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May

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La psychiatrie va mal, donc elle existe !

Bon, ça devait arriver, la psychiatrie va mal ! Donc, la psychiatrie existe! On peut constater que les évidences, du type "le roi est nu", mettent toujours un certain temps avant de "sortir".

Un peu après certaines tentatives sur MDPT, le journal "Le Monde" nous le suggère : il faut refaire de la psychiatrie...car mine de rien, on a beaucoup régressé !

On va donc, le temps d'une courte crise, (une petite semaine) avoir le droit de dire que les fous existent... On aura peut-être même le droit de dire qu'on les respecte, qu'on se sent tout à fait proches d'eux, qu'ils sont "nous"... Et qu'on aimerait s'attacher à les comprendre et à les soulager. Alors on va former des psychiatres hein ? Des vrais ? Des cultivés ? Des qui savent lire des livres ? Des qui aiment comprendre ? On va construire des lieux confortables et accueillants... Et puis on formera le personnel aux questions de la folie! Et les soignants seront passionnés par le discours des patients! On fera en sorte qu'ils y entendent quelque chose... Et qu'ils sachent aussi prescrire... Et comme dirait Brel : on s'ra bien comme avant Jeff ! Allez viens Jeff !

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En attendant, les chiffres s'imposent, toujours plus incroyables 25 pour 100 de psychotiques dans les prisons, dont 8 pour 100 de schizophrènes... Mais il était si bon, le temps où l'on chantait les airs de l'antipsychiatrie ! C'était la droite alors, et puis la gauche, et puis la droite... Mais ça n'a pas d'importance le consensus est solide sur cette question. Roger Gentis écrivait : La psychiatrie doit être faite et défaite par tous ! Bref, elle a été défaite. On ne risque plus d'être empêché de "vivre sa folie". On peut aller sur le trottoir, ou en prison, crever d'ennui et d'angoisse, avec une plaquette de médicament dans la poche...

On a déclaré la presque fin de la psychiatrie... Ca plaisait !

Enfin, une dernière chose, plus importante encore : ce qui arrive aujourd'hui a bas bruit, c'est le démantèlement ou la non reconnaissance active de la psychiatrie de l'enfant !

C'est exactement la même histoire. On simplifie, on désinforme, on raconte des fables, on prescrit des amphétamines pour stabiliser de soit disant hyperactifs (les malheureux), on intègre à l'école des enfants qui souffrent de graves troubles mentaux. Et, comme pour l'antipsychiatrie des années 60, ça fait chic !

Les enfants, qui n'ont évidemment pas la parole, ne peuvent rien dire du sort qui leur est réservé ! Et les parents sont loin d'être tout a fait informés...

Le secteur médico social, les IME, les IMP, presque totalement dépourvus de psychiatrie, constitueront bientôt un genre d'hospices... Des hospices pour enfants, destinés aux "cas lourds", et aux déçus de l'intégration... Il s'agit là de maltraitance administrative très consciemment assumée : l'absence de structures d'accueil conséquentes. Ce cynisme passe éventuellement pour de la "claire voyance" et prend des allures d'appel à la solidarité... Dans combien d'années, le journal, Le Monde ou un autre, va-t-il découvrir la chose ?

Quelle surprise ce sera alors !

Tous les commentaires

Psychiatrie et pathologies mentales, mal de vivre et rejet, exclusion et/ou harcellement, notre société se masque la face et vit dans le déni de la réalité. Je dialogue et tente d'orienter vers une aide solidaire, depuis presque 10 ans, des dizaines de demandeurs d'emploi par an dans une permanence d'accueil (bénévole). Je rencontre ainsi un nombre important d'exclus qui sont mal dans la société, dévalorisés, rejetés, donc contraints à des conduites de fuite plus que de révolte. Les psychopates sont en prison, dit-on, mais quel pourcentage de titulaires du RMI souffre dans leur tête de leur exclusion ? Et c'est une lourde minorité dont personne ne se préoccupe vraiment de la dignité des conditions d'existence, physique et physiologique, mais aussi largement mentales et psychologiques. De vrais souffrances!

Cher Alain Gillis, losque vous abordez le domaine de la psychiatrie je me retrouve souvent d'accord avec vous... c'est que le désaccord sur les autres sujets ne doit pas être aussi profond qu'il le paraît. Serge Koulberg

Si le sujet de la folie nous trouve en accord, alors, pour le reste... il doit s'agir de différences non "essentielles" !

Appels dans le désert d'une société anonyme J'ai reçu 25 demandes de rendez-vous pour des enfants et de jeunes adolescents depuis mardi - une semaine presque banale si ce n'est que la rentrée scolaire est maintenant bien entamée, que les premiers bulletins sont tombés comme des couperets et que nous approchons des examens de Noël. Impossible de répondre à tous évidemment. Et quand je trouve le temps de retéléphoner - compter dix minutes au moins par coup de fil - pour proposer un rendez-vous, j'entends ceci : "Vous êtes qui vous ? Parce qu'on a laissé notre nom sur plusieurs listes...".

Je recopie ici ma réponse à votre commentaire laissés sous "psychiatrie en détresse" : http://www.mediapart.fr/club/blog/joha1008/201108/psychiatrie-en-detresse#comment-71747
Cher Alain Gillis, Vous avez raison, les mêmes sirènes traversent les partis politiques dits de droite et de gauche - discours de société donc. Néanmoins, il me semble qu'il est important de rappeler qu'il ne suffit pas "d'ouvrir de nouveaux lits", encore faut-il savoir quel accompagnement on peut prodiguer aux patients et à leurs familles et laisser le temps à cet accompagnement de porter ses fruits. Nous ne sommes clairement pas dans une logique de société d'accueil de la "folie", étant entendu que créer et soutenir cette logique d'accueil reste et restera toujours une lutte : quelle société aime à entendre que la folie peut trouver abri en son sein ? Comme la seule existence de psychiatres témoigne qu'il y a de la folie, décourager l'exercice de cette spécialité médicale en vue de sa suppression progressive - si on peut appeler ça un "progrès" - est la seule tendance que je constate à ce jour. Curieusement, la demande de pouvoir parler à un(e) pédopsychiatre augmente - des psychologues, on en a déjà vu des "tas" (sic), et ça n'a rien donné.... Il s'avère ensuite souvent que les psychologues consultés ont fait des tests, préconisés quelques entretiens pour "parler à l'enfant" - lui faire entendre raison peut-être ? - et ont parfois conseillé le pédopsychiatre pour donner des médicaments, parfois aussi certain(e)s me téléphonent comme "expert" pour me demander de leur dire ce qu'ils doivent "faire"... Idem de la part des enseignants et par téléphone aussi. Du psychiatre comme appareil distributeur de prescriptions diverses et comme call-center de la misère humaine...

Chère Joha, apparemment, aucune société, dans nos environs proches en tous cas, n'aime à entendre que le fou est en nous, et même, que c'est là sa place. Mais il y est, comme le réel même, et à ça, on ne peut que déférer. Et c'est presque une raison d'être optimiste. Confiants en tous cas... Les fous veillent sur la pensée, ils en conservent la nécessité. Call center de la misère humaine... C'est parfois ennuyeux. Mais pas mauvais signe... Non ?

