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Algérie : La dernière blague d’Alexandre Adler

Un nouveau numéro de prestidigitation politique nous est livré dans le Figaro daté du 12 février 2009, signé Alxandre Adler (http://www.lefigaro.fr/debats/2009/02/14/01005-20090214ARTFIG00229-bouteflika-rempart-contre-l-islamisme-.php). Le thème proposé est titré : Bouteflika, rempart contre l'islamisme. Le chroniqueur commente la récente étape dans la reconduction de M. Bouteflika dans ses fonctions (déclaration officielle de candidature à un troisième mandat présidentiel, après avoir fait sauter le verrou constitutionnel les limitant à deux) comme un épisode qui « marque en réalité une période d'apaisement et de progrès politique pour l'Algérie ». Manque de tact ou juste une nouvelle amabilité de la « françalgérie » ? Allez savoir…

« Apaisement » et « progrès » deviennent, à la lecture du chroniqueur du Figaro, de bien grossiers mots. Sur quel constat s’appuie ce genre d’affirmation pour laisser échapper son mépris, doublé d’ignorance, d’un pays qui rumine ses souffrances, rongé par la violence ? Dans le cas du Sieur Adler, il s’agit d’une récidive.

Le paradigme néoconservateur appliqué au cas algérien produit systématiquement les mêmes prêt-à-penser, les mêmes regards hypocrites, même si les donnes changent, les sociétés évoluent. Les questions majeures qui se posent à l’Algérie de 2009 relèguent au rang de symptômes les considérations médiatiquement porteuses. L’injustice sociale infligée sans état d’âme à des franges immenses de la population, la corruption endémique des appareils d’Etat, le craquèlement du référent identitaire national figent toutes les énergies créatrices d’un pays dont plus de 70% de la population a moins de 35 ans.

La donne islamiste est invitée dans tout regard sur les pays dits « musulmans », bloquant de fait toute autre perspective d’analyse. Les âmes effarouchées, qui ont contribué très largement à la médiatisation de la poussée intégriste, ont donné à cette dernière une légitimité qu’elle n’a pas espérée. Dans ce jeu de dupes, elle a trouvé dans les régimes autoritaires de la rive Sud de la Méditerranée de bien fidèles alliés.

Face à ce constat, le prisme de l’impensé sécuritaire finit par réduire la complexité de pays, pourtant pas si éloignés de l’Hexagone, à leur statut « quasi-tribal » d’avant les Indépendances. Ce prisme en fait des territoires hostiles de fait. D’où la nécessité, aux yeux des décideurs et des plumes influentes, de les traiter comme tels, là où il faut mesurer la soif immense d’ouverture et de progrès. Il est dangereux, dans l’espace méditerranéen, de vouloir dresser entre les pays un mur étanche d’incompréhension, qui ne se laisse pénétrer que par les gazoducs et les containers.

Pour Alexandre Adler, le fait historique majeur de ce que tout le monde appelle « la décennie noire » se situe dans la rencontre de Saint’Egidio (du nom de la communauté chrétienne qui a rassemblé des personnalités algériennes en vue d’un appel à la paix civile), en 1995. Si des divergences sont apparues, à ce moment-là, au sujet de l’analyse de l’impasse politique, la cartographie des acteurs ne requiert plus un grand sens politique aujourd’hui. Saint’Egidio n’est finalement qu’une scène secondaire dans le feuilleton algérien.

Réduire ce qui est en jeu aujourd’hui en Algérie à un mouvement de chaises musicales entre apparatchiks en rupture de consensus, relève de la blague grossière. L’enjeu de la séquence historique actuelle est aussi évident que profond : l’Algérie est appelée, si elle veut perdurer en tant que nation, à se réinventer. Une sorte de New deal pour remobiliser la société. Mais la réalité du pouvoir actuel s’inscrit dans le passé, au niveau des actes, bien sûr, mais surtout dans son discours. Sa matrice nationaliste, doublée d’un libéralisme débridé, produit les effets pervers de l’un et de l’autre. Le manque de vision propre au populisme autoritaire ne fait que recycler la rente pétrolière par le biais d’une « économie de bazar », tout en faisant appel à tout ce que la société recèle d’archaïsmes.

Après l’épisode du Grand Parti unique, puis celui de la Grande Muette, voici venu le temps du « Grand Oualou » (le grand rien, dixit l’humoriste Fellag). L’Algérie est dans l’impasse, et ce n’est pas un nouveau simulacre d’élections qui impulsera son nouveau départ. Le fossé entre l’Etat et la société est tel que leurs retrouvailles relèvent de la mission impossible, que le pouvoir actuel ne pourra pas accomplir. L’aveu vient de l’intérieur même du système. Observons de près ces émeutes d’un nouveau genre, apparues dans des contrées lointaines du pays. Même s’il y en avait de semblables par le passé, le ton de celles-ci est tout à fait inédit. A Berriane, elles opposent mozabites et non-mozabites. On les appellera comme on veut : émeutes raciales, ethniques, religieuses… mais elles portent un visage qui vient du passé.

