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Marine Le Pen: un livre absurde et dangereux pour la France

Le livre de Marine Le Pen qui vient juste de sortir est le nouvel outil marketing de campagne du FN. Comme livre politique, il ne fera pas date, c’est une évidence, tant il est pauvre sur ses analyses se contentant généralement d’empiler de façon laborieuse des citations picorées ici ou là de façon incohérente. Sa lecture est assez indigente et il est clair que la présidente du FN n’en a quasiment rien écrit. MLP_Pour-que-vive-la-France.jpgLes termes ici utilisés ne sont pas les siens. Cela saute aux yeux lors de la lecture. Mais il convient tout de même d’en dire quelques mots pour continuer notre entreprise de nettoyage contre les vapeurs pourries des idées FN.

 

On a compris que Mme Le Pen veut dissimuler, depuis son élection comme présidente du FN il y a un an, toute filiation trop visible avec les théoriciens classiques de l’extrême droite, essayant même de faire croire que ses sources d’inspiration sont ailleurs. C’est le but, mais il est raté avec ce bouquin, qui, même s'il met en oeuvre un grand enfumage durant 250 pages ne trompera personne.

 

megret.jpg« Pour que vive la France », voilà son titre. Banal, direz-vous. Pas tant que cela. On notera immédiatement que c’est exactement le même titre que l’ouvrage de Bruno Mégret, qui présentait le programme de son petit parti d’extrême droite le MNR, dans les années 2000. Est-ce volontaire de la part de l’auteur ? Peut-être, et si ce n’est pas le cas, c’est extrêmement maladroit de sa part. Il est impossible qu’elle ne le sache pas, puisque son entourage direct est composé quasi majoritairement d’anciens militants mégrétistes qui avaient fait le choix de quitter le FN à la fin des années 90 pour fonder le MNR, puis qui sont revenus au FN. Voilà donc clairement une première filiation de cet ouvrage auquel il adresse un clin d’oeil dès son titre: le mégrétisme ! Pas très reluisant.

 

La photo de couverture est risible. Permettez moi de m'amuser un peu à son sujet. Comme si l’ogresse essayait de maladroitement se déguiser en petit chaperon rouge. Cette couverture nous montre la Présidente du FN seule, telle une mouette rieuse sortie d'un album d'une bande dessinée de notre enfance, au sourire figé un peu niais, pieds nus, la mer derrière elle, marchant sur une plage, les bras en croix et les yeux fermés. Décidemment, étrange symbole que ces yeux fermés illustrant de mon point de vue l’aveuglement du programme FN. Ce choix absurde de photo en dit long. Que veut-elle nous dire ? Que Mme Le Pen est heureuse en vacances ? Tant mieux pour elle. Mais, d’où vient l'idée de cette pose grotesque tellement elle suinte de mièvrerie ? De son album personnel ou d’une séance de photos posées ? J’opte pour la deuxième solution et c’est pitoyable. On ne s’arrêtera pas longuement sur la référence christique des bras en croix. Mais, on a bien compris et on sent bien, au vu notamment de la première citation de Georges Bernanos évoquant « l’espérance » (si chère à Jean-Paul II) , et des habiles références ici ou là à l'Evangile dans le texte, que les catholiques militants sont une des cibles visées par cet étonnant objet de communication. Mais là n’est pas l’essentiel.

 

couteaux-445048-jpg_299146.jpgLe cœur du livre, pour aller droit au but, est une critique de droite nationaliste de la mondialisation. Un poussif mélange des idées généralement portées par Paul-Marie Coutaux, Philippe de Villiers ou Nicolas Dupont Aignan additionnées à une charge sévère contre les immigrés et l’immigration (ce qui n’a rien de contradictoire avec les trois personnes citées précédemment). C’est là l’essentiel. Le reste est accessoire. Malgré les références et citations maladroites puisées ici ou là au fil de quelques pages, les références de cet ouvrage ne sont en rien des idées de gauche. Jamais. Pourquoi ? Parce que jamais le FN ne propose le partage des richesses. C’est le grand absent volontaire de ce livre et de ces propositions. Ceux qui ont profité de la dérégulation libérale peuvent dormir tranquilles. Mme le Pen fait parfois semblant de gronder, de rouspéter contre eux, mais jamais elle ne proposera de remettre en cause leurs privilèges. C’est ainsi saisissant de parcourir les pénibles 250 pages de ce livre pour constater que si le monde de la finance est décrit, critiqué, jamais n’est évoqué l’idée du partage des richesses. Avec le FN, aucun système fiscal n’ira prendre le moindre centime aux plus riches, qui ont pourtant vu leur fortune nettement augmenter sous Nicolas Sarkozy. Listons quelques points. Avec le FN, aucun écart maximum de salaire ne sera mis en place dans l’entreprise. Avec le FN, les 10 points de la richesse nationale qui sont passés depuis 1983 des poches du travail à celles du capital ne retourneront dans celles des travailleurs. Cela représente pourtant 170 milliards d’euros chaque année. Et ainsi de suite.

