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Des primes pour les élèves,une expérimentation
http://www.24heures.ch/depeches/monde/lycees-experimentent-cagnotte-collective-contre-absenteisme
Un recteur expérimente des primes pour lutter contre l'absentéisme..des élèves .
De nombreux points de vue sont possibles sur cette expérimentation
L'argent roi rentre à l'école ,les modalités de fonctionnement des ressources humaines déferlent sur l'éducation nationale ,l'individualisation de la mesure de la performance démantèle le pacte républicain , etc....Ces diverses optiques permettront probablement d'instruire le procès en sorcellerie d'entreprise que certains ont entrepris à l'égard de Mr Luc Chatel au travers de ce qui n'est qu'une expérience pour tester les moyens de lutter contre l'absentéisme et de motiver collectivement un groupe d'élèves dans des zones délicates .
Les primes,les Bonus sur objectifs font partie de la vie citoyenne normale.Ne serait il pas temps que l'éducation nationale colle un peu plus aux usages et aux coutumes de la société civile ? L'école pourrait rétablir aussi les tableaux d'honneur et les classements ...


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Je complète mon billet par deux remarques .
A)Personne ne trouve rien à redire sur les bourses d'études.Elles ne sont pas données à tout le monde . Elles sont réservées aux familles modestes.
Pourtant ,c'est une façon "discriminatoire " de payer un élève pour faire des études...Alors pourquoi pas une dotation financière collective pour ces lycéens de LP en zone sensible ? Il n'est pas question d'inclure Henry 4 ou Ginette dans cette expérience .
B) Imaginons que cette mesure puisse éviter à quelques Lycéens décrocheurs de vandaliser par exemple quelques voitures ,quelques montées d' escalier ,de tagger quelques façades ...L'investissement sera largement remboursé .
Toujours cette obsession de l'argent! Décidément!
@ Philips
Effectivement ,on croit que je suis médecin d'ailleurs..
Avant, c'étaient certains parents qui faisaient miroiter des primes à l'argent de poche pour les bons résultats.
"Toto, dit son père, tu auras 10 F par bonne note en maths !"
Et Toto à son prof de maths :
"M'sieu, ça vous dirait de gagner 5 F chaque fois que je vous rends un devoir ? "
Et là, vous voudriez que ce soit l'Etat ? Mais vous êtes un dangereux bolchévique !
Maman, j'ai peuuuuuuuuuuuurrrrrrrrrrrrrrrrrrr !
@ Cyrano
Vous me dites
"Avant, c'étaient certains parents qui faisaient miroiter des primes à l'argent de poche pour les bons résultats.
"Toto, dit son père, tu auras 10 F par bonne note en maths !"
Et Toto à son prof de maths :
"M'sieu, ça vous dirait de gagner 5 F chaque fois que je vous rends un devoir ? "
Et là, vous voudriez que ce soit l'Etat ? Mais vous êtes un dangereux bolchévique !
Maman, j'ai peuuuuuuuuuuuurrrrrrrrrrrrrrrrrrr !"
Ma foi si les enseignants sont intéressés par l'argent ( ce qui n'a rien de choquant en soi ...leur credo syndical (comme celui du MEDEF d'ailleurs ) est basé sur l'argent systématiquement. En effet ils réclament toujours plus de moyens, et les moyens c'est de l'argent.Ils réclament aussi toujours plus de considération pour le corps enseignant ,la considération étant plus d'argent à la fin du mois .
La métaphore de Toto reste valable dans un cadre collectif...un deal est toujours possible entre les èléves et leurs enseignants pour partager les 10 000 euros .Il suffit que les enseignants remplissent de façon favorable les papiers du recteur Blanquer ,en disant que les étudiants sont présents...alors qu'ils ne le sont pas .
Toute loi,toute mesure sont" biaisables "...par le "baronnage ".
Je suis probablement plus de gauche que vous..
a) Ce n'est pas l'état qui paie,c'est le contribuable (dont quelques uns sont ouvriers ) à l'inverse de ce que vous affirmez .
b) Tellement de choses furent expérimenté en ZEP...alors pourquoi pas la carotte collective.
c) à titre personnel,je ne suis pas certain que cela marche...mais expérimentons et nous ferons le bilan.
Bon ben vous êtes transparent au moins :
Ma foi si les enseignants sont intéressés par l'argent ( ce qui n'a rien de choquant en soi ...leur credo syndical (comme celui du MEDEF d'ailleurs ) est basé sur l'argent systématiquement. En effet ils réclament toujours plus de moyens, et les moyens c'est de l'argent.Ils réclament aussi toujours plus de considération pour le corps enseignant ,la considération étant plus d'argent à la fin du mois .
