Sam.
01
Nov

MEDIAPART

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L'excellent Président...

Le 5 février, Sarkozy a été bon. Il a même été excellent.

Cependant lorsqu’on annonce une crise d’une ampleur jamais vue « depuis 100 ans », il faut annoncer des mesures à la hauteur de l’événement. Tous les observateurs l’auront noté. Au lieu d’un plan de relance digne de ce nom, on nous a fait le coup du saupoudrage et de la gestion non plus sociale mais fiscale de la baisse chronique du pouvoir d’achat.

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Nicolas Sarkozy décrit une crise terrible un peu comme il décrivait en tant que ministre de l’intérieur une insécurité terrible dans nos villes et nos campagnes. La crise est très grave et la violence urbaine est réelle. Là ne sont pas les questions.

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Le Président en dramatisant à l’extrême met en cause sa propre capacité (non en tant que personne mais en tant que fonction) à faire face. Le Chef de l’Etat semble durablement impuissant à, si ce n'est juguler, au moins amortir la crise. Les milliards annoncés pour les banques semblent ne servir à rien. Chirac et Mitterrand n'auraient sans doute pas fait mieux mais au moins ils l'auraient fait calmement.

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Le président « survend » la crise et c’est tout l’édifice bonapartiste qui est ébranlé d’autant que les Antilles grondent. Du coup la manifestation du 29 janvier est replacée dans un contexte radicalement différent que celui dans lequel elle s’était préparée et, il faut bien le dire, déroulée. Nous sommes entrés dans la phase politique de la crise ou plutôt la politique chassée par la fenêtre dans « l’avant 29/01 » (la légitime inquiétude etc…) rapplique au grand galop par la grande porte. Le 18 février, la réunion « syndicale » ressemble à une réunion politique au sommet. Partis et institutions ont un genou à terre. Ne tiennent que les partenaires sociaux et un président plus qu’omniprésent, isolé.

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Qui gouverne la France ? Sarkozy et son équipe élyséenne avec en contradicteurs coopératifs, les syndicats et le medef. Une sorte de super comité d’entreprise. C’est de cette réunion de crise que doit sortir un véritable plan de relance. A voir.

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En attendant, l’Europe et la France piétinent. Le chômage augmente de jour en jour.

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Il n’est pas certain que N. Sarkozy soit le seul responsable qui se prenne les pieds dans le tapis en ces temps d’incertitudes. Les élus locaux prompts à soutenir les légitimes revendications du peuple quand ils n’ont pas à en faire les frais, ne sont pas plus contributeurs de projets susceptibles d’être des moteurs de croissance. Les investissements appelés de leurs vœux par les experts du FMI, quitte à creuser les déficits, ne se multiplient pas, c’est le moins que l’on puisse dire (voir les investissements ANRU). Entre les habitants qui craignent par dessus tout la densification des logements et les édiles qui ne souhaitent pas bouleverser la démographie électorale, on ne fait pas grand chose.

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Le conservatisme l’emporte. Il serait plus juste de dire que la France étant gouverner comme une entreprise, elle se comporte comme telle : tout le monde attend que le patron donne l’impulsion et comme le patron ne sait pas quoi faire…

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Mais le vent souffle fort en Guadeloupe. Vive le vent, vive le vent...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous les commentaires

16/02/2009, 10:41 | Par JNSPQD

Je ne suis pas sure que "le patron ne sait pas quoi faire". L'action de démolition des bases du socle de la République est trop bien menée, c'est mieux que ce que Le Pen avait en tête... Si l'on fait abstraction de toutes les provocations "réformistes", la liste des libertés collectives et individuelles que nous avons déjà perdues est longue et terrible, mais elle reste occultée derrière le miroir "provoc" avec lequel il nous manipule. Que "le patron" arrive à ses fins, ou plutôt aux fins de l'idéologie qu'il sert, c'est une autre affaire... mais à mon avis pour le moment il fait assez bien ce pourquoi il était programmé!

16/02/2009, 21:10 | Par Michel Yvernat

D'abord il y a la crise qu'il n'avait pas vu venir. Ensuite il y a la victoire d'Obama qui n'était pas son candidat préféré. Enfin il y a la situation guadeloupéenne. Dans la tempête que nous traversons, l'art de la politique étant celui des possibles, sait-il où il peut aller?

16/02/2009, 22:44 | Par Fantie B.

J'écoutais sur France Culture (18 h 20) le conseiller d'origine guadeloupéenne que Sarkozy a fait monter au front. Toujours les mêmes ressorts, de vieilles recettes, sentimentales : faire peur, faire pleurer, construire des méchants, faire pitié : les journalistes qui s'en fichent de la Guadeloupe, les syndicalistes qui tiennent le sort de l'île entre leurs mains, le président impuissant face aux journalistes incompétents et aux syndicalistes qui peuvent tout faire basculer.
Je crois que Sarkozy n'a que des recettes, pas de vision. Ses recettes tiendront tant que les gens regarderont télévision et magazines. Mais s'ils les lâchent ?

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