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L'étrange non-dit de l'incompétence patronale
Les commentaires sur la pathétique prestation de Nicolas Sarkozy confirment la persistance d'un biais journalistique d'autant plus déformant qu'il est ignoré de tous, et surtout des journalistes: le non-dit. Oublier d'analyser le rôle de l'incompétence des chefs d'entreprises dans le déclin de la compétitivité de l'économie française participe d'une sournoise entreprise de culpabilisation du seul salariat.
A grands renforts de diagrammes et de comparaisons internationales, les observateurs sous influence patronale tiennent pour une vérité première et absolue que les salariés français sont les principaux responsables du déséquilibre de la balance extérieure. Soupçonnés de ne pas assez travailler, d'être trop payés ou de bénéficier, voire de profiter, d'avantages sociaux coûteux pour les finances publiques, les ouvriers, employés et cadres intermédiaires sont implicitement accusés d'empêcher leurs entreprises d'exporter les produits et services made in France.
Jamais ces observateurs instrumentalisés ne songent à comparer les patrons français à leurs homologies allemands ou scandinaves. Ils ne cherchent jamais à savoir si les entrepreneurs hexagonaux sont aussi performants que leurs concurrents étrangers. S'ils comprennent réellement la division internationale du travail, les segmentation des marchés mondiaux. S'ils étudient suffisamment les débouchés possibles et s'ils investissent en recherche et développement à la mesure des ambitions qu'ils devraient nourrir. S'ils se comportent tous comme de vrais entrepreneurs, acteurs économiques éminemment respectables et parfois admirables.
Il y a pourtant de fortes raisons de penser que l'incompétence patronale contribue, elle aussi - par manque de vision stratégique, de créativite, et de courage - aux piètres performances de l'économie française. Mais il est plus facile, avec un gouvernement complice, d'obtenir des subventions et des allègements de charges - réminiscences des bonne vieilles dévaluations du franc - en faisant supporter aux seuls salariés la responsabilité du déclin industriel et technologique. D'autant plus facile que les jouralistes économiques relaient massivement cette culpabilisation.
Le libéralisme fonctionne comme la religion chrétienne. Il mobilise son bas clergé médiatique pour culpabiliser ceux qu'il veut asservir. Il exploite cette culpabilisation pour exonérer et renforcer la légitimité et le bien-être de sa caste "supérieure" de Prépondérants.


Les 5 commentaires les plus recommandés
Au commentaire très juste d' ALAIN.JOANNES, il faut rajouter un autre fait. En Allemagne, la plupart des chefs d'entreprises sont docteurs d'université. Bonne ou mauvaise, ils ont au moins eu un parfum de ce qu'est le savoir en devenir, et sont donc portés à essayer de lancer sur le marché de nouveaux produits ou services. En France, très peu de chefs d'entreprises sont passés par l'université, ils ignorent tout de la recherche scientifique, façonnés par les soi-disant grandes écoles où l'on n'enseigne qu'un savoir figé.
L'effort de recherche dans notre pays a toujours été fourni par les pouvoirs publics, la recherche privée est et a toujours été pratiquement inexistante. Le Crédit Impôt Recherche, porté à 5 milliards par an par le présent gouvernement a été présenté comme une incitation à la recherche privée, mais la connivence entre ce gouvernement et les milieux l'a en fait transformé en niche fiscale, accordée sans aucun contrôle de l'effort de recherche effectivement réalisé.
Le principe de Dilbert est trop simpliste, trop "mécaniste" pour rendre compte de l'incompétence des patrons français.
Ce phénomène inexploré a des explications historiques. Ainsi, le patronat allemand est plus performant à l'exportation que la patronat français parce que, n'ayant pas eu ou très peu de colonies pour exploiter matières et main d'oeuvre et écouler des produits finis, l'Allemagne et sa culture industrielle se sont vouées aux marchés extérieurs.
Il y a aussi des explications culturelles. Dans une économie qui se focalise sur l'exportation, la spécialisation et l'excellence sont des exigences vitales. Ces atouts sont les fruits d'une observation attentive de la demande et d'un esprit de savoir-faire pratique que le patronat français n'a jamais vraiment cultivé. Artisans parfois géniaux (inventeurs de la photographie, du cinéma, de la télévision) ils ne savent pas se déployés en industriels. Sauf quand l'Etat les protège: armement, BTP, aérospatiale, électronique.
La mentalité: en Scandinavie, en Allemagne, au Japon, le client est un partenaire. En France, c'est une proie.
La sociologie: certains entrepreneurs des débuts du capitalisme industriel ont eu les comportements paternaliste d'une bourgeoisie qui copiait les valeurs de l'aristocratie (le pouvoir économique implique des responsabilités sociales ne serait-ce que pour ménager la force de travail). Les managers actuels sortis de Polytechnique, de l'ENA et des écoles de commerce ne se soucient pas d'établir la légitimité de leur compétence. Ils s'imposent à la tête des entreprises par leurs réseaux et leurs connivences courtisanes, dont les passages par les cabinets ministériels pour accumuler un carnet d'adresses comme capital immatériel avant de se goinffrer en rémunérations illégitimes et en stock options qui sont des prélèvements de prédateurs sur l'entreprise. A noter que dans le capitalisme ultra libéral qui se déchaîne depuis les années quatre-vingt, la rémunération des managers - quelle que soit leur compétence - est indexée sur les revenus des actionnaires. C'est plus qu'une complicité objective. C'est une atteinte aux intérêts de l'entreprise.
"Le libéralisme fonctionne comme la religion chrétienne. Il mobilise son bas clergé médiatique pour culpabiliser ceux qu'il veut asservir. Il exploite cette culpabilisation pour exonérer et renforcer la légitimité et le bien-être de sa caste "supérieure" de Prépondérants"
J'ADORE!!!! très bien vu et tellement peu relevé par les temps qui courent!!!