Ma foi, cela dépend de quoi ces appels sont le signe...

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La semaine est passée… ouf, on va pouvoir continuer à montrer du doigt les vrais fous : les psychiatres !! C’est tout de même plus confortable, ça plait... L’occasion n’a pas été saisie pour commencer à réfléchir sérieusement autour de la folie, de la psychiatrie, de la pensée … il me semble pourtant que le travail qui nous attend est immense. Tant pis, une fois n’est pas coutume, au prochain fait divers peut être ?

Au prochain fait divers, certainement, Fanny Demaret. C'est comme pour les SDF, au premier fait d'hiver, on les découvre.
Tiens, en cette-semaine-pour-les-SDF, j'ai davantage entendu (à la radio)que beaucoup souffrent de troubles psychiques; Est-ce une petite prise de conscience, ou bien... je ne sais quoi. Je suppose que dans les labos on cherche activement le médicament "anti-errance".
Pendant ce temps, les psychiatres (et les généralistes orienteurs) sont formés... avec combien d'heures de sciences humaines, déjà ? Alain Gillis, vous leur demandez en plus de lire ! de comprendre ... Vous êtes complètement fou. Pourquoi pas de lire des romans tant que vous y êtes.

A Fanny et Fantie, mes deux voisines du dessus , sympathiques mais turbulentes, elles s'amusent, ces deux-là, de l'idée que les psychiatres font souvent office de fou... Ou qu'ils le seraient un peu. Hélas non ! Et je sais que vous le savez ! c'est moins leur folie qu'on peut reprocher aux psychiatres, que leur redoutable docilité ! La pilule anti-errance, ça n'est pas plus improbable que les amphètes qu'on donne aux enfants pour les calmer... Enfin, comme le disait Arletty : faut pas être "fatalitaire"!

Vous êtes vraiment sûr, pour les amphétamines aux enfants hyper actifs ? Parce qu'à part ça, les amphétamines, c'est du speed... Mais je n'y connais pas grand chose. Sur les prisons, en revanche, no seulement les statistiques qui circulent sur le nombre de psychotiques et autres qui s'y trouveraient n'est pas fiable du tout ( et pour cause, on recense les incidents, pas les pathologies) , mais surtout ceux qui s'y trouvent ne sont pas le résultat d'un massacre organisé par les tenants de l'anti-psychiatrie, mais bien plutôt les échoués, qui bien souvent n'ont jamais croisé un psi de leur vie, alors même qu'ils en auraient eu besoin.. avant. Et parce que, indépendamment, comme le souligne Joha, de la qualité de l'accueil, de ce que l'on fait, ion économise sur le fou comme sur d'autres pans de la santé publique..

@ Dominique Conil, bon alors, pour le speed je vais vous dire. La ritaline est une spécialité qui correspond à une molécule, le méthylphénidate, de structure à peu près identique à la d-amphétamine. Ces deux molécules ont exactement les mêmes effets, primaires ou secondaires; le méthylphénidate ( la Ritaline donc) agit moins rapidement mais sensiblement plus longtemps que la d-amphétamine. C'est le seul distingo. . Ces deux molécules entrainent une libération de dopamine et un blocage de sa recapture, c'est à dire une utilisation accrue de son action, au niveau des synapses de certains neurones qui se projettent sur les aires mésocorticales et préfrontales. Ce qui a pour effet, "d'augmenter l'éveil et la concentration". . Alors, oui, bien sûr, c'est du speed... Et les pharmaciens délivrent ça avec précaution car ils savent que la dérive toxico n'est pas loin. Cet effet speed peut sembler paradoxal pour des enfants agités. Pourtant, ainsi que de nombreux étudiants ont pu s'en rendre compte, si l'excitation est canalisée en direction de l'apprentissage, on reste scotché sur la tâche. Et tout le miracle est là : obtenir une sorte d'obnubilation des enfants en direction des consignes d'apprentissage. Voilà ! Vous pouvez vous renseigner dans un manuel, comme celui-ci : Psychopharmacologie essentielle. De Stephen M. Stahl; Ed Flammarion. Paris 2002. (page 462, vous pouvez le feuilleter sans l'acheter!) . La preuve que c'est du speed, c'est que les effets paradoxaux sont fréquents, et que si l'enfant réagit en passant par dessus les consignes "fixantes" il peut déployer une agitation alors très aggravée et difficilement contrôlable. J'en ai vu! Et tout ça prescrit sur des critères assez médiévaux Jugez plutôt: Remue fréquemment les mains ou les pieds Se lève souvent en classe Court ou grimpe partout dans des situations inappropriées Parle souvent trop Est toujours sur la brèche Répond avant la fin de la question A du mal à attendre son tour Interrompt les conversations... (P463 du manuel sus cité.) Voila! Si l'enfant présente au moins 6 de ces 8 signes pendant 6 mois, il y a droit ! . Pour les massacres organisés par les antipsychiatres, vous y allez fort. Jamais dit ça moi ! Je dis que l'antipsychiatrie a sa part de responsabilité. Et que les préoccupations économiques se sont bien accordées avec des mesures comme celles de la fermeture des lits de psy, et du personnel, et de la formation, etc... Je crois aux causalités multiples. Et ce n'est pas parce que le "pouvoir" fait des économies que les erreurs de jugement que nous avans faites dans le passé, seraient maintenant sans importance. En tous cas, on en est là : on shoote les enfants agités, pour qu'ils fixent leur attention. Encore jamais rencontré un médecin, un psychiatre, un parent même, qui aurait osé essayer...

Merci pour l'information sur la ritaline ( c'était une vraie question) et vous avez raison: de ce que je connais des amphétamines, pour travailler, en effet... Quant à la liste des "signes", tout de même partagés par pas mal de gamins qu'en temps ordinaire on se contente de qualifier d'"un peu fatigants", terrifiant. La tentation de la "médication calmante" n'est-elle pas bien ancrée dans les moeurs ? N'y avait-il pas, autrefois, des sirops et autres potions pour enfants "nerveux "?

Sans vouloir être "fatalitaire", je connais bien des instits qui sont désespérées par les enfants complètement perturbés qu'on leur confie. sans aucun profit ! Et avec la mauvaise foi des assos de parents plus celle de la hiérarchie enseignante, ça peut durer encore longtemps avant qu'on s'en occupe des enfants comme ceux qui font la joie des lecteurs de Jean Louis Fournier (Ou on va Papa?). Vous n'êtes pas pret de la faire votre psychiatrie !

