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Psychiatrie et intégration scolaire : un sujet tabou ?

Il est toujours gênant, voire dangereux pour le message qu'on voudrait faire passer, d'insister sur son "importance". Comment faire ? J'essaie depuis longtemps d'attirer l'attention sur la pauvreté matérielle, mais surtout intellectuelle et politique, des conditions dans lesquelles évolue (ou plutôt involue) la psychiatrie, et plus particulièrement la psychiatrie de l'enfant ! Mais rien à faire... Les journaux encore bien établis semblent hésiter à publier un article qui dirait que l'intégration des enfants handicapés mentaux dans une structure scolaire ordinaire est un non sens.

Je sais bien que publier ça revient à soulever une vague de protestations de la part des "associations de parents". Mais tout de même, on pourrait débattre... Car il n'y a pas tellement d'instances pour réfléchir sainement à cette étrange disposition qui relève moins de la générosité intégrative, que de la dénégation de la souffrance mentale des enfants psychotiques, autistes ou déficients...

Il faudrait seulement un peu de courage.

Les fondamentaux de ce problème sont les suivants:

Il existe un manque de places dans les hôpitaux de jour et dans les Instituts médico éducatifs (I.M.E.) pour accueillir ces enfants et leur proposer un vrai projet éducatif et thérapeutique.

Certains parents, découragés et rendus furieux par les obscurités hautaines de la psychanalyse ont entrepris le dénigrement des psychiatres qui se réclamaient souvent de cette discipline.

Leur désir de s'opposer à cette tendance intellectuelle peu opérante les a conduits à se tourner vers l'éducation et la pédagogie, conçues sur un modèle cognitivo-comportemental. Et ces modèles (Teach, ABA, etc...) nord américains, sont arrivés, avec, comme toutes les nouveautés : des résultats !

Et l'apprentissage des savoirs est venu remplacer ou occulter la recherche d'une compréhension, au cas par cas, des troubles psychologiques.

Plus de psychologie donc ! De la pédagogie ! Plus de maladie! Du handicap ! Et pour la compréhension ? De la génétique s'il vous plait ! Sinon rien !

Moyennant tous ces changements "idéologiques" et compte tenu de la loi faisant obligation d'intégrer les enfants handicapés à l'école, on est arrivés à la situation actuelle. A savoir que ce sont les enseignants qui devraient prendre en charge, avec l'aide de quelques jeunes gens (les auxilliaires de vie scolaire) la majeure partie des enfants présentant des troubles de la personnalité, du comportement, et du langage...

Il s'agit évidemment d'une impasse dont il faudra revenir. Alors les rancoeurs et les décéptions seront plus grandes encore, et la souffrance augmentée!

Les pouvoirs publics profitent de l'aubaine. Très économique d' intégrer (à temps très partiel) ces enfants dans les classes ordinaires! Beaucoup moins compliqué que d'entreprendre une réflexion et une rénovation de la pédopsychiatrie ! Et l'allure généreuse, égalitaire, humaniste et "sympa" de l'intégration scolaire garantit quelques années de tranquilité aux gouvernements de droite comme de gauche.

Pourtant, la réalité, toujours aussi têtue, n'a pas fini de réclamer pour ces enfants, qui présentent des troubles plus ou moins envahissants du développement, des structures et du personnel réellement spécialisé dans la compréhension soignante de leur originalité. Ce qui n'exclue rien, par ailleurs, d'une bienvenue des apprentissages de type scolaire, ni des vertus de l'éducation. Rien non plus du côté des chromosomes...

Une réflexion plus générale, où l'on voudrait bien cesser de ressasser les mêmes vieux griefs contre la psychiatrie (accusée tour à tour de psychanalyse ou de brutalité médicamenteuse), permettrait d'envisager, en même temps qu'un retour de la confiance, les modalités d'une prise en charge réelle et sérieuse. Il y a 70000 enfants dans les instituts médico éducatifs à ce jour. En regrettant publiquement cette situation (Sarkozy et Bachelot on parlé de ces structures, les I.M.E., en utilisant le mot ghetto), et en promettant l'école pour tous, à qui rend-on service ? On flatte simplement, et pour pas cher, ceux qui dénoncent un soit disant "enfermement", sans égard pour les usagers de ces établissements (patients et personnel) qui ne demandent qu'une chose, une amélioration (là c'est plus cher) de leur conditions de vie et de travail.

Ce qui me gène, c'est de constater, au fil d'une longue pratique, que les parents et les enseignants sont très critiques, régulièrement déçus par l'intégration scolaire des enfants présentant des difficultés psychologiques majeures. Mais que ceux-là n'écrivent jamais, ne défilent jamais, ne s'expriment qu'à mi-voix... Les enseignants confient secrètement leur impuissance... Mais le tabou est là, il ne faut rien dire ! On me dit que ça fait "de droite"...

Et la presse ? Elle semble observer la même discrétion vis à vis de cet escamotage des vrais problèmes. Il ne s'agit pourtant pas d'une affaire marginale ! Comparée à la formidable interrogation déclenchée par "si tu reviens j'annule tout!" Mais je constate que même sur Médiapart il n'y a actuellement que 2 ou 3 psychiatres qui viennent à s'exprimer. Et pas encore sur ce sujet (de "droite" ?) Je souhaite bien sûr que ce billet apparaisse en "une", ne serait-ce que quelques heures, afin de pouvoir nouer, avec des parents, des enseignants et des collègues, un dialogue, un vrai, pas un échange de coups !

 

 

 

 

 

 

Tous les commentaires

Grâce à Claude Lelièvre, je découvre votre article, et je le recommande dans mon blog. Il pose un problème de première importance. Malheureusement, malgré une expérience familiale d'enfant psychologiquement inadapté, je suis incapable d'en débattre. J'en suis désolé.

Merci pour votre soutien en tous cas. J'en apprécie la difficulté.

bonjour, j'ai lu votre contribution avec attention. je travaille dans un foyer d'accueil médicalisé pour adultes "classés" handicapés et non "malades" . Je crois hélas que le distingo tient au prix de journée. La prise en charge en milieu "socio-éducatif" revient moins cher qu'une journée d'hospitalisation !!! Ayant travaillé en E.P.S.M avant d'être en F.A.M j'ai noté qu'il était plus difficile de faire entendre à mes collègues "sociaux éducatifs" une prise en charge GLOBALE et INDIVIDUELLE qu' a mes précédents collègues "soignants". Ce qui est vrai chez les adultes est peut être faux dans les I.M.E mais j'en doute puisque les "éducs" ont tous été formatés dans le même moule qui est grosso modo l'équivalent de certaines méthodes utilisées avec certains autistes pour qu'ils puissent correspondre un tant soit peu avec ce qu'accepte la société aujourd'hui. A propos des parents : ils sont souvent dans un tel désarroi, une souffrance si importante qu'ils sont prêt à tout et quelquefois à passez moi l'expression "n'importe quoi" ( je sais que cela va choquer mais ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit ) pour que leur enfant soit "integré" voire "accueilli" dans une structure quelle qu'elle soit. Quand cela est fait, ils n'osent demander des comptes à ces structures s'estimant (à tort) privilégiés au vu des listes d'attentes. Certains culpabilisants doublement : une première fois pour avoir un enfant différent puis ensuite par ce que leur enfant à pris la place d'un autre enfant lui aussi différent qui était un peu plus loin sur la liste etc.......sur des critères qui ne peuvent pas être objectifs puisque que TOUS DEVRAIENT ETRE PRIS EN CHARGE DE FACON INDIVIDUELLE ET ADAPTEE

oui, c'est toujours difficile d'aborder ces questions sans avoir l'air d'individu qui ignore tout de la souffrance des parents et des enfants. Mais c'est justement parce que je crois qu'on se sert du désarroi général pour proposer des solutions qui n'en sont pas qu'il faut essayer de réagir. Et ceci pour qu'une réflexion réelle permette d'envisager des réponses solides, solidaires vraiment! Merci!

Une telle connaissance de la réalité de terrain, loin de l'hypocrisie politique et des lobbies du corps médico-éducatif, réchauffe le coeur d'une maman qui a retiré son fils du système IME pur ET DUR à cause justement de cette simple addition comptable : un enfant pris en charge occupe une place à temps complet et représente un prix de journée en recettes. Pour rentabiliser un établissement un(e) directeur(ice) accueille un enfant en promettant autant de séances de kiné que nécessaire, de l'orthophonie, de la psychomotricité, de la rééducation en piscine. tout est alors pour le mieux puisque cet enfant est également scolarisé dans l'école de son village, près de sa famille, comme les autres enfants de la fratrie, et que cette scolarisation permet d'établir un bilan permanent et objectif, avec une véritable équipe pluridisciplinaire. Puis vient le jour où la scolarisation n'est plus possible car les parents ne sont pas si inconscients que ce que le psychiatre veut bien croire et que l'école élémentaire de 200 élèves n'est pas un lieu propre à accueillir un enfant aux nombreuses difficultés. Alors vient la solution IDEALE au regard de nos institutions : PLACER l'enfant dans ce même IME, à 30 km du domicile des parents, IME qui n'accepte l'enfant qu'à condition qu'il soit interne : plus rentable qu'à la journée avec des frais de transport... Les parents voient bien vite les limites du système, une séance de psychomotricité par ci par là (en fait pendant le repas, il doit y avoir un facteur de rentabilité dans la rémunération des agents!!! ; les résultats sont là : l'enfant apprend très vite à manger tout seul, et un an après, la psychomotricienne demande désespérément à changer de créneau horaire pour aborder d'autres phases de l'autonomie : sans résultat de la part de la direction). Les séances de kiné et d'orthophonie ont été supprimés. Ces mêmes parents décident d'un suivi extérieur avec une ergothérapeute (soins non remboursés) qui fait faire des progrès extraordinaire à cet enfant autonomie de la toilette, de l'habillage, etc. et tous le bien-être que cela procure à cet enfant qui se voit faire des progrès. Heureusement, cette ergothérapeute demande, et obtient avec beaucoup de difficultés un RV avec le centre. On apprend alors, au mois d'avril, que l'enfant n'a plus ni orthophonie (les parents, pas si bêtes que ça au fait, s'en étaient aperçu puisque l'enfant s'était remis à baver), ni les 2 séances de kiné hebdomadaires promises depuis le mois d'octobre. Heureusement, le chirurgien orthopédiste vigilent avait demandé une prise en charge à l'extérieur, fonctionnement très simple évidemment, pour les enfants comme pour les parents... Et l'enfant pendant ce temps là : il s'étiole. Car pour reprendre l'expression de M alain Gillis , c'est un non sens de séparer 5 jours sur 7 un « enfant handicapé mental » de sa famille. C'est bien une « dénégation de la souffrance mentale des enfants psychotiques, autistes ou déficients... » Cela fait 10 mois que l'enfant n'est plus dans une structure. Il a nettement progressé sur bien des points, il a surtout cessé de régresser sur bien d'autres ! Évidemment la situation n'est idéale pour personne : l'enfant manque d'une socialisation adaptée et le fait comprendre ; les parents cherchent une autre solution, ce qui implique déménager, se positionner près d'un établissement qui n'est pas encore tombé dans ce piège des ratios budgétaires. Mais là n'est pas la solution globale. Il faut que cesse cette hypocrisie. Alors je répète et je scande comme willy, TOUS DEVRAIENT ETRE PRIS EN CHARGE DE FACON INDIVIDUELLE ET ADAPTEE, en dehors d'une structure en fin de compte très coûteuse pour la société. Les mesures annoncées ces derniers jours seront certainement de la poudre aux yeux. On peut toutefois espérer, mais j'en doute, que l'argent qui sera consacré à la recherche, le sera dans le souci d'une réel bien être des individus concernés, et non pour la satisfaction du lobby des médecins psychiatres, souvent chefs de services de ces mêmes établissement dont ils souhaitent le développement.

Avez vous le sentiment que je me bats pour autre chose que pour une prise en charge individuelle et adaptée ? Je disais plutôt que les établissements devaient être rénovés, dotés convenablement, conformes à ce que vous en attendez. Ou bien me suis-je si mal fait comprendre ...

Il ne s'agit pas de VOUS FAIRE COMPRENDRE mais de COMPRENDRE VOUS MEME qu'il faut investir ailleurs que dans ces lieux, casser ces structures et reinsérer les enfants dans leur milieu social et familial qu'ils n'auraient jamais du quitter dans la grande majorité des cas. Bien des professionnels se cachent derrière l'alibi d'un danger que pourrait courir l'enfant dans son milieu familial. Mais la "non-traitance" dans un établissement spécialisé n'est-elle pas également un danger ??? Cela demande une révolution intellectuelle bien inconfotable, je l'admets. Mais rassurez vous, tous les parents d'enfants handicapés sont habitués à cet inconfort intellectuel depuis la naissance de leur enfant.

La non traitance dans un milieu spécialisé est un danger, oui ! Comprendre ET se faire comprendre, pourquoi pas ?

J'ai plusieurs pistes de réponses, laissez-moi, je vous en prie, quelques jours, semaines (c'est la fin d'année) pour vous répondre de manière précise et débattre du fond : 1° un large accord avec vous sur le manque de moyen d'accompagnement de l'enfant (prise en charge globale ; psychiatre, psychologue, psychomotricien, mais aussi éducateur... 2° une réflexion qui va exactement dans le sens contraire ; l'emprise de plus en plus forte du médical (quand il est là) sur le pédagogique (accentué par l'organisation même des Maisons Départementale du Handicap ). Lors d'équipes éducatives (rencontre parents-enseignants-professionnels de l'enfant), on nous dit qu'un enfant "ne peut pas apprendre". Ou on nous parle très facilement d' hyper-activité alors que l'histoire de l'enfant peut, aussi, être un principe d'explicatif ; ou encore on intervient directement en remettant en cause les apprentissages et les évaluations fait à l'école parce qu'ils n'atteignaient pas la scientificité des "instruments" médicaux qui donnaient l'enfant en "retard sur son âge" alors qu'elle réussissait en classe (un jour j'ai dû rappelé que "c'est l'école qui fixe la norme scolaire" et que l'école n'oriente pas des enfants qui ont des résultats corrects : un comble ! (je proposais aux médecins de s'interroger sur cet écart mais non, à l'école, les enseignants ne comprennent rien de l'enfant et de toute façon il faut avoir fait d'immense étude pour enseigner la division, c'est simple, pédopsychiatre, ça c'est un professionnel...) Bien évidemment, il ne s'agit que d'exemples et quand on a pas la situation de l'enfant sous les yeux, il est difficile de donner du crédit à ces exemples. Pourtant, ils soulignent un problème majeur sur lequel enseignants et monde médical s'affrontent, l'éducabilité des enfants et le sens de l'école(à quoi ça sert ?). Donc A bientôt.