Les patrons incompétenst sont ceux qui accumulent des richesses personnelles, n'en créent pas; demandent à l'état de leur accorder des avantages fiscaux et parafiscaux, de les aider à l'export,( d'effacer leurs dettes et de prendre en charge les mises à niveau aux normes internationales, c'est la pompe à phynance des âtrons algériens!).
Ils sont revenus au XIX éme siècle quand les patrons disaient qu'ils étaient les bienfaiteurs des travailluers!
Mais à patrons incompétents, dirigeants politiques ignorants.
"où donc nous mène le néolibéralisme ? "
Répondre
C'est un autre non-dit qu'une modeste réponse à votre commentaire ne saurait combler.
Néanmoins, schématiquement:
1 - La crise de 1929 a été la première preuve historique auto-administrée (sans intervention du socialisme) de la vulnérabilité du capitalisme libéral.
2 - Le New Deal de Roosevelt a été vécu par les idéologues du capitalisme libéral comme un traumatisme historique, un cauchemard: la nécessité pour le capitalisme de s'amender.
3 - A travers "l'Ecole de Chicago" puis celle de Fribourg après la guerre, les idéologues du capitalisme ont mis en place une réponse qui a pris la forme des théories ultra-libérales de Milton Friedman et de Friedrich Hayek notamment.
4 - Ces théories ultra-libérales ont été testées à la faveur des dictatures en Amérique latine (Chili notamment) puis dans les démocraties libérales anglo-saxonnes comme la Nouvelle-Zélande.
5 - Les tests ayant été jugés concluants, Thatcher en Grande-Bretagne et Reagan aux Etats-Unis ont appliqué les théories massivement et à grande échelle, "grandeur nature"en quelque sorte.
6 - La mise en oeuvre du thatchérisme et des reaganomics a libéré un capitalisme ultra-libéral au moment prècis où le "socialisme réel" de l'URSS démontrait son inefficacité économique et entamait sa faillite politique. Il n'y avait plus que la sociale-démocratie européenne comme petit obstacle à une idéologie ultra-libérale qui a, dès lors, évacué le nécessité pour le capitalisme de s'amender.
7 - Ce capitalisme ultra-libéral dépourvu de craintes et de scrupules - donc de freins - a déployé ses pulsions spéculatives d'accumulation sans fin, que les mathématiques financières et les technologies des transactions au millionième de secondes ont amplifié.
8 - La sociale-démocratie (ultime bonne ou mauvaise conscience du capitalisme) ayant failli à sa régénération idéologique, la capitalisme ultra-libéral, drogué à la spéculation accumulative et détaché de l'économie réelle, a dégénéré en crise des subprimes (2005-2007), dont la récession de 2008-2010 et celle qui commence ne sont que des conséquences. La crise des subprimes et ses conséquences en cours sont la seconde preuve - après la crise de 1929 - que le capitalisme libéral est faillible, vulnérable. Ce ne sont ni le communisme ni la sociale démocratie qui le font chuter. C'est lui qui trébuche gravement, seul.
9 - Le capitalisme ultra-libéral domine idéologiquement la sphère publique. Il en arrive ainsi, aux Etats-Unis, à taxer le New Deal de "néfaste expérience socialiste" et Roosevelt de "crypto-communisme". C'est d'ailleurs que le très modéré Barak Obama est présenté en ce moment: communiste. En France, cette domination idéologique se traduit notamment par le silence sur le fait que les crises actuelles ne sont dues qu'au capitalisme déchaîné, sans entrave, et par le non-dit sur l'incompétence des patrons français.
Précisions:
A - Je j'ai aucune aversion pour les patrons qui innovent, qui inventent. J'en admire certains comme j'admire des artistes.
B - Dans la mesure où un capitalisme libéral capable de s'amender a prouvé sa supériorité sur un socialisme réel inefficace, je n'ai aucune nostalgie.
C - Je regrette que la sociale-démocratie n'ait pas été capable de s'imposer comme la force idéologique capable d'obliger le capitalisme libéral à s'amender, à défaut de pouvoir élaborer un modèle économique alternatif et viable.
D - Je constate que, dans l'état actuel des choses, seul un Etat fort peut obliger le capitalisme à s'amender. C'est le capitalisme d'état. C'est la Chine.
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Absolument d'accord sur cette question des non-dits, à laquelle je pensais justement depuis ce matin. Synchronicité ou rencontre des grands esprits, je ne saurais dire, mais en ce qui me concerne, c'est davantage à propos de la politique qu'entendent mener tous les gouvernements acquis au néolibéralisme, d'Europe et d'ailleurs que j'aimerais que les choses soient enfin dites. Aux peuples, en toute franchise et clairement. Car voici trente ans déjà, ou plus, que le projet néolibéral est sur les rails et que nous ne le savions même pas, pour la plupart d'entre nous, il y a seulement quelques mois encore. Qu'un spécialiste sérieux s'empare de cette question et qu'il nous explique, en long et en large, en quoi consiste exactement le projet néolibéral et notamment en terme de société. A partir de quoi, nous pourrons tous nous faire une idée et décider en connaissance de cause. Je pense notamment à M. Philippe Riès qui se ferait un plaisir de répondre à cette question : où donc nous mène le néolibéralisme ?
"où donc nous mène le néolibéralisme ? "
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C'est un autre non-dit qu'une modeste réponse à votre commentaire ne saurait combler.
Néanmoins, schématiquement:
1 - La crise de 1929 a été la première preuve historique auto-administrée (sans intervention du socialisme) de la vulnérabilité du capitalisme libéral.
2 - Le New Deal de Roosevelt a été vécu par les idéologues du capitalisme libéral comme un traumatisme historique, un cauchemard: la nécessité pour le capitalisme de s'amender.
3 - A travers "l'Ecole de Chicago" puis celle de Fribourg après la guerre, les idéologues du capitalisme ont mis en place une réponse qui a pris la forme des théories ultra-libérales de Milton Friedman et de Friedrich Hayek notamment.
4 - Ces théories ultra-libérales ont été testées à la faveur des dictatures en Amérique latine (Chili notamment) puis dans les démocraties libérales anglo-saxonnes comme la Nouvelle-Zélande.