Je vous conseille de vous reporter à la documentation de l'OCDE qui prévoit déjà une pénurie d'enseignants. Des vrais. Je n'ai pas dit de personnel de garderie. Et je repose la question de fond : d'où viendrait l'argent ?
@ Dianne
Vous dites
"Je vous conseille de vous reporter à la documentation de l'OCDE qui prévoit déjà une pénurie d'enseignants. Des vrais. Je n'ai pas dit de personnel de garderie. Et je repose la question de fond : d'où viendrait l'argent ? "
L'OCDE ne doit pas être au courant du nombre de candidats en France au concours d'instituteurs et de profs dans les matières littéraires....Nous ne sommes pas prêt de manquer de profs.
Et toujours pas de réponse à la question de fond.
Pour le reste, entre être candidat et être reçu, il y a une marge. Ensuite entre être reçu et enseigner correctement c'est à dire motivé par autre chose que le désir d'échapper au chômage, il y en a une autre. Mais c'est d'un autre débat qu'il s'agit et qui ne peut être fécond que s'il est loyal. C'est à dire si les formulations sont respectueuses.
Voilà :
**************
Et bien je vais peut-être en étonner quelques uns mais je dois dire que cela ne me choque pas à quelques conditions près :
Dans les écoles primaires, on est habitué à ce genre de fonctionnement. Je dis par exmple à mes élèves que nous avons 50 euros et qu'ils choississent ce qu'ils veulent en faire. Ils sont responsables des démarches.
Les coopératives scolaires notamment de l'OCCE sont là pour cela. Que l'on rattache à cet esprit une exigence (de présence) scolaire ne me choque pas car toute subvention publique pour une association implique nécessairement une contre partie "morale" en accord avec le projet initial.
@ Sebastien
Bon moi qui vous fait toujours du sur mesure dans mes réponses , je suis un peu déçu de votre copier/coller..mais basta . Je constate avec plaisir que nous avons quelques points d'accord .
Vous ne hurlez pas contre cette expérience et vous soulignez qu'il y a longtemps que les enfants vendent des pâtisseries et des tombolas pour financer un voyage scolaire par exemple .
Je pense Sébastien Rome que vous mettez la charrue avant les boeufs.
Le texte ne dit pas que toutes les classes disposeront de 50€ pour un projet collectif de leur choix et que seules, celles où un absentéisme aura été constaté (de combien : 30% ou 1% ?) se verront retirer la cagnotte, mais que s'il n'y a pas d'absentéisme dans une classe, une enveloppe de 50€ pourra être attribuée pour en faire quelque chose.
Autrement dit, ce n'est qu'après constatation d'une assiduité qui reste à déterminer (et sur quelle durée ?) que l'enveloppe pourra être attribuée.
L'absentéisme étant généralement le plus important dans les classes les plus difficiles, ce seront donc encore les classes où l'assiduité est la plus habituelle qui auront la cagnotte, celles où l'absentéisme est le plus fort habituellement étant toujours punies en étant privées de cagnotte.
Ex : une école qui fonctionne avec 0% d'absentéisme habituel aura ses 50 €,
une école qui fonctionne avec 30% d'absentéisme habituel et qui n'en aurait plus que 20% du fait d'une perspective de projet nouveau choisi (reste à savoir s'il sera suffisamment attractif pour palier au problème social extérieur à l'établissement de l'absentéisme) aura toujours trop d'absentéisme pour prétendre avoir droit à la cagnotte.
@ L'incunable
Je vous recolle la réponse que je vous ai déja faite...
"Vous avez du mal à comprendre que la "cagnotte" est une expérimentation sur 3 Lycées ,qu'elle n'a pas besoin d'être liée à un taux d'absentéisme à 0%,mais simplement à une baisse de ce taux d'absentéisme.. "
Quelle grandiloquence dans votre commentaire !Pour un peu vous allez comparer l'occupation allemande et les fusillades collectives à cette expérience dans 3 LP de Creteil .Un petit rappel des causes de cette mesure "expérimentale ".a)Un constat: 30 % d'absentéisme dans certain lycées LP .Les méthodes pédagogico meirieulogique sont donc un échec.
b) Un objectif : Faire baisser ce taux d'absentéisme..pas le ramener à 0% par des essais avec d'autre méthodes. c)Donc "la cagnotte" sera sur objectif probablement progressif ,sur un intervalle,et global.