Je ne suis pas impatient et je m'en voudrais de vous presser. Vous semblez d'ailleurs très actif. Mais d'emblée je peux vous dire que ce que vous appelez "l'emprise du médical", ne correspond pas du tout à ce que moi je revendique. L'emprise dont vous parlez me semble illustrer précisément certaines confusions des genres que je regrette. Je suis en effet pour un partage très clair entre les compétences de chacun. Et soyez sûr que le genre d'empiètements ou de contestations dont vous parlez à propos des appréciations scolaires, je les déplore. Les psys n'ont rien à faire là, en tous cas, pas ça!!! Non, ce qui m'inquiète, c'est tout simplement l'intégration des enfants souffrant de handicaps fondamentaux, et qui devraient se trouver mieux d'être soustraits aux soins des éducateurs spécialisés, des psychiatres et des psychologues... Retirés des lieux de soins qu'on dénigre (au lieu d'en améliorer décisivement le fonctionnement), et confiés à l'école... C'est précisément ça qui me mobilise! Nous en reparlerons j'espère, mais pas sur le mode de l'affrontement surtout ! Ca n'aurait pas grande utilité. Un échange calme et technique serait déjà un bel évènement... Bon week end!

je suis bien évidemment prêt pour cet échange (que je ne concevais pas autrement)

J'ai derrière moi une carrière de pédiatre et de médecin de PMI. C'est dur à dire, mais je crois qu'un espace de soutien et d'accompagnement des enfants posant des problèmes graves doit exister en dehors ou parallèlement à l'école de la république. On ne peut demander à un enseignant qui a 25 ou 30 enfants d'être vraiment disponible pour un enfant en grande difficulté. Au delà, si je compare avec ce qui se fait dans d'autre pays, je retombe toujours sur la même conclusion, à savoir ce regard si particulier de la France sur ses minorités (prisonniers, handicapés, personnes âgées, étrangers). Tout se passe comme si ces minorités faisaient peur, qu'on ne voulait pas trop les regarder, pas trop les voir. Au fond, la France n'est-elle pas un pays "romantique" qui a du mal à assumer ses réalités. Ce "pays des droits de l'homme" ne cache-t-il pas derrière ses déclarations sa peur de la réalité? Avec, au bout du chemin, des rideaux pour cacher tous ceux qui sont "différents"? Notre Christianisme (par opposition au Protestantisme) ne nous ralentirait-il pas pour affronter la réalité, les réalités, notamment de nos minorités?

Romantique, oui, ce mot me plait bien... Mais alors, on est des romantiques qui jouent vraiment "petit bras" dès lors qu'on s"aperçoit que les réalités ne collent pas avec nos "idéaux". Je vois que vous connaissez le problême...

Bravo, Alain Gillis, d'ouvrir le débat. Il est en effet vital, pour dépasser les anathèmes anti-psy et autres sectarismes de personnes blessées, voire brisées par la complexité à laquelle elles sont confrontées, et autres simplismes rééducatifs, de mettre en question l'accueil de ces enfants, dans la diversité, de l'aide, l'accompagnement, et l'approche thérapeutique de ces enfants et de leurs parents. Je vous promets de trouver un peu plus de temps pour participer à ce débat. Saül Matifou

Merci pour votre participation. L'anathème en question est en effet un cache misère bien commode pour noyer le poisson de la réflexion sérieuse...

Bonjour J'ai recherché d'autres reflexions sur le sujet que vous évoquez. Il se trouve qu'un jugement récent du tribunal administratif de Toulouse vient d'ordonner la réintégration d'un enfant autiste à l'école. L'article qui fait état de ce jugement est signé Jean-Pierre Rosenczveig, médiatique magistrat de Bobigny; voici le lien de son blog : http://jprosen.blog.lemonde.fr/ . Les enseignants aujourd'hui servent à pallier toutes les carences de notre société. Comment pourrait-il se consacrer à leur mission : enseigner et apprendre?

ça parait difficile oui, on peut attendre beaucoup de leurs témoignages...

Je voudrais apporter quelques remarques sur ce sujet, tirées de mon expérience en tant qu'éducateur spécialisé, puis formateur en travail social. La fonction officielle d'un instituteur est d'amener, en une année scolaire, un groupe d'enfants (sa classe) à un certain niveau de savoirs et de compétences, défini par les texttes de l'Education Nationale. Les enfants atteints de déficience intellectuelle ou de troubles de la personnalité sont souvent "dysharmoniques", comme le disait Piaget. C'est-à-dire qu'ils peuvent être performants dans certains domaines, et très en retard dans d'autres. Pour qu'ils puissent progresser, il faut donc bien les connaître, et établir un programme personnalisé. D'où le dilemme pour l'enseignant : va-t-il faire porter la priorité au groupe majoritaire - et dans ce cas, les enfants handicapés vont stagner, sinon régresser au fond de la classe - ou se consacrer davantage à ces derniers, et le reste des enfants va se sentir frustré. De plus, les enfants ne sont pas toujours tendres entre eux, et il arrive que ces tentatives d'intégration deviennent des moments de stigmatisation. Dans les structures spécialisées telles que les I.M.E., les enfants doivent avoir la possibilité d'évoluer à leur rythme; des évaluations régulières ("réunions de synthèse") permettent de créer puis d'adapter des programmes individualisés, élaborés par une équipe PLURIDISCIPLINAIRE (éducateurs, psychologues, orthophonistes, etc.) et en collaboration avec les familles. Je comprends bien les difficultés - matérielles et psychologiques - que subissent celles-ci. D'une part, les places en I.M.E. sont insuffisantes. D'autre part, le fait de pouvoir dire : "Mon enfant va à l'école comme les autres" est rassurant et socialement revalorisant. Et, comme le coût d'une prise en charge en structure spécialisée est plus élevé que celui de l'école "normale", le discours officiel, au nom d'une égalité un peu simpliste, tend à promouvoir l'entrée à l'école des enfants handicapés mentaux. Deux questions pour terminer : Quelle formation à la prise en charge de ces enfants est-elle donnée dans les U.I.F.M. ? A-t-on fait des études sur le parcours des enfants handicapés ainsi placés en milieu ordinaire ?

vous exposez très complètement le problème... Et la solution n'est pas très difficile à entrevoir. Mais elle doit être pensée, expliquée et soutenue par les décideurs, c'est à dire les financeurs... Y ont-ils intérêt ?

Dans une société du rendement à court terme, et dans laquelle les slogans remplacent la réflexion, ces enfants et leurs familles ne présentent en effet que peu d'intérêt.

Je vous encourage dans votre démarche - tirer la sonnette d'alarme en France... et en Europe. Nous rencontrons des problèmes en Belgique aussi, à ceci près que nos centres d'accueil francophones reçoivent désormais aussi des enfants français. A noter que la situation est identique dans l'enseignement (orthophonistes, vétérinaires, kinésithérapeutes, etc) où nous en arrivons à la situation absurde de devoir refuser des élèves intelligents de "chez-nous" car les classes sont emplies d'élèves français tout aussi intelligents - et à ma connaissance, le gouvernement français a refusé de subsidier les élèves de "chez-vous". Alors que je trouve plutôt sympa ces mélanges d'étudiants de diverses origines, je constate que cette politique d'ouverture cale sur le financement. Mais revenons à la psychiatrie de l'enfant et des adolescents. Il me semble que les situations françaises et belges présentent quelques similitudes, et notamment pour les enfants issus de milieux défavorisés. Je ne soulève ici qu'un point : De plus en plus souvent, il faut déclarer un enfant comme handicapé (ce qui donne droit à des allocations spéciales), ou comme "fauteur de troubles" et/ou en danger dans sa famille (ce qui donne droit à une intervention financière des services judiciaires) pour pouvoir dispenser les soins nécessaires aux enfants. Avec quels effets sur les enfants et leur famille d'être ainsi épinglés ??? Avec quelles conséquences pour leur avenir ??? La promotion de l'idéologie de la santé mentale pour tous aboutit à méconnaître la maladie mentale (ô le vilain mot que je déteste autant que ceux qui en sont affligés), aboutit surtout à méconnaître la souffrance psychique qui gîte derrière les "troubles" du DSM (manuel de classification nord-américain des problématiques psychiques). Cette promotion s'accompagne de coûteuses campagnes publicitaires. Par exemple : - sur la dépression dont tous seraient affectés tôt ou tard, - ou sur les enfants TDAH ("trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité)) - remarquez le diagnostic stigmatisant "déficitaire". Avec quel résultat ??? - La promotion de la vente de médicaments. Si ceux-ci sont utiles et même indispensables pour certains, faut-il pour autant mettre toute la population sous psychotropes ? - La surcharge des services d'accueil ambulatoires des patients, enfants et adultes, où consultent aussi désormais "rapidement" des patients qui ont déjà leur diagnostic et leur traitement en poche : "mon enfant est hyperactif, il faut lui prescrire de la Rilatine° (je rappelle que celle-ci est un dérivé d'amphétamine, un stupéfiant aussi nommé "speed", et qu'on n'en connaît pas si bien les effets secondaires à long terme - prenez-en donc quelques semaines et vous m'en direz des nouvelles !). Alors, les dépressions chez les enfants augmentent-elles ? Peut-être mais force m'est de constater qu'elles sont parfois d'origine iatrogène : comment ne pas se "déprimer" quand on a été considéré comme mauvais élève turbulent devant être rééduqué et médiqué depuis l'âge de 3 ans ? Quelle image de lui-même un enfant s'est-il alors forgée ? Quant aux enfants qui, souffrant de réelles problématiques graves, il arrive de plus en plus régulièrement que l'on attende des traitements miracles rapides et performants pour leur restituer une parfaite "santé mentale" et surtout un parfait silence (“La santé, c’est la vie dans le silence des organes” Leriche, cité par Canguilhem, in "Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique"). Alors, que faire ? Inutile de dire que je n'ai pas de solution clef sur porte. D'autant plus que comme beaucoup de professionnels de terrain, je n'ai pas le temps de hanter les couloirs des ministères pour promouvoir "ma" façon de voir les choses - à la différence de ceux qui sont soutenus par de gros capitaux ! Que faire ? Débattre oui et continuer à témoigner dans nos congrès divers des difficultés rencontrées, faire connaître les difficultés rencontrées, les initiatives positives dégagées, dialoguer avec les acteurs de terrain, ce ne sont pas les actions à mener qui manquent... Une dernière remarque quant aux débats souvent tendus entre tenants de la psychanalyse (dont je fais partie) et tenants des TCC (thérapies comportementalo-cognitivistes). Il est clair qu'il s'agit là d'écoles de pensée très différentes mais qui ont coexisté pendant des années permettant aux "usagers" de la santé - comme on les nomme maintenant - d'effectuer un choix. Mais depuis que les politiques économiques et sécuritaires se sont saisies du champ de la psychiatrie, rien ne va plus, d'autant plus que certains disposent maintenant de gros capitaux avec eux sans que cela rejaillisse pourtant sur la qualité des soins dispensés et sur l'ouverture de places d'accueil. La tentation des pouvoirs politiques d'instrumentaliser la psychiatrie, en la détournant de sa véritable mission, a toujours existé : à cela, je ne connais qu'une seule réponse, RESISTER.

oui, la Ritaline! Cette molécule est une amphétamine. mais personne ne s'en soucie. Cette prescription est le signe que la confusion est grande. Une telle régression n'aurait jamais pu passer si facilement il y a 20 ans. Mais la déconsidération générale de la psychiatrie, qui ,elle même, n'est d'ailleurs pas innocente, est tellement avancée que le public accepte maintenant des propositions, des remèdes pire que les maux. Resister, bien sûr! Pour ça il faut expliquer, mais sur quels supports ? La presse ne semble pas prête à soutenir les entreprises critiques, correspondant aux analyses qui viennent en réponse à ce billet. Restons en contact! C'est déja ça!

Mon expérience concerne bien plus la médicalisation des difficultés scolaires et sociales et la mise en place de produits d'aide monnayables, j'aurais donc pu reprendre à mon compte le commentaire de Sébastien Rome. Je vois bien que votre article ne semble aucunement soutenir ces empiètements et je sais que la façon dont la société s'adresse à ses marges est significative de son réflexe plus ou moins excluant. Il me semble cependant que la question se pose avant tout ici en termes de mieux être pour les enfants handicapés : où sont ils le mieux. Et comme je suis incapable de répondre à cette question, votre débat m'intéresse. Serge Koulberg

Oui, c'est effectivement LA question avant toute autre. Qu'elle ne puisse être tranchée par l'avis éclairé des enfants en question, voilà qui en augmente encore la difficulté, et nous oblige à penser pour de bon ! Vous voyez, ce qui est "excluant", ce n'est pas de créer des places convenables dans des institutions spécialisées, car après tout, ces institutions sont ou doivent être absolument "incluses" dans la vie ordinaire de la cité. Ce qui est "excluant" c'est de se débarasser du problème par une banalisation superficielle qui n'a rien à voir avec une acceptation pleine et entière de ces enfants. Ces enfants et leur famille doivent pouvoir compter sur des professionnels capables d'un accueil compréhensif, au sens profond du terme. Un accueil déjà, en lui-même, thérapeutique, qui dépasserait l'élan compassionel... Et la psychiatrie ne devrait pas être étrangère à ces dispositions. Qu'elle assume inégalement cette mission ne signifie pas qu'elle en soit, par nature, incapable. Le "tout éducatif", le "tout génétique", le "tout comportemental", le "tout psychanalytique", le "tout Ritaline", et le "tout tout", même lui, rien ne parviendra à remplacer l'appréciation, au cas par cas, du sens des troubles qui affectent l'enfant. Une véritable stratégie soignante ne peut se dégager sans une appréhension clinique intuitive, globale et exercée. Un professionalisme qui s'attacherait au patient, pas à la défense de quelque cause. Or l'intégration scolaire "à tout va", prend trop souvent, me semble-t-il, la place d'une bonne "cause", qui noie le poisson sans soulager grand monde. J'ai saisi votre commentaire, à la suite des précédents, comme une première incitation à préciser mon propos. Merci

Actuellement,les enseignants,dont je fais partie,n'ont pas le choix,l'intégration des handicapés mentaux est ,en effet,imposée sous des prétextes démagogiques de générosité ,tolerance et solidarité,mais en réalité pour l'unique raison de faire des économies Je veux faire remarquer,entre parenthèses,qu'au lieu de supprimer des postes ,il aurait été plus subtil de les conserver afin de permettre à certains enseignants de collaborer avec des etablissements de soins, par exemple ou d'alléger les effectifs des classes ,ce qui n'aurait pas été un luxe pour certains élèves. En tous cas,actuellement,magré leurs compétences,leur patience,leur bienveillance,les enseignants sont mis en difficultés et finissent meme par culpabiliser lorsqu'une integration ne se passe pas bien. On voudrait nous faire croire ,et particulièrement aux parents,que puisqu'ils sont scolarisés dans des établissements scolaires ordinaires,avec des élèves ordinaires,ces jeunes handicapés mentaux vont s'adapter et progresser...par miracle.Tout le monde souffre:les élèves qui ne trouvent plus leur place,les enseignants en difficultés ,les parents finalements souvent deçus. On voit donc bien là que nous sommes dans l'erreur; car pour ces jeunes ,la priorité ce sont les soins et l'accueil dans un etablissement thérapeutique adapté. Ne confondons pas tout;ce n'est pas en regroupant tous ces jeunes en difficultés multiples,que l'on gommera les différences et qu'on les aidera à vivre mieux. Je pense que cette situation deviendra si intolérable pour tous les acteurs directement concernés, qu'elle provoquera les effets inverses que les "bien pensants"imaginaient obtenir de l'integration. Alors.. 23/05/2008 02:53Par F Denizot Copié collé d'un message qui répondait à mon billet précédent : L'intégration scolaire pour oublier la pédopsychiatrie.