5 - Les tests ayant été jugés concluants, Thatcher en Grande-Bretagne et Reagan aux Etats-Unis ont appliqué les théories massivement et à grande échelle, "grandeur nature"en quelque sorte.
6 - La mise en oeuvre du thatchérisme et des reaganomics a libéré un capitalisme ultra-libéral au moment prècis où le "socialisme réel" de l'URSS démontrait son inefficacité économique et entamait sa faillite politique. Il n'y avait plus que la sociale-démocratie européenne comme petit obstacle à une idéologie ultra-libérale qui a, dès lors, évacué le nécessité pour le capitalisme de s'amender.
7 - Ce capitalisme ultra-libéral dépourvu de craintes et de scrupules - donc de freins - a déployé ses pulsions spéculatives d'accumulation sans fin, que les mathématiques financières et les technologies des transactions au millionième de secondes ont amplifié.
8 - La sociale-démocratie (ultime bonne ou mauvaise conscience du capitalisme) ayant failli à sa régénération idéologique, la capitalisme ultra-libéral, drogué à la spéculation accumulative et détaché de l'économie réelle, a dégénéré en crise des subprimes (2005-2007), dont la récession de 2008-2010 et celle qui commence ne sont que des conséquences. La crise des subprimes et ses conséquences en cours sont la seconde preuve - après la crise de 1929 - que le capitalisme libéral est faillible, vulnérable. Ce ne sont ni le communisme ni la sociale démocratie qui le font chuter. C'est lui qui trébuche gravement, seul.
9 - Le capitalisme ultra-libéral domine idéologiquement la sphère publique. Il en arrive ainsi, aux Etats-Unis, à taxer le New Deal de "néfaste expérience socialiste" et Roosevelt de "crypto-communisme". C'est d'ailleurs que le très modéré Barak Obama est présenté en ce moment: communiste. En France, cette domination idéologique se traduit notamment par le silence sur le fait que les crises actuelles ne sont dues qu'au capitalisme déchaîné, sans entrave, et par le non-dit sur l'incompétence des patrons français.
Précisions:
A - Je j'ai aucune aversion pour les patrons qui innovent, qui inventent. J'en admire certains comme j'admire des artistes.
B - Dans la mesure où un capitalisme libéral capable de s'amender a prouvé sa supériorité sur un socialisme réel inefficace, je n'ai aucune nostalgie.
C - Je regrette que la sociale-démocratie n'ait pas été capable de s'imposer comme la force idéologique capable d'obliger le capitalisme libéral à s'amender, à défaut de pouvoir élaborer un modèle économique alternatif et viable.
D - Je constate que, dans l'état actuel des choses, seul un Etat fort peut obliger le capitalisme à s'amender. C'est le capitalisme d'état. C'est la Chine.
J'ai du mal à piger votre conclusion!!! Le capitalisme d'état chinois ne vaut pas mieux que le capitalisme du monde prétendu "libre"!
Ne serait-ce pas au capitalisme d'état de la Chine de s'amender aussi, étant donnés les ravages colossaux qu'il fait subir à la nature sur le territoire où il s'exerce?
Le capitalisme chinois est soumis à l'autorité du parti communiste qui contrôle l'Etat. C'est l'Etat qui détermine la valeur de la monnaie, les réserves des banques. C'est une économie dirigée.
Il me semble que vous confondez économie et écologie, économie et morale.
Je suis assez globalement d'accord avec votre analyse, mais le point D de vos précisions, me laisse "sur le cul" ! Le capitalisme chinois est le plus ultra libéral du monde, avec la plupart des capitalismes qui se développent dans les pays en voie de développement : privatisation de la santé, de l'éducation, des retraites ! abandon de toute contrainte environnementale, de santé publique, de sécurité technique pour les entreprises, imposition très basse et convergence vers des systèmes de "flat tax" antiredistributifs, etc... Vous vouliez peut etre dire que seul un "capitalisme d'état" pourrait obliger le capitalisme ultra libéral à s'amender (chose que la social-démocratie n'a pas sur faire), sans doute, mais ce n'est pas ce qu'il a choisi de faire, et loin de là !
Dominique C et Eltrigo,
Gare à la propagande conservatrice et réactionnaire déployée à grande échelle et à grand renfort de moyens financiers, militaires et technologiques ! Pour ne donner qu'un exemple, toutes les révolutions dites Orange sont fomentées par l'Administration américaine sous couvert de "démocratie" et de "liberté". Et comble de l'hypocrisie, B. Obama vient de déclarer ceci récemment : "Aucun Etat n'a le droit d'imposer son système de gouvernement à un autre Etat". Ce qu'ils font pourtant depuis toujours et actuellement sur notre propre continent où la démocratie est née, en la supprimant d'abord en Grèce, le pays qui l'avait inventée il y a plus de 2000 ans ! En ce qui me concerne, j'ai tendance à voir comme de véritables espoirs de société à visage humain, des pays comme Cuba, la Chine ou même la Corée du Nord, et en règle générale tous les pays que les EU s'appliquent à diaboliser.
Si vous ne faites pas partie de ceux qui profitent pleinement du système, vous pourriez avoir à regretter le fait de ne pas avoir pris conscience à temps, du conditionnement auquel nous sommes tous soumis, tout au long de notre vie.
En tant que cultivateur d'oxymorons idéologiques, j'aime beaucoup le gag de "La Corée du Nord à visage humain". Pierre Desproges aurait sans doute aimé.
Une économie administrée comme elle l'était durant les Trente Glorieuses, c'est cela que vous appelez un capitalisme libéral amendé ? Dans ce cas, je suis parfaitement d'accord avec vous et pour un retour à un Etat fort.
Votre perception du capitalisme chinois étonnera sans doute les idéologues du Tea Party inspirés par l'Ecole de Chicago.
Je ne pense pas qu'un capitalisme d'Etat tel que celui que vous suggérez - celui de Staline si je vous comprends bien - soit en mesure d'instaurer actuellement un rapport de forces favorables à un capitalisme libéral "amendé".