Peut-etre qu'à force de répéter que les enfants troublés ont D'ABORD besoin de soins et d'une prise en charge particulière, et que l'on constatera l'inévitable désastre de leur intégration, on finira par réaliser le temps qui a éte perdu, et peut-etre que l'on donnera enfin alors aux psychiatres et autres professionnels LES MOYENS de montrer leur efficacité. Une enseignante

"Tout a été dit mais comme personne n'écoute il faut toujours répéter." A.Gide

Comme par magie, il suffirait de mettre un de ces enfants souffrant de troubles mentaux à l’école et miracle ca irait mieux… Simulacre de solution, qui ne fait que reporter le problème, on se refile la patate chaude! En plus on s’accorde à penser, que c’est tout de même plus respectueux des droits de l’enfant. Idée saugrenue, sous le prétexte de l’égalité, on peut donc arrêter de s’occuper d’eux, avec toute l’attention qu’ ils méritent. Surtout plus de psychiatres ni même de psychologues à peine quelques éducatrices, pas d ‘ équipe soignante qui réfléchit ensemble , qui se donne du temps pour observer, essayer de comprendre, non tout ça c’était de la maltraitance, de l'exclusion, je suis stupéfié! Je ne comprend vraiment pas ce manque de confiance dans les équipes qui travaillent dans le secteur médico-social. Cette confiance défaillante, n’est elle pas à l’origine des difficultés que rencontre ces mêmes équipes, pour faire un travail sérieux et peut être plus efficace ?

Bien sûr, mais la différence entre la magie et l'intégration scolaire des enfants gravement perturbés, c'est que la magie, ça marche... Les psychiatres les plus médiatisés ne parlent jamais de cette situation. Les enfants concernés ne peuvent faire état de leur expérience. Les journalistes sont souvent séduits par tout ce qui ressemble à une absence de discrimination... Les professionnels sont embarrassés, et muets... On a juste Médiapart, je ne sais pas si ça va suffire pour soulever le couvercle.

C'est vrai on dirait qu'il y a une grande méconnaissance de ces enfants, de leurs troubles et de leur prise en charge.Les médias ne nous aident pas , c'est sûr... Chaque fois que j'essaie d'évoquer l'idée d'un vrai travail, on me demande si j'ai vu le film de Sandrine Bonnaire ou l'emission d'un Delarue... La "vraie vie" des professionnels interesse beaucoup moins que celle des vedettes de cinéma...

Pour répondre aussi à Fanny Demaret, je crois qu'il y a une méfiance des parents dans le système médico-social. Les IME semblent avoir une représentation négative auprès des parents. Et peut-être auprès de la population en général. Accepter de placer son enfant "à part", c'est accepter de faire avec une stigmatisation possible.
Il faudrait aussi creuser les raisons de ces représentations négatives : peut-être du côté de l'histoire des relations entre parents et l'orientation médico sociale, entre parents et ces centres eux-mêmes ? Avant la loi de 2005, les parents avaient-il une vraie place dans le circuit de la décision? Peut-être ont-ils souhaité recouvrer ce pouvoir de décider pour leur enfant, plutôt que de laisser la décision à des spécialistes ou à des travailleurs sociaux. Et maintenant, ils font l'expérience de l'intégration scolaire ordinaire. Après cette expérience, ils verront peut-être les choses autrement.
On pourrait aussi regarder du côté des buts des différents adultes concernés. Les spécailistes voient peu-têtre davantage à court et moyen terme : où cet enfant serait-il le mieux, tel qu'il est, pour l'instant. Mais un parent, de par sa fonction et ses sentiments, doit voir à plus long terme : qu'adviendra-t-il de mon enfant quand je ne ne serai plus là ? Quel système peut lui donner de meilleures chances d'intégration sociale , Ils peuvent penser que ce système est l'école ordinaire, et désirer, pour assurer son intégration future, le socialiser avec les autres enfants, les "normaux". Sur ce point, je ne peux leur donner tort : Si des enfants dits normaux ne cotoient pas ces enfants là, comment, adultes, pourront-ils les accepter et les intégrer ?
Pour me résumer, je pense qu'on ne peut pas seulement se focaliser sur la question des apprentissages purement "scolaires". Mais c'est un autre débat, peut-être, celui de l'intégration de tous dans une société moins cloisonnée.

Je crois que les parents ne sont pas les mieux placés pour juger des soins à apporter à leur enfant. Je rejoins Fanny Demaret à ce sujet à propos du "manque de confiance". Pourquoi la maladie mentale aurait-elle une place à part parmi les autres maladies? J'ai eu récemment la grippe et j'ai été fort soulagée de m'en remettre à mon médecin car il connait les soins qui me sont nécessaires... Pourquoi en serait-il autrement pour les troubles psychiques? Et les psychiatres, les équipes du médico-social ne sont-ils pas là pour orienter ces enfants vers les soins et les institutions adaptées? Ace titre les IME ne font pas concurrence à l'école, ils sont des lieux où peut s'effectuer un travail digne de CONFIANCE et d'INTERET.

Chère Lisa R.,
D'une part, je ne pense pas que l'on puisse parler des parents comme s'ils formaient un tout homogène. D'autre part, ils sont quand même souvent bien placés pour s'apercevoir que leur enfant présente des symptômes. Quand on accueille les parents, sans les juger, en leur donnant à eux aussi une place de sujet, on peut alors créer la possibilité de travailler ensemble, en confiance, dans l'accompagnement de l'enfant, même si professionnels et parents ne sont pas aux mêmes places - il ne s'agit pas de faire des parents des co-thérapeutes mais de leur reconnaître le statut d'être humains particulièrement impliqués dans la situation rencontrée par leur enfant. Sans oublier que les parents souffrent parfois, eux aussi, de problèmes psychiques. Pour ceux-là, c'est parfois un drame intime qui leur fait préférer les médicaments prônés par la publicité télévisée et courir derrière une intégration qu'ils n'ont jamais eue, qu'ils ont perdue ou qu'ils maintiennent avec de gros efforts de déni : que leur enfant rate et c'est toute leur existence qui menace de s'écrouler.
Pourquoi la maladie mentale aurait-elle une place à part parmi les autres maladies ? dites-vous. Parce que les problématiques psychiques ne sont pas des grippes. Votre subjectivité n'est pas - ou très peu - impliquée dans l'éclosion de votre grippe. Ce n'est pas le cas des problématiques psychiques. Parler essentiellement de "maladie mentale" fait partie du discours de société dans lequel on nous baigne. Votre question-réponse est alors logique, soignons-les comme la grippe : donnons-leur des médicaments, quelques mots de soutien, grondons-les s'ils sortent sans mettre leur écharpe, etc. Et comme il s'agit de maladie somatique, donc ici neurologique, faisons-leur passer moult examens médicaux complémentaires et réguliers, EEG, scanner, RMN, prises de sang, recherches génétiques - la liste est longue - et prescrivons-leur des médicaments. Angoisse assurée des parents et des enfants qui craignent constamment que l'on dépiste enfin la tumeur neurologique, ou l'épilepsie, ou... que l'on ne découvre que très rarement chez ces enfants en souffrance psychique - je dis rarement parce que les problèmes psychiques ne vaccinent pas contre des troubles neurologiques adjacents ni contre la grippe d'ailleurs. Aux USA, la psychiatrie - du terme "psychè" - est en voie de disparition au profit de la neurologie. C'est dire que cette tendance a encore de beaux jours devant elle.
On prescrit malheureusement aussi des amphétamines à de très - trop - nombreux enfants simplement turbulents auxquels il faut conserver le droit de fréquenter un enseignement ordinaire. Quant aux autres qui sont plus que turbulents - agités, hallucinés, délirants, persécutés... - si on leur prescrit des amphétamines, on augmente leurs symptômes. Il ne reste plus alors qu'à adjoindre des neuroleptiques à la prescription et on obtient des enfants "drogués" pour le plus grand bénéfice des industries pharmaceutiques.