Bravo, Alain Gillis, de ne pas avoir peur de ramer à contre courant, ce qui est toujours courageux et plein de risques, dont celui de n'être pas compris: en tant que psychiatre et pédo psychiatre, écoutant notamment des enseignants amenés à se retrouver avec des enfants très gravement atteints au nom du droit à la différence et à l'école pour tous, je vois bien que se met en place un risque de dérive qui ne se voit pas quand on n'est pas concerné de près par le problème- qu'on soit parent, soignant- enfant malade atteint de problématique psychiatrique avérée . Sans doute pour certains enfants bien suivis à l'extérieur de l'école, au niveau des soins, cette intégration est -elle une bonne nouvelle; pour d'autres, elle peut n'être qu'hypocrisie qui ne se voit pas sur le papier, ni de loin: c'est pour cela, je pense, qu'il y a encore peu de réactions, parceque, à priori, on ne peut qu'être satisfait, apparemment, de cette démocratisation: en effet, des enfants malades psychiatriquement peuvent et doivent être intégrés à une classe normale: mais pas n'importe comment! Pas sans un vrai soutien donné aux enseignants! Ni quand ils sont trop malades- et si aucun soin n'est prévu à côté- pas non plus si cette "intégration" est pour eux une terreur non accompagnée, et pour l'enseignant, non formé et surchargé, une impossibilité de facto de pouvoir être un minimum aidant-aussi bien pour cet(ou ces) enfants gravement malades, que pour les autres élèves.. Cela m'évoque un autre glissement -sémantique: celui de maladie mentale à celui de santé mentale, au nom de quoi, effectivement, on peut parfois justifier du glissement du champ sanitaire ou du médico social, ou psychiatrique, vers l'éducatif ou le social seuls: se retrouvent alors des intervenants et des malades non diagnostiqués "bénéficiant" de traitement social... mais non plus de soins: mais le coût économique est bien moindre alors, et se pose alors la douloureuse question: est-ce l'économique qui prévaut ou l'interêt fondamental de l'enfant et de son devenir??

Oui, les glissements sémantiques... Toujours avantageux. Vous dites que je rame à cntre courant et que c'est dangereux... Manquerait plus que ça !

Je trouve formidable que le débat s'ouvre, d'autant que les contributions sont pleines de promesses. Et le plan Austime du gouvernement ? Que peut-on en dire ? Je vous mets le lien sur l'article d'actualité social hebdomadiare http://www.ash.tm.fr/front/flash.php?id=13000... Bien à vous tous

Je ne peux, malheureusement qu'adhérer au contenu de vos articles. Il faut au passage se représenter les conséquences du transfert de la prise en charge de la maladie mentale vers le médico-social et celles du transfert du handicap vers l'éducation nationale, la famille et le secteur marchand grâce à la PCH. Je ne suis pas surpris par l'expression d'une revendication des parents d'enfants handicapés ou en souffrance psychique au droit à l'intégration scolaire et sociale du handicap. Je ne peux que les renvoyer à la réalité d'un processus dont l'objectif principal est de sortir les enfants et adolescents (et adultes) handicapés des établissements médico-sociaux dans le déni complet de la prise en compte de la complexité des attitudes humaines au-delà de la seule compréhension du vécu de ces personnes plus fragiles que la moyenne des efficients. Je ne peux que les informer que cette politique ne se traduira pas mécaniquement par une amélioration de la qualité humaine des accompagnements. Cette évolution se traduit par une plus grande présence de ces personnes dans une société qui doit de l'avis même des artisans de la loi du 11 février 2005 faire une place à la personne handicapée, adapter le fonctionnement de ses services à leurs besoins. Nous ne pouvons dans l'absolu qu'adhérer à ce projet mais nous savons, vous, médecin psychiatre en IME, moi, psychologue actuellement directeur d'IME dans une association qui prôné l'intégration scolaire et sociale, que la réalité des jeunes que nous accueillons nous oblige au refus d'entrer sans résister dans ce qui constitue un déni de la souffrance psychique dont les conséquences sont à la fois conceptuelles et institutionnelles. Du côté conceptuel, la souffrance psychique est réduite à un handicap dont la dimension somatique et biologique est au premier plan du diagnostic et du traitement. Du côté institutionnel, on assiste à l'élaboration concomitante d'une réalité qui doit à travers son fonctionnement valider le produit d'une politique à la fois démagogique (les bons sentiments, la compassion) et cynique (les économies qui vont avec). Nous savons que la politique peut consister à faire évoluer les représentations et les comportements spontanés à travers l'obligation de se soumettre à des attitudes et des conduites conditionnées par la loi (accompagnement de l'intégration sociale et scolaire). Ces conduites sont considérées comme éthiquement et moralement supérieures. Le mouvement actuel ne consiste pas simplement à extraire les jeunes handicapés intellectuels de nos IME mais aussi à en confier l'accompagnement aux proches aidés par la mise en place d'une Prestation de Compensation du Handicap support de l'affirmation d'une relation contractuelle entre la personne handicapée et les différents prestataires de service chargés de répondre à ses demandes d'aide dans la limite d'un plafond. Directeur d'un IME, je suis témoin de l'évolution que vous pointiez vers la prise en charge de jeunes en plus grande souffrance, polyhandicapés, jeunes en situation de souffrance psychique chronique. Je suis également au cœur de l'évolution humaine et financière de nos établissements, confronté aux conséquences de la rupture d'un équilibre que la loi de 2002 avait pour objet de consolider à travers le renforcement du cadre institutionnel dans le respect des besoins des personnes accueillies. Pour conclure cette réflexion, je m'interroge sur les conséquences du renforcement du poids de nos associations qui pour la plupart d'entre elles prônent de bonne foi tout ce qui, aujourd'hui compromet l'avenir de nos établissements. Je n'imagine pas nos jeunes plongés sans le secours de professionnels pour la plupart compétents et bienveillants, dans une société à l'image de l'homme, ambivalente et pulsionnelle. Seules les complémentarités et la référence à une éthique commune ont le pouvoir d'apaiser les passions et limiter les excès.

Effectivement, il y a un paradoxe. Les associations qui sont gestionnaires des établissements comme les IME, embarquées dans un élan confus de solidarité (ce qui est un peu leur marque de fabrique), se croient obligées d'applaudir à l'intégration scolaire en tous genres et sans aucune nuance... Dans le même temps, la DASS va confier aux IME délestés des enfants adressés à l'école des cas plus difficiles encore, et le plus souvent inadaptés à des établissements aussi modestement dotés que les IME. Ce ne sont pas les gestionnaires "associatifs" qui vont souffrir, ce sont leurs employés, les psys, mais surtout : les éducatrices spécialisées! Qui devront jouer en plus de leur rôle habituel, éducatif et pédagogique, le rôle d'infirmières, avec les moyens du bord! Ce décalage va encore, c'est déjà commencé, alourdir la charge et aggraver la présentation des IME aux yeux du public... Instituts pour cas lourds ! Là on y sera, dans l'exclusion ! Mais encore une fois, c'est dans la nature des associations de suivre les mots d'ordre comme l'intégration scolaire. La chose a des airs de générosité qui correspond à leur vocation de solidarité, d'entraide et parfois aussi, de généreuse confusion... C'est pourquoi il est si difficile de réagir et d'alerter, c'est pourquoi aussi les instances dirigeantes actuelles jouent "sur du velours". Les victimes, enfants, parents et employés des établissements, par la prise de position des associations qui les représentent ou qui les emploient, participent elles mêmes à la mise en place du dispositif qui les pénalise!!! Il ya nécéssité d'expliquer, toujours et encore, à ces responsables, qu'ils n'oeuvrent pas dans le meilleur sens lorsqu'ils participent à une "mise à l'école" des enfants qui demandent à être d'abord compris dans l'originalité de leur "monde". Une fois ce "monde" tant soit peu appréhendé par un personnel expérimenté, exercé à l'approche des organisations psychologiques qui empruntent souvent à l'autisme, rien n'interdit ou ne contre indique les initiatives de type pédagogique ou éducatif. Tout au contraire, ces dimensions sont naturellement bienvenues, pourvu qu'elles ne soient pas utilisées, instrumentalisées pour cacher ou déconsidérer l'approche psychologique. Je crois que les parents, lorsqu'ils comprennent l'intérêt de cette approche raisonnée, sont les mieux placés pour avancer une critique de l'intégration scolaire. Mais, là encore, la propagande a frappé si fort qu'il est nécessaire de revenir sur le mauvais tour qui est entrain de se jouer, afin d'en expliquer les dessous. Il faudra, comme le suggère Sophie Dufau, regarder de plus près les récentes "dispositions" ministérielles... Pour ce que j'en ai aperçu, elles ne semblent en rien toucher ou modérer cette tendance à fuir ou à "tordre" les réalités...

Mais ramer à contre courant, c'était un compliment! Et le danger en question, c'était de se prendre de temps en temps un petit coup de rame face à des discours établis- donc c'était un "danger" que je en remets pas en question, loin de là, et même bien au contraire, et moins on sera isolés, mieux cela sera...

J'avais bien compris! Je profitais de votre billet pour revenir, par allusion, sur la crainte effective, mettons la timidité qui s'empare des professionnels dès lors qu'il s'agit d'affronter un courant d'idées et d'illusions reçues, abondamment relayées par certains médias. On craint l'insulte, la déconsidération, la "mise en examen"d'une lucidité embarrassante, qui gâche la kermesse des bons sentiments. Voilà !

Je suis dans le vécu: enseignante ( en retraite depuis janvier), et mère d' un garçon qui, il y a plus de 20 ans, a montré des troubles psychotiques; c' était le début d' un long parcours...calvaire est le mot juste. Pour lui, pour la famille, c'est un cataclysme, auquel en général on n'est pas préparé et dont on ne sait rien. Quant aux médecins, ils avancent avec prudence, ne pouvant pas trop vite cataloguer un enfant, lui prescrire à la légère un traitement chimique lourd, pour longtemps, et d' autant plus délicat à maîtriser que l'enfant est jeune, car ces troubles apparaissent plus souvent à l adolescence ou chez les jeunes adultes .... Souvent, la famille vit un enfer, dans le silence; en parler revient souvent à recevoir des conseils ou réflexions culpabilisantes, on n est pas compris, on sent qu on dérange. .. Quand la situation est telle que la psychose ne fait pas de doute, peu de solutions. Lorsqu' un traitement a été mis au point, généralement en hôpial une "stabilisation " obtenue, l'enfant peut être orienté quelque temps en hôpital de jour où des activités lui sont proposées, puis/ou, il retourne à l'école, où il peut être très perturbant pour la classe, et dans sa famille qu' il perturbe aussi énormément.... Dans un premier temps, malade et/ou famille sont dans le déni: difficile d' accepter qu' il faut interrompre l' école pour une durée indéterminée, qu' il ne s' agit pas d' un problème passager, qu' il faut prendre des médicaments, parfois très longtemps, qu'il faut être hospitalisé en psychiatrie.... Certains subissent la situation sans accepter les soins . Plusieurs tentatives ont été faites pour mon fils: -hôpital pédopsychiatrique de Lille avec scolarisation dans un collège proche 2 mois, -à la maison à Montreuil s/m et collège ordinaire d'origine qq jours, -collège privé pour enfants en difficultés scolaires d' origines variées, près d' Arras en internat 8 mois, -en Belgique dans un établissement spécialisé 1 mois, -stages de remise à niveau, dans la mécanique, dans l'habillement... Dans les stages avec employeurs, ceux-ci ne l'ont gardé que peu de temps; dans les tentatives autres, lui-même ne pouvait pas s' intégrer luttant plus ou moins longtemps contre ses peurs, ses angoisses, ses délires peu exprimés,ayant du mal à se concentrer, acceptant mal les effets secondaires des médicaments. Il aurait fallu un accompagnement psychologique et moi-même j'aurais peut-être due être épaulée pour réussir à le faire retourner dans certains établissements, qui continuaient de l'accepter. A chaque fois, des dossier de demandes argumentées par un psychiatre, des attentes parfois longues, plus longues que les temps de séjour ... et entre temps, à la maison, une cohabitation difficile épuisante, un divorce, un déménagement, car la vie de famille et le budget en "prennent un coup"... et entre temps correction de copies, préparations de cours, heures sup pour "gagner plus" ( une visionnaire ! ); on décroche avec la vie sociale, tendu vers un objectif prioritaire... Quand on est au travail (et encore, comme enseignante, une partie du travail se faisait à la maison) mon fils était seul avec ses peurs et des tentations (alcool, tabac... plus tard adulte le jeu, puis les jeux à gratter). Un jour un psy, à qui je demandais conseil, m’a expliqué que les addictions étaient recherchées par ces malades car elles agissent sur les angoisses, en complément des médicaments, et j'avais de la chance qu'il ne se drogue pas...Point. Pour l'Etat, la solution est simple: entre les crises prises en charge par l'hôpital, des médicaments remboursés, une allocation d'éducation spéciale, et le tour est joué. Retour à la maison, tout doit bien se passer ! Actuellement, depuis 3mois, mon fils est ENFIN dans un établissement spécial, pour adultes (90 places), avec hébergement, suivi médical, mise en situation de travail, 15 professions .... il parait qu' il y en a 2 pour toute France. Pour l'instant tout va bien. La durée maximum du séjour est de 3 ans. Quand on a découvert les neuroleptiques, il y a 50 ans, le progrès était énorme, on a arrêté d’enfermer les malades dans des asiles. Seulement on a oublié de créer des établissements et des services d'accueil de substitution, et on a abandonné le problème aux familles qui sont les plus mal placées pour aider le malade. Le lien affectif, la brutalité du changement, le manque de connaissance de la maladie, empêchent d'avoir les bonnes attitudes; les malades hypersensibles et intelligents sont tour à tour agressifs, suicidaires, manipulateurs et isl souffrent tellement, psychologiquement, qu'il est difficile de ne pas essayer de compenser. Je sais que des milliers de familles ont vécu et vivent la même chose. Un autre progrès: on ne culpabilise plus les mères. Mais curieusement, je finis sur une note positive. La recherche des causes et la découverte de nouveaux médicaments sont actifs, partout dans le monde. Je fais partie d'une association de proches de personnes handicapées psychiques, l' UNAFAM, qui a un certain poids, car les adhérents sont nombreux. Elle oeuvre pour créer toutes sortes de structures adaptées, localement, et pour faire entendre nos revendications par l'état. L association N'EST PAS FAVORABLE à la scolarisation en milieu ordinaire en général. Mais pour certains cas, avec un enseignant volontaire, un faible effectif de classe, un assistant scolaire, l'intégration peut- être possible, voire souhaitable. D' autre part , au dernier congrès de l’ unafam ( juin 2007 ), j' ai su que la politique de la santé psychique s' orientait vers un partenariat entre les milieux médical, sanitaire, social, les familles, les associations pour organiser un action commune, des échanges, donc plus d' efficacité. Par contre, je me demande si, compte tenu de la tendance actuelle aux économies de santé, la création de services et locaux va se faire à la mesure des besoins, qui sont importants pour les enfants (énormes pour les plus de 18 ans).