Je pense que les conditions de développement du capitalisme chinois est comparable aux conditions de développement du capitalisme occidental au XIXème et au début du XXème siècles. A ces références géographiques s'ajoutent les conditions historiques de transplantation du capitalisme en Chine, pays comprenant 55 nationalités, sans aucune expérience démocratique, avec un parti unique et une bureaucratie héritée des dynasties antérieures.
Les patrons incompétenst sont ceux qui accumulent des richesses personnelles, n'en créent pas; demandent à l'état de leur accorder des avantages fiscaux et parafiscaux, de les aider à l'export,( d'effacer leurs dettes et de prendre en charge les mises à niveau aux normes internationales, c'est la pompe à phynance des âtrons algériens!).
Ils sont revenus au XIX éme siècle quand les patrons disaient qu'ils étaient les bienfaiteurs des travailluers!
Mais à patrons incompétents, dirigeants politiques ignorants.
D'accord avec vous, à condition de compléter par les éléments de domination idéologiques que je suggère dans ma réponse au précédent commentaire.
Le principe de Dilbert, c'est une des explications de l'incompétence des patrons : (?)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_Dilbert
Le principe de Dilbert est trop simpliste, trop "mécaniste" pour rendre compte de l'incompétence des patrons français.
Ce phénomène inexploré a des explications historiques. Ainsi, le patronat allemand est plus performant à l'exportation que la patronat français parce que, n'ayant pas eu ou très peu de colonies pour exploiter matières et main d'oeuvre et écouler des produits finis, l'Allemagne et sa culture industrielle se sont vouées aux marchés extérieurs.
Il y a aussi des explications culturelles. Dans une économie qui se focalise sur l'exportation, la spécialisation et l'excellence sont des exigences vitales. Ces atouts sont les fruits d'une observation attentive de la demande et d'un esprit de savoir-faire pratique que le patronat français n'a jamais vraiment cultivé. Artisans parfois géniaux (inventeurs de la photographie, du cinéma, de la télévision) ils ne savent pas se déployés en industriels. Sauf quand l'Etat les protège: armement, BTP, aérospatiale, électronique.
La mentalité: en Scandinavie, en Allemagne, au Japon, le client est un partenaire. En France, c'est une proie.
La sociologie: certains entrepreneurs des débuts du capitalisme industriel ont eu les comportements paternaliste d'une bourgeoisie qui copiait les valeurs de l'aristocratie (le pouvoir économique implique des responsabilités sociales ne serait-ce que pour ménager la force de travail). Les managers actuels sortis de Polytechnique, de l'ENA et des écoles de commerce ne se soucient pas d'établir la légitimité de leur compétence. Ils s'imposent à la tête des entreprises par leurs réseaux et leurs connivences courtisanes, dont les passages par les cabinets ministériels pour accumuler un carnet d'adresses comme capital immatériel avant de se goinffrer en rémunérations illégitimes et en stock options qui sont des prélèvements de prédateurs sur l'entreprise. A noter que dans le capitalisme ultra libéral qui se déchaîne depuis les années quatre-vingt, la rémunération des managers - quelle que soit leur compétence - est indexée sur les revenus des actionnaires. C'est plus qu'une complicité objective. C'est une atteinte aux intérêts de l'entreprise.
Au commentaire très juste d' ALAIN.JOANNES, il faut rajouter un autre fait. En Allemagne, la plupart des chefs d'entreprises sont docteurs d'université. Bonne ou mauvaise, ils ont au moins eu un parfum de ce qu'est le savoir en devenir, et sont donc portés à essayer de lancer sur le marché de nouveaux produits ou services. En France, très peu de chefs d'entreprises sont passés par l'université, ils ignorent tout de la recherche scientifique, façonnés par les soi-disant grandes écoles où l'on n'enseigne qu'un savoir figé.
L'effort de recherche dans notre pays a toujours été fourni par les pouvoirs publics, la recherche privée est et a toujours été pratiquement inexistante. Le Crédit Impôt Recherche, porté à 5 milliards par an par le présent gouvernement a été présenté comme une incitation à la recherche privée, mais la connivence entre ce gouvernement et les milieux l'a en fait transformé en niche fiscale, accordée sans aucun contrôle de l'effort de recherche effectivement réalisé.
Je ne connaissais le profil moyen des patrons allemands mais le lien entre le cursus universtaire et l'aptitude à l'innovation est effectivement très significatif.
Merci pour votre contribution à l'élucidation du non-dit sur l'incompétence du patronat français.
Pour avoir longtemps travaillé dans et/ou l'industrie, j'ai envie d'ajouter deux points, qui ne contredisent en rien votre propos :
- notre conception du pouvoir est trop souvent abolutiste et le dirigeant français supporte mal, en moyenne, de partager son pouvoir avec, notamment, leurs "partenaires sociaux". Nous parlons en France de "consensus mou" sans mesurer l'effort que représente la recherche et l'invention d'une solution de consensus ni toute l'efficacité potentielle qu'apporte ce consensus. Pour avoir connu des entreprises allemandes et japonaises notamment, cette réalité m'a marqué. Cela dit, j'ai connu un bon nombre de dirigeants français sensibles à l'importance et à l'intérêt d'un vrai dialogue avec les "parties prenantes", syndicats, cadres et autres qui font l'environnement de l'entreprise ; j'ai aussi mesuré la différence culturelle forte entre les régions de l'ouest (Paris en fait partie) et les régions plus proches de l'arc rhénan où le dialogue et le compromis ne sont pas des gros mots ;
- à l'opposition que vous faites entre les formations grandes école à la française et les formations universitaires à l'allemande, que je ne suis pas en mesure d'apprécier, j'ajoute le fait que depuis 20 à 30 ans, les dirigeants français sont de plus en plus souvent des financiers alors que les professionnels de métier ont été progressivement écartés des décisions les plus stratégiques. Le court-termisme en est, me semble-t-il, un avatar désolant et je regrette l'époque où je croisais souvent des dirigeants passionnés du métier de leur entreprise et capables de porter du rêve.
