etat est en quelque sorte dans l'affaire juge et partie. Et ça donne le résultat que l'on voit:. Aucune info correcte, un malaise générale et un soutien BIEN COMPLIQUE...."
Effectivement, l'info passe mal...
Je ne me sers pas de la TV pour l'info, seulement de Radio France et de Mediapart - et mon niveau d'information était si faible que je n'ai pas compris ce billet sur le coup ...
J'apprécie aussi sur ce fil la discussion sur les intellectuels précaires.
Forces de cerveaux disponibles... à pas cher, pour tous ceux qui disposent, eux, de pouvoir.
Bonjour Fanti!
Vous aviez raison: je parlais bien de Florence Aubenas et des otages de France 3. C'était un choix de ne donner que le prénom pour Florence car nous n'avons pour l'instant pas le droit de donner les noms de famille de ceux de France 3. Ainsi , tout le monde était logé à la même enseigne....
L'info sur les otages passe en effet bien mal! La question pour une journaliste comme moi est de savoir si la presse doit accepter de laisser cette info mal passée , ou non. Mon choix est que non. Il faut dire tout ce qui n'est pas dangereux pour les otages. Et en particulier exprimer un soutien aux familles et à ces deux professionnels , hommes en danger.
Durant la semaine prochaine je parlerai des intellectuels précaires.
A bientôt!
Enfin grâce à vous je sais les prénoms de vos confrères, je suis scandalisée de la façon dont le pouvoir et la direction de France 3 et de France télévisions gèrent cette affaire de prise d'otages. C'est la première fois que la France se conduit comme ça. C'est la première fois aussi que l'employeur des otages se tait de cette façon. Sans remonter à Jean-Paul Kaufmann on peut se souvenir de l'attitude de Libé et de Serge July pour Florence Aubenas.
Je refuse d'être sur facebook mais pourquoi ne pas lancer une pétition ailleurs?
Nous touchons là le coeur du problème. Est-ce parce que l'employeur est le "service public" que son soutien est manifestement plus compliqué? Est-ce uniquement un choix "des négociateurs"...ou de la famille comme le suggérait le président de Reporters Sans Frontières dans Télérama?
Autant de question sans réponse et qui sont à mon avis aussi, très préoccupantes...:-(
Le fait est que pour l'instant les négociations ne semblent pas très très bien réussies puisque nos confrères ne sont pas là.
Vous pouvez aller signer la pétition directement sur le site de RSF (Reporters sans Frontières).
Je viens de le faire et j'ai été choquée de lire que je ne suis que la 1427 ème à signer. Il faut diffuser tous et partout.
Il est certain que cette volonté de silence, ce choix de ne pas nommer les journalistes est lourd de conséquences. Quand on pense aux photographies de madame Bétancourt partout dans Paris on voit la différence de traitement; j'espère que vos collègues n'en souffriront pas.
La chose qui est sûre c'est qu'il ne souffriront pas de votre signature...Merci beaucoup madame.
Je trouve aussi que 1427, ça n'est pas beaucoup, mais après les recentes déclarations du responsable de RSF disant "que l'on ne sait plus comment aider les otages" ça n'est pas très surprenant non plus!
Le nombre de gens qui sont sur la page de Facebook ne cesse d'augmenter. Nous serons bientôt 4100.
Vous avez dû lire aussi le communiqué des journalistes de France 3, sur ce blog. (je transmettrai systématiquement toutes les infos, pour les gens comme vous qui ne souhaitez pas aller sur Facebook mais qui avait l'élégance de vouloir vous impliquer.)
Bien à vous!
Bonjour,
lors des toutes premières réunions du comité de soutien à Florence Aubenas, nous étions quinze environ. Des gens de Libé ou ex-Libé, des amis à elle, connus ou inconnus.Peu importent les noms, juste rappeler celui de Solange Richard, retraitée de l'éducation nationale et copine de club de gym, qui fut pendant des mois la cheville ouvrière de la chose.
Comme vous, nous nous sommes heurtés - au début, avant salutations émues - à de franches hostilités.
- vous n'y connaissez rien ( exact), vous allez gêner les négociations ( faux: l'otage alors ne pesait pas assez lourd mediatiquement , aucune négociation n'était en cours, deux occasions manquées...)
- n'avait qu'à pas y aller, on le sait que c'est dangereux. Baffes qui se perdent et cours sur le rôle de l'information.