J' ai effacé un paragraphe important; en tant qu 'enseignante, je considère qu' il est impossible de prendre en charge correctement, à la fois, une classe normale ( 24 à 35 élèves) et un jeune qui présente un problème psychique. Le seul fait de s' adresser verbalement et par l' attitude et le regard à un de ces "handicapés" doit être adapté; il faut une formation. La prise en charge d' une classe n' est pas non plus un travail d' amateur. Pour l' élève handicapé,, cela ne l' aide pas; il a des problèmes de concentation et de logique.. J' ai eu au cours des trois dernières années deux cas d' élèves aux handicaps très différents, peu contraignants en cours, en seconde, : - un garçon qui avait un problème intense de concentration ( psychique, ou mental ?), accompagné (mais pas toujours), d'une assistante scolaire. Quand elle n' était pas là, il fallait continuellement lui demander de se concentrer, répéter quand il avait décroché; on est moins disponible pour les autres, pour les faire participer, vérifier qu' ils comprennent, montrer par le regard qu' on est présent avec eux, et, en plus, on doit accélerer le rythme car on prend du retard: on se comporte en mauvais prof. -pour la jeune fille, le handicap était physique: mobilité réduite, fauteuil roulant.; quand, exceptionnellement l' assistante a manqué, une camarade de classe l' a aidée. Cela m' a obligée à intervenir, maisla gêne était légére. Dans ces deux cas, l' apport pour l' élève était très positif, l' entr' aide et la compréhension des autre sont formidables. Mais sans les aides éducatrices, ce serait trop difficile. Pour un handicap psychique avéré, c' est en général impossible.

Le parcours que vous décrivez, les embuches et les complications de tous ordres sont hélas installées comme une règle. Comme si les familles devaient faire la preuve d'une qualité d'obstination toute particulière dès lors que leur enfant pose des problèmes... Il est heureux que l'UNAFAM ne soit pas aussi catégorique que d'autres associations qui ne voient le salut des enfants qu'en dehors des professionnels du champ de la psychiatrie. Mais la question qui se dessine au travers de votre réaction, c'est celle de la différence entre les troubles mentaux, dits depuis quelques temps "psychiques", et les troubles mentaux tout court. Je doute qu'il existe des troubles mentaux qui ne soient pas impliqués dans un fonctionnement psychique, et réciproquement. Ces catégories, si elles existaient n'auraient d'ailleurs pas de conséquences fondamentales pour moi, dans la mesure où le rôle du psychiatre et des équipes soignantes est de savoir installer une compréhension, une communication et une conduite soignante, quelle que soit la "catégorie" concernée. Des différences existent, bien sûr, elles sont évidentes. Mais le principe général reste le même.

La complémentarité entre le sanitaire et le médico-social évoqué plus haut dépend étroitement des responsables de chacun des secteurs, à l'intérieur de son service ou de son établissement. Je suis confronté à cette difficulté qu'il peut y avoir à partager l'accompagnement d'un jeune dont la souffrance psychique a des effets directs sur les professionnels et les lieux qu'il vient à occuper a son corps défendant. Je suis confronté aux résistances de professionnels qui ne semblent pas vouloir comprendre la souffrance de peur d'être obligés d'y apporter une réponse et de se trouver confrontés à l'impossible suturation des plaies de l'esprit. La prise en compte de la souffrance psychique est une mission impossible qui nécessite la présence solidaire de professionnels complémentaires. Mais comment mobiliser la capacité soignante du psychisme de professionnels qui dans notre secteur s'emploient régulièrement à l'affrontement catégoriel ou individuel ?

vous approchez, nous approchons d'ailleurs ensemble, ici, des questions cruciales. La capacité de soigner, de soulager l'"autre" dont on a la charge, c'est toujours un peu plus qu'un job ! C'est AUSSI un job, bien sûr... Mais il faut que l'attrait essentiel de nos métiers, la possibilité de défaire un système de souffrance, soit plus passionante que le divertissement qu'il est convenu d'appeler "les problèmes d'équipe". Or, il est vrai que dans notre secteur, consacré aux disfonctionnements de la sensibilité et de l'intelligence, les conflits internes naissent et s'expriment avec parfois beaucoup de complaisance. Et les multiples "réunions" qui devraient être consacrées à "l'impossible suture des plaies de l'esprit" sont souvent sacrifiées à la jouissance des oppositions entre catégories ou entre personnes... Une plaie, celle-là, qui pose un réel problème. C'est qu'on a pris l'habitude de considérer (avec une exagération de la tendance "psychiatrie institutionelle" ) que plus on débattait avec véhémence, plus on exprimait son intransigeance, et plus on "travaillait"... Je pense, pour ma part, qu'il s'agit là d'un effet de la vacance théorique qui empêche les équipes de se reconnaître dans une perspective thérapeutique précise. Les directions psychothérapiques devraient être plus clairement assumées par ceux, les psychiatres, les psychologues, qui ont la responsabilité de les présenter et surtout de les faire vivre. D'en assumer aussi les échecs! D'en faire volontiers la critique... Mais ceci ne peut aller sans la restauration d'une confiance et d'un respect qui ont souvent été égarés par la méconnaissance et le mépris qui tient lieu de ciment institutionnel entre les différentes catégories professionnelles : les éducateurs, les psychiatres, les psychologues, les pro-psychanalyses, les anti, etc... La capacité soignante s'en trouve effectivement diminuée et le public, les associations, les décideurs grands ou petits, se désolidarisent... Dans ce contexte il est difficile de résister aux propositions fantaisistes comme celle de l'intégration scolaire... Qu'en pensez vous ?

Comme vous sollicitez une réponse, j'y apporte quelques mots. Vous dites, alain Gillis : "Je pense, pour ma part, qu'il s'agit là d'un effet de la vacance théorique qui empêche les équipes de se reconnaître dans une perspective thérapeutique précise." Si j'ai bien compris, vous encouragez les équipes à choisir une perspective thérapeutique précise ? Voulez-vous dire une perspective psychanalytique, ou TCC, ou autre, clairement choisie, assumée par les directions et les membres de l'équipe, y compris dans une perspective évolutive critique, et annoncée aux patients et à leur famille ? Si c'est le cas, je ne comprends pas pourquoi vous dites ensuite que "la méconnaissance et le mépris (...) tient lieu de ciment institutionnel entre les différentes catégories professionnelles : les éducateurs, les psychiatres, les psychologues, les pro-psychanalyses, les anti, etc...". Vous voulez désignez ainsi un "ciment" interne à une institution ou aux catégories professionnelles qui se retrouvent dans toutes les institutions ? Si c'est un ciment institutionnel, cela m'évoque la haine qui tient parfois ensemble durant des années des vieux couples qui ne peuvent se séparer ! On ne peut que souhaiter aux patients de ne pas tomber dans une institution de ce type... Par ailleurs, être pro ou anti psychanalyse ne me semble pas relever à proprement parler d'une catégorie professionnelle. Il me semble que cela relève plutôt d'une orientation de travail pratique et théorique qui peut se choisir et s'élaborer, dans une équipe, dans la perspective d'un accompagnement à déterminer et ajuster au cas par cas avec l'enfant et sa famille. Bon là, j'ai l'impression de faire dans la dentelle là où la politique nous assigne collectivement... Mais vous avez raison, le respect et la confiance que les professionnels s'accordent entre eux dans leurs choix et leurs élaborations qui naviguent entre accords - et désaccords pouvant se vivre sans que cela détruise tout -, ce respect et cette confiance diffusent ensuite aux enfants et à leurs familles, si on laisse à ceux-ci aussi un certain choix d'orientation vers telle ou telle institution : ce choix existe-t-il encore ? J'ai le souvenir d'un directeur d'institution qui encourageait, dans son institution, lectures théoriques, débats cliniques et recherche de l'accompagnement nécessaire à chaque enfant, en interdisant cependant aux membres de son équipe de prononcer des attaques ad hominem entre eux : question d'atmosphère, disait-il. Cette équipe, orientée par la psychanalyse, a même lu et travaillé des textes TCC sans tomber dans le pugilat... ça arrive. Merci de votre réponse à cette missive rapide.

Je n'encourage pas les équipes à choisir, comme dans un catalogue, une perspective thérapeutique précise. Mais plutôt à en élaborer une, à partir de leurs formations et de leurs tendances, quitte, bien sûr, à en estimer les effets avec la rigueur critique qui convient. Quand je parle de "ciment", il s'agit bien d'un matériau "interne" à l'institution, pas d'une affaire inter professionnelle en général. Et si je tente ce débat, c'est bien sûr pour dénoncer ce genre d'arrangements qui nuisent, oui, c'est vrai, aux enfants et aux parents. Enfin, concernant la psychanalyse, je la citais comme ça, comme exemple d'un clivage, sans plus, qui vient s'ajouter à ceux qui sont déterminés par les différences plus corporatistes... Voila! Mais que ce soient les TCC, les Psychanalystes, les Educatifs, les Pédagogiques, les Phénoménologues, l'essentiel qu'on est en droit d'attendre c'est que les équipes soignantes, quelles que soient leur orientation, puissent en rendre compte d'une façon sincère, c'est à dire avec une bonne foi, et qu'elles ne se réfugient pas dans l'absolu de leur choix en exhibant des résultats hâtifs ou des convictions aussi intimes qu'inébranlables. Autrement dit, que la "mauvaise foi" devienne enfin ridicule.

Il semblerait que le partenariat soit en voie de s'organiser entre les différents services, et que les barrières sont peut-être moins difficles à franchir qu 'on ne le cragnait; ce serait déjà un progrès. On ne peut pas non plus s' attendre à ce que des habitudes, des certitudes apprises et ancrées ( différentes d' ailleurs suivant les écoles ) depuis des décennies, s' effacent en quelques mois. Malheureusement, sans "moyens" humains et infrastructures supplémentaires,' le problème de la scolarisation des handicapés mentaux et/ou psychiques ( il est vrai que dans le cerveau tout est lié) ne pourra pas s' améliorer. Hier soir le hasard a voulu qu' on me propose une pétition concernant un jeune souffrant d' un lourd handicap ( triple en fait, dont la dyslexie...) ; les parents, l' association qui les soutient, souhaitaient une intégration dans un établissement spécialisé, mais dans le département voisin, où un établisement existe, il y a 18 demandes pour 5 places; donc la seule solution, à part rester chez soi sans instruction, et sans sociabilisation est la scolarisation en établissement ordinaire... Il faut des arguments, d' où la pétition. On est au coeur du problème; c' est navrant. J' ai lu des reproches contre des associations, des psy, des parents... dans chaque catégorie, il y a des cas auxquels on s' oppose; mais le vrai problème réside dans le manque de moyens: nous sommes tous embarqués dans un même bateau, qui est beaucoup trop petit. Il faudrait qu 'ensemble, les associations, les enseignants et les parents, et même des médecins, convaincus que le milieu scolaire ordinaire n' est pas le bon système pour certains, puissent faire connaître leur position, et réclament ensemble des moyens, au lieu de se jeter mutuellement la pierre..

Je suis d'accord avec vous mais, je m'interroge sur la possibilité d'une adaptation de nos structures aux exigences d'accompagnements de plus en plus complexes. J'ai l'avantage d'être et d'avoir été dans les deux camps : du côté des praticiens et du côté des gestionnaires. Je m'étonne de la persistance d'une conflictualité stérile dans un secteur qui bénéficie de conditions de travail qui peuvent être intéressantes. Il y a comme une impossibilité à soustraire certains salariés des effets d'une réticence à l'engagement professionnel au-delà d'un minimum conventionnel. Je suis actuellement préoccupé par la prise en compte des différents facteurs qui contribuent à fragiliser les cadres de travail et à altérer la qualité des réponses apportées aux personnes qui nous sont confiées. Lorsque l'on évoque les difficultés qui sont à l'origine de vos articles, on s'éloigne un peu d'une de leurs causes (ou conséquences ?). Chaque professionnel a en effet une part de responsabilité dans l'impossibilité qui est (devenue) la sienne d'apporter des réponses adaptées aux besoins des personnes qui lui sont confiées et qui viennent à se confier à lui. La confiance ou foi dans la relation constitue un élement essentiel du travail dans notre secteur. Ce dont on peut être amené à souffrir, c'est bien d'un manque de confiance qui traverse nos institutions, nos associations et nos tutelles... en tant que psy, nous savons quels peuvent être les effets délétères du manque de confiance....