Je suis surprise de ne voir mentionné nulle part une affirmation qui faisait flores dès les années 90 dans le monde neo libéral: "ce n'est pas le travail qui crée la richesse, c'est la finance". Il me semble que cela a induit, outre le court-termisme que vous dénoncez, un mépris croissant pour le travail productif et pour les travailleurs.
Désolé, je ne connais pas l'expression que vous attribuez au monde néo-lébral des années quatre-vingt dix.
J'ai eu à travailler avec des entreprises japonaises, allemandes et scandinaves. Effectivement, la recherche têtue d'un consensus préalablement à l'action semble être une des caractéristiques de ces pays. Cela implique le respect des différents acteurs et la quai certitude de leur engagement optimal quand arrive le moment d'agir.
@alain,
bien, vu mais cela est en quelque sorte l'arbre qui cache la forêt. Il y a en France une vision aristocratique de la societé c'est à dire une vission selon laquelle le pouvoir ne se partage pas et qu'il y a une distinction claire et abrupte encore ceux qui commandent et ceux qui obéissent. La bourgeoisie a chaussé les bottes de l'aristocratie, elle commande et l'élargissement de sa base n'a pas fragilisé cette rupture là.
Elle est en oeuvre non seulement dans l'entreprise mais dans l'administration et le politique. Les exemples abondent. Les retraites : le gouvernement arrive avec un projet ficelé et conçu dans les alcoves du pouvoir.Il le soumet pour discussion aux syndicats qui ont deux mois pour en faire la critique.. alors qu'il eut été plus simple, plutot que d 'adopter cette attitude frontale d 'opposition, de concevoir ensemble petit à petit le projet.. Autre exemple. Des villas de bord de mer lors d'une tempête sont détruites . La Préfecture travaille sur un projet de redéfiniton des droits de construire et sur l'élimination de certaines villas restantes. Elle soumet le projet aux interessés qui n'ont jamais été admis a l'élaboration et qui se retrouvent donc en opposition et frontalement . Ibidem dimanche dernier où sur les logements, sur la tva, sur la flexibilité le Président soumet des projets élaborés dans les srails et les présente touts cuits et ficelés à la dent carnassière de ceux qui sont considérés comme des ennemis et non des partenaires. etc...
Pour obtenir une subvention il faut jouer le jeu : investir dans la compréhension des règles et orienter en conséquent le positionnement projet. Les exigences de ce jeu sont différentes de celles du succès commercial voir s'opposent à l'aboutissement du projet.
Suceur de subvention, c'est un métier : la connivence dénoncée ci-dessus et le lobbying font parti de la démarche imposée.
Les volontés politiques se perdent dans les méandres de la complexité administrative et dans le copinage à haut niveau.
Deux exemples aux extrêmes :
Concernant l'inovation, je nous souhaite de la simplicité de l'éthique et de la transparence.
Info
http://petrole.blog.lemonde.fr/2012/01/30/paris-ne-veut-plus-penaliser-les-sables-bitumineux/
Ce soir sur Arte (ça change du dictateur sur 8 chaînes) Petropolis
Vue du ciel, la terre est un enchevêtrement de forêts, de rivières et d'affluents à perte de vue. Une nature souveraine au-dessus de laquelle plane la caméra. Soudain, une plongée vertigineuse à la manière d'un oiseau de proie, et nous voilà aux portes de l'enfer : une mine de pétrole à ciel ouvert. De visions d'apocalypse en séquences hypnotiques tournées depuis un hélicoptère, Petropolis adopte le point de vue des oiseaux pour réaliser l'autopsie de cette immense blessure. Violée par l'homme, abusée sans remords, la terre filmée par Peter Mettler est une bête à l'agonie.
"Le libéralisme fonctionne comme la religion chrétienne. Il mobilise son bas clergé médiatique pour culpabiliser ceux qu'il veut asservir. Il exploite cette culpabilisation pour exonérer et renforcer la légitimité et le bien-être de sa caste "supérieure" de Prépondérants"
J'ADORE!!!! très bien vu et tellement peu relevé par les temps qui courent!!!
L'analogie entre la culpabilisation qui a été au fondement du pouvoir exercé par les religions chrétiennes et la culpabilisation des salariés que propage le bas clergé médiatique est à peine polémiste.
Le haut clergé des conciles édictaient les nouvelles formes de culpabilisation des croyants comme les économistres distingués édictent les nouvelles formes de culpabilisation des salariés. Les curés et les vicaires répandaient cette culpabilisation. Les éditorialistes et les journalistes économiques font exactement la même chose en reprenant servilement, sans aucun sens critique, les thèses des économistes distingués.
Il faut de l'incroyance et de l'agnosticisme pour se libérer de la culpabilisation chrétienne, acceptée par la soumission (la foi) à une révélation et il en faut aussi de l'incroyance et de l'agnosticisme pour réfuter la soumission à "la main invisible du marché" et l'acceptation des théories économiques. De même que l'escroquerie religieuse a consisté à faire passer une révélation pour la vérité, l'escroquerie des économistes consiste à faire passer l'économie pour une science.
Avant de se lancer dans des amalgames confondants, il faut faire le tri dans le terme patron : selfmademan, petit patron, patron cac40, patron de père en fils, .......
Incompétence ou plutôt ...... méconnaissance des mécanismes export, méconnaissance des langues, .....
"Incompétence ou plutôt ...... méconnaissance des mécanismes export, méconnaissance des langues, ....."
C'est bien la même chose, non?
Autre chose à laquelle on ne pense pas et qui se vérifie tous les jours :
"La violence est le dernier refuge de l'incompétence."Jean de La Fontaine"
Le propos de ce billet n'était pas de procéder à une analyse sociologique des membres du MEDEF et de la CGPME, mais de mettre en évidence un non-dit journalistique dans le discours dominant.
Incompétence des journalistes donc...
Incompétence généralisée.