J'ai bien conscience qu'on ne traite pas la maladie mentale comme on traite la grippe.Vous avez tout à fait raison... Je voulais simplement orienter mon propos vers le manque de confiance. Or il me semble évident que la confiance envers un "professionnel soignant"est essentielle dès lors qu'il y a souffrance.

La représentation négative est essentiellement due au fait que les IME accueillent des enfants présentant des troubles et des déficits importants. Alors, si ces enfants sont responsables de la représentation négative, c'est qu'ils sont eux-mêmes appréhendés négativement par le public. C'est là qu'elle est la stigmatisation. On n'aime pas les handicapés de cette sorte, on s'en détourne donc. Il existe en France 1500 IME !!! Si ce sont des lieux infréquentables, le drame est grand ! 70000 gamins dont il faut éviter la fréquentation et ignorer les conditions de leur traitement et de leur accueil ...

Oh là là comme çà va être difficile, Alain Gillis,de dire que" cette sorte de handicapés là " on s'en détourne parce qu'on ne la connait pas, ON NE SAIT PAS.. Moi je crois bien les connaitre, sans fausse modestie,ces humains particuliers! Et pourtant, je ne suis pas Sandrine Bonnaire.... C'est sûrement parce que j'ai appris, j'ai écouté, j'ai regardé ... pas de monstres à l'horizon! Oui je le confirme, ça existe des lieux où on cultive le "personnel soignant"(j'emploie exprès ce terme un peu péjoratif) ,où l'on travaille particulièrement.

Oui, le drame est grand. Qui fréquente et connait les IME à part ceux qui ne sont pas directement concernés ? Qui connaît le fonctionnement des tutelles et curatelles, et plus généralement les conditions de vie des handicapés mentaux et malades psychiques adultes ? On manque cruellement de passerelles, de lieux de mixités, même partielles, dans notre société.

On manque surtout de souplesse et de simplicité: prendre les choses là où elles en sont, définir les besoins, au lieu de s'ennivrer avec des réponses qui sont dans l'air du temps.

Je rejoins Joha, plus haut. Des parents touchés par les trouble psychiques ou intellectuels de leurs enfants ne peuvent pas raisonner en gestion des besoins ; ils sont atteints dans leur sensibilité, leur subjectivité, ils peuvent culpabiliser, ou dénier, ou être en colère, ou dire oui à tout... C'est pour cela qu'il est essentiel, comme le dit Joha, de "leur reconnaître le statut d'être humains particulièrement impliqués dans la situation rencontrée par leur enfant." J'ajouterais, et de les aider à sortir de leur isolement, et donc de la "stigmatisation par contact" qui peut les atteindre. La stigmatisation existe déjà entre enfants, par exemple dans la cour des collèges où il y a des classes d'éducation spécialisée. Elle peut exister même entre enseignants de ces mêmes collèges : se mélangent-ils, entre éducation spécialisée et cursus "normal" ? Toute cette souffrance n'est pas qu'une affaire de spécialistes. C'est aussi notre affaire à tous, l'affaire du lien social.

Cher Alain, Vous dites qu'on a juste Médiapart, je ne sais pas si ça va suffire pour soulever le couvercle. Mediapart est très bien, c'est un des lieux d'ouverture, mais il n'y a pas que ce media - heureusement pour mediapart et pour nous - qui ouvre notre monde de psys à nos contemporains. De nombreux sites français - et belges - participent à nos luttes et les relaient. Je dis cela parce que, s'il n'y avait que mediapart, ce serait terrible. Nous n'en sommes heureusement pas là mais je dois bien dire que la France me semble dans une situation politique grave : j'attends la fin décembre avec impatience pour que NS redevienne ce qu'il n'aurait jamais du cesser d'être, un ... (censuré) qu'il vous faut... (censuré).
Post-Scriptum : Vous ne mettriez pas ce billet - et les commentaires - sur l'édition "contes de la folie ordinaire" ? Rassemblons, rassemblons...

Chère Joha, c'est sympathique d'y penser... Comment dois_je faire ? Le poster en copiant collant ? Je ne suis pas tres technique là !

Il me semble qu'un copié-collé, ça marche pour le texte mais je ne sais ce que deviennent les commentaires qui sont bien intéressants : peut-être Sophie Dufau pourra-t-elle vous répondre à ce sujet comme elle coordonne l'édition. En ce qui me concerne, j'ai posté mon billet "chaussettes" uniquement sur l'édition pour éviter une double liste de commentaires.

Chère Fantie B . Il est en effet naturel et compréhensible que les parents « désirent » le plus de normalité possible pour leurs enfants, qu’ils souhaitent les meilleurs chances « d’intégration sociale ». Cela ne veut pas dire qu’ils savent forcement comment y parvenir et qu’eux seuls peuvent prendre les bonnes décisions. Au sujet d’enfant plus classique, on ne discuterait pas du fait que les parents ne sont pas toujours les mieux placés pour décider. En ce qui concerne les enfants perturbés, d’un seul coup leur compétence devient indiscutable… Entendons nous bien, il ne s’agit pas de leur retirer tout pouvoir et de faire sans eux, bien au contraire... il s’agit de leur demander de s’en remettre à ceux qui ont une expérience, de faire confiance à ceux, dont le métier est de prendre soin de leurs enfants. Je regrette que l’on perde un temps considérable pour qu’ils puissent constater de visu que l’intégration scolaire, ca ne marche pas ! Pourquoi mentirait-on ? Ou peut être ne l a t on pas assez dit, il va falloir se répéter.

Il y a plusieurs questions soulevées par le texte d'Alain Gillis, et par les commentaires. A propos de là où en est la discussion, une remarque m'est venue : ce qui est difficile, sur cette question de l'intégration des enfants handicapés, c'est qu'il n'y a pas de réponse univoque. Il y a des enfants qui restent en IMP, alors qu'ils seraient capables de réintégrer l'école, parce que le travail de l'équipe a été bénéfique et qu'ils sont sortis d'une dépression qui prenait le masque d'une pseudo-débilité ou de troubles "du comportement". Mais ils sont souvent dans un cadre où la question ne se pose plus pour eux et, pour peu qu'ils soient d'un milieu défavorisé, plus personne ne va vraiment imaginer qu'ils puissent mener plus tard une vie normale. Quand ces instituts ne fonctionnent pas eux-mêmes sur un mode trop maternant, craignant la confrontation à la réalité de leurs protégés, et tentant de leur éviter d'éventuels traumatismes. De même, les instances publiques essaient depuis longtemps de faire passer les difficultés psychologiques d'un enfant pour un handicap, ne nécessitant pas des soins mais une rééducation. Cela coûte moins cher car il n'y a pas à investir autant, puisque handicapé, on le reste. Cette façon de concevoir les choses a séduit un certain nombre de parents, échaudés par des attitudes psychiatriques fort culpabilisantes pour eux, eux qui ont déjà tendance parfois à se sentir coupables du trouble que présente leur enfant. Quant à la scolarisation, je crois que le problème vient aussi d'un hiatus entre les parents et les équipes soignantes et éducatives, concernant la temporalité, comme l'évoque Fantie. Les parents ont souvent comme hantise la question du moment où leur enfant sera adulte, se demandant avec angoisse la quantité d'autonomie qu'il pourra avoir à ce moment-là. Et ils savent bien que sans les bagages scolaires de base, ils auront peu de chances de se débrouiller dans la société (déjà qu'avec le bac on a du mal à s'en sortir parfois...). Les soignants, en revanche, s'adaptent à l'enfant ici et maintenant, et se contentent quelquefois de petites victoires qui paraissent bien maigres aux parents qui voient leur enfant stagner pendant des années avec un niveau scolaire de CE1, par exemple. La présence de la scolarité dans les établissements éducatifs, témoigne de cette question complexe, et les échanges entre ces différents professionnels, et aussi avec les parents, éclairent les points de vue différents qui doivent se confronter sans que l'un soit déclaré vrai et l'autre faux. Ce qui est certain, comme l'évoque Alain Gillis, c'est que le passage des prises en charge sécurité sociale, à des prises en charges sanitaires et sociales, voire à plus de prises en charge du tout, est très économique pour l'état. Si de nombreux parents n'avaient pas été exclus de la prise en charge de leur enfant, et étaient restés partenaires comme le suggère Joha1008, je pense qu'ils auraient soutenu davantage le maintien de ces filières de soins.