Si le taux d'absentéisme passe en dessous de 25 % ,une certaine somme .Si le taux d'absentéisme passe en dessous de 20 %, une certaine sommeetc...je fais confiance au Proviseur pour éviter le tout ou rien et être imaginatif dans la carotte.Donc un élève peut donc s'absenter sans empêcher le groupe de bénéficier de la récompense...quand bien même,ceux qui seront revenus en cours ,auront bénéficier de l'école.
Je n'aime pas votre terme de punition pour la raison simple qu'il est inadapté ..cette cagnotte est un plus par rapport au régime normal.
En ce qui concerne le" larmoyisme pleurnichard " sur les causes de l'absentéisme ,vous en oubliez une...et si ces absents étaient simplement des " feiniasses".
@ L'incunable et @alcyme
Il y a même un problème d'égalité dans cette histoire : les lycées où il n'y a "pas" d'absentisme n'ont pas le droit à cette enveloppe. Ainsi, les derniers sont les premiers et les premiers sont les derniers...A quand les manifestations de lycéens pour réclamer que tous aient droit à leurs enveloppes pour leurs projets ?
La question d'égalité ne peut se résoudre que deu deux façons : une enveloppe pour toutes les classes ou un ciblage pour ceux qui ont moins. Mais là, il ne s'agit même pas de discrimination positive puisque c'est un comportement fautif que l'on veut rectifié et non un "état" ou une "condition" sociale.
Un conseil aux lycéens pour pouvoir bénéficier l'année prochaine de l'enveloppe dans les lycées "sans" absentéisme, feinter les cours cette année...
Une idée pour le gouvernement : faire un crédit d'impôts pour les parents dont les élèves vont à l'école...
@ Sebastien Dioclétien
Dites Sebastien auriez vous le gout du martyrologue ,comme le Saint du même prénom ?
Votre obsession de l'égalité vous conduit à renforcer systématiquement les inégalités...et à être un supporter inconditionnel de l'immobilisme .Les élèves d'Henry 4 n'ont pas besoin de la carotte (Ex.des billets pour le match OM/PSG) pour être motivé.Leurs parents et les profs d'Henry 4 le font très bien...(Peut être faudrait il envisager une prime spéciale pour ces enseignants financée par le retrait sur salaire des enseignants des lycées ou il y a de l'absentéisme?
) .
Pourquoi pas effectivement un crédit d'impôt pour les parents et les grands parents dont les enfants et petits enfants vont à l'école,sous certaines conditions de revenus (je suis de gauche moi..) ,et une pénalité pour les parents (alloc etc..) pour les parents et grands parents (retraite )dont les enfants et petits enfants sèchent les cours...je suis ouvert à la discussion sur la sanction et la récompense .
Sur qui faire reposer la faute de l'absentéisme ? Profs antérieurs ,présents,parents,grand parents ..l'élève...Bon le libéralisme ,la télé et le gouvernement ça fait réchauffer.
L'égalité systématique est parfois stupide... Marcel et Serge Dassault ont bénéficié des allocations familiales..Heureusement qu'ils les redistribuait sur les marchés de la main à la main...
Juste un truc : ils viennent d'où les sous ?
Si j'en crois le combat de naguère de Gilbert Molinier pour faire sortir des établissements scolaires la finance qui s'y glissait par le biais des "jeux" et "projets", tout reste à clarifier sur ce point.
D'accord avec Lincunable sur le déroulement : ce sera une prime de plus pour les classes qui ont déjà le pot de compter dans leurs rangs des élèves plus "motivés" que les autres... Carte scolaire, suivez mon regard...
@ Dianne
Pour répondre à votre question sur la provenance des sous pour l'expérience dans ses 3 LP et d'une façon un peu plus générale.
Comme cette question des sous ( impôts )a l'air de vous turlupiner ,je vais vous fournir une explication....L'argent provient des salariés du privé ,des patrons ,des actionnaires mais pas des classes sociales qui vivent des prèlévements obligatoires ( fonctionnaires ,pseudo fonctionnaires comme les médecins par exemple..)
Il est évident et inontestable que les fonctionnaires a titre personnel paient l'IRPP,la TVA etc etc ...,mais la question sous jacente que je pose ést la suivante:Est ce que globalement les prèlèvements obligatoires sur les fonctionnaires (le raisonnement pourrait être étendue aux corps médical,pharmacien,notaires etc...) augmentent le volume d'argent disponible pour l'etat ou les collectivités territoriales ou l'urssaf etc..?