Compétences étouffées par la voracité et le maintien à tout prix des acquis individuels ou familiaux ou nationaux
@Alain Joannes
Toutes les explications historiques ou culturelles du monde n'empècheront pas , qu'en dernière analyse , les rapports de production entrainent cette "servilité volontaire" des salariés, et ce, quelque soit le pays.
Frederic Lordon tente avec intelligence d'en analyser les soubassements dans son livre: Capitalisme, desir et servitude,
Peut-être.
Vous ne pouvez, malheureusement, pas vous fonder sur des enquêtes, des outils de mesure, des modèles économétriques pour affirmer que les patrons français, dans leur généralité, seraient moins compétents que d'autres. Ce n'est donc qu'une conjecture.
Il est un autre facteur, incontestable, celui-là, de dégradation de la compétitivité de l'économie française, c'est l'euro, qui est largement surévalué. Privé de l'arme monétaire, c'est-à-dire de la dévaluation, qui a si souvent servi, par le passé, à relancer la compétitivité, le/les gouvernements se voient contraints à des mesures du type TVA sociale, beaucoup moins efficaces et beaucoup plus injustes, pour tenter d'arriver au même résultat - en vain.
Je ne partage pas votre avis sur le rôle de l'euro. Le Deutsche Mark (dont l'euro n'est qu'un habillage) a toujours été survévalué par rapport au Franc. Ce qui n'a pas empêché, au contraire, les industriels allemands d'exporter beaucoup plus que leurs homologues français. Acculés à l'impossibilité de dévaluer (dumping), les patrons allemands ont dû trouver des solutions de productivité, de compétivité. Ils n'avaient pas la facilité des dévaluations françaises à répétition
L'incompétence ne se mesure pas en "modèles économétriques". C'est une comparaison entre les prétentions et les résultats, les seconds étant en l'occurrence soustraits des premières.
L'histoire comparée de l'innovation et du capitalisme français autorise des déductions significatives. Notamment dans les échecs lors des transitions entre stade artisanal et phase industrielle: photographie, cinéma, télévision, informatique, télécommunications.
Il est possible, en outre, de mesurer la diminution du nombre de brevets industriels et technologiques déposés par les entreprises françaises. Cette diminution exprime l'insuffisance croissante d'investissement dans la matière grise, l'innovation, la recherche et développement.
Il est surtout conseillé de prendre connaissance chaque mois du recul des exportations françaises (Elle ne progressent que quand Airbus vend des appareils qui ne sont pas uniquement français). Le recul des exportations françaises exprime une insuffisance d'innovation, le manque de spécialisations industrielles et technologiques, le peu de goût pour la "conquête" de marchés extérieurs. Sphères de décisions qui relèvent de la responsabilité patronale.
L'économie allemande, du fait de sa spécialisation - produits à forte valeur ajoutée, faible élasticité prix -, s'est toujours bien accommodée d'une monnaie forte. L'économie française - produits à faible valeur ajoutée, forte élasticité prix - a toujours eu besoin, périodiquement, soit de mesures protectionnistes, soit de mesures de dévaluation compétitive.
Il y aurait beaucoup à dire sur la compétence des dirigeants et des cadres supérieurs. Les sociologues sont mal placés pour en parler. Les mieux placés sont souvent les ouvriers eux-mêmes. Un livre publié en 1987 fait le point sur la question, sans parti pris: Hors de la crise
Vous avez raison. Ouvriers, employés et cadres sont souvent en mesure d'évaluer l'incompétence de certains patrons dans leurs domaines de responsabilités.
J'ajoute que si les syndicats de salariés étaient à la hauteur de tels enjeux - c'est à dire autre chose que d'aimables faire-valoir dans la comédie du "dialogue social" - ils animeraient des think tanks dans lesquels des économistes, des sociologues, des historiens travailleraient sur les témoignages vécus des ouvriers, employés et cadres.
S'attaquer enfin à des vrais problèmes toujours occultés pour des raisons opposées l'incompétence patronale et l'incompétence syndicale. Retranchée dans leurs camps respectifs, défendue par des idéologies antagonistes cette double incompétence peut prospérer à loisir au gré des changements de majorité.
D'accord avec vous sur cette double incompétence.
Le terme "incompétence" est donc inapproprié christian
Ce serait plutôt du "gagnant/gagnant"
Ce qui semble impensable pour les abonnés à ce journal (cette prise de conscience se fait urgente) c'est la "non information".
Je n'écris pas "désinformation".
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entièrement d'accord, et je tenterai parmi les explications :
1/ les patrons allemands sont sélectionnés par promotion interne, et non par l'ENA et la Haute Fonction Publique
2/ les diplomés allemands travaillent dans l'Industrie, contrairement aux ingénieurs français de nos Grandes Ecoles, qui peuplent les salles de marché des Banques ou de la City
3/ les filières industrielles françaises d'excellence sont foireuses, à l'exception d'AIRBUS (qui est d'ailleurs 1 partenariat avec les allemands); notre TGV est invendable à l'étranger, pour ne pas parler du nucléaire qui sera la sidérurgie de demain, une fois dévoilés les mensonges du Lobby des copsards...
J'ajouterais simplement deux choses à ce remarquable article :
1 - Dans les Ambassades du monde entier, les personnes dynamiques qui aident efficacement les exportations françaises sont presque toujours remplacées par des gens pistonnés complètement nuls.
2 - La totalité des conflits sociaux sont dus à une incompétence des dirigeants d'entreprises.
Après le capitalisme moralisé, voici , tout chaud, Le capitalisme amendé!!!! c 'est à dire je suppose régulé,contrôlé, etc..c'est à dire perdant sa "liberté" cosubstancielle..
Cela dit il est bien vrai qu'il y a un non dit , l'incompétence de nos élites.
Formées dans des écoles particulières habiles à repérer et sélectionner les meilleurs elles leur fournissent une formation générale de haute tenue ..pour leur assurer aussitot des postes et des responsabilités n'ayant rien à voir avec cette formation de telle sorte que les postes de pouvoir sont tenus par une mafia de compétents séléctionnés selon le principe de Peter c est a dire à leur niveau maximum d 'incompétence.