 

C’est donc là que réside le premier désaccord fondamental entre une conscience de gauche et républicaine et le galimatias pseudo théorique de Marine Le Pen. Nous sommes les partageux. Pas elle. Pour le FN, il est normal, et même dans l’ordre naturel, qu’il y ait des gens très riches, et donc de fait, des gens très pauvres. Le partage des richesses n’est pas son sujet. Pire, elle le vomit.

 

Les solutions de Mme Le Pen ? Elles sont finalement déconcertantes par leur trivialité. « Il faudra faire des économies » (page 231) nous dit-elle à la fin. Lesquelles ? Elles auront lieu par un arrêt de l’immigration, la fin de toute contribution financière à l’Union européenne, la chasse à la fraude dite « sociale » mais jamais la fraude fiscale pratiquée par les plus riches et les patrons voyous, par la baisse des fonctionnaires tout particulièrement dans les collectivités territoriales. Les responsables de la crise sont donc les plus pauvres et les plus démunis. Elle reconnaît clairement à propos du nombre de fonctionnaires qu’ « il n’y aura pas de créations de postes supplémentaires dans un souci de responsabilité budgétaire. » (page 244). Au moins c’est clair. Le FN fait partie des « austéritaires » qui veulent accentuer une politique de rigueur. Utilisant à ce sujet les mêmes arguments que l’UMP (et hélas beaucoup d’autres), Mme Le Pen est donc d’accord avec les suppressions plus de 80 000 suppressions de postes de fonctionnaires telle que le gouvernement de Nicolas Sarkozy les a pratiqué. Le Pen, c’est Sarko en pire. A bon entendeur…

 

Mais, on soulignera encore aussi quelques absurdités parmi d’autres, beaucoup d’autres. Par exemple, à propos du Traité de Maastricht adopté en 1992, elle dénonce une faute «  d’un point de vue politique enfin : comme le rappelle ci-dessus Hans-Olaf Henkel, les hommes politiques européens ont allègrement et durablement violé le Traité de Maastricht qui imposait des plafonds en matière de déficit et d’endettement (rendant le débat actuel sur la « règle d’or » parfaitement surréaliste), et interdisait par principe de renflouer les pays en difficulté » (page 60). Là, on s’y perd. Qui est ce M. Henkel dont se réclame Marine Le Pen et qui n’aurait pas été assez entendu par le monde la finance ? C’est un grand patron, ultra libéral, très favorable à la mondialisation et ancien Président de la Fédération de l’Industrie Allemande qui reproche à la construction européenne de ne pas avoir été assez loin dans ses politiques de rigueur. Drôle de référence.

 