@toutes et tous, Qu'on aime ou qu'on n'aime pas les structures du médico social, elles s'imposent. Et ce, par leur capacité à répondre à des besoins réels. Aussi longtemps que nous feindrons de croire qu'on peut en éviter la fréquentation, comme si on avait le choix, aussi longtemps nous retarderons la redéfinition de leur place et de leur fonctionnement. Les parents peuvent aujourd'hui différer l'entrée d'un enfant dans une structure médico sociale, ils ne peuvent pas "choisir" de l'en écarter de façon définitive. Si ses troubles sont tels qu'il doit être accueilli dans une structure adaptée, il finira par fréquenter un de ces établissements. Il est donc inévitable de se préoccuper de ce qui se passe dans les IME. Non pour "surveiller et punir" , mais pour prendre connaissance de cette réalité institutionnelle, en recenser les imperfections, les mérites et les carences. Les besoins aussi ! J'ajouterai, et ceci indéfiniment, que les psychiatres qui choisissent d'ignorer cette misère des enfants en restant calfeutrés dans leurs hôpitaux dits "de jour", au motif qu'ils sont "dans l'sanitaire", ceux-là doivent savoir qu'ils ne font déjà plus partie de la réalité. En effet, 90 pour 100 des enfants réputés autistes ou psychotiques ou autres, sont, de fait, dans ces IME que les psychiatres ne fréquentent pas. Ou si peu... Rappelons le : Un équivalent temps plein de psychiatre pour 200 enfants en IME ! Un pour 25 en hôpital de jour...

Ah oui! Alain Gillis votre message nous ramène à la réalité et surtout il est encourageant! merci! Les IME sous les sunlights, j'aimerais beaucoup... ça nous changerait... Ces lieux oû se pratique la psychiatrie ordinaire et dont on ne parle jamais.Pas assez "chics" peut-être..

Juste un bémol sur l'antipsychiatrie. Stricto sensu, c'était Psichiatria democratica, en Italie, à l'époque du Mai rampant qui s'est prolongé au long des années 70. L'objectif de vider les hôpitaux psychiatriques partait d'un constat que ces structures en Italie ne pouvaient pas être soignantes (constat sans doute criticable) et dans la capacité postulée du peuple à permettre aux désignés comme fous de se réinsérer dans la collectivité. Puis les années 68 se finirent. La contre-offensive eut lieu. La contre-révolution conservatrice qui vint des USA de Reagan et de la Grande Bretagne de Thatcher trouva juste de vider les HP, juste pour faire des économies. Il resta, dans beaucoup d'esprits, l'idée que le courant de l'antipsychiatrie était arrivé à ses fins, par une ruse de l'histoire. Mais les gestionnaires se réjouissaient de l'invisibilisation progressive de la folie dans les comptes hospitaliers. Aucun rapport avec les militants de l'anti- psychiatrie qui avaient voulu donner forme à leur mot d'ordre: "la liberté est thérapeutique". Je ne suis pas pour reprendre tels quels les thèmes de l'antipsychiatrie, mais pour que le débat nécessaire soit le plus riche possible. En France, fin des années 70,Robert Castel a fait paraitre aux éditions de Minuit "l'ordre psychiatrique", en lien avec ce courant.

"Mais les gestionnaires se réjouissaient de l'invisibilisation progressive de la folie dans les comptes hospitaliers. Aucun rapport avec les militants de l'anti- psychiatrie qui avaient voulu donner forme à leur mot d'ordre: "la liberté est thérapeutique"." Tout à fait ça oui ! Et ça dure... Le moment est venu de le dire, voilà tout. Je ne reviens pas sur le bien fondé humaniste de l'idée. Je suis simplement désolé par l'usage, par le profit que les "gestionnaires" en ont fait. Vous me donnez l'occasion de le préciser . Ce qui n'est pas superflu.

Je passe mes journées avec ses enfants dont vous parlez. Dans un Ime, je vis avec eux … L’alphabet , le B-A-BA, on en est souvent bien loin , c’est parfois franchement déplacé. On pourrait faire semblant certes... C’est d’ ailleurs probablement ce que les instits vont être amené à faire. On peut aussi bosser pour de vrai, dans la réalité on a de « petites victoires bien maigres »… c’est déjà ça. Pas de quoi être péjoratif On a dit plus haut que cela n’était qu’une question de point de vue… Pourquoi nier le travail, la réflexion que nous essayons de mener chaque jour ? N ‘en déplaise à ceux qui veulent ménager la chèvre et chou, toutes les idées ne sont pas bonnes à prendre. Il faudra tôt ou tard être contrariant…non l’école ne fera pas de miracle !

Que de réactions !! Tant mieux car cet article ose enfin nommer la chose : le manque de structure médico-sociales pour les enfants est une "maltraitance administrative". Enfin la réalité prend un nom ! Mais pourquoi ne lit-on cela que sur Médiapart et dans aucun autre média ? J'ai pris connaissance des commentaires des uns et des autres et ce qui me frappe, comme l'évoque fort bien Liliane Bourdin, c'est l'établissement officiel de la confusion entre difficultés psychologiques et handicap. Professionnels et parents, tous peuvent constater que la MDPH, la fameuse Maison Des Personnes Handicapées, s'occupe de tout un monde, pourvu que celui-ci ne rentre pas dans la norme. Dès lors, bien sûr, pourquoi établir des structures et penser des soins ? Qui savait que lorsqu'un enfant est orienté vers un IME, l'équipe qui le reçoit avec sa famille la première fois n'a aucun renseignement sur son histoire, juste son nom et son age, présentés sur une feuille volante de la MDPH ? C'est alors une désolation pour nous, les professionnels, mais aussi pour la famille qui en attend un peu plus, ce que l'on comprend... Mais enfin ne soyons pas pessimistes, lorsque l'on considère que d'un coté l'on jette toute différence comme un objet dans la grande valise du handicap, et que d'un autre coté les médias ressassent qu'il faut intégrer les personnes handicapées dans une négation totale de la différence, et donc de la nécessité de soin, il va devenir évident qu'on nage dans l'absurde, non ?