Oui, vous dites, "au delà du minimum conventionnel"... Il ya un au delà en effet, et je pense que c'est là où commence l'engagement personnel, une dimension qui n'est pas soluble dans les misères matérielles, même bien réelles, affectant le secteur des institutions, dites "médico sociales".

Si l' orientation qui était engagée déjà l' année dernière par le ministère ( Xavier Bertrand était alors concerné) se poursuit , le partenariat devrait s' établir, avec de moins en moins de lenteurs et de rétiscences. Mais on doit s' attendre à ce que certains aient du mal à sortir de leurs cloisonnements. Nous sommes ici des enseignants, psy, parents.., avec beaucoup d' autres qui avons la même analyse. Comment pouvons-nous influer dans ce sens?

Si l' orientation qui était engagée déjà l' année dernière par le ministère ( Xavier Bertrand était alors concerné) se poursuit , le partenariat devrait s' établir, avec de moins en moins de lenteurs et de rétiscences. Mais on doit s' attendre à ce que certains aient du mal à sortir de leurs cloisonnements. Nous sommes ici des enseignants, psy, parents.., avec beaucoup d' autres qui avons la même analyse. Comment pouvons-nous influer dans ce sens?

M. Gillis a entièrement raison . Quels seront les effets à long terme de ce manque de réflexion chronique, de cette hypocrisie qui consiste à croire que l'éducatif peut remplacer la prise en charge thérapeutique, qui suppose une véritable tentative de compréhension, de gros efforts à fournir ( pas seulement des moyens ) ? On ne peut être optimiste: la tendance -lourde- aujourd'hui , c'est juste de diminuer les coûts, partout . Et comment une administration politique, qui n'est même pas capable de considérer l'éducation de sa jeunesse "normale"comme un investissement, mais qui la range dans les coûts de fonctionnement, pourrait-elle avoir une quelconque ambition - et je ne parle même pas de compétences- concernant la psychiatrie infantile ? Les politiques aujourd'hui se disent sans doute : voyons quels marchés pourraient se dégager ...

On ne peut pas, effectivement, être optimiste. Mais comme vous le dites, ce n'est pas seulement une affaire de moyens. Il y a , il est vrai, l'effort de réflexion. C'est une obligation qui précède peut-être, d'une courte tête, la simple demande de moyens.

Personnellement je vais essayer de faire une contributions pour le congrès du PS et un autre sur le site ouvert à tous les français par Ségolène Royal, pour que chacun puisse faire ses propositions, dans la question 6 : " congresutileetserein.com "

Considérant l'impéritie des politiques au niveau local ("actions" des MDPH, de certaines associations), leurs débats sans fin, leur rapport théorique à la réalité, je m'interroge sur leur capacité à agir sur notre secteur avec efficacité.

Je suis entrain de lire "le plan pour l'autisme" présenté il y a quelques jours par notre gouvernement. Série de mesures et de projets dont on peut se demander pourquoi elles ne seraient pas applicables à tous les enfants en difficulté. On attend le plan "psychose", le plan "déficience", le plan X fragiles... Ou bien ces plans-là seraient ils déjà passés ? Et seuls les autistes auraient été oubliés ? Je poursuis ma lecture...

Merci de votre travail de lecture, j'espère que vous nous ferez profiter de vos réflexions à ce sujet. J'ai lu l'intro - trop de boulot les prochains jours pour poursuivre - et j'ai été étonnée de découvrir que ce plan concerne aussi les TED (troubles envahissants du développement), donc les psychoses infantiles débaptisées ! N'y a-t-il pas là, dans l'effet d'annonce "plan autisme", une tromperie des parents d'enfants autistes ? Car cela fait combien d'enfants concernés si on additionne les TED et les autismes ? Pour combien de places ? Titre effectif de ce plan : "Construire une nouvelle étape de la politique des troubles envahissants du développement et en particulier de l’autisme". A la lecture des têtes de chapitres, je me suis demandée si ce plan ne consiste pas en une réorganisation du champ de la psychiatrie et de la santé mentale avec mise en coupe réglée... Cela se vérifierait-il à une lecture approfondie ? Aux USA, on annonce la mort de la psychiatrie au profit de la neurologie... C'est une collègue psychiatre émigrée en Californie qui m'a dit ça. Ce serait intéressant de se pencher sur les trois régions concernées par l'étude - une de plus ! - dans le chapitre "Pour s’ouvrir à de nouvelles méthodes : Recenser, décrire et analyser toutes les méthodes de prise en charge existantes dans trois régions françaises, sur la base du protocole" - quel protocole ? - "déjà testé en Languedoc-Roussillon". Bonne lecture à vous.

Je n'ai lu que la version abrégée...pourquoi en effet pas de plan "déficience" s'il on considère que tous les handicaps méritent une attention suffisante quelque soit le poids respectif de leurs différents lobbys ? Je pense pour ma part que la réponse politique est corrélée au poids socio-économique des parents et familles concernées. Les enfants et adolescents en grande difficulté psychique que nous sommes amenés à accueillir sont issus la plupart du temps de milieux pour lesquels la notion de reproduction sociale a un sens plutôt péjoratif. La question des réponses apportées à ce qui est définit comme un handicap (autisme et TED) fait l'objet d'un traitement exhaustif qui va de l'évaluation à l'homologation de formations adaptées. On ne peut pas s'empêcher de penser que le renforcement des contraintes imposées aux professionnels du point de vue de leur approche et de leur mode de réponse réeducative ou thérapeutique (il semble ici question de soigner les troubles associés à ce qui est devenu un handicap) contribue à les détourner de façon formelle des réponses qui ne sont pas "prévues dans le règlement."

J'ai lu l'essentiel des "Axes" du Plan pour l'autisme... On a le choix. Ou bien on commente, ligne à ligne, ce document confus et plutôt inconsistant, et personne n'aura envie de lire ni "Le Plan" ni mon billet... Ou bien on refuse d'entrer dans cet exercice de langue de bois, et on a des chances d'être lisible. Mais bien sûr, on vous reprochera toujours de ne pas avoir bien lu... Ruse classique. Je me borne donc à quelques impressions. Tout d'abord, l'autisme est implicitement défini comme une affection "précise". Reconnue, clairement identifiée, etc... Alors qu'en réalité les professionnels savent que le spectre autistique est impossible à limiter et qu'il concerne, de proche en proche, la presque totalité des affections mentales de l'enfant. Les déficiences et les psychoses présentent des caractéristiques autistiques incontestables! Le flou est d'ailleurs avoué dès le début du document, puisqu'on apprend que cette "maladie" touche entre 9 et 60 enfants sur 10000! Entre 9 et 60!Quand on dispose d'une statistique pareille, on la cache! Tout d'abord, c'est décidé, il faut en savoir plus sur l'autisme! Ca s'appelle : Améliorer le corpus de connaissance. C'est une décision ! Et puis, ces connaissances une fois acquises, on va les diffuser. Et pour les diffuser, former des formateurs chargés de la diffusion en question. L'ensemble des acteurs devra être sensibilisé ! Et puis on va faire un diagnostic ! Précoce! Et informer. Informer les parents, informer les "aidants", informer les enseignants, informer un monde fou! De quoi au fait ? Du "corpus de connaissances" fraîchement établi. Et puis alors, surtout, évaluer! Le maître mot! J'imagine... On arrive, on questionne, on demande des comptes aux uns et aux autres à propos du corpus et de la "mise en oeuvre de méthodes adaptées". Et on évalue ! L'ensemble est à l'avenant de ces propos mille fois ressassés, depuis dix bonnes années au moins... On donnera aussi une "formation diversifiée" aux parents... A la fratrie... Aux aidants... Et puis du concret : 1500 places de plus en IME. On dit pas IME ! On dit "institutions pour enfants" ! Etant donné qu'il existe en france 1200 IME, il y aura donc "création d'une place virgule deux" en plus et en moyenne, dans chaque institution... On comprend la déception de certains parents! Au lieu de prendre l'ensemble du problème, autisme ou pas, et de reconnaitre qu'il faut des moyens pour s'occuper des enfants, on s'évertue à distinguer des pathologies, à les classer, pour finir par distribuer quelques avantages aux catégories les plus remuantes! L'ensemble des enfants qui présentent des difficultés et des troubles mentaux n'a décidément pas gagné à la "découverte" de L'autisme infantile... Drôle de découverte, statistiquement insaisissable, cliniquement impossible à cerner, prenant des aspects tellement variés qu'on doit sans cesse lui ajouter des sous groupes et des formes spéciales... Cette entité, depuis qu'elle a perdu sa signification psychiatrique, désigne une catégorie mythique, à la fois introuvable à l'état pur et cependant présente dans tout le champ des psychoses et des déficiences. Ce mythe a des supporters de bonne foi. Mais il dessert gravement la cause des affections mentales dans leur ensemble. Il incite à simplifier la conception des psychoses en les ramenant à un pur handicap de la communication. Ce mythe, l'autisme pur, pousse à la recherche de solutions naïves, et au délaissement des pathologies qui correspondent mal à sa représentation. Il s'accomode d'une vision scientifique étroite, avec neurones miroirs et "zones" de la reconnaissance de ceci ou celà. Le tout coiffé par des gènes. Le mythe de l'autisme est comme notre temps, comme notre président qui déclarait récemment : Moi, je ne suis pas un intellectuel vous savez! Donc, pas la peine de faire une approche psychopatho précise, phénoménologique ou philosophique, qui pourrait guider La Recherche en la rapprochant de la réalité et du sens des troubles autistiques. Pas la peine! On va élaborer un "corpus de connaissance" et de mystérieux "savoir faire"et puis informer tout le monde de tout ça ! A la fin, pour réparer confusément la coupure entre l'autisme et la psychiatrie, on précise que les autistes qui "relèvent de la psychiatrie doivent bénéficier d'un accompagnement innovant basé sur les connaissances récentes". Bon! On aimerait bien un plan pour la psychiatrie des enfants. Une prise en compte globale, qui ne s'excuserait pas de ses insuffisances en distinguant des catégories et des priorités qui dissimulent... la forêt !

Que pouvons nous faire face à cette démagogie dont je me demande finalement, si elle en est une.... comment notre ministre RB. va t-elle prendre en compte des données dont elle est dans l'incapacité d'aborder la complexité, les contradictions et aberrations comme vous l'avez fait en tant que spécialiste et praticien ? Je ne suis pas d'un naturel négatif mais comment peut-on être optimiste dans un tel climat !

Votre précédent message semblait anticiper sur ma lecture du fameux plan. Et ce message-ci résume en quelques mots (complexité, contradiction, aberration) ce que je tentais d'exposer. Maintenant... Pour ce qui concerne l'optimisme, j'y réfléchis... RB est dans l'ignorance, c'est probable. Mais serait-elle savante que ça ne changerait pas grand chose, car elle doit satisfaire les analyses et les opinions "pipoles" qui se racontent l'autisme à leur manière. Et les scientifiques, pas toujours très scientifiques, surfent sur cette vague, en embrayant sur des recherches qui négligent la réalité très diverse des troubles autistiques. Mais leur éloignement, leurs erreurs même, faute de pouvoir être dénoncées, finissent par intimider les praticiens de terrain qui craignent de passer pour des opposants à la science. Les professionnels voient bien que l'autisme correspond à une grande diversité d'organisations psychologiques, et que cette diversité est gommée par la constitution de cohortes d'autistes "purs" . Cette "pureté" étant censée représenter l'essence des problèmes des moins purs... C'est évidemment une erreur scientifique que de réclamer de la diversité du réel des troubles autistiques la manifestation d'une unité homogène, accordée à nos préconceptions et à nos instruments de mesure... On est certain, de cette manière, d'errer encore très longtemps avant d'en arriver à une appréhension à la fois vivante et pragmatique de ces troubles et des problèmes qu'ils engendrent. Déjà, mon propos se complique, je le sens, RB risque de décrocher... Que faire ? Etre toujours plus en colère lorsque les "pipoles" s'occupent des autistes à leur manière... Le dire, l'écrire, le faire savoir à la mesure des moyens que nous avons encore... Ne pas faiblir. Continuer. La réalité est têtue, elle exige et récompense souvent la pensée. Optimiste ça !

bonjour à tous, je n'ai pas beaucoup de temps à consacrer à mon blog sur Mediapart, ni même à ce site, très bien d'ailleurs. Aussi ne m'étais-je pas aperçu de ce billet qui est en écho du mien sur mon blog http://www.mediapart.fr/blog/28835. Je suis d'accord avec la plupart des intervenants, et je donne juste un extrait de ce que j'ai écrit : " Il plane ici ou là l'idée d'un collège unique, lycée unique, où tout le monde peut avoir les mêmes enseignements, etc... Et sous prétexte d'égalité, c'est de l'égalitarisme qui n'amène finalement que des déceptions. Et pendant ce temps, des crédits pourraient être alloués à des miliers d'enfants qui ont eux besoin, non pas de coups de pieds dans les fesses ou de réorientation vers des filières moins élitistes intellectuellement, mais bel et bien d'éducateurs, de psys, de personnel médical, etc... Un dernier mot : je ne pense pas que seuls des calculs financiers sous-tendent les décisions concernant les enfants en difficulté, scolaire et/ou psychologique. Il y a aussi pour moi un peu de bons sentiments, en pensant sincèrement que tout peut s'arranger, qu'il faut plus d'intégration scolaire, dans une sorte de dilution maternisante où tout se répare par une sorte de coopération de tous. On parle d'allure humaniste, sympa, et on a raison. L'enfer est pavé de bons sentiments, et sous l'idée de l'intégration scolaire, il y a un tapis de bons sentiments" bravo aux intervenants. J'aurai l'occasion d'en dire plus, plus tard.

Oui, on peut penser qu'il y a pire encore que les calculs financiers, c'est l'ignorance et la mauvaise foi. C'est ce qui permet la "dilution maternisante" dont vous parlez. et c'est aussi ce qui garantit le "secret" de cette affaire d'intégration sans nuance... L'ennui c'est que les enseignants, apparemment, ne peuvent réellement témoigner de cette situation. C'est pourquoi je suis très content quand j'en vois apparaitre un ici. Pour alerter et débattre il faut des enseignants, des parents, des éducateurs, des psychologues, des psychiatres et tous les métiers qui se côtoient dans cet espace.