La réponse est clairement non ....Un modèle simpliste(simplet même) sur 3 personnes, l'etat ,vous (si vous êtes fonctionnaire ) et moi le met en évidence ..et montre cette transparence fiscale .
Je gagne 100 et paie 50 d'impôts.Disponible pour l'etat 50
Sur ce disponible de 50 ,l'etat vous paie 40 pour le service utile de formation que vous fournissez(si vous êtes prof ) et vous payez 20 d'impôts.Disponible restant pour l'etat 30.
Il est donc clair que les impôts payés par les agents du service public ne s'ajoutent pas à ceux payés par les agents du privé et n'augmentent pas le disponible pour les administrations.
Ceci dit il est normal de payer les agents du service public ou d'interêt général pour les services mutualisés qu'ils rendent ...ne me faites pas passer pour un anti service public.
Le service public peut d'ailleurs être rendu par des gens ou des sructures qui ne sont ni fonctionnaires ,ni étatisés...
L'école dite à tort "privé" en est un exemple,de même que les régies de gaz et electricité.
L'armée qui est un archétype de service public est formé de fonctionnaires et de contractuel.
Mais ça n'a rien à voir avec le sujet initial qui a pour thème, à moins que je n'aie rien compris "des primes pour les élèves". Je demande "quelles primes ?" et fournies par qui ? Ce serait trop beau que ce soit le contribuable, par conséquent la nation, et non des groupes de pression orientant les enseignements dans le sens qui leur convient.
@ Dianne
Comprendre demande de efforts et des compétences...même si au vue de la clarté de mes explications....ils sont réduits au minimum.
Merci de votre diagnostic, cher alcyme.
Bon courage pour la suite.
Je dois être un brin vieux con mais j'ai un peu de mal à comprendre. Aller en classe ce n'est pas toujours marrant, ça l'était moins encore avant (j'ai ma petite idée, je me suis fait virer trois fois), mais c'est recevoir une formation : des repères culturels, des clés pour mieux découvrir les oeuvres et les hommes; une initiation à la citoyenneté; des savoirs et savoir-faire utiles pour exercer ultérieurement un métier, rendre service à la société en se rendant service à soi-même, accéder (en tout cas beaucoup plus facilement que sans scolarisation) à un revenu permettant de vivre et d'aider à vivre ses proches. Faut-il habituer les élèves à considérer que cette formation ne les lie à aucune dette mais que bien au contraire c'est la société qui est débitrice à leur égard s'ils consentent à recevoir cette formation? Je ne le sens pas très bien. Il est possible qu'à court terme l'effet n'apparaisse pas négatif ou s'avère même plutôt positif en termes d'assiduidité, je n'en sais rien. Mais je suis inquiet pour le type d'homme, le type de citoyen qu'on fabriquera pour demain, dimension qui me senble essentielle et qui échappe bien sûr totalement aux limites de ce qui peut être évalué, expérimenté sous la tutelle de Luc Chatel.
"Faut-il habituer les élèves à considérer que cette formation ne les lie à aucune dette mais que bien au contraire c'est la société qui est débitrice à leur égard s'ils consentent à recevoir cette formation? "
Merci humaro. En fait la proposition est raccord avec l'air du temps, celles des droits exigés et des devoirs poussés sous le tapis. Elle est surtout révélatrice du désarroi du législateur qui semble considérer qu'en gérant l'école (et l'ensemble de la société) comme une entreprise, on suscitera l'émergence de nouveaux winners. L'affaire est présentée comme un "test". Il est déjà curieux qu'aucun institutionnel n'ait crié casse-cou au concepteur de cette lumineuse manière de préparer les gamins à "travailler plus pour gagner"... des hochets.Voilà qui est parfaitement compatible avec la fameuse "stratégie de Lisbonne".
Le plus drôle là dedans c'est que l'on semble découvrir la pédagogie du projet. C'est à mourir de rire au fond de la voir à ce point dévoyée. Et surtout de constater à quel point les initiateurs sont à côté de la plaque en termes de compétences.
@Dianne, je cosigne des deux mains, à la virgule près, votre commentaire
@ humaro
Cette expérience , dans l'académie de Créteil sur 3 Lycées , fait partie au milieu de beaucoup d'autres projets du Livre vert de Martin Hirsh et de la commission qui les a financés.
