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May

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Libres et auteurs ?

Et si pour créer il nous fallait autre chose que notre irrémédiable envie de nous exprimer ? Apparemment pour certains, il est crucial de passer par leur intermédiaire afin que les auteurs... existent tout simplement. Or, depuis que le monde est monde, depuis que les hommes sont en capacité de se détacher de leur quotidien, ils créent, ils s'expriment, ils pensent.

Pas forcément de la même manière que beaucoup souhaiteraient, pas tout à fait dans l'esprit du temps qui permet à d'autres de profiter du "bankable" sans vergogne, un auteur propose une vision, une expression. Par ces temps d'élections quiquennales où beaucoup s'expriment, ils auront des choses à dire (et il vaut mieux pour eux ne pas rester indifférent aux choses de la diction).

Mais le grand soucis sera que nous n'aurons plus à ce moment que des fenêtres balisées, biaisées par des politiques de sécurisation des personnes et des profits, plus aucune marge pour créer de nouveaux outils, plus aucune expression "à côté", tout sera dans le rang, contrôlé, label provenance et qualité en prime.

ACTA, SOPA, LOPSSI2, HADOPI... ces sigles vous rappellent des combats de tribuns, ces sigles vous donnent à penser qu'ils ne sont qu'une première pierre à ce qui vous arrive aujourd'hui même : un internet "facebook", cadenacé, censuré... Et nous voilà rendus aujourd'hui à seulement pouvoir réfléchir sur le pourquoi en sommes nous arrivés là ? Nous n'avons plus le pouvoir de changer des choses, la raison raisonnable nous a refroidi nos ardeurs, les radios et émissions médiatiques nous ont découragé, peu d'entre elles ont pu faire entendre honnêtement une voix discordante, peu de vision "à côté".

Et si pour fêter notre dernier anniversaire de liberté, nous faisions un "pas de côté" ? Si, au lieu de toujours aller droit dans nos bottes, nous sortions de nos semelles, des bottes de sept lieues, traversant les collines, les mers et les rivères, et trouvant une idée. Peut être celle qui sera entendable par ce qu'il faudra de personnes pour que cette société change un tout petit peu. Un basculement bienvenu, mais si mince qu'il sera imperceptible par les sigles de notre quotidien.

Votons les amis, et n'oubliez pas ce petit grain de sable d'espoir, celui qui permettra à tout un chacun de se regarder dans la glace et de se dire, "j'ai pu dire ce que je souhaitais". Si cet espoir du "vivre ensemble" n'est pas vain, alors exprimez vous et faites attention aux cassandres qui ne prédisent que trop facilement l'effondrement de tout.

Tous les commentaires

???

"Le partage et le gratuit ne sont pas l'avenir de l'art. Ils sont le cadavre des artistes."

 

Visiblement certaines personne font sans blanc de pas comprendre:

1) Les gens sont pour une licence globale + "taxer" les sites qui vivent du droit d'auteur.

2) La nouvelle économie sur internet c'est de faire une base "gratuite" puis de faire payer des service si vous en voulez plus (faire payer la "valeur ajoutée").

3) Le gratuit à toujours existé: La télévision = redevance (licence globale) + publicité, la radio c'est gratuit, les bibliothèques...

4) En quoi c'est gratuit ??? On paye l'abonnement internet, on paye l'ordinateur, on paye les taxes (disque dur, cd vierge, etc...). On conte plus le nombre de taxes qui vont aux aillant droit. Il faut arrêter de prendre les gens pour des vaches à lait.

5) Si vous appliquez à 100% le copyright internet es mort et on reviens au minitel...

6) Les Artistes et l'art n'ont jamais attendu les "droits d'auteurs" pour exister.

 

Arrêtez de prendre les gens et les artistes pour des cons. Merci

 

La vrais question et problème sont les "intermédiaires": vont-il pouvoir continuer à se gaver sur le dos d'artistes ? et avec internet les rapports risque de changer car l'artiste va devenir "employeur" et non plus "employé" ce qui n'est pas du gouts des "majors"..

Stop donc à l’hypocrisie et à la propagande pour ouvrir le vrais débat: Qui fait quoi et pourquoi puis dans quel mesure les choses doives ou pas changer ???...

 

Je n'ai pas l'impression que le débat parte sur des bases bien stables. On confond le commerce d'objets culturels et l'art lui-même, qui est totalement étrangé à ces notions marchandes.