La feuille volante de la MDPH j'en ai encore reçu deux ce matin... Très bien vraiment ! Du genre, vous êtes priés de recevoir le jeune Untel, né le..., à.... Même pas le droit d'effectuer une période d'observation. Il a 9 ans, il sort d'une intégration scolaire parfaitement "lisse"... Il doit maintenant entre à l'IME, il y a droit ! J'ai dix minutes pour décider d'une orientation qui va durer une dizaine d'années! Et voilà, pour ce garçon là, ça suffit l'intégration! A l'IME maintenant ! Comme on dirait... à l'asile ! Alors oui, avec la négation farouche des différences dans l'imaginaire médiatique, négation contemporaine de leur maltraitance effective dans la réalité, on peut le dire : l'absurde est aux commandes !

@ Joha, Liliane et les autres, Je réfléchis à vos commentaires, et je reviens d’abord sur le sujet des parents d’enfants présentant des troubles psychiques. Il ne faut pas en parler "comme s’ils formaient un tout homogène" mais on doit cependant "leur reconnaître " (à tous ces parents) "un statut d’êtres humains particulièrement impliqués dans la situation rencontrée par leur enfant "(Joha et Fantie) Quel professionnel viendrait vous contester une telle remarque ? Bien sûr que les parents sont aux premières loges ! C’est un état de fait, pas une proposition pour entrer en guerre ! Mais une fois posé ce constat de souffrance, il faut bien penser au-delà, il faut bien agir pour opérer des modifications dans cette situation. C’est là qu’interviennent d’autres "humains particulièrement impliqués"et qui en plus, sont payés pour çà ! Et c’est là que le bât blesse… car conférer un "statut de sujet " (qui plus est pensant) aux éducateurs, aux professionnels qui connaissent bien cette réalité-là, CA NE PLAIT PAS… J’ai l’impression, en relisant vos commentaires, qu’au fond ça fonctionne même comme une INTERDICTION DE PENSER. Vous parlez de "stigmatisation", "d'instituts maternants" et "d'attitudes psychiatriques culpabilisantes."... Comme si la réflexion devait toujours faire des liens avec tout mais ne jamais s’intéresser à la vraie complexité des petits humains qui nous sont confiés, à cette réalité qui constitue un formidable matériel à penser, à travailler !

En tous cas Mme Lisa, ça n'a pas l'air de vous interdire de penser, nos commentaires. Je vais relire l'ensemble, merci pour vos interventions en tous cas !

J'ai relu l'ensemble ce matin. Je crois que ce qui vous agace, Lisa R ce sont finalement les parents, ou plutôt, la façon dont ces parents sont présentés. Comme un tout, pas homogène quand on regrette certaines attitudes comme le manque de confiance, et puis comme un tout homogène dès lors qu'il s'agit de les considérer comme des victimes... Et comme rien d'autre que des victimes. .J'ai souvent remarqué dans différentes instances ou institutions que le ton et les idées des éducatrices à propos de certains parents carrément maltraitants était assez brutalement critique. Avaient-elles tort ? En tous cas, j'ai aussi tremarqué que plus on s'élevait dans la hiérarchie, plus on s'éloignait du terrain, plus on trouvait que les parents étaient des victimes , des gens "en difficulté", "débordés", "en souffrance", etc... . Je viens de lire le très long texte de Colcombet sur la délinquance et la responsabilité pénale des enfants. Je note le même genre de précaution à l'égard des parents. Le mot "parent" n'est même pas utilisé une fois ! On parle un peu, vaguement, vers la fin, de famille... Famille toujours "pauvre", "en difficulté", qu'il faut aider... Un stéréotype en somme. Un amalgame aussi qui défait la dignité et dispense de responsabilité tout un ensemble de citoyens pas "nécessairement nécéssiteux"... Je connais de riches illétrés qui élèvent mal leurs enfants. ! Résultat : ils sont en difficulté ! Je ne sais pas si Colcombet a prévu l'arrivée des travailleurs sociaux dans les familles riches, pour les aider... Car tout de même la délinquance des mineurs, la toxicomanie, la violence, se portent assez bien dans ces milieux là aussi. Pour revenir à vos "griefs" à l'égard des empêcheurs de penser, vous reprochez qu'on procède à des réflexions qui finissent toujours par diluer les données du problème. Mais que voulez vous qu'on fasse ? Une pétition encore ! Contre quoi ? Contre la MDPH ? Contre l'utilisation cynique de la notion de handicap ? Contre les "psy" ? Contre l'absence de confiance ? Très difficile notre secteur... Voyez ce paradoxe : Jean Louis Fournier a le prix Médicis pour son livre qui traite de ses deux enfants handicapés, et de sa vie. En même temps, pas un mot, dans la presse, à propos de la réalité institutionnelle qui concerne justement ces enfants-là! Ne seraient-ils que des agents d'émotion ces enfants !

doublon.

D'où je parle : Pour ce qui est des parents d'enfants autistes ou déficients intellectuels : je me base sur des recherches en travail social, basées sur des entretiens cliniques ou des entretiens de recherche. -Montrant que les parents se sentent stigmatisés à travers le regard que la société (les autres parents, les autres enfants- les professionnels parfois) porte sur leurs enfants (voir les travaux d'Erwing Goffman) -Montrant que les parents vivent une grande culpabilité devant la naissance d'un enfant que la société reconnaîtra comme "anormal". -Montrant que des parents (beaucoup ? je nesais pas, ce ne sont pas des enquêtes quantitatives) acceptent cependant leur responsabilité, celle de tout parent qui est de conduire son enfant vers l'âge adulte, d'en faire une personne autonome. Comment y réussir quand l'enfant est handicapé intellectuel ou atteint d'une maladie psychique ?
L'ensemble de ces tensions, contradictions, fait que les parents adoptent inconsciemment des façon de faire (des stratégies) pour faire face à ce qu'ils vivent. Ces stratégies sont différentes, selon leur parcours de vie, le milieu social ou culturel, le contexte local, etc. (comme le dit A. Gillis au-dessus) Elle vont du déni à l'acceptation, en passant éventuellement par le rejet de l'enfant (maltraitance, placement rapide en institut), par une position revendicative (certaines associations de parents), par une complaisance à l'égard des professionnels, etc.
Sur la culpabilité liée à toute parentalité, et exacerbée à la naissance d'un enfant handicapé, lire par exemple l'ouvrage de Jean-Claude Quentel, Les parents, responsabilité et culpabilité en questions.
@ Lisa R : Je vous répondrai que ces recherches, venant de professionnels du travail social, de sociologues ou de psychologues, tous ancrés dans le terrain, n'empêchent aucunement de penser par soi-même. Elles ajoutent simplement un élément à la réflexion, concernant le vécu des parents, et des analyses distanciées de celui-ci. Parfois les parents ont eu un vécu très douloureux lors de leurs rencontres avec les professionnels, depuis les médecins jusqu'aux professionnels prenant en charge l'enfant ensuite. Pensez-vous que dans tous les cas cela venait de leur manque de confiance ? Et quand un enfant handicapé naît dans une famille, ou quand le handicap, la maladie, sont annoncés parfois sans trop de "soin", pensez-vous que ces événements soient de ceux qui sucitent en eux-mêmes une confiance dans l'avenir ? Alors, comment faire naître ou renaître une confiance, de qui est-ce le rôle, de la susciter ?
Je vous répondrai enfin que je n'ai vu aucune complaisance dans ces travaux, aucun effet de mode, mais un refus de s'arrêter aux projections qu'on peut se faire sur les parents, ou à ceux qu'on a rencontré soi-même. Ces travaux permettent d'intégrer à la réflexion le contexte, plus général que celui de la vie de l'enfant en institut -la stigmatisation sociétale; -les réactions (diverses) de parents divers face à cette stigmatisation de "l'anormalité" - qu'ils ont eux aussi intériorisée comme chacun; -l'angoisse des parents, ceux qui acceptent la responsabilité parentale, quant au devenir de leur enfant "après eux". Notre réflexion à tous n'en est pas diluée, elle devient plus difficile car plus complexe.