- les super rancardés: mais non, c'est plus compliqué, en fait il y a des dessous. Les neuf dixièmes des dessous supposés se sont révélés faux à terme.
Le soutien indéfectible de Libération, la mobilisation ultérieure de tout un tas de gens - on peut citer en vrac une étudiante iranienne venue comme ça, le staff de Libé qui prenait son "heure déjeuner" pour donner un coup de main, des syndicalistes etc. tout cela a fini par faire des négociations une vraie priorité en haut lieu.
Je n'ai pas suivi d'assez près, en ce qui concerne France 3, mais n'y a-t'il pas, sinon un comité de soutien, au moins un regroupement de collègues, de proches ?Bref, des gens qui maintiennent la pression, quitte à la faire monter ?
En ce qui concerne le second point que vous abordez:" est-ce parce qu'elle a été otage qu'elle frappe de plus en plus juste ? " Non, car ces sujets là, avant d'être otage, elle les abordait déjà ( comme d'autres à Libé, question d'état d'esprit, presque de ligne, et question de moyens).
Simplement aujourd'hui, quels sont les supports qui permettent de passer plusieurs mois sur un sujet qui ne soit pas une affaire ? Le journalisme assis, internet-twitter-téléphone coute tellement moins cher, même s'il n'est plus du tout le même.
Aller voir et prendre du temps, luxe que n'offrent que de rares titres, tel XXI, et essentiellement des éditeurs, aujourd'hui, qui paient pour un livre ce qu'il y a dix ans on payait pour un article...
On vient de me rapporter qu'une jeune documentariste ( jeune, mais pas inexpérimentée) a passé deux mois à préparer un document, l'écrire. S'ouvre maintenant le mois de tournage. Combien est-elle payée, au total, par le producteur ( pas si pauvre) pour ces 3 mois de travail: 1500 euros .Elle a accepté.
D'où, je crois, la crispation face au bénévolat. Même les journalistes salariés le perçoivent comme une menace.
Bonne chance, sur Facebook ou ailleurs ( les vrais gens, c'est bien aussi).
Merci beaucoup de m'encourager!
Par rapport à ce que vous dîtes, la situation est d'autant plus douloureuse que les gens qui ont ouverts la page Facebook (ce qui a mon avis était une vraie excellente initiative), sont précisement les proches des otages. Ils sont proches des familles . Et ils n'avaient d'ailleurs pas d'autres solutions que d'ouvrir une page libre internet puisque qu'on leur a expressément dit de se taire dans les médias "pour ne pas nuire aux négociations". de surcroit il voulait créer un lien avec Reporters Sans Frontières, via cette page.
Il y a probablement eu des discussions à France 3 sur le sujet, mais pas tant que ça de vraies réunions je pense, car Paul Nahon (responsable France 3) faisait de nombreux aller/retour en Afghanistan pour voir ce qu'il pouvait faire . Je pense donc que cette page est née de la frustration qu'avait les amis, les confrères, les frères d'armes si j'ose dire, de ne pouvoir exprimer leur soutien. Je ne peux rien garantir mais c'est l'analyse que j'en ai.
Pour tout vous avouer, je me moque complètement des hostilités du genre de ma consoeur. J'ai eu mal sur le coup (car c'est une pair) et puis basta! je ne sais pas si mes années de reportages en pays en guerre y sont pour quelque chose, mais je sais bien qu'il est hors de question de lâcher. Quand j'écris lâcher je dis bien précisément qu'il est hors de question "de lâcher les basques des dirigeants pour être sur que le meilleur sera fait pour sortir les otages de là où ils sont" Mais c'est là ou l'on revient au problème central. Comment faire nombre, si la presse est muselée? la page Facebook et la pétition de RSF, et le rassemblement du Trocadéro, sont pour l'instant les seules actions entreprises par les citoyens concernés (journalistes ou non) pour faire savoir qu'ils souhaitent que "les choses bougent".
L'Etat est en quelque sorte dans l'affaire juge et partie. Et ça donne le résultat que l'on voit:. Aucune info correcte, un malaise générale et un soutien BIEN COMPLIQUE....mais vos réactions, ce blog, et la présence de plus de 4000 personnes sur la page Facebook montre bien que rien n'est perdu en terme de mobilisation possible.
Pour ce qui est du problème du salaire dans la presse et l'audiovisuel, c'est un des sujets "fétiches" du présent blog...j'y reviendrais...;-) On appelle ça "les intellectuels précaires"....