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MEDIAPART

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Si Bruguière est la la source de Mediapart dans l'affaire Cahuzac...

Selon le journal Le Monde, l'ex juge Bruguière serait la source qui aurait transmis l'enregistrement concernant Jérôme Cahuzac à Mediapart. Nous espérons qu'il s'agit d'une fausse information, destinée à nuire à Mediapart ; il semble impossible que Mediapart ait coopéré avec Bruguière. En effet celui ci a joué un rôle particulièrement nuisible dans les investigations sur le génocide des Tutsi au Rwanda (voir article ci dessous publié ici même le 19 janvier dernier) ce qui le disqualifie définitivement pour toute démarche ayant trait à des questions de morale politique ou même tout simplement de transmission d'information. Une mise au point serait bienvenue

AH

Rwanda : une claque aux négationnistes
Le 6 avril 1994, l’avion transportant le président du Rwanda Habyarimana était abattu par deux missiles à son approche de l’aéroport de  la capitale Kigali. Le lendemain débutait le génocide déclenché par les extrémistes du « Hutu Power » contre les Tutsi et les Hutus modérés, entraînant la mort de 800 000 personnes en trois mois.
Les auteurs du génocide s’employèrent aussitôt à dissimuler l’ampleur de leurs crimes et la nature génocidaire de leurs actes, comme l’avaient fait avant eux les auteurs du génocide des Arméniens, les nazis auteurs de la Shoah et les massacreurs de Srebenica.  Lorsque la minorité tutsi qui avait survécu revint au pouvoir au Rwanda, les génocidaires accusèrent les Tutsis d’avoir été, à l’origine les auteurs de l’attentat déclencheur. La vérité sur l’attentat du 6 avril devint ainsi cruciale pour établir les responsabilités et définir les coupables du génocide. Grâce aux familles de l’équipage français de l’avion abattu, une instruction avait été ouverte en France et confiée au juge « anti-terroriste » Jean-Louis Bruguière. Celui-ci conclut, au terme d’une enquête partiale conduite depuis Paris, sans déplacement sur les lieux de l’attentat, à la responsabilité des rebelles tutsi (FPR) ; il lança des mandats d’arrêt internationaux contre de hauts responsables du FPR au pouvoir à Kigali. Le Rwanda répondit en rompant ses relations diplomatiques avec la France puis en procédant à la rédaction d'un rapport officiel sur le rôle de la France au Rwanda à l'époque du génocide (Commission Mucyo). Entre temps, avec les conclusions du rapport Bruguière, les thèses négationnistes se renforcent et obtiennent une sorte de droit de cité dans le discours public, notamment française et belge. L’attribution au FPR de la responsabilité de l’attentat du 6 avril a servi depuis 18 ans à protéger des questions embarrassantes les dirigeants politiques de cette époque de cohabitation : F. Mitterrand, Balladur, Léotard, Juppé, Roussin, Hubert Védrine, les responsables militaires et tous les officiels ayant joué un rôle dans la complicité militaire, politique, diplomatique et financière de la France dans le génocide.(voir France-Rwanda: escalade et négation)
Bruguière parti à la retraite après avoir tenté une carrière politique dans les rangs de l’UMP, son successeur, le magistrat anti-terroriste Marc Trévidic est chargé de clore le dossier. Avec la magistrate Nathalie Poux, il décide alors de reprendre toute l’enquête et se donne pour cela les moyens intellectuels, techniques et humains nécessaires. Il réalise un déplacement au Rwanda sur les lieux même de l’attentat, accompagné d’experts : trois spécialistes en aéronautique, deux géomètres, un balisticien et un acousticien. Cette équipe analyse les débris de l’avion et les témoignages recueillis sur la chute de l’avion mais aussi sur le bruit et la lumière signalant le lancement des deux missiles.
Les conclusions de rapport, qui ont été rendues publiques mardi 10 janvier à Paris, établissent que les deux missiles ont été tirés depuis le camp militaire de Kanombe contrôlé par des ultras du régime, recherchant à tout prix le basculement du Rwanda dans la guerre civile et la liquidation des Hutus modérés et des Tutsis. Le rapport démontre aussi que les missiles n’ont pas pu être tirés depuis la ferme de la colline de Masaka occupée par des rebelles tutsi.
 Cette vérité établie a une conséquence historique et politique considérable.
 En prouvant que les rebelles tutsi n’ont pas de responsabilité dans l’attentat, elle détruit la thèse négationniste qui voulait que la preuve de la culpabilité tutsi du génocide soit apportée par leur responsabilité dans l’attentat du 6 avril 1994. Cette vérité établie possède une autre conséquence, capitale elle aussi, en ce que la planification du génocide par les extrémistes hutus s’impose dans son organisation criminelle. La préparation du génocide avait été accompagnée d’une violente campagne symbolisée par les dénonciations de la radio « Mille Collines », organe des génocidaires.
L’enquête précise du juge Trévidic inflige ainsi une double défaite aux négationnistes du génocide rwandais. Mais ces derniers n'ont pas tardé à réagir en portant le soupçon sur les méthodes et les experts, et en suggérant qu'il s'agît là d'une opération politique.
La lutte contre les négationnistes et leurs défenseurs a nécessité un travail d’enquête et d’établissement d’un constat rigoureux. Les faits existent, et notamment les 800 000 morts commises en vertu d’une injonction et d’une réalisation génocidaires. La connaissance de cette histoire est particulièrement essentielle en France, dont le rôle à cette époque au Rwanda est encore dissimulé derrière la raison d’Etat et le « secret défense »
 Avec les associations qui combattent pour la vérité sur ce génocide, nous demandons la poursuite de l’instruction des juges Trévidic et Poux ainsi que :
   -La levée du secret défense sur tous les documents concernant l’implication française au Rwanda, y compris les archives de l’Elysée,
  - L’indépendance de la justice et l’arrêt des pressions politiques sur les juges notamment le juge Trévidic soumis à un harcèlement de sa hiérarchie
 -Une commission d’enquête parlementaire sur l’implication politique et militaire française.


 Nous signalons la réédition du livre « Survivantes »  sur le génocide rwandais coécrit par Esther Mujawayo et Souâd Belhaddad (éditions Metispresse)

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