Elle ne concerne que 3 Lycées , et 150 élèves ,ou le taux d'absentéisme est important ,30% .Alors ne faisons pas semblant de croire que le test concerne tous les élèves de France,et qu'un nouveau type d'homme va naitre suite à cette initiative .
Le lycée Henry 4 n'en fait naturellement pas partie ...les élèves et leurs parents comprennent la nécessité d'une formation .
Seul 50 élèves dècrocheurs sont concernés ...Les questions qui se posent à leur égard sont du genre:Quel type de citoyen seront ils ?Trouveront ils un emploi ?Brulent ils des voitures lorsqu'ils ne sont pas en classe ?
Alors si cette expérience peut en récupérer une dizaine,c'est une chance pour eux ou pour la société et pour les sociétés d'assurance auto/moto .
Par contre pour les tenants de notre gauche enseignante ringarde ..celle qui raisonne dans les termes suivants :Si on ne peut pas les récupérer tous ,il est inégalitaire de n'en récupérer qu 'une dizaine .Alors laissons les tous crever dans l'égalité.
celle qui voit toute innovation comme la casse de l'école publique,l'entrée des marchands du temple dans le paradis laic , une insulte à la cogestion de l'EN par leurs syndicats..c'est bien évidemment intolérable par idéologie .
Merci cher Martin pour toutes ces précisions. Ce fil est particulièrement révéléteur : un billet unique, une controverse musclée induite par une formulation provocatrice, invalidation à priori de ceux qui pourraient apporter un avis éclairé (les ringards) et des conclusions violentes (laissons les tous crever) et surtout un stupéfiant retournement d'argumentaire en fin de prose : la casse de l'école publique, ce sont les apprentis sorciers dont vous faites l'apologie qui l'organisent. On voit bien d'où ça vient et surtout où ça va.
Le fil va faire du score, comme toujours dès que la mauvaise foi et l'agressivité font saliver le chaland. Ayant encore sous la main mon petit Baillargeon illustré, j'y retourne. Tout le processus de ce discours y est minutieusement décrit.
@alcyme,
je conviens volntiers que la commission Hirsch puisse être un intéressant laboratoire d'idées et, pour ne rien vous cacher, je regrette que la gauche (c'est à dire, pour aller vite, ma famille) répugne souvent aux expérimentations locales.
Mais croyez-vous vraiment qu'en l'occurrence l'expérimentation concerne exclusivement les 150 élèves initiaux? Croyez-vous vraiment que si elle semble apporter des résultats positifs à très court terme au niveau de l'assiduité elle ne sera pas valorisée en exemple à suivre, copiée, propagée avec des variations et adaptations locales, le principe fondamental devenant un gage d'efficacité et de modernité? Mais ce que je soulignais c'est que ce qui se passe en termes de restructuration intime des valeurs des jeunes (ceux qui sont au coeur de l'expérimentation mais aussi ceux qui en entendent parler) n'aura pas été testé et je crains même que le problème ne soit même pas posé, imaginé, par ceux qui nous gouvernent. Or la question de ce qui est important et de ce qui ne l'est pas, de ce qui vaut et ne vaut pas, de l'articulation culturelle des droits et des devoirs est une question essentielle dans le façonnage des hommes, de leurs aspirations et de leurs comportements.
NB J'avais fait il y a quelques mois un billet sur un problème très éloigné de celui que vos traitez mais ayant cependant un point commun, celui des conséquences imprévues et souvent tragiques du bouleversement des valeurs associé à la mondialisation dans certaines régions de la Chine, de l'Inde ou de l'Afrique: personne, dix ou vingt ans auparavant, n'avait imaginé, ni voulu ces conséquences et leur violence.
@ Humaro
Le problème des élèves décrocheurs est un problème mondial,du moins restreint à l'OCDE .Il n'est pas spécifiquement français .
http://www.lematin.ch/actu/suisse/ecole-12-francs-6-101012
La Suisse,l'Angleterre ,le Canada ,les USA expérimentent la carotte...depuis plus longtemps que nous ,et cela fait débat.
En ce qui concerne les 150 élèves initiaux de Créteil ,je n'en suis plus très sûr...
A Marseille un proviseur d'un LP propose des places pour OM /PSG pour la classe qui progresse le plus ,et cela donne des résultats. J'entends par avance les sempiternelles remarques sur la mise en concurrence des classes ,des écoles et son cortège de marchandisation et de vassalisation au libéralisme..et à la société du spectacle .
Mais l'essentiel n'est il pas qu'un jeune décrocheur renoue avec la formation au delà de toutes les positions de principe ?