J’ai laissé cette réponse sur votre blog, Laurent Malbrunot, mais comme vous dites que vous y allez peu, peut-être le lirez-vous ici ? En vous lisant, je me dis que ce qui ne va décidément pas dans les politiques gouvernementales - quelles qu’elles soient -, c’est le fait qu’elles se saisissent de plus en plus souvent, d’un élément élaboré sur le terrain pour en faire ensuite une politique générale applicable pour tous. J’ai de plus en plus souvent l’impression que les politiques - au lieu de faire de la politique et de gérer financièrement les projets issus de cette politique – mandatent quelques « experts » pour leur dire comment intervenir sur le terrain. Le problème, c’est que l’expérience de terrain, ni les politiques, ni les experts, n’en disposent, pas plus qu’ils ne disposent des théories qui s’élaborent et se renouvellent à partir de ce terrain. Alors, je pense que les responsables politiques feraient mieux de se mêler de leurs oignons et de dégager des possibilités financières pour les écoles par exemple, en laissant ces écoles disposer des dites finances selon leur programme pédagogique. Telle école fera merveille en dotant l’une ou l’autre classe d’ordinateurs avec des enseignants qui accompagnent les enfants dans leur relation à la machine – détournant ainsi l’usage habituel solitaire de l’ordinateur comme « console » de jeu. Telle autre permettra à ses enseignants de « désintoxiquer » les enfants des écrans – voir l’article paru récemment sur le site du Monde http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/05/29/quand-les-enfants-se-desintoxiquent-des-ecrans_1051343_3224.html - ens_id=1051430 Mais pourquoi une secrétaire d’Etat à la famille se déplace-t-elle dans l’école citée par le Monde ? Si c’est pour soutenir par sa présence une initiative, pas de problème. Si c’est pour l’imposer ensuite à toutes les écoles parce que la secrétaire d’Etat est à court d’idées politiques, qu’elle aille se ressourcer ailleurs que dans les « bons sentiments » faciles et rapides. Quelle est la mission d’un enseignant ? Transmettre des connaissances, des savoir-faire, des socles de compétences – cf. Philippe Meirieux et les critiques qu’il élabore à ce sujet - transmettre la culture, l’art de vivre en collectivité… ? En tant que psy, je n’ai évidemment aucune compétence à faire valoir pour dire aux enseignants ce qu’est leur mission. J’ai par contre, en tant que parent, participé à créer deux écoles de pédagogie active dans ma région et je soutiens, en tant que psychanalyste, les initiatives individuelles ou collectives que je rencontre au hasard de mes tribulations. Alors, j’ai envie d’évoquer ici cette enfant « handicapée » - une enfant psychotique tranquille car protégée des excès par une certaine « débilisation ». Cette petite fille a fréquenté l’enseignement ordinaire maternel jusqu’à 7 ans. En psychothérapie, elle utilisait le théâtre de marionnettes – après que sa classe soit allée au spectacle - , elle déposait parfois quelques traces sur le papier et c’est ainsi qu’elle commença à écrire son prénom et à dessiner des bonhommes. Elle parlait de mieux en mieux, ouvrait des livres m’en racontant l’histoire parsemée des bribes de contes entendus à l’école, etc etc. Elle devenait coquette, apprenait à fermer la porte des toilettes et recevait de nombreux enfants de sa classe lors de son anniversaire. Quand le passage à l’école primaire s’est annoncé, cette enfant a été réorientée vers l’enseignement dit spécial car il s’agissait de passer aux choses sérieuses : apprendre « pour du vrai ». Dans sa nouvelle école – où on devait aussi passer aux choses sérieuses mais avec des méthodes d’enseignement différentes -, Laura, qui savait écrire en imprimé les A de son prénom, s’est entendue dire que pour former un A, il fallait « monter – descendre – puis faire un trait sur la feuille » et ainsi de suite pour les autres lettres. Ses A se sont morcelés et elle a cessé d’écrire son prénom. Elle a toutefois conservé tous les autres savoir-faire qu’elle avait acquis à l’école maternelle. Si je vous livre ce bout d’histoire, c’est pour vous demander ceci : une loi souple qui autoriserait les enseignants qui le souhaitent à accueillir dans leur classe une petite Laura, une telle loi ne serait-elle pas plus utile qu’une loi qui oblige les enseignants à recevoir un « quota » d’enfants dits à problèmes ? Dans notre monde bureaucratisé, quelle place laisse-t-on aux initiatives de terrain qui ne sont pourtant pas toujours exportables telles quelles ailleurs ? PS : Ce serait pratique de ne pas avoir deux blogs pour des débats si proches que le vôtre et celui d’Alain Gillis…

Merci d'aborder ce sujet tabou. Les enseignants sont totalement démunis face à des enfants psychotiques et malgré leur bonne volonté et l'aide ( quand elle existe) d' auxiliaires de vie, les résultats de cette intégration ne semblent pas bénéfiques pour l'enfant concerné et la classe en est énormément perturbée, ce qui pénalise les enfants en difficulté . J'ai intégré dans ma classe une enfant psychotique 2 ans de suite ( GS / CP ), avec la présence très occasionnelle d'une auxilliaire ( 1/3 du temps et jamais remplacée, même quand l'absence dure 3 mois ! ). Seule dans une classe de 25 , avec une enfant qui soudainement, sans raison apparente, hurle , se tape la tête contre sa table ou contre les murs, se roule par terre, lance ses chaussures en l'air, mord ses camarades... , comment voulez vous enseigner ? Et si vous osez dire que cette enfant n'est peut-être pas à sa place , que cette intégration ne bénéficie à personne, on vous culpabilise.

Dans l'histoire que vous racontez, tout le monde est malheureux. C'est perdant-perdant ! Quant à la culpabilisation, c'est un poison terrible, qui interdit la réflexion et permet qu'on poursuive, comme par tacite reconduction, les mêmes recettes désespérantes, en silence. C'est pourquoi votre témoignage est précieux.

On est partis de "la psychiatrie et intégration scolaire "pour en arriver au "plan pour l'autisme",ce qui n'est pas contradictoire d'ailleurs.Mais, pour un enseignant, on peut les appeler comme on veut, ces troubles du comportement et de la pensée,cela ne change pas grand chose,et je continue à croire que l'intégration de ces jeunes en difficultés dans un milieu scolaire ordinaire risque d'etre un échec pour tout le monde,à court ou à moyen terme. Voila ce que j'ai pu constater: (dans le meilleur des cas):dans un premier temps d'intégration ,on pourrait croire que ces jeunes perturbés progressent : on les a apprivoisés : ils se repèrent mieux par rapport aux lieux,aux personnes qu'ils cotoient régulierement et semblent plus "ouverts" qu'à leur arrivée ; mais vite l'on s'aperçoit que les progrès attendus(dans les apprentissages, l'adaptation aux situations nouvelles, la communication, l'autonomie...) stagnent ou meme régressent.Pourtant ,ils ont des classeurs ...comme les autres,des livres...comme les autres,des devoirs...comme les autres et on est vigilant pour eux encore plus ...que pour les autres . C' est surement décevant, mais ils ne sont pas à leur place; ils ont besoin d'autre chose ,comme l'écrit A.Gillis :"de structures et du personnel réelement spécialisé dans la compréhension soignante de leur originalité" .La plupart des professeurs des écoles et des professeurs de collèges n'a reçu aucune formation pour "affronter"des jeunes affligés de difficultés aussi importantes . Leur mission principale est d'amener leurs élèves à des niveaux de compétences et de savoirs définis ,selon leur classe,dans le B.O. de l 'Education nationale. Et tant que les instances dirigeantes n'accepteront pas d'entendre qu'à chaque besoin correspond une réponse adaptée débouchant sur un mieux etre, et qu'il faut s'en donner les moyens,nous devrons nous mobiliser pour que cela change.

Je vous remercie de votre article qui généreusement appelle nos contributions, merci, aussi généreusement, de répondre à chacune d'entre elles.(personnellement je ne lis pas celles qui sont trop longues ) Enseignante en post-bac je n'ai pas eu à être confrontée directement au problème que vous évoquez mais je suis toujours sensible aux questions de troubles mentaux et en sais la complexité. J'ai aimé dans votre article la formulation : "{les parents }ceux-là n'écrivent jamais, ne défilent jamais, ne s'expriment qu'à mi-voix... Les enseignants confient secrètement leur impuissance... Mais le tabou est là, il ne faut rien dire ! On me dit que ça fait "de droite" " Cette attitude et ce jugement si fréquents, et pas seulement dans le domaine que vous évoquez, tuent les capacités de réforme dans de nombreux établissements, empêchent de prendre les mesures les mieux adaptées. Le politiquement correct et les personnages bien pensants sont devenus les nouveaux Tartuffe de notre époque. Je tente régulièrement de les affronter. Bon courage !

Merci ! Que les enseignants (tes) se manifestent sur ce sujet (ici en tous cas) de plus en plus nombreux, voilà qui est encourageant. Nous sommes d'accord pour dénoncer le semblant qui empêche la réflexion et diffère le temps de l'action. Le problème demeure toutefois, de savoir comment faire pour aller au delà de ce partage d'idées. Affronter les Tartuffe nouveaux, c'est bien, mais ils sont très nombreux, et pas mal organisés. Refuser leur vocabulaire glissant... Des mots comme "handicap" ou "intégration", délibérément choisis pour leur ambiguité avantageuse, sont devenus redoutables. Je crois que c'est Camus qui a dit, ou plutôt écrit, que : Mal nommer les choses c'est ajouter à la misère du Monde !

Ce blog a disparu du classement des blogs les plus commentés... Arithmétiquement non correct ça! Mais bon, on a déjà réussi à rendre public quelque chose qui ne peut ni se dire, ni s'écrire ailleurs qu'ici. Alors on dit merci. Après ça, je remarque ceci, que sur les 5 blogs les plus commentés, 4 concernent les affaires internes et l'organisation de Mediapart... Mediapart et le sport... Mediapart et les blogs... Mediapart et les commentaires... L'ouverture de Mediapart... Ils sont intéressants d'ailleurs ces blogs, mais tres Mediapartistes. Seule la virginité des jeunes filles, qui fait l'objet du cinquième blog "le plus commenté", n'est pas directement liée à Mediapart...

Oui, et merci à vous d'avoir lancé ce blog, j'espère y revenir régulièrement. J'ai aussi laissé une réponse à Laurent Malbrunot - bon, ça en fait deux en une soirée... On repasse en Une ?

Sourire. Pour la Une... Mais on peut maintenant vivre sans la Une, il faut seulement que les réflexions, lorsqu'elles sont mûres, puissent continuer de s'exprimer ici. Et qu'elles rencontrent l'echo d'une critique de bonne foi. Merci de votre intérêt, de vos participations très vivantes et à bientôt...

Vous notiez la difficulté qu'il peut y avoir à s'opposer à ce qui ressemble à un mouvement de fond, relayé par un nombre important de leaders d'opinion, spécialistes reconnus et médiatisés. L'association des cliniciens du médico-social et du sanitaire a organisé un colloque en janvier 2008 « Handicap, Scolarisation, Soin : Quelles articulations ? ». La présentation de ce colloque semble aller dans le sens de nos échanges.

Cette association, je crois bien la connaître. Je crois bien, même, que j'en suis membre fondateur. Ce qui ne veut pas dire qu'ici, j'en suis le porte parole, bien sûr! Mais je trouve que son intitulé est très bon et ses objectifs immédiats me conviennent. Marc Maximin, son président, est un homme lucide, actif et généreux... Je n'étais pas à ce colloque, mais nul doute que ce devait être proche des préoccupations de ce blog.

Votre nom me disait quelque chose à vrai dire... votre article est sur le site de l'association. Maintenant, il serait intéressant qu'un travail de déconstruction de l'argumentaire intégrationniste puisse avoir lieu.... il n'y a pas 36 tribunes possibles.

Merci de laisser des commentaires concernant ce sujet sur CE blog. Comme je l'ai écrit, je n'aurai pas dû écrire un billet sur le mien sans avoir lu celui d'A. Gillis auparavant. Désolé. Je suis absolument contre l'idée d'intégrer tous les enfants, y compris donc ceux qui sont problématiques, dans une même classe. C'est un voeu pieu mais irréaliste. Au pire, c'est de l'égalitarisme et pas de l'égalité. Le vrai mot, c'est à mon avis : équité. Donc, il faut une certaine homogénéité, et dans une classe classique, un enfant qui soudain se tape la tête conte les murs, ou fonce vers la fenêtre pour l'enjamber furieux contre une note décevante, ce n'est pas possible pour l'enseignant, sans même parler de sa responsabilité et de sa formation. Mais ce n'est pas obligatoirement à la loi de décider qui peut aller dans telle ou telle structure, il pourrait y avoir une certaine souplesse avec expérimentations. Quand je vois des parents en consultation, beaucoup sont démunis par rapport à ce qui relève de l'éducation, ce qui relève du médical, ce qui relève du traitement psychothérapeutique. Je sais bien que rien n'est simple, ni bien délimité, je ne suis pas dupe,mais leurs repères ne sont quand même souvent pas vraiment clairs. Le fait que les institutions ne sont elles-aussi pas vraiment claires ne peut donc pas les aider. Je maintiens qu'il y a un problème social ou politique concernant la "prise en charge" au sens large de la population. Il y a pas assez d'aide et de prise en charge dans les cas utiles et trop d'assistanat dans des cas non utiles. Une certaine infantilisation perdure à mon avis, pendant assez logique de siècles sans aucune aide de plus démuni. Tout doucement peut-être reparle-t-on, ici ou là, notamment dans ce blog, de limites à bien définir. Il y a des choses à dire, sans être réac, sur la CMU, sur les manuels gratuits, sur les allocations ou exonérations diverses et variées sans contreparties, sur des heures d'enseignement qui sont de la garderie, etc... En redistribuant mieux les moyens (car, quand même, il y a des l'argent en France), on peut donner à ceux qui en ont vraiment besoin, dont font partie les enfants placés par exemple en hôpital de jour ou IME. C'est ce que j'appelle de l'équité. J'ai été un peu long. Certains ne me liront pas...

