Depuis 2007, la classe politique nous parle jusqu'à la nausée de réformes. En fait de réformer, nous ne faisons qu'assister à une rapide érosion des droits des salariés. Depuis l'annualisation du temps de travail jusqu'à la suppression de la prise en compte des temps de transports des salariés en mission à l'extérieur de leur entreprise, en passant par la suppression déguisée des quotas d'heures supplémentaires ou le travail le dimanche ; le « modernisme » tant invoqué par le pouvoir en place ressemble à s'y méprendre à un formidable retour à l'archaïsme d'avant-guerre.
Le pouvoir en place, et dans une moindre mesure l'opposition, répètent à l'envi que, pour des raisons démographiques, seules trois solutions s'offrent à nous pour « sauver » (sic) notre système de retraites : Le montant de cotisation, le montant des pensions, ou bien la durée de cotisation. C'est ainsi que Xavier Darcos expliquait au début de l'année lors d'un débat au Sénat :
« Face à l'accroissement des déficits, l'exécutif dispose de trois leviers : baisser le montant des retraites, augmenter les cotisations et allonger la durée de cotisation effective. Diminuer le montant des pensions, je vous le dis clairement, serait inacceptable. Quant à l'augmentation des cotisations, j'observe que nous avons déjà le niveau de cotisation le plus élevé d'Europe (...) Je le dis donc sans ambages: dans un pays dont l'espérance de vie s'accroît d'un trimestre chaque année, nous n'avons d'autre solution que de travailler plus longtemps. »