lepen-reagan.jpgAutre absurdité, le FN semble dénoncer la mondialisation libérale (qu’il nomme le « mondialisme » empruntant ce terme à des théoriciens bidons d’extrême droite comme Alain Soral) sans jamais expliquer clairement où et par qui cette politique a débuté. Je précise, certes elle dit bien « les Etats-Unis, sous l’impulsion de leur élite, sont au cœur du projet mondialiste dont ils sont, en quelque sorte, le réacteur nucléaire » (page 35). Mais, elle refuse de citer ceux qui ont impulsé cette politique. Et pour cause. Le Président des Etats-Unis qui initia le plus brutalement le libéralisme sans règles, le libre échange, l’affaiblissement de l’Etat fut Ronald Reagan, de 1980 à 1988. Le problème pour Marine Le Pen et le Fn est qu’il fut un modèle pour ce parti. Jean-Marie Le Pen aimait régulièrement se faire appeler dans les années 80 le « Reagan français ». C'est d'ailleurs dans la campagne de Reagan que le FN trouva son slogan "la France, aimez là ou quittez là" (qui sera repris par Nicolas Sarkozy en 2007) ce qui  donnait alors dans les meetings de campagne aux Etats-Unis  "América, love it or leave it". La campagne américiaine de 1980 et 1984 fut une source d'inspiration pour le clan Le Pen. Dans son programme de la campagne présidentielle de 1988, le FN écrivait « diminuer les impôts, c’est le seul moyen de mettre les gouvernants au pied du mur en les contraignants à trouver les économies nécessaires. C’est d’ailleurs en procédant ainsi que le président Reagan a pu engager l’Amérique sur la voie de la révolution libérale ». (page 75 – Pour la France, programme du FN, 3b5f363e22ef524b8a7089ccb7064055_0_america_love_it_or_leave_it_xlarge.jpg1986). Cette admiration publique de Ronald Reagan continuera même jusqu’en 2007, lors de la dernière campagne de Jean-Marie Le Pen, dont la fille, actuelle présidente, était la Directrice stratégique de campagne. Dans une plaquette en couleur, dans laquelle Marine parlait de son père comme d’un « héros », on voyait Jean-Marie Le Pen serrer la main du président Reagan. La légende de la photo, citant le président du FN, décrivait la scène ainsi « rencontre marquante avec l’un des géants politiques de la fin du vingtième siècle ». On constate donc là nettement combien la critique de la mondialisation libérale de la part du FN n’est qu’une posture d'un total cynisme. Il y a encore 5 ans, lorsque Marine Le Pen elle-même dirigeait la campagne de son père, le principal architecte de cette politique désastreuse était considéré comme « un géant politique ». Quelle incohérence ! Comprenne qui peut. Qui peut faire confiance à de tels enfumeurs ? Hier, favorable aux chocs des politiques libérales, aujourd'hui pleurant sur ses dégats sociaux et économiques... Certainement pas des ouvriers et des employés. Le FN leur a toujours menti, sur ce point comme sur les autres.

 

Sur l’immigration rien de nouveau, le FN version Marine Le Pen reste du même tonneau que celui de son père. Le délire xénophobe, saupoudré de quelques chiffres bidons, reste la ligne directrice. Elle balance même au passage des chiffres glaçants si on la prend au mot : « On estime que ces trente dernières années, dix millions d’immigrés sont entrés dans notre pays ». (Page 81). Au-delà du caractère farfelu de cette affirmation mensongère, qu’est ce à dire ? Qu’il y aurait actuellement en France sur 60 millions d’habitants, près de 10 millions de personnes non légitimes ? Il faudrait donc expulser 1 personne sur 6 ? Il faudrait évacuer la totalité de la population de Paris et de la Région parisienne pour retrouver la « vraie » population française ? Qui peut adhérer à un tel délire ? Elle refuse d’admettre les études d’universitaires spécialistes de la question qui démontrent que l’immigration n’est pas un coût pour la France, mais au contraire qu’elle lui « rapporte » un solde positif de près de 12,4 milliards d’euros chaque année. Elle préfère les chiffres de Jean-Paul Gourévitch présenté comme « universitaire » qui lui, voit une dépense gigantesque dans l’immigration. Manque de chance, si M. Gourévitch est bien professeur à l’Université Paris XII, il y enseigne « l’image politique » et « la littérature de jeunesse ». Si cela ne le disqualifie pas à priori, cela n’en fait pas non plus une autorité incontestée dans les milieux universitaires sur les coûts de l’immigration.