Je pense pour ma part que le handicap intellectuel n'intéresse pas les décideurs. C'est un poids pour la société. Il n'est qu'à prendre en compte les origines socio-économiques de la plupart des jeunes que nous accueillons en IME. Ces enfants cumulent les handicaps. On a parfois l'impression qu'ils incarnent pour leur famille, une sorte d'aboutissement négatif, l'échec d'une histoire dont on ignore si elle peut avoir une suite... On ressent ce questionnement des parents qui ne peuvent pas penser l'avenir à travers leur enfant, qui ne l'envisagent pas comme lien de transmission d'un héritage à partir duquel il serait possible d'élaborer un récit placé sous un autre signe que celui de l'échec. Leur enfant n'a pas d'avenir, ils n'ont pas d'avenir à travers lui, leur histoire s'arrête avec celui ou celle qui ne sera pas en capacité d'en poursuivre le fil. Alors, tous ces mensonges, tous ces rêves éveillés adressés à ceux qui sont en capacité de les intégrer comme fondement d'une nouvelle histoire familiale dans laquelle le handicap ne serait plus honteux mais bien au contraire, support d'une identité nouvelle ; toutes ces illusions quant à la reconnaissance d'une autre façon d'être au monde ne s'inscrivent ils pas dans un processus plus large de construction d'une néo-réalité à partir de laquelle il est possible de développer des logiques qui défient le sens critique mais qui constituent une source inespérée de reconnaissance sociale ?

Vous avez tout à fait raison de mettre l'accent sur ce qui est peut-être sous-jacent aux motivations des parents.
Il me semble très imortant de comprendre les parents, confrontés au choix de la scolarisation de leur enfant. La question de leur identité personnelle et sociale est une bonne approche pour cela. Effectivement, dans notre société, les établissements d'éducation spécialisée, les établissements psychiatriques etc. sont stigmatisés. Les parents d'enfants déficients intellectuels, handicapés, autistes, souffrant de troubles psychiques etc., sont stigmatisés par "contagion" du stigmate. Il se peut en effet que le choix d'une scolarisation dite "ordinaire" leur apparaisse comme le moyen de réintégrer la société "normale", de sortir de la stigmatisation.
Les interlocuteurs médicaux, enseignants etc. ne pourraient-ils pas se mettre davantage à la place des parents pour comprendre ce qui les angoisse et ce qui les motive, au lieu de les "guider" directement vers "le bon choix" ? Le dialogue avec eux pourrait alors se faire en tenant compte du fait qu'ils sont pris entre deux exigences, celle de l'intérêt de leur enfant et celle de maintenir une identité sociale positive. Enfin, comme cela a été souligné dans la discussion, certains établissements psychiatriques ou spécialisé du fait du manque de moyens matériels et humains, ou du fait du type de recrutement et formation de certains personnels (toutes catégories confondues) , sont des lieux plus proches d'une certaine relégation... Il ne s'agit pas que de représentations sociales en effet. Il me semble que le choix des parents est en définitive, local. Tout dépend de l'offre existante localement.
Il manque à ce débat très intéressant deux catégories de participants : les travailleurs sociaux qui sont au contact des familles, et qui, peut-être, pourraient jouer un rôle de médiateurs, dans ces conflits.. Et aussi les familles elles-mêmes, peu représentées... Fantie B. (formatrice en travail social).

Les travailleurs sociaux sont (c'est peu de le dire) divisés quant à l'opportunité de la scolarisation des enfants et adolescents en situation de handicap en dehors des unités d'enseignement des établissements spécialisés. Nos établissements disposent de moyens humains le plus souvent quantitativement suffisants. Mais je peux témoigner de la difficulté qu'il y a à faire travailler les acteurs du secteur médico-social ensemble que ce soit dans l'institution et à travers ses partenariats. Notre secteur est victime des effets conjugués de l'usure professionnelle et d'une tendance générale à l'égocentrisme, à la méfiance, à une incapacité à envisager l'autre dans sa complexité. Qu'il soit collègue ou personne accueillie, il est réduit à quelques élements saillants de sa personnalité ou de sa profession ; le rôle faisant office d'attribut auquel est associée une certaine représentation qui vient simplifier la réalité. Cette simplification, je la vis tous les jours. là où il y a de la complexité, bon nombre des acteurs du médico-social préfèrent l'oblitérer pour mieux la percevoir à travers une représentation simplifiée qui est souvent elle même associée à un mouvement de rejet ou une disposition à l'identification affective et subjective. Ce manque de professionnalisme, cette disposition à la réduction de la relation à quelques éléments qui font écho chez le travailleur social, tout cela affecte la QUALITE de l'accompagnement des personnes accueillies. Il ne peut y avoir d'accompagnement, de relation d'aide que si la personne qui intervient auprès d'un demandeur ou supposé demandeur, est en capacité d'analyser sa position et de prendre en compte ses propres dispositions au transfert. Il n'est pas question de "se mettre à la place de", il n'est pas possible de "se mettre à la place de", la subjectivité ne peut être vécue que par le sujet. Je ne peux que prendre en compte ses demandes explicites et implicites, la complexité de son ancrage social et familial. Je dois rester professionnel. Cette posture, j'avoue ne la retrouver que très rarement chez la plupart des éducateurs qui abusent de l'empathie jusqu'à mêler leur propre problématique à celle de la personne aidée. Le rôle des professionnels qui ne sont pas des hommes d'églises, est de contribuer à rendre l'existence de l'enfant en situation de handicap supportable par ses parents. Supportable au sens du holding. Pour que cela soit possible, les professionnels ne doivent pas se substituer à ceux qui accompagneront l'enfant à la sortie de l'établissement. Le professionnel peut porter la famille pour lui rappeler l'importance des liens qu'elle partage, pour renforcer les liens qui associent l'enfant handicapé à ses proches. Il faut restaurer et consolider ce que la maladie ou le handicap attaque, il faut permettre à l'enfant en situation de handicap de bénéficier de liens solides. Il faut prendre en compte l'ambivalence de toute relation, limiter les effets négatifs de la déception pour insister sur les effets positifs de ce qui est en commun, un lien familial, une histoire, un attachement. Les professionnels comme les parents sont exposés à cette ambivalence. Les enseignants n'y échappent pas. Un des mécanismes à l'oeuvre dans ce qui correspond à un déni de l'ambivalence consiste à surinvestir les aspects positifs de l'intégration scolaire en rejetant toute rappel d'une réalité bien plus complexe.

Il ne faut pas stigmatiser! Voilà tout ! Il ne faut pas! Quand le président de la république lui-même parle de ghettos à propos de ces institutions, il ne faut pas applaudir... (Journées de L'UNAPEI 2006) Tout d'abord, c'est globalement faux, et si vraiment il existe des lieux de maltraitance ghettoisée, alors vite : la liste ! Vous dites qu'il faut "se mettre à la place des familles". Les familles ne constituent pas, loin s'en faut, un ensemble homogène! Il faut aussi compter, surtout en IME(cf Coffin), avec des familles devenues indifférentes à leur propre situation ! Ca existe ! Toutefois, je ne pense pas qu'il suffise de se mettre à la place des parents pour que se créent les solutions indispensables aux bons soins. La formation des personnels est un problème bien plus concret et plus préoccupant. C'est quoi, une bonne formation pour accueillir des enfants psychotiques ? Ou déficients ? Ou autistes ? Relire Freud et Mélanie Klein ? Apprendre la méthode ABA ? Faire des stages ? Ou ça ? avec qui ? La nécessité de bien traiter ces enfants exige un vrai désir de "s'y mettre", une grande curiosité intellectuelle et une certaine culture. Une culture théorique, allant de la biologie à une possibilité de réfléchir les modèles psychologiques, phénoménologiques ou psychanalytiques. On ne peut remplacer tout ça par quelques routines acquises "sur le tas"! Il faut donc réfléchir au moyen de délivrer une formation digne de ce nom, à commencer par celle des psychiatres ! Ils doivent savoir lire et méditer les philosophes! Pas seulement Freud... Pas seulement les classifications... Autre chose : Il ne faut pas que les journalistes utilisent des cas particulièrement particuliers pour faire des papiers! Je comprends bien que ces papiers ou ces reportages sont d'autant plus attrayants qu'ils relatent des "expériences" éloignées de la réalité. Tant pis ! Il ne faudrait pas faire ça ! Ca obscurcit les problèmes et ça n'apporte rien ! La pédopschiatrie n'est pas un fait divers ! Ca mérite un traitement sérieux... Et surtout, il faut tout faire pour que la confiance règne entre des soignants souvent bien intentionnés et des familles souvent encouragées à soupçonner ... Soupçonner la malveillance là où le plus souvent c'est l'embarras tout simple qui domine! Une impuissance thérapeutique que les soignants n'osent pas avouer, de peur de s'attirer des critiques méprisantes, voire pire... Celà revient à dire qu'il faudrait dédramatiser - et non banaliser ou nier - les troubles mentaux, afin d'en approcher le sens et de pouvoir en infléchir le cours, le mieux et le plus tôt possible. Les médecins, les pédiatres, les parents eux mêmes, voient souvent assez vite et assez clairement que "quelque chose ne va pas" chez un enfant. Le plus souvent ils ne le disent pas... Ce n'est pas par manque de formation ! C'est que dans le contexte actuel, de crainte et d'exigence, de pénurie aussi, personne n'a envie d'annoncer ou de reconnaître qu'il y a un risque d'organisation autistique... Tout le monde se doute bien qu'ensuite il n'y aura rien à proposer ! Rien d'autre qu'un bilan, IRM et caryotype, la routine... et des séances de psychomotricité, ou d'orthophonie, ça dépend... Ainsi de suite on se repasse le problème, jusqu'à la Belgique au besoin, mais on n'aura jamais les moyens d'envisager sérieusement les difficultés matérielles et morales entraînées par le "diagnostic"! Ni la possibilité de proposer une prise en charge institutionnelle intelligente, généreuse et donc... adaptée. J'ai remarqué que dans les trois mots clés de notre république, celui qui ne sert jamais, c'est le troisième : la fraternité. Les parents sont "libres" de choisir. La Liberté !Les enfants doivent être traîtés dans un esprit d'"Egalité"! Bien ! Tous à l'école! Et la Fraternité ? Non ? Pas assez juridique, pas du tout technique... C'est mou ! Imparfaitement laïc ! C'est pas mal pourtant... Mieux qu'une Egalité en trompe l'oeil ! Mais bien plus onéreux ! Je ne m'attendais pas à finir là-dessus.

Réponse un peu globale. (Coffin, Joha...) Quand la réflexion fait quelques progrès, elle arrive assez vite à ceci, qu'il faudrait avoir une vue, développer une critique, laquelle serait le fruit d'une synthèse ronflante et réussie. Arrive alors le découragement devant l'ampleur et la diversité des réalités, qui toutes se touchent et se cherchent une cause, une origine commune. Quand vous dites que ce n'est pas "clair" c'est bien vrai. Ni les institutions, ni les enfants, ni les parents, ni les professionnels ne sont clairs dans le champ qui nous occupe, c'est certain. Et tout de suite arrive la question : alors qu'est-ce qu'on peut faire ? D'abord on peut faire une chose : cesser de mentir. Refuser d'augmenter la confusion en la dénonçant, ici, où sur nos lieux de travail. Mais je suppose que vous ne m'avez pas attendu... Ensuite on peut poursuivre la réflexion, au point de la rendre consise, précise et imparable... Par exemple, il faudrait éclaircir le "concept" de "pas clair"... Je crois que l'autisme, lui-même, est déjà un gage de "pas clair". Il veut dire, tantôt "cas lourd", tantôt enfant très malin mais bizarre... Le médico-social, ne serait-ce que son appellation, n'est "pas clair". Les parents ne constituent pas, non plus, un groupe cohérent, façon "association des hémophiles"... Ils sont "pas clairs". Et puis nos pratiques, entre psychanalyse et tout ce qu'on veut, c'est pas la transparence non plus... Le retour à l'idée de souffrance, qu'elle soit le fait des enfants ou de leurs familles, me semble représenter, quand même, une chose à la fois commune et relativement claire. Les enfants viennent dans nos structures parce que les "autres" ne veulent et surtout ne peuvent pas s'en charger sans souffrir... Il ne s'agit pas pour autant d'installer la compassion... Mais de rappeler une évidence qui tend à s'effacer derrière des préoccupations égalitairesqui sont, en l'occurence, hors sujet.

Ce n'est pas de compassion qu'il s'agit ,mais plutot de clairvoyance et de compétences adaptées à chaque cas.On pourrait penser que chacun se renvoie la balle pour ne pas etre dérangé, pour ne pas se trouver devant l'impossibilitéde résoudre des problèmes insurmontables. Pour ce qui est de la plupart des enseignants, ils aiment leurs élèves quels qu'ils soient,et ressentent la souffrance qui entoure le handicap;et c'est une belle récompense pour eux , de constater le moindre progrès, qui semblait inimaginable quelque temps au paravant. Mais quelle goutte d"eau dans la mer lorsque cela concerne ces enfants en grandes difficultés! c'est le plaisir d'un instant, alors que la menace constante ,c'est le tsunami. Meme si l'on veut l'on ne peut faire que ce que l'on peut...

D'accord avec Alain Gillis, tous les parents n'ont pas les mêmes réactions. Il n'empêche que, dès lors qu'ils n'ont pas abandonné complètement l'enfant, ils sont les premiers concernés. Donc, je persiste, il est important de les comprendre. Ils sont peut-être très importants pour l'enfant lui-même. Les intervenants qui se succèdent peuvent-ils remplacer la stabilité d'une famille, la stabilité d'un attachement, pour un enfant qui a éventuellement des problèmes de repères ?
Un point sur cette compréhension : Les parents qui se sentent parents portent, en plus des autres intervenants, la responsabilité d'assurer l'avenir de leur enfant; Etre parent c'est, socialement, accepter la mission de conduire son enfant jusqu'à l'âge adulte. Moment où il volera de ses propres ailes.
Mais qu'en est-il quand le parent sait que son enfant ne pourra pas, jamais, être autonome ? Comment ne serait-il pas angoissé à l'idée de ce qui arrivera quand lui ne sera plus là ? L'intervenant, soignant, éducateur, enseignant, peut se dire qu'un autre intervenant viendra après lui. Mais le parent ?