On assiste en Algérie à des signes évidents de la disparition des structures de cohabitation, en dehors des espaces religieux. Le lien national, rôle endossé par le Parti-Etat FLN au lendemain de l’Indépendance, ne trouve plus de grands symboles porteurs aujourd’hui. Le cadre religieux n’a jamais été, et ne peut être le seul référent. Et c’est cette tentation de continuer à faire des mosquées l’alpha et l’oméga de la médiation entre l’Etat et la société, qui caractérise la dérive actuelle. Il est là, le grand péril qui guette l’Algérie d’aujourd’hui, non pas les intérêts boutiquiers des uns et des autres.

L’Algérie gouvernée comme du temps du parti unique, mais sans le Parti, semble plaire au chroniqueur. Tant pis, car c’est son Algérie. Puissent les Algériens, un jour, retrouver la leur…

Tous les commentaires

Alexandre Adler ne comprend rien ou ne veut rien comprendre à la situation politique en Algérie. Bouteflika, un rempart contre l'islamisme alors qu'il s'appuie sur celui-ci !
Il est intéressant de voir les réactions suscitées chez les lecteurs algériens du Matin , suite à la reprise de cet article du figaro dans les colonnes de ce dernier : ici

Amine K, Assurément beau billet sur l'Algérie que le vôtre. Quand l'Etat (n'importe quel Etat) abandonne les gens à leur triste sort, ce qui vient prendre la place laissée vacante par le pouvoir n'est pas nécessairement ce qu'il y a de meilleur pour les gens. Alexandre Adler est un monsieur peu recommandable qui, au nom de la Sécurité du Monde, opte toujours pour les pires solutions... pour les gens. Alexandre Adler, toujours du côté du manche, du côté du pouvoir, des puissants, des forts. C'est sa règle.

Alexandre Adler soutient Poutine, et au moment de l'assassinat d'Anna Politoskaïa, n'a pas eu grand chose à dire, ou alors, du bout des lèvres (sur France Culture, que je boycotte le matin de 8h15 à 8h 20). Comme Minc, Messier, et j'en oublie, un produit de ces années de frime.

Amine Khaled, votre plume est le glaive de la justice. Formidable billet.

"l’Algérie est appelée, si elle veut perdurer en tant que nation, à se réinventer." . J'étais hier à un mariage civil (mairie) entre un algérien et une française. Aucune réinvention visible dans ce domaine. Presqu'aucune des femmes algériennes n'était présente à la mairie. Le repas dans l'après-midi séparait les hommes des femmes.

Bravo Armel ! Vous avez bien raison d'être aussi catégorique à propos d'un préjugé aussi banal ! Il y a presque quelque chose "d'adlérien" dans votre manière de parler des rapports entre les sexes en Algérie... Je crois d'ailleurs qu'Amine K. a oublié d'indiquer qu'il fallait séparer les commentaires masculins des féminins, à la suite de son billet... à moins qu'il ne parlait des commentaires utiles et des commentaires ineptes.

Je suppose que c'est votre façon de dire que mon commentaire est inepte. Le poids des traditions est extrêmement lourd à porter en Algérie. J'y ai vécu 4 ans et ai épousé une algérienne. Une belle proportion des neveux de ma femme, est au chômage, ils passent leur temps à empêcher leurs soeurs de travailler. Au final, aucun salaire à la maison, mais une tradition respectée, l'honneur est sauf. C'est banal en effet. J'ai deux filles qui pourraient, si elles le voulaient, avoir la double nationalité. Elles ont été éduquées dans la connaissance de multiples traditions et religions, sachant qu'elles pourraient faire un choix, si elles le désiraient vraiment, à l'âge adulte. Devinez quoi ? A la trentaine elles n'ont encore rien choisi de très spécial. L'ineptie est une chose très répandue de par le monde, ainsi que l'aveuglement.

Cher Armel Le Bail, Je peux très facilement vous opposer des contre-exemples : des cousines venues de Kabylie poursuivre, seules, des études en France, d'autres, après une escale chez nous où elles ont profité du leur passage pas trop loin de Paris pour visiter la Sorbonne qui les faisait rêver, partir pour le Canada, plus accueillant, et y faire carrière dans l'informatique, la biologie... Des mariages mixtes, au sein de ma famille (deux sur trois) avec des "français" où la cérémonie s'est déroulée selon les traditions françaises, à l'exception toutefois de la "jarretière" ou des des animations quelque peu sexistes que l'on observe fréquemment dans les mariages entre français... Aussi, je crois qu'il faut être prudent et, sans "s'aveugler", veiller à ne pas se borner à focaliser son regard sur des stéréotypes. Si l'on faisait la même chose avec les cérémonies de mariage entre "français", on pourrait en déduire une bien piètre image de la France. Très cordialement.