 

ecole_danger_50-283x309.jpgEnfin, concernant sa vision et ses propositions pour l'école, qui constituent la dernière partie de ce livre, il y a là matière à franche rigolade. L'indigence du propos se mélange à l'ignorance. Parfois, Mme Le Pen enfonce les portes ouvertes. Par exemple, certes, il faut rétablir l’autorité des enseignants. Qui dit le contraire ? C’est une tarte à la crème que de le répéter. Mais, les difficultés qui frappent les élèves, y compris de comportement, ne sont pas déconnectées du désordre de la société dans laquelle ils vivent. Rétablir un ordre social plus juste, basé sur une autre répartition des richesses et la clé première pour construire une société meilleure qui bénéficiera à notre jeunesse. Penser l'école ne peut avoir lieu sans une pensée critique sur le reste de la société. Ainsi, jamais la marchandisation de l’école, le marché prospère de l'éducation dont profite des officines privées, n’est dénoncée par le Front national. Jamais la concurrence déloyale pratiqué par les écoles privées, majoritairement confessionnelles, n’est soulignée ni critiquée. C’est pourtant là que commencent les inégalités. Il existe en France une scolarité parallèle qui profite essentiellement aux familles les plus aisées avec le soutien de financement public depuis 1959. Cela coûte chaque année plus de 9 milliards d’euros d’argent public. Les plus riches peuvent contourner la carte scolaire et refuser toute forme de mixité sociale. En conséquence, l'école républicaine est affaiblie, déséquilibrée. De cela, le FN ne dira pas un mot, bien au contraie. Par contre, Marine Le Pen a un grand projet pédagogique qu'elle croit pertinent de nous faire partager. Avec elle : « l’histoire sera apprise de façon chronologique. La géographie sera enseignée sur des cartes, en commençant par celle de la France. » (page 243). Bigre ! Là, on est sans voix devant tant d’audace pédagogique. Mais, est-ce bien sérieux ? Sur quoi Mme Le Pen pense-t-elle que l’on enseigne la géographie actuellement si ce n’est sur des cartes ? Sur des feuilles blanches ? Quand à l'enseignement de l’histoire, ne lui en déplaise, elle est encore enseignée de manière chronologique, selon les cycles. Qui peut pousser Mme Le Pen à écrire de telles sottises si ce n’est des gens totalement déconnecté d’un établissement scolaire ? Par contre, l’année prochaine, les élèves de terminale ne feront plus d’histoire. Par contre, rentrée scolaire après rentrée scolaire, les Dotations horaires golbales (DHG) sont à la baisse. La précarité se généralise dans les établissements. Les moyens de surveillance, de médecine scolaire, disparaissent prgressivement. C’est scandaleux, et de cette réalité, le FN n’en dit rien, ou presque.

 

etrangr.jpgJe termine cet article en insistant sur la vision frelatée de l’histoire de France selon Marine Le Pen. Dans son livre, elle revient une fois de plus sur son obsession : « Non l’Histoire de France ne se résume pas au triptyque esclavage / colonisation / collaboration. » (page 245). Qui pense une telle chose ? Personne en réalité. Par contre, le FN ne veut plus que l’on parle de ces pages d’histoire, et l’on comprend bien pourquoi. Ce parti est un spécialiste du trucage historique et du révisionnisme. Il veut faire croire que l’histoire de France lui donne raison, alors que c’est tout l’inverse. Dans ce livre, Marine Le Pen réutilise les fausses références à Jean Jaurès, à Victor Schoelcher ou Georges Marchais. Au sujet de ce dernier, elle cite longuement Georges Marchais (dans les pages 146 et 147), mais en coupant habilement ses propos pour en changer considérablement le sens. On reconnaît l’œuvre du faussaire. Elle enlève dans cette longue citation, des phrases comme « ce qui nous guide, c’est la communauté d’intérêts, la solidarité des travailleurs immigrés. Tout le contraire de la haine et de la rupture », ou encore : « mais non chasser par la force les travailleurs immigrés présents en France. » On ne sera pas étonner que Mme Le Pen ne veuille pas se réclamer de tels propos de l’ancien secrétaire général du PCF. De façon plus générale, pour redonner de la clarté à toutes ces références historiques truquées kidnappant aussi le Général de Gaulle, Roger Salengro, Jeanne d’Arc, etc… Sur tous ces "fric-fracs" historique, ke ne peux que conseiller la lecture de mon récent livre « Le Parti de l’étrangère, Marine Le Pen contre l’Histoire républicaine de la France » (Editions Tribord). Il coûte seulement 6 euros et doit être dans toutes les bonnes librairies depuis quelques jours. Si vous ne le trouvez pas immédiatement, commandez le et faites en bon usage.