Comme le dit le commentateur précédent les ingénieurs se retrouvent à la corbeille et les mangers à l'industrie avec comme seules obligations faire corps et s'en régaler.
Je récuse totalement l'expression de "capitalisme moralisé". La morale n'a rien à voir avec une modalité de développement économique.
"Amendé" n'est peut-être pas, en effet, le vocable idéal pour désigner un capitalisme qui serait capable de s'auto-réguler. J'ai opté pour le terme "amendé" avec l'intention de formuler un compromis entre, d'une part, la responsabilité que le capitalisme accepterait (peut-être) d'assumer face aux conséquences que son développement inflige aux sociétés et, d'autre part, le contrôle étatique que les sociétés lui imposeraient.
Il y a eu, en Occident, une brève séquence de "capitalisme amendé" entre la deuxième guerre mondiale et la fin des années soixante-dix. Bien que la métaphore des "trente glorieuses" me paraisse trop emphatique, il me semble que durant cette période le capitalisme a pu se développer, et prouver son efficience, tout en laissant "amender" par les Etats occidentaux certains inconvénients de son essor.
Il ne s'est pas agi de "morale" mais de rapports de forces assumés entre les acteurs prépondérants du capitalisme et les acteurs politiques des pays concernés. Cette séquence intéressante a été interrompue par les crises énergétiques des années 1973 et 1979 et surtout par l'émergence, à partir de 1979, de l'idéologie ultra-libérale (Hayek, Friedman) portée par le tatchérisme et les reaganomics.
Entre 1945 et 1979, il y a bien en Occident un capitalisme non pas moralisé, mais amendé, subissant ou acceptant des limitations partielles à son développement brutal.
Je ne suis pas convaincu que les patrons français soient plus incompétents que les autres. Sur une population suffisamment grande, on retrouve surement la même proportion de gens incompétent quelle que soit cette population. La chose qui me frappe en France est l'absence de créateurs et notamment dans les dernières années. Il me semble mais je peux me tromper que parmi les français les plus fortunés, le seul qui ait été un créateur d'entreprise est Xavier Niel, tous les autres ne se sont donné que la peine de naitre. Il ne s'agit pas de se placer sur le plan de la morale mais entre Francis Bouygues et Martin l'un fut créateur l'autre non et vous pouvez continuer la liste Lagardere, Riboud, Decaux, ... Il est probable que les causes en soient multiples l'une d'elle est sans doute le fonctionnement des banques françaises et l'autre la faible valeur des droits de succession, je laisse à de plus compétents que moi la tâche de faire ou des se référer à une analyse plus sérieuse.
La question n'est pas de savoir si nos patrons sont plus ou moins compétents et encore moins, d'en dresser un classement selon leur salaire rapporté à leur réussite. La question est juste de savoir qui, des patrons ou des salariés, sont le plus responsables de la soi-disant perte de compétitivité des produits fabriqués en france. Pour le gouvernement, ce sont les seuls salariés qui seraient en totalité responsables, et en aucun cas les dirigeants d'entreprises. Autrement dit, lorsque les affaires marchent bien, ce sont les patrons et l'encadrement qui ramassent la mise, mais quand les affaires vont mal, ce sont les petits salariés qui sont appelés à se serrer la ceinture. Cela vous semble-t-il juste ou pas ?
Vous avez parfaitement résumé l'intention de ce billet.
Je ne me permets pas - de quel droit ? - de déclarer que les patrons français sont incompétents. Une accusation globale serait idiote.Certains patrons - que je préfère désigner par le terme plus juste d'entrepreneurs parce qu'ils créent et entreprennent - sont très compétents et dignes d'admiration.
(Ce billet a été rédigé avant l'information sur les négociations exclusives entre Dassault et l'Inde à propos du Rafale. On peut penser ce qu'on veut de la dynastie Dassault en tant qu'homme politiciens et hommes de presse et on peut ne pas aimer les engins de guerre, mais du Mystère IV au Rafale en passant par les Mirage , ces industriels, leurs ingénieurs leurs cadres et leurs ouvriers font de beaux avions.
Comme vous l'avez compris, ce billet de "scrutation" accuse les jouralistes de participer à la culpabilisation des seuls salariés.
Je viens de lire toutes les interventions à propos de "l'incompétence patronale", et d'une certaine façon, je souscris à toutes. On pourrait y ajouter, par exemple, le fait que le système économique que nos pères et nous-mêmes avons bâti -et/ou été impuissants à modifier- est gaspilleur. Voir chez J.Ziegler (Les nouveaux maîtres du monde, Fayard, 2002) lesparachutes dorés attribués à ceux qui viennent de saborder leur entreprise, lorsque celle-ci est suffisamment grosse. Et tous les facteurs de réussite financière détruisant des réussites économiques, parce que, toujours à partir d'une certaine échelle de grandeur, on peut choisir entre les deux, et que la première va plus vite et plus fort que la seconde. Ce qu'on a nommé les contradictions entre l'économie virtuelle et l'économie réelle. Dit autrement, le fait que nous avons transformé un symbole évaluatif de biens - la monnaie sous toutes ses formes-destiné à faciliter les échanges, en un bien illusoire, non utilisable ou consommable directement, mais prenant le pas sur tous les autres biens. Voiir tout ce qui a été dit sur les activités "spéculatives" (j'y inclus les "jeux" à enjeux monétaires tels que paris hippiques, tirages ou grattages, dont nous jouissons, en France, de plusieurs centaines de variantes)
Nous nous sommes montrés impuissants à rassembler tout cela dans un ensemble pratique-théorique qui nous aide à voir clair dans cette toile hyper-complexe de liens d'échanges, et à critiquer notre idéologie de la "chance", de la "prise de risques", de "l'initiative entrepreneurioale", des "rendements" et "compétitivités" .Ainsi que nos calculs fous d'instantanéité-court terme-moyen terme-long terme (cf "coût réel de l'énergie nucléaire", par exemple). Nous savons beaucoup mieux échafauder que construire, construire que gérer. Nous savons beaucoup mieux combattre pour annihiler l'autre, que combattre "à la régulière et à risques minimaux" (escrime, judo, etc.) pour être plus compétents et plus efficaces l'un et l'autre, pas seulement "l'un plus que l'autre".