Un des problèmes de la société française est le "rapport à l'argent " .Tous les corps de la société en parle ,mais de manière allusive et conceptuelle.
Je veux des sous se traduit par une hausse du pouvoir d'achat pour les salariés et les fonctionnaires , pour les entreprises par l'impérieuse nécessité de baisser les charges sociales ,pour les enseignants par la revalorisation de leur statut ,pour les banques par reconstitution des fonds propres etc...Alors l'introduction partielle de l'argent à l'école permettra peut être d'en parler avec moins de complexes ?
Hirsh souhaite doter les jeunes en "capital" pour faciliter leur intégration dans la vie....je sens que l'EN va hurler.
Ma foi si des places pour PSG/OM sont plus efficaces pour motiver les élèves que les "théories pédagogiques des IUFM et de Mr Meirieu " ,je comprends l'inquiétude de certains.
Votre idée
" Or la question de ce qui est important et de ce qui ne l'est pas, de ce qui vaut et ne vaut pas, de l'articulation devoirs est une question essentielle dans le façonnage des hommes, de leurs aspirations et de leurs comportements. "
dans le cadre de l'école illustre la conception liée à l'objectif que l'école doit façonner un homme(une femme sinon gare aux féministes ) nouveau/nouvelle .
Etant d'une gauche un peu différente ,j'ai une conception plus minimaliste du rôle de l'école et des enseignants..transmettre des savoirs pour exercer un métier et apprendre à vivre en société .
bonjour alcyme,
j'avais un peu oublié ce débat et découvre seulement maintenant votre réponse. Vous me dites que selon vous le rôle de l'école et des enseignants [est simplement de ] transmettre des savoirs pour exercer un métier et apprendre à vivre en société par opposition à l'objectif que je lui assignerais de façonner culturellement des hommes et des femmes en les initiant à une hiérarchie des valeurs.
Ce n'est pas exactement ce que je dis mais ne chipotons pas, j'aurais pu le dire.
Quel est l'enjeu?
Dans un cas, c'est votre point de vue, l'école doit adapter les élèves à la société, leur permettre d'y trouver un travail, de s'y débrouiller, et non pas prétendre en plus leur transmettre des valeurs. Mais dans votre modèle, et l'expérience d'un rémunération matérielle de l'assiduité en est un parfait exemple, l'école transmet aussi bien sûr des valeurs: elle diffuse pratiquement et comme inconsciemment celles qui permettent de se conformer aux attentes mondaines, celles qui dominent dans la société existante et qui reflètent donc les rapports de force sociaux, celles, pour forcer le trait mais à peine, où une Rolex vaut plus que la Princesse de Clèves.
On peut avoir une autre conception, se rappeler qu'élève vient de l'italien allievàre qui veut dire "élever", être soucieux donc que l'élève s'élève, qu'il apprenne à l'école et hors de l'école les savoirs, savoir faire, savoir être utiles à son insertion dans la société mais aussi les repères qui lui permettent de ne pas être englué dans le monde tel qu'il est, de confronter par exemple la valorisation permanente des produits de consommation, des marques, de l'argent qui permet de se les procurer, à ce qu'en disent des philosophes, des sociologues, des politiques comme Jaurès, des écrivains comme Bernanos.
Si l'école n'assume pas une responsabilité importante dans l'acquisition de valeurs permettant de ne pas être assujetti à la culture dominante et aux modes du moment, qui le fera? La famille? Elle peut y contribuer, si elle dispose de l'assise morale, des repères culturels et de la légitimité nécessaires; mais nous parlons ici en premier lieu d'élèves dont les parents ne peuvent même pas obtenir qu'ils acceptent de recevoir une formation gratuite et précieuse pour leur propre avenir. Les copains, le groupe de pairs? La télévision avec les émissions très populaires chez les ados comme Secret story? Cerains des sites les plus fréquentés d'Internet avec le spectacle de pipoles érigés en modèles dont on copie les styles, les fringues, les postures, ou encore avec le tutoiement publicitaire obscène des jeunes internautes invités sans cesse à consommer les nouveaux produits à la mode? Mais peut-être (je le dis sans agressivité, mais il faut mettre franchement les choses sur le tapis) pensez-vous que la capacité à s'élever vient miraculeusement dans l'esprit des gamins comme le petit Jésus dans le ventre de Marie? Ou bien que le monde tourne si bien tel qu'il est qu'il n'y a rien de mieux à faire qu'à rendre les cerveaux des élèves disponibles aux attentes des forces qui le dominent.
oui oui
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