 

Le livre inepte et dangereux, pour toute conception républicaine de la France, de Marine Le Pen ne doit donc tromper personne. Comme la boisson Canada Dry en son temps, il a peut être parfois le goût et l’odeur d’un discours anticapitaliste et antisystème mais il est tout le contraire et n’en ait qu’une béquille utile, indispensable même en période de crise. Pour maintenir les injustices actuelles qui frappent notre société, le projet du Fn est une solution autoritaire qui désigne l’étranger, le petit fraudeur et le fonctionnaire comme responsables de la crise. On comprend que, de plus en plus, parmi les privilégiés qui se sont tant enrichis sous le sarkozysme, il y en ait qui applaudissent à un tel discours.

 

jlm-nantes.jpgPour dégonfler la baudruche Le Pen, le Front de Gauche est au premier rang. En ce sens, il fait œuvre utile pour toute la gauche. A ce sujet, le vrai "vote utile" contre les idées FN, c'est le vote pour  Jean-Luc Mélenchon. Laisser Marine Le Pen répandre tranquillement ses idées pourries dans le débat politique n’est pas tolérable. Une étrange combinaison d’inconséquence, d’incompétence, de médiocrité et de calcul politique produit la situation actuelle. L’UMP et le PS compte essentiellement sur « le vote utile » contre le FN pour obtenir un bon score électoral, mais aucun n’a encore produit le moindre argumentaire ni action significative pour combattre ses idées.

 

Dans cette décomposition du paysage politique, le Front de Gauche est là et lance un signal de résistance. Le FN a compris que nous sommes son adversaire le plus résolus. Dans son livre, la présidente du Front national mentionne pas moins de sept fois le nom de Jean-Luc Mélenchon pour le dénoncer ou le moquer. Ne sachant comment nous combattre efficacement, elle préfère nous dépeindre en "idiot utile du système". Après avoir lu ce billet, je laisse le lecteur juge de ce qualificatif stupide. "Idiot utile", dit-elle ? Pipeau ! En revanche, Mme Le Pen est bien la "doberman utile du système". Contre le peuple en lutte pour ses droits, hier, aujourd'hui et demain, le FN est là pour aboyer et flanquer la frousse. N'ayons pas peur toutefois, notre unité et notre nombre peut le faire rester à la niche. Mais, ne laissons pas la bête se renforcer.

Tous les commentaires

Marine ne me fait pas peur dit la plus jeune d’entre nous
Mais Marine ne cherche pas à te faire peur, ma petite chérie
Marine voudrait juste te l’entendre dire
C’est là-dessus qu’elle excelle
Quand elle parle… quand on parle d’elle
Surtout quand ils disent : « surtout pas elle »
Et que les ânes leurs emboitent le pas
En hésitant entre la carotte et le bâton

http://www.lejournaldepersonne.com/2011/04/si-tu-pouvais/

Si je vous comprends bien c'est Mr Guaino qui a écrit l'ouvrage ...

La critique est bienvenue .

Dommage qu'elle débouche sur l'amalgame PS/UMP et sur une ode à JL M .

Mais bien nous avons l'habitude de lire ce genre de commentaire sur MDP ...

LS.

PS :  je n'avais pas envie de titiller , mais je le fais tout de même : supposons un FDG à 16 % , un PS à 18 % avec devant l'UMP et le FN , au soir du premier tour , qu'est ce que vous dites, qu'est ce que vous faites  ?

D'accord pour l'inversion , mais ça ne change rien au problème ...

Heu, je n'avais pas vu qu'A.Corbière était le secrétaire général au FdG...

Donc qu' il défende son mouvement est logique .

Le "mol embourgeoisement" du PS ...

Si tu veux , mais la société s'est aussi mollement embourgeoisée ...

D'ailleurs le problème est le même depuis 1920 , congrés de Tours : création de la SFIO et du PCF .

Bien , on verra . Les électeurs décideront .