C'est heureux que vous ayez des contre-exemples. Faut-il pour autant garder sous silence une autre vérité qui n'a rien d'un stéréotype ? Je vis dedans... Depuis 30 ans j'observe que l'Algérie s'enfonce et recule et j'en suis extrêmement désolé. C'est peut-être l'indice que les traditions dont je parle pèsent de plus en plus lourd, croyez que je serais ravi du contraire. "Partir pour le Canada, plus accueillant," c'est tout dire. J'y ai aussi quelques amis algériens, ou plutôt, canadiens maintenant.

"Partir pour le Canada, plus accueillant," c'est tout dire. "Plus accueillant... que la France où elles désiraient s'installer" voulais-je dire. Ma phrase était sans doute ambiguë, mais l'interprétation que vous en faites dit aussi quelque chose sur vos représentations... Désolé Amine K pour ces propos bien éloignés de votre intéressant billet...

Plus accueillant que la France, pourquoi pas. Mais je ne saisis pas trop, voulez-vous dire que vous classez du moins accueillant au plus accueillant les 3 pays suivants : France, Algérie, Canada ? C'est comme vous voudrez. A mon avis, nos propos ne sont pas du tout éloignés du sujet de cet intéressant billet, ils sont en plein dedans.

Elles n'avaient pas besoin d'être accueillies en Algérie, elles y étaient chez elles. La France a refusé de les accueillir et elles se sont tournées vers le Canada où, au moins l'une d'entre elles a rejoint son frère. Sans doute par masochisme. Pour revenir à notre échange, je crois qu'on ne peut rien dire de constructif sur ce registre : vous me parlez de votre famille, je vous parle de la mienne, vous avez raison, moi aussi et je trouve pour ma part qu'un échange de cette nature est sans intérêt, et que le billet d'Amine K vaut mieux que cette conversation digne du "café du commerce". Très cordialement.

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Je reconnais être aveugle à votre situation familiale : je ne puis la connaître. Et je me méfie des récits familiaux érigés en analyses sociologiques. De l'aveuglement volontaire, si vous me le permettez. Mais pas le même que le vôtre. Des années de terrorisme, ça use. Des années de chômage, de confiscation des richesses, ça use. Mais vous savez quoi ? Des années de colonialisme, ça use aussi ! Et pourtant... ! Le chômage, ce n'est pas une valeur en Algérie, il faut que vous le sachiez, il serait temps. Il y a eu de nombreux mouvements sociaux, culturels, identitaires, en Algérie : ces dernières années aussi. Il y a eu 2001, notamment. Cela, ce n'est pas rien. Mais comme ça contredit quelque peu votre doctrine, votre pessimisme condescendant (tellement universel que vous l'appliquez à vos propres enfants : c'est dire s'il est enraciné !) doit bien reprendre le dessus. Ne faites pas de votre expérience des vérités définitives. Nous sommes à l'heure de nombreuses surprises, du bouleversement de nombreuses certitudes. Que vous ne fassiez pas partie des âmes chamboulées par tout ceci, qu'importe. Mais épargnez-nous vos tristes sentences !

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Bonjour et Merci pour vos commentaires. Je vois que l'échange entre Armel et Farid prend une tournure qui passe à côté de la teneur de ma contribution... mais cela n'enlève rien à l'intérêt de ce que vous soulevez. Ces éléments hétéroclites, qui vont des contradictions qui régentent les liens femmes/hommes, le rapport aux traditions, les destins d'exil, l'appréhension du progrès sont des indicateurs fiables pour observer une société. Evidemment, en évitant de penser par transposition systématique dans d'autres contextes socioculturels. Par contre, ceux qui connaisssent bien l'Algérie peuvent vous dire l'extrême disposition de la société au progrès. C'est cette disposition qui souligne la fièvre qui agite la société, qui pousse les archaïsmes à s'exacerber. On voit chaque jour qu'une bataille violente est engagés entre désir de progrès et force conservatrices. Et c'est là que la question politique intervient...

Bonjour et Merci pour vos commentaires. Je vois que l'échange entre Armel et Farid prend une tournure qui passe à côté de la teneur de ma contribution... mais cela n'enlève rien à l'intérêt de ce que vous soulevez. Ces éléments hétéroclites, qui vont des contradictions qui régentent les liens femmes/hommes, le rapport aux traditions, les