Nous sommes tous, et responsables, et coupables. Hélas, nous n'avons pas tous le même "poids" socio-économique.
Je n'aime guère le ton résigné de votre commentaire mais je vais quand même essayer d'argumenter.
Si la sociale-démocratie européenne n'a pas su renouveller son idéologie qui date de sa réponse au capitalisme du XIXème siècle, si elle n'a pas encore trouvé sa réponse idéologique au capitalisme ultralibéral de la fin du XXème siècle, je ne crois ni aux fatalités ni aux macérations qu'elles induisent. Plus je relis votre commentaire, plus il me semble participer de cette culpabilisation, de cette contrition religieuse auxquelles s'adonnent les vaincus.
Or, il n'y a pas de fatalité.
D'abord parce que ce capitalisme ultralibéral qui ne trouve en face de lui - pour l'instant - aucune force idéologique et politique capable de l'amender et qui ne sait pas manifestement pas se réguler, va aller jusqu'au bout de sa logique. Et ce n'est pas de bonne augure pour lui. Je ne parle ni de crise ultime du capitalisme ni évidemment d'un grand soir. Je parle de son épuisement, de son inaptitude à trouver les réponses aux défis qu'il génère (Je suis un adepte de l'historien arabe Ibn Khaldoun et du philosophe de l'Histoire Arnold Toynbee).
Ensuite parce que, quand les remugles des échecs antérieurs auront été digérés, il n'est pas impossible que dans les générations montantes, dans la jeunesse actuellement brimée, germent les ferments d'une idéologie, de théories et de pratiques politiques susceptibles d'imposer à ce capitalisme si efficient par ailleurs un contrôle qui le rendrait moins dangereux, y compris sur le plan de la démocratie. (Je suis convaincu que les outrances, financières et autres, du capitalisme ultralibéral appellent, non pas une dictature ou des régimes autoritaires trop coûteux, une démocratie dévaluée, que j'appelle la démocratie relative.)
Ce qui importe aujourd'hui c'est d'abord de récuser la culpabilisation dénoncée dans mon billet. Cette culpabilisation fait partie des moyens de contrôle dont les Prépondérants (caste dominante dans la République de Carthage) disposent pour imposer leurs vues.
Oui, il y a des patrons admirables. Non, les salarié ne sont pas les seuls responsables des insuffisances de l'économie françaises.
Quoi que les patrons et les ouvriers fassent, il n'y aura qu'un seul premier de la classe néo-libérale. Nous devons plutôt nous réjouir de ne pas être le premier de cette classe là.
Un autre point pour nourrir le débat, la tendance actuelle d'un grand nombre de grands patrons est de se prendre pour des demi-dieux, vu que d'après leurs rémunérations ils valent plusieurs centaines d'hommes, qu'ils sont sensés influer massivement sur le comportement de la société et enfin de privilégier uniquement leurs revenus liés aux résultats à très court terme.
Pour avoir eu la chance d'assister à la conférence d'un patron du CAC40 admirable et qui se moquait de cela, choisissant de gérer sa boite sans se préoccuper du court terme (grace à suffisamment d'actionnaires stables), il reconnaissait avoir une influence directe sur une cinquantaine de personnes et devoir attendre en gros 2 ans pour voir l'effet d'une décision "directe" à l'échelle de la société (comme quoi l'administration n'est pas la seule chose lourde). Pour être plus maniable, l'entreprise est découpée en buissness units largement indépendantes est son principal role était la planification à (très) long terme et le maintien et le renforcement de la cohésion et des synergies à l'intérieur du groupe, ce qui suffisait largement à maintenir toute l'équipe de direction occupée.
Un exemple classique est le licensiment économique : d'après les économistes, à court terme ca augmente artificiellement les résultats de l'entreprise mais à moyen terme ( en gros 2 ans, donc le véritable effet de la décision) les performances se dégradent, et ce de manière souvent durable.
Pourquoi ? Parce que à court terme on met la machine sous pression ce qui augmente les marges et on profite de l'inertie pour maintenir le chiffre d'affaire (carnets de commandes...).
Mais à moyen terme, la désorganisation, la baisse de capacité de production, de compétence et de motivation des employés (vu que les plus compétents sont souvent les premiers à profiter des plans de licensiment économiques vu qu'ils ont plus de chance de retrouver du travail ailleurs, et ensuite que la crainte et les tensions au moment du plan de licensiment laissent des traces durables) impacte forcément la productivité, la qualité et donc à la fin chiffre d'affaire et bénéfices.
Donc ca ne sert que les intérets des patrons qui toucheront plus de primes pendant deux ans et même pas les intérêts de la plupart des actionnaires qui restent plus longtemps dans le capital.
En encore plus débile, il y a le rachat d'actions, parfait exemple de stratégies qui vont contre l'intérêt à moyen terme de l'entreprise, des employés normaux, des actionnaires non spéculatifs et profite seulement aux patrons voyous et crée un effet d'aubaine pour les spéculateurs.
Les commentateurs sur les sites en ligne français sont-ils moins ou plus compétents que leurs homologues sur les sites en ligne allemands ?
PRINCIPE DE DILBERT,
Jusqu'aux années 80, fin de ma carrière à la SNCF, j'avais constaté que des chefs de gares ou dirigeant de Direction vicelards, notaient souvent pour promotion les agents dont ils voulaient de débarrasser vers d'autres services ou gares.
En revanche, ils conservaient au maximum ceux qui assuraient un service impeccable au détriment de l' avancement de ces agents. Ce système était instinctif, de plus les dirigeants eux-mêmes en competitivité pour leur propre avancement faisaient coup double.
Finalement, ces responsables avaient inventé le principe de Dilbert !