A Fantie Je pense que "le placement rapide en institut" n'est pas forcément un rejet de l'enfant.

@ F. Denizot :Vous avez complètement raison : j'aurais dû dire "abandon en institut'" : je parlais ici de parents qui ne viennent pas, ou très rarement, voir leur enfant une fois placés, ou qui ne le prennent que rarement, ou jamais chez eux, même pendant les périodes de vacances.

Certes, mais on ne peut pas adopter une position qui fait systématiquement bon marché de la souffrance des éducateurs ou éducatrices spécialisées, qui ne demandent, elles aussi qu'à être un tant soit peu comprises. Comme les instituteurs, les professeurs, les infirmières... Elles rencontrent chaque jour des situations terriblement difficiles à supporter, et ceci dans la méfiance, le mépris ou l'indifférence... . Vous parlez de travaux, et Lisa R parle de travail... La prise de distance ne doit pas être si grande qu'elle ne permette plus d'apercevoir l'objet ! . On ne peut pas baptiser "projection" toute intuition qui ne serait pas appuyée sur des travaux universitaires. Pour ce qui est de faire renaître une confiance, ce n'est sûrement pas en dénonçant, comme l'a fait Sarkozy devant les associations de parents réunies, les Institutions genre IME comme des ghettos qu'on y parviendra. Lisa R peut faire ce qu'elle veut, si la presse, le gouvernement et les associations recommandent de s'écarter des institutions pour emprunter les chemins de l'intégration scolaire, elle continuera d'oeuvrer dans l'incompréhension et l'ingratitude. Si c'est pas ça... qu'elle le dise!

@ Alain Gillis : je ne répondais que sur les parents. De nombreux travaux de recherche prennent en compte le vécu, les opinions et intuitions des professionnels, et les conditions de leur leur travail, dont la méconaissance, la méfiance, le rejet de celui-ci. Et les projections des autres acteurs sociaux sur leur travail. Exemple : les travaux sur l'épuisement professionnel dans la relation d'aide (burn out). Les travaux d'analyse théorique permettent simplement d'éclairer des aspects de la réalité, éventuellement méconnus. Ils sont au service de la pratique de chaque acteur, professionnel, parent ou citoyen, qui souhaiterait s'en informer. Pourquoi opposer une souffrance à une autre ? Je ne défends ici que la prise en compte du point de vue de l'ensemble des personnes concernées.

Chère Fantie, je ne voudrais pas laisser penser que l'expérience est "en soi" suffisante. Ce n'est pas du tout mon avis, et je crois profondément à la théorisation comme une des modalités nécessaire à la manifestation de la réalité, éclairée autrement. Je serais un foutu psychiatre si je pensais que le boulot consiste à se répandre, selon son humeur, contre telle ou telle manifestation des "usagers". Mais il est vrai que la manière dont Lisa nous interpelle, depuis un vécu professionnel qui semble tres "consistant", m'incline à penser que le "burn out" dont vous parlez, et que je n'ignore pas, n'est pas assez sérieusement pris en compte. Là comme ailleurs.

Je vous rejoins (et je ne voulais juste lever le malentendu possible) : les métiers qui touchent à l'aide à la personne, à l'accompgnement des personnes les plus en difficulté, les plus en souffrance, les plus loin de l'intégration sociale, sont une forte charge pour les professionels; Je pense ici aussi à des professions peu considérées et pourtant cruciales, comme les aides à domicile, par exemple. Tous mes métiers de ce qu'on appelle le "care" : le soin à l'autre. Les éducateurs, infirmiers, en établissements de soin ou éducatifs, sont en première ligne sur ce point. Mais l'accompagnement bénévole ou familial de ces mêmes personnes, quand il est fait avec engagement, tout aussi ;-)

Au fond, si on forçait un peu le trait, juste pour se détendre, on pourrait dire que l'Autre, c'est vraiment une charge ! :o) Conclusion, ou relance, très Lévinassienne à propos de la psychiatrie. L'autre on en hérite comme d'un souci constant et... nécessaire. . J'ai compté, on est une dizaine à s'être manifestés à propos de ce billet, qui a plutôt été très commenté d'ailleurs... Mais je me disais que la mobilisation sur les descentes de flics dans les collèges ou sur les menaces qui pèsent sur le droit des enfants... Bon, c'est important comme des choses à venir... Et on a probablement raison de se mobiliser ou d'être vigilant sur ces sujets, car en effet, dès lors que les situations sont installées, comme cette histoire qui nous occupe, de la "psychiatrie d'hospice" pour les enfants et les jeunes handicapés, c'est fini ! Enterriné ! . Comme pour les prisons, la brave docteur Vasseur qui avait osé dire que ça n'allait pas, mais alors pas du tout dans les prisons... Cette brave docteur a repris la plume pour signaler que tout le bruit qu'elle avait fait n'avait rien changé du tout dans le quotidien des prisons. C'est comme les avantages acquis ces choses là... C'est acquis !