Les objets culturels au coeur du débat sur le piratage sont souvent faiblement artistiques et hautement publicitaires, c'est-à-dire conçus pour être diffusés massivement. Même si certains d'entre eux peuvent être de vraies oeuvres d'art, leur existence initiale, dans l'esprit des investisseurs, est de rapporter de l'argent. Ces investisseurs ne sont pas les artistes, ils sont au mieux des amoureux de l'art, plus souvent des manieurs de chiffres et de marchés.

Pour eux, la gratuité est intolérable à deux titres: l'investissement financier dans l'oeuvre dépendant du médium utilisé (cher pour le cinéma, nul pour la littérature), l'investissement pour faire connaître l'oeuvre, pour l'imposer parfois avec un marteau-pilon publicitaire engageant un grand nombre d'intermédiaires.

C'est sur ce deuxième aspect qu'il faut insister: les relais de popularisation des oeuvres disponibles n'ont pas changé avec l'émergence d'internet. Ils sont presque strictement les mêmes qu'avant. Et c'est donc vers le public qu'il faut revenir et l'interroger: pourquoi voulez-vous gratuitement obtenir des oeuvres que l'on vous a fourrés dans la bouche à grand frais ? Par avidité. Qu'y a-t-il de sublime là-dedans ? Qu'y-a-t-il de défendable ? Rien. Le public n'est ici que le peuple aveugle et avili du roi Ubu-Dotcom: un mouton.

Que l'on parle maintenant d'un public à la recherche d'oeuvres non popularisées par les moyens de propagande, un public qui travaille et dont le travail mérite rémunération, c'est-à-dire une certaine gratuité, alors les prix pratiqués par le circuit marchand sont indécents et le modèle économique à revoir.

Il y a donc deux formes de distribution des oeuvres culturelles et elles ne peuvent être mélangées: Megaupload mélangeait les genres et il a été puni, normal. Maintenant, que la vision mercantile de distribution des oeuvres essaie de s'imposer aux oeuvres en dehors de ce circuit serait tout autant intolérable.

En conclusion, il ne reste qu'au second mode de distribution d'inventer son propre modèle économique et de popularisation à moindre coût. Certains essaient même  de lier la diffusion massive et le circuit direct (comme Radiohead), avec plus ou moins de bonheur...Il est certain que les marchands feront tout pour capter le succès d'un artiste s'il émerge, mais il émerge encore souvent parce qu'il a été popularisé par les moyens marchands...

On ne refait pas l'homme et difficilement les sociétés.

Le sens de juste rétribution ouvre en lui-même un débat sans fond. Aujourd'hui, dans nos sociétés libérales, la juste rétribution correspond à ce que le public est prêt à dépenser. Et le marketing sait à quel point cette capacité à dépenser est loin d'être seulement liée à l'oeuvre elle-même, mais au contexte de sa présentation et de sa diffusion, à sa "mise en valeur".

au contraire, leur action fait totalement varier la rétribution des artistes. d'après vous, il semblerait qu'il y ait une rétribution objective des artistes, mais celle-ci est totalement illusoire, à moins d'envisager une économie non marchande et totalement administrée: dans ce cas, la rémunération dépendra d'une institution officielle qui poserait des problèmes d'autre nature.

Aisyk, je crois comprendre que pour vous l'acte de voter est le b.a. ba de la création ?

En votant à gauche, on mise sur le maintien, voire le renforcement de la culture (subventions en hausse, encouragements à s'orienter vers les arts) et on espère secrètement aussi que les milieux de la production cessent d'imposer des normes afin de rentabiliser pour eux-mêmes, si peu pour les artistes.

Mais voter à gauche pour la présidentielle n'évite pas l'écueil actuel : le diktat des producteurs. Il faut complaire aux marchands puisqu'ils misent sur vous. Le problème est que ça n'a plus de limites, c'est devenu de la prostitution.

Certains osent émettre une saturation à ce niveau, timidement, ça commence seulement. Vu le cas pendant le générique de fin de "Scialla", une comédie italienne de Francesco Bruni (2011) : un ex-professeur de lettres qui vivotait de commandes claque la porte quand il lui est demandé de formater sa prose aux goûts du marché ! Quel bonheur !

 

 

 

 

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