Bonjour à vous

continuons : Miss Marine élue , mais avec un socle solide 18+16=34% , dans la foulée  l'assemblée est à gauche pour le quinquennat : MissMarine entre les mâchoires (molles ?) du premier ministre F.Hollande et les mâchoires (d'acier ? ) du ministre d'état JL.Mélenchon ... pauvre Marine ... l'UMP explose et le Modem .... bon d'accord on est loin du sujet de l'analyse du bouquin ...

bonne réception

Vous ne pensez pas qu' une nouvelle constitution serait proposée au peuple français par référendum ?

L'inversion change tout au problème on sait ce que fait dans ce cas la social démocratie qui choisit la droite (allemagne, divers pays amr. Lat.

quant au peuple ramolli, curieux, autant qu'en Grèce?

Merci pour votre contribution à l'analyse du discours de la candidate du Front Nationale. Il faut sans doute "que vive la France", mais sans elle et surtout pas la sienne. 

Si je vous ai bien lu, la "frontiste" est en tous points cohérente avec le personnage politique qui représentait son père et nous sommes, là aussi comme avec le Président-candidat, confrontés à des discours "totalitaires" où le populaire est leur faire valoir pour s’approprier des votes et s'en servir utilisant les besoins des populations les plus défavorisées.

Je ne sais pas si la seule alternative est le vote du Front de Gauche, mais il est surement une des composantes. En attendant, inspirons-nous de Jaurès, dans l'initiative de Jean-Pierre Fourré, un de ses studieux.

http://blogs.mediapart.fr/blog/arthur-porto/310112/moi-jaures-candidat-en-2012 


Vous dites:

On ne s’arrêtera pas longuement sur la référence christique des bras en croix. Mais, on a bien compris et on sent bien, au vu notamment de la première citation de Georges Bernanos évoquant « l’espérance » (si chère à Jean-Paul II) , et des habiles références ici ou là à l'Evangile dans le texte, que les catholiques militants sont une des cibles visées par cet étonnant objet de communication. Mais là n’est pas l’essentiel.

C'est abérrant qu'un catholique, encore plus s'il est pratiquant, vote pour le FN ! Le FN est à l'opposé de la doctrine chrétienne. Aux offices le prêtre dit :" mes frêres" car tous les humains sont les enfants de Dieu. L'essentiel de cette doctrine se résume simplement:  le Christ a dit: "celui qui dit j'aime Dieu et qui n'aime pas son frère est un menteur", "ce que vous faites au plus petit des miens c'est à moi que vous le faites" Il ny a pas d'étranger à la race humaine. 

Comment peut-on concilier ses valeurs chrétiennes et le rejet de l'autre qui fonde la base du FN et en partie de l'UMP?

Je vais même plus loin, je trouve anormal pour un catholique d'être de droite. Les valeurs de gauche que sont le partage équitable de la richesse (de gré ou de force), l'acceuil raisonné de celui qui n'est pas né sous notre ciel, la réquisition de logements inocupés pour ne pas que nos semblables meurent de froid dans la rue, la solidarité, la protection des plus faibles, des plus éprouvés... sont les plus cohérentes, avec les valeurs chrétiennes.

La philosophie de J-L M est celle qui est la plus proche de la doctrine catholique et même si ce n'est pas intégralement c'est là qu'un chrétien devrait se sentir le mieux.

Dire que notre économie ne nous permet pas d'accueillir 200 000 immigrés et x clandestins par an, ce n'est pas rejeter les autres, C'EST PROTEGER LES SIENS.

Article dans lequel Alexis Corbière met en cause le sérieux des études de Jean-Paul Gourévitch.

Le Cri du Contribuable publie ci-après le courrier que M. Gourévitch a adressé à M. Corbière et dans lequel il lui demande un droit de réponse. Légitime requête à laquelle M. Corbière n’a, pour l’heure, pas donné suite.

Note de la rédaction : les passages en gras et les liens hypertextes ci-après sont de notre fait.

« Bonjour, Alexis Corbière

J’ai reçu via l’Argus de la Presse le compte-rendu que vous avez donné surwww.alexis-corbiere.com et sur le site de Mediapart du dernier ouvrage de Marine Le Pen.Vous êtes bien entendu libre de votre opinion. Vous ne l’êtes pas en revanche de tenir sur mon compte des propos qui sont à la limite de la diffamation.