Les faits divers de la psychiatrie adulte font toujours sensation, mais continuons donc ici au moins de faire parler la pédopsychiatrie !! "L’Autre comme souci constant"… Constant, tout au long de la vie, car Fantie B, comme vous le dites, les parents connaissent l’angoisse de l’avenir de leur enfant « après eux »… et je rajoute : les institutions partagent cette angoisse lorsqu’il s’agit d’orienter ces enfants qui deviennent adultes… Peu, ou pas d’alternatives entre des ESAT (nouveaux CAT) lieux de travail que seuls les jeunes suffisamment bien présents au monde, adaptés aux contraintes sociales et indépendants dans les transports peuvent intégrer, ou les foyers occupationnels. Pour rebondir sur ce qui se disait des parents, je crois qu’il faut continuer de s’étonner qu’ils soient vus comme de potentiels experts en matière de diagnostic ou d’orientation. Alors bien sûr, il serait facile et gratuit de se contenter de dire « qu’ils s’en remettent donc aux professionnels ! » quand, souvent, avant une orientation claire en IME, ils ont été baladés sans ménagement d’un professionnel à un autre, d’un neurologue à un psychologue, d’un bilan psychomoteur à un bilan orthophoniste, le tout dans un flou diagnostic. On comprend bien comment la méfiance s’installe, les parents pensent alors qu’ils sont seuls avec leur enfant. Puis au terme de ce parcours les familles découvrent des structures dont personne ne parle jamais, des professions comme les éducateurs qui ne font jamais grève, qui ne sont jamais mis sur le devant de la scène ! Alors méfiance et surveillance sont là, c’est certain, chez des parents transformés en "usagers" des IME. Mais que faudrait-il pour transformer cela ? Peut-on penser une société qui intègrerait ses enfants psychotiques, autistes, handicapés... justement en les intégrant dans des instituts médico éducatifs reconnus comme de véritables lieux de vie destinés au soin, à l'accompagnement et à la réflexion inhérente à la compréhension de ces enfants ? Peut-on oser penser l'intégration non pas comme une tentative de normalisation forcée par la scolarisation mais justement comme la possibilité de vivre dans des lieux protecteurs et protégés ? Il serait vraiment intéressant que cet article et ces échanges soient relayés auprès du corps enseignant, de nombreux enseignants qui se retrouvent à accueillir des enfants psychotiques, autistes, dans leurs classes. L’expression de leur point de vue pourrait donner une ampleur à ce qui est dit ici, il serait de bon ton de savoir dans quelle mesure ils peuvent exprimer les limites de l’intégration scolaire, ce qui se dit, ce qui ne se dit pas…

Des points de vue concernant ce sujet ont déjà été donnés dans un précédent billet d’A Gillis : « psychiatrie et intégration scolaire, un sujet tabou". Mais il est vrai que peu d’enseignants se prononcent sur cette question de l’intégration scolaire des jeunes handicapés psychiques ; sont ils indifférents, résignés ? Trouvent-ils ces intégrations bénéfiques? Ont-ils peur d’être mal considérés s’ils s’en plaignaient ? Accueillent-ils ces jeunes par pitié ou se sentent-ils dans une toute puissance telle qu’elle les amènerait à faire des miracles ? Etonnant cette inertie à réagir, car c’est quand même un vrai problème ! Pour ma part, comme vous l’évoquez, « j’ose penser l’intégration non pas comme une tentative de normalisation forcée par la scolarisation, mais justement comme la possibilité de vivre dans des lieux protecteurs et protégés », si tant est qu’on nous en donne les moyens. Je suis persuadée que l’essentiel est de trouver la bonne place pour chacun dans la mesure de ses capacités. F Denizot : enseignante

Merci pour votre réponse, que votre qualité d'enseignante rend précieuse ! Je lis avec beaucoup d'attention vos commentaires.

Moi aussi, je lis vos commentaires avec intérêt. Je me demande quand mème s'il y a beaucoup d'enseignants abonnés à Médiapart???

D'après ce que je peux voir, c'est la catégorie professionnelle la mieux représentée !

C’est sûr que les profs de lycée ne sont pas dérangés par des élèves handicapés mentaux. En effet, après avoir parcouru, au prix d’inimaginables efforts, souffrances, échecs, les classes du collège, ces élèves troublés et leurs parents vont se cogner à la dure réalité : il va falloir trouver une orientation adaptée .Dans le meilleur des cas, s’ils n’ont pas 18 ans, ces jeunes vont pouvoir passer quelque temps dans une U.P.I. lycée (ça vient de sortir !) en attendant une place en E.S.A.T.; dans le pire, ils resteront chez eux. Mais quand réalisera-t-on que ces jeunes troublés ONT LE DROIT d’être traités selon leurs difficultés, accompagnés de soins qui leur correspondent? Quand leur permettra-t-on de vivre leur enfance, leur adolescence, comme ils sont, de profiter des plaisirs de l’existence avec leurs différences, dans des lieux adaptés, accompagnés par des professionnels compétents ?

Oui, merci pour ce commentaire calme et clair, il est certain que les parents "baladés" pendant quelques années, et puis précipités pour finir vers ces structures inconnues ou mal vues que sont les IME nous arrivent dans les pires conditions. Vous posez la question de savoir comment et quoi faire ? Et vous suggérez que cette réflexion pourrait s'enrichir d'une participation plus sensible des enseignants. Il semble que sur ce sujet, décidément tabou, l'Omerta du corps enseignant soit particulièrement bien respectée.

On a beaucoup parlé de point de vue , celui des parents, celui des travailleurs sociaux, celui des psychiatres… soi disant tous se valent. A force de ne vouloir contrarier personne, alors on donne raison à tout le monde, on donne l’intégration scolaire aux parents qui le souhaitent, et des travaux sur le « burn out » aux éducateurs en colère, pour qu’ils continuent de se taire. Curieusement les problèmes restent… La scolarisation des enfants relevant de la psychiatrie continue d'etre à la mode, les Ime se transforment en hospice dans l’indifférence générale. Merci pour votre article Alain Gillis qui tente malgré tout d’attirer l’attention sur ces désastreux acquis !

Que les structures "hospices" déstinées aux enfants se développent, ça laisse indifférents les "maquis" de la résistance bourgeoise. Assis, sous le soleil de la vigilance.

Oui,dès lundi matin on sera sur le terrain, au coeur du sujet... C'est notre boulot après tout! L'insatisfaction demeure, celle de ne pas intéresser et de voir le temps gommer tous nos élans!

Revient actuellement sur le devant de la scène un jugement à propos des jeunes handicapés. Une mère (faut dire une maman!) a tué sa fille. Bon, je ne juge pas. Mais vous verrez que, les mêmes qui se foutent éperdument de la manière dont les jeunes malades mentaux, baptisés handicapés, sont quotidiennement traités, les mêmes vont s'associer pour pleurnicher à propos de la grande détresse de "la maman"... Pis voilà ! Mais ce sera sans conséquence, sans aucune réflexion à propos de l'inadaptation structurelle et idéologique de nos institutions aux difficultés qui se présentent chaque jour. Pour les soignants, pour les "papas" et aussi pour les "mamans"...

Je ne suis pas intervenue mais j ai trouve l'article et les commentaires très intéressants. Je suis intéressée par le sujet, ayant été moi-même hospitalisée dans un institut médico-psychologique infantile dans les années 50, pour anorexie mentale. J y suis restée 6 mois, et je me souviens que ce séjour m'avait fait énormément de bien. J'ai aussi le cas de ma grand-mère maternelle qui avait un enfant "autiste". Comme j'ai beaucoup vécu avec mes grands-parents, j'ai toujours ressenti chez elle, une culpabilité jamais dites, et son angoisse pour le jour où elle ne serait plus là pour s'en occuper. Après des années de recherche, elle trouve un foyer ADAPEI, où il séjourne toujours à l'age de 76 ans. Je crois que le foyer envisage de le transférer dans un lieu "plus adapté" à son âge. Le connaissant assez bien, je crois que ce sera un énorme traumatisme pour lui, dont il ne se remettra jamais. Voilà, je voulais apporter un simple petit témoignage. Quant à la mesure de Sarkosy, je pense à ma grand-mère et j'imagine les dégâts, la torture, l'horreur , que ça lui aurait fait à ma pauvre grand-mère, qui n'aurait pas mérité çà, comme toutes les autres personnes concernées par la maladie mentale. Marie Paule.

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