Je pense que tous les parents souhaitent que leurs enfants,handicapés ou pas, parviennent à bien voler de leurs propres ailes , ce qui n'est pas simple dans bien des cas. Mais il ne me semble pas que ces parents , dont parle Fantie B, soient rejetés, non écoutés, méprisés , culpabilisés, mal accueillis, incompris...dans les structures soignantes ,sociales,scolaires ,qu'ils rencontrent . Pourtant, il ne faut pas se voiler la face; en effet ,ils sont les parents, avec leurs droits et leurs devoirs; et quelle que soit la solution trouvée, leur enfant gardera son handicap toute sa vie pour la pluspart du temps . Que l' essaie de trouver des solutions de mieux etre ,que l 'on agisse pour obtenir des structures adaptées en plus grand nombre , pour que les handicapés ,dans l'ensemble,aient une meilleure possibilité de vivre comme ils sont, mieux intégrés dans la société ,il faut en effet aller dans ce sens. Bien que tout le monde comprenne que le parcours des parents d' un enfant en difficultés, est difficile,et qu 'ils ont certainement besoin d'etre accompagnés, leur role de parent leur appartient et PERSONNE ne peut rien changer à cette réalité.

Sur France Inter ce matin : les enseignants se préparent à la rentrée scolaire et à l'intégration des enfants handicapés mentaux. Toujours sur le même France Inter : d'après un sondage de l'UNAPEI (les parents d'enfants handicapés) 84 pour 100 des enseignants se disent tout à fait d'accord pour accueillir des enfants présentant un handicap. Mais 94 pour 100 se déclarent insuffisament formés pour satisfaire à cet accueil ! Ce qui revient à dire que les enseignants donnent leur accord pour se charger d'une mission qui dépasse leurs capacités... Tout particulièrement (ceci était précisé) concernant les enfants handicapés mentaux. Il fallait comprendre (c'était suggéré), que quelques semaines de "formation" permettraient sûrement aux enseignants de répondre aux difficultés de la prise en charge des enfants autistes, psychotiques ou déficients... Là où les personnels de la santé et de l'éducation spécialisée, après des années d'étude et d'expérience, éprouvent les plus grandes difficultés, la "formation" des maîtres va sûrement réussir ! Tout le monde aura compris que les enseignants sont dans l'impossibilité de dire ce qu'ils pensent. La hiérarchie, l'opinion publique, les médias, et même les syndicats, les obligent à vivre une contradiction qui a pour seul avantage d'être économique. Quant aux enfants, principaux intéressés, ils sont eux aussi dans l'impossibilité de dire ce qu'ils pensent ! On peut donc continuer tranquilles! Droit dans l'impasse !

"Ce qui revient à dire que les enseignants donnent leur accord pour se charger d'une mission qui dépasse leurs capacités... . ......quelques semaines de "formation" permettraient sûrement aux enseignants de répondre aux difficultés de la prise en charge des enfants autistes, psychotiques ou déficients..." . D'abord, voici le sondage commandé par lUNAPEI : http://www.lecole-ensemble.org/scolarisation/unapei_ipsos.pdf . Ensuite : 1) "84 pour 100 des enseignants se disent tout à fait d'accord pour accueillir des enfants présentant un handicap" ne signifie pas "que les enseignants donnent leur accord pour se charger d'une mission qui dépasse leurs capacités" 2) "94 pour 100 se déclarent insuffisamment formés pour satisfaire à cet accueil" ne signifie pas "que quelques semaines de "formation" permettraient sûrement aux enseignants de répondre aux difficultés de la prise en charge des enfants autistes, psychotiques ou déficients". . Cette façon d'interpréter, le choses ne me semble pas très "honnête", intellectuellement. Un peu comme si je disais de votre phrase "Là où les personnels de la santé et de l'éducation spécialisée, après des années d'étude et d'expérience, éprouvent les plus grandes difficultés" que "les personnels de la santé et de l'éducation spécialisée manquent d'efficacité." . Enfin, dans votre billet et vos commentaires, vous semblez ne pas vouloir que soit faite la séparation entre la prise en charge thérapeutique, et la prise en charge éducative. Je crains que ce refus, soit plus le reflet d'une vision dogmatique, que d'une vision raisonnée. . En effet, je voudrais vous faire remarquer que c'est souvent à la demande des parents, qui souhaitent le bien de leur enfant, que la décision de la scolarisation est prise. Ceci demande un effort considérable aux parents, alors on ne peut pas les suspecter de ne pas le faire dans un autre objectif que le seul intérêt de leur enfant.

Cher Christophe67, Quand une grande majorité d'enseignants se déclarent insuffisament formés, et que dans le même temps, ils se disent prets ou disposés favorablement à l'accueil des enfants présentant un handicap mental, il me semble qu'il existe un problème. Le problème en question, j'en vois régulièrement les effets dans ma pratique. Et je crois que mes réponses aux différents intervenants en ont constitué une exposition assez complète. Certains enseignants semblent d'ailleurs comprendre de quoi il s'agit. La séparation entre thérapeutique et éducatif, lorsqu'il s'agit d'enfants, n'est pas une évidence. Pourquoi séparer d'abord deux domaines pour devoir ensuite les faire coïncider ? Qu'y a -t-il de dogmatique là dedans ? Vous parlez des parents. Ils sont très divers les parents ! Avoir un enfant troublé ne constitue pas une catégorie de parents. Et je ne les suspecte pas d'agir contre leur enfants. Je suspecte les politiques, certains journaux, certaines associations de se complaire dans la fabrication d'utopies dangereuses pour, justement, les enfants et les parents. C'est différent. La prise en charge des problèmes difficiles rencontrés en psychiatrie de l'enfant est niée, ou largement banalisée. Et ceci n'est pas un gage d'honnèteté intellectuelle. C'est l'envers du courage...

Pourquoi séparer d'abord deux domaines pour devoir ensuite les faire coïncider ? Qu'y a -t-il de dogmatique là dedans ?" Le fait de devoir les faire coïncider à tout prix, alors qu'il peuvent très bien co-exister. Il s'agit d'un postulat de départ, dont a aucun moment vous ne justifiez la pertinence, et qui relève du dogme. On pourrait même dire que c'est la définition du dogme. . Je vous suggère, au lieu de dire dans de grands discours abstraits, qu'il a des problèmes, et que vous les voyez tous les jours, de décrire ces problèmes afin que nous nous en fassions une idée dans un premier temps. De quelles utopies parlez vous? En quoi sont-elles dangereuses? Pour qui sont-elles dangereuses? Quelle écriture énigmatique! . Enfin, est-ce "la prise en charge des problèmes difficiles rencontrés en psychiatrie de l'enfant", ou ce sont le problèmes difficiles rencontrés dans la prise en charge psychiatrique des enfants que vous dites être niés. Si c'est, comme vous l'avez écrit, la première proposition, sur qui comptez vous pour prendre en charge les problèmes de la psychiatrie de l'enfant? . Et pour ce qui est du courage, à mon sens, c'est d'abord de voir l'enfant, puisqu'il s'agit avant tout de lui, comme un être humain, avant de le voir comme un patient, comme un élève, ou comme un handicapé.

Cher Christophe67, Vous semblez très décidé à en découdre, et moi pas du tout. Ou avez vous vu mes grands discours abstraits ? Au lieu d'expertiser chacun de mes mots, de transformer chacune de mes phrases en question, et d'exiger des justifications, dites nous ce que vous voulez dire! Apparemment vous avez à dire! A.G

En découdre? Non pas du tout. . Vous interprétez de manière que je trouve contestable les phrases dites à France Inter, et que j'ai entendu moi aussi. Dans la discussion, je mets en lumière comme étant à l'origine de votre interprétation, une position dogmatique sur le sujet. Terme que vous réfutez, et que je maintiens en argumentant. Ensuite, je regrette que votre article ne soit pas plus descriptif sur les difficulté pratiques qu'engendrent les travers que vous dénoncez. Certes, sur le ton de l'invective. Mais soyez sûr que ce ton est utilisé dans un esprit de provocation saine, et non dans un esprit de querelle. Et enfin je demande comment il faut comprendre une phrase. Car j'ai effectivement des doutes sur la façon dont il faut la comprendre, et que son sens est notoirement différent selon l'interprétation qu'on lui donne. . J'avais effectivement à dire, et je l'ai dit. Je voudrais simplement rajouter que les mots ont un sens, que je n'ai pas modifié une seule lettre de ce que vous avez dit (écrit),et que je n'exige rien.

Certains enseignants auraient mauvaise conscience (peut être induite par l’opinion publique, les medias, etc…) de ne pas donner leur accord aux parents (sondage de l’UNAPEI) pour accueillir dans leur classe, leur enfant handicapé, malgré les difficultés que ça présentera (et qu’ils n’évaluent pas forcément), et ces parents sont infiniment reconnaissants à ces enseignants de prendre cette position. Pourtant, quelques semaines de formation ne donneront jamais les moyens à un enseignant d’une classe de 25 à 28 élèves de s’occuper sérieusement d’un enfant handicapé mental, d’autant plus que ce n’est pas sa place. Surtout, ce que personne (ni les parents, ni les enseignants, ni l’opinion publique, ni…) n’a l’air de réaliser, c’est que des résultats POSITIFS de cette intégration sont IMPOSSIBLES, et que tôt ou tard, ces enfants intégrés auront fait beaucoup MOINS DE PROGRES que ceux qui auront été pris en charge par une institution spécifique de leur handicap. On peut sans doute intégrer par moments, des enfants handicapés dans des activités de loisir (musique, dessin, danse, etc…) en dehors de l’école, mais l’école « ordinaire » sera nuisible à leur développement et ne leur apportera rapidement que souffrance et désillusions, car il faut à ces enfants autistes, psychotiques, déficients… des structures adaptées et un encadrement spécialisé. Pourtant c’est certainement très difficile pour des parents affligés, de renoncer à la tentation de l’intégration et de faire le bon choix, mais ils faut qu’ils comprennent que l’intérêt principal de ces dispositions n’est pas en faveur de leur enfant mais dans le seul but de réduire le budget de l’Education nationale. Enfin, c’est sur, on va droit dans l’impasse.

@ F Denizot, Vous dites des parents - je résume - qu'il faut qu'ils comprennent que les politiques budgétaires ne sont pas en faveur de leur enfant... Dans ce cas, il y a beaucoup de parents et leurs enfants qui sont concernés - pas seulement les enfants "handicapés" reconnus comme tels - mais aussi tous les autres qui sont handicapés "de naissance" car pas nés sous une bonne étoile. Et en attendant les politiques budgétaires, on fait comment ? Oeuvrant comme psychanalyste avec des enfants et des adultes, je me déplace - entre autres - aux réunions d'école, je noue des contacts "sur le terrain" et certains enfants - pas tous - trouvent à l'école autre chose que musique, dessin et danse, ils y trouvent le calcul, la lecture et l'écriture, et ce sont parfois des progrès considérables, même si je continue à penser que musique, dessin et danse sont utiles à la plupart, ne fût-ce que parce que l'exigence de rendement y est moindre et le désir plus ouvert à la rencontre de l'humain. Eh bien , cela ne fait pas pour autant une politique de société digne de ce nom. Mais, de grâce, ne demandez pas en plus aux parents de "comprendre" que notre société ne se préoccupe pas de leur enfant - si même certains peuvent, rarement, l'entendre qui appartiennent à la lie de notre société et apprécient le plus souvent ce que nous leur offrons... Quelques autres qui sont riches savent aussi que notre société ne leur offre pas l'accueil que leurs deniers pourraient pourtant rétribuer : ils n'en souffrent pas moins. Nous avons des combats politiques à mener ensemble pour l'école d'une part, et pour des lieux d'accueils adaptés aux enfants - et aux adultes - en difficulté majeure d'autre part. Mais il me semble qu'il faudra toujours que certains se risquent à former "passerelle" entre des mi-lieux hétérogènes, pour que ces lieux ne deviennent pas des ghettos. Allons-nous "droit dans l'impasse" ? Quelle est cette impasse selon vous ?

A Joha 1008 L’impasse c’est que, lorsqu’on arrive au bout (de l'impasse) , il faut retourner en arrière …La manière dont se fait la prise en charge des enfants handicapés actuellement n’est pas un progrès et ne vise pas l’efficacité, malgré son aspect généreux ; dans peu de temps personne ne trouvera plus sa place .Mais en attendant, c’est sur, on fait de son mieux et je ne critique pas ceux qui s’y emploient. Je suis quand même toujours persuadée que si l’on créait plus de structures avec des accompagnants (psychologues, psychiatres, éducateurs spécialises, enseignants…), que si, au lieu de supprimer des postes d’enseignants, et de soutenir les enfants , « nés sous une mauvaise étoile » , pendant les récréations ou le soir (si ça c’est pas un ghetto, çà !), on concevait des classes comportant 14 élèves au lieu de 28, on pourrait peut être réussir à trouver une place intéressante pour les plus faibles, par exemple. Il existe sûrement beaucoup d’autres solutions afin d’aider chacun « comme il est », mais pour cela il faudrait que l’Etat daigne débourser.

Des exemples de cas d’échec d’élèves en plus ou moins grandes difficultés pour qui on n’avait pas trouvé LA BONNE PLACE, je pourrais vous en citer « à la pelle » ! Des élèves en difficultés, à qui on a mis la pression pendant toute leur scolarité, qui, au lieu de travailler tranquillement, comme ils pouvaient, ont été tirés, poussés, culpabilisés, ont perdu confiance en eux, qu’on a contraints à passer des examens qui leur étaient inaccessibles et ou ils ont échoué, et qui finalement « pétaient régulièrement un câble » dans la dépression ou autre …j’en ai connu un grand nombre, moi, vieille enseignante. Je pense que l’important, c’est de réussir à trouver LA BONNE PLACE pour que l’élève garde l’estime de lui-même, et parvienne à se sentir bien là où il se trouve, dans la mesure de ses moyens.

Bonjour Je voudrais savoir si un enfant "reconnu" hyper-actif avec trouble de l'attention est à "classer" dans les enfants "handicapés mentaux" ou bien à partir de quand ou de quoi un enfant est-il "handicapé mental" ? d'avance merci ?

Bonsoir , Je n'en sais rien, je ne conçois le travail qu'en ayant un rapport au cas par cas. Quant à classer dans les handicapés mentaux, c'est le truc piège. Mais "reconnu hyperactif", ça veut dire quoi ? reconnu par qui ? Il n'y a aucun critère pour classer ce genre de problèmes. Ce qui est très différent des handicaps moteurs ou sensoriels... Vous le trouvez handicapé vous , cet enfant ? Voue me direz... A.G

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