Le passage incriminé est le suivant :

« Elle refuse d’admettre les études d’universitaires spécialistes de la question qui démontrent que l’immigration n’est pas un coût pour la France , mais au contraire qu’elle lui « rapporte » un solde positif de près de 12,4 milliards d’euros chaque année. Elle préfère les chiffres de Jean – Paul Gourévitch présenté comme « universitaire » qui lui, voit une dépense gigantesque dans l’immigration. Manque de chance, si M. Gourévitch est bien professeur à l’Université Paris XII, il y enseigne « l’image politique » et « la littérature de jeunesse ». Si cela ne le disqualifie pas à priori, cela n’en fait pas non plus une autorité incontestée dans les milieux universitaires sur les coûts de l’immigration. »

Je ne vous chicanerai pas sur le fait que vous affirmez que j’enseigne (ou plutôt j’ai enseigné pendant 12 ans) à l’Université Paris XII l’image politique, ce qui est vrai, et la littérature de jeunesse, ce qui est faux, car c’est dans un autre cadre, non universitaire, que j’interviens.

Ce qui est grave, c’est que vous vous autorisez de ces considérations pour affirmer sans la moindre preuve que je ne suis pas une autorité incontestée dans les milieux universitaires sur les coûts de l’immigration et que j’y vois une « dépense gigantesque ».

Si vous aviez consulté mes ouvrages, ma biographie disponible surWikipediamon site (menu L comme Livres, A comme Afrique, I comme Immigration) et tout simplement mes collègues qui travaillent sur l’immigration, vous auriez  facilement découvert :

- que  je travaille comme consultant international en Afrique depuis 1987  sur l’Afrique et les migrations,  avec les Africains et les diasporas africaines installées en France,  pour le ministère des Affaires Etrangères et Européennes, le PNUD-UNESCO, l’Union Européenne, Le Conseil de l’Europe, Le Partenariat Eurafricain, La Banque Mondiale, Le Fonds Nordique International, divers cabinets et ONG,  ce qui,  je crois,  témoigne d’une reconnaissance internationale peu discutable ;

- que j’ai publié sur les migrations une dizaine d’ouvrages dont les plus récents sont Les Migrations en Europe (Acropole 2007), Les Africains de France(Acropole 2009, ) L’Immigration ça coûte ou ça rapporte (Larousse 2009) plus une quinzaine de rapports ;

- qu’une partie de ces textes est traduite dans des revues étrangères ;

- que j’ai été invité à nombre de conférences internationales ;

- et que je suis régulièrement consulté sur ces problèmes par France 24, BFM, LCP, RFI, LCI, France 3…

Je n’en tire aucune gloire mais je ne peux accepter qu’on me présente comme un touche-à-tout, c’est à dire un propre-à-rien, qui disserterait sur l’immigration sans rien y connaître.

Et pour être précis, je me permets de rappeler que mon rapport sur les migrations subsahariennes pour le Conseil de l’Europe a été voté le 18 avril 2008 à l’unanimité (moins 2 abstentions), ce qui est quand même rare sur un sujet aussi sensible.

Je reviens ce jour même de mission au Burkina-Faso puisque j’ai été chargé par le MAEE [ministère des Affaires Etrangères et Européennes, ndlr] de l’évaluation des 18 projets universitaires franco-africains du FSP [Fond de Solidarité Prioritaire, ndlr] « migrations internationales » qui analysent l’impact du développement solidaire sur les migrations (un sujet qui devrait vous passionner!).

Dans le même paragraphe, vous indiquez que je vois une « dépense gigantesque » -que vous ne chiffrez pas-  dans l’immigration. J’aurais à la rigueur compris que vous utilisiez ces termes pour l’étude de Gérard Pince du FMI et de Free World Academy qui chiffre le déficit dû à la seule immigration des pays tiers à 71 milliards d’euros ou pour Yves-Marie Laulan, et le professeurJacques Bichot de l’Institut de Géopolitique des Populations qui arrivent sensiblement aux mêmes chiffres.

Mais les quatre monographies que j’ai publiées* (voir sur Wikipedia le débat sur les coûts de l’immigration) la positionnent à 30,4 milliards d’euros par an pour le rapport dépenses/recettes et considèrent que le rapport investissements/rentabilité est équilibré (car quand on dépense pour l’amélioration de la formation des immigrés ou l’éducation de leurs enfants ce n’est pas un coût mais  un investissement).

Mais où on atteint le comble de la désinformation, c’est dans le paragraphe précédent, quand vous parlez « d’études d’universitaires spécialistes de la question » qui démontrent que l’immigration rapporte à la France un solde positif de près de 12, 4 milliards d’euros chaque année.

Tout d’abord, le pluriel que vous mettez à « études » est bien singulier puisqu’il s’agit en tout et pour tout d’un seul rapport, celui rédigé sous la direction du professeur Chojnicki de l’Université de Lille.

Manque de chance, pour reprendre votre formule, vous ne l’avez pas lu. Si vous l’aviez fait, vous vous seriez aperçu :

- que l’étude Chojnicki ne porte nullement  sur le coût de l’immigration en France mais seulement sur celui de la protection sociale comme son nom l’indique « migrations et protection sociale : étude sur les liens et les impacts de court et long terme » ;

- qu’elle passe donc sous silence les coûts de l’immigration irrégulière, ceux de l’économie informelle, les coûts de structure, les coûts sécuritaires et même les bénéfices apportés à l’économie par le travail des immigrés ;

- qu’elle  se fonde sur des chiffres de 2005 d’un recensement qui ne comptabilise  que ceux qui ont voulu ou pu se faire recenser alors que j’utilise ceux de 2009-2010 par la méthode de croisement des données exposée dans mes travaux;

- que M. Chojnicki lui-même a protesté contre l’instrumentalisation qui a été faite de ses chiffres, et, qu’interpellé par le journal Le Monde, il a d’un seul coup de téléphone, ramené les 12,4 milliards à 4 milliards (Le Monde du 12 avril 2011).

Voilà ce qui se produit quand au lieu de contrôler la véracité de ses sources on se contente de reproduire les propos de journalistes qui n’ont pas plus que vous lu le texte mais qui veulent se rassurer ou écrire ce qui plaira à leur public.

C’est le règne du non-dit, du mal-dit, du vite-dit… bref la manipulation de l’opinion publique contre laquelle je lutte, mais sans grand succès je le reconnais, depuis plus de 10 ans.

Pour votre information, j’ai dirigé en 2002 le numéro de la défunte revuePanoramiques sur « la désinformation tous coupables? » avec 35 collaborateurs aussi bénévoles que moi, dont l’éventail s’étageait  de Ras’l'front (on ne peut guère être plus à gauche) jusqu’à Vladimir Volkoff (carrément très à droite)  en passant par François-Xavier Verschave, Guy Konopnicki, Alexandre Adler, Elisabeth Lévy, Xavier Raufer etc. Un magnifique flop de librairie.

Je termine cette lettre déjà suffisamment longue. Je n’ai pas l’intention de polémiquer avec vous ni de faire de ce différend un sujet de campagne électorale dans laquelle je ne souhaite pas m’impliquer.

Il ne servirait plus à rien de supprimer le texte incriminé. Le mal est fait auprès des quelques dizaines ou centaines de milliers de lecteurs qui l’ont lu sur votre blog ou sur Mediapart.

Je vous propose donc, pour régler cette affaire à l’amiable, d’insérer dans votre texte, au plus vite et sur les deux sites juste après le passage incriminé, un droit de réponse qui reprend l’essentiel des considérations exposées ci-dessus.

S’il en était autrement, je serais obligé de considérer qu’il s’agit d’une volonté manifeste de me discréditer et je serai donc obligé de prendre les mesures  nécessaires à la préservation de ma réputation d’objectivité (avec tous les guillemets nécessaires) et d’intégrité à laquelle je tiens.

Pour le reste, je suis toujours prêt à débattre avec vous du coût de l’immigration pour les pays d’origine, les migrants eux-mêmes et les pays d’accueil et des mesures que j’ai proposées pour le réduire dont certaines, si vous les aviez lues, auraient dû obtenir votre assentiment.

Dans l’attente, je vous prie de croire à mes sentiments les meilleurs. »

Jean-Paul Gourévitch

http://www.lecri.fr/2012/02/10/ce-que-nous-coute-limmigration-la-polemique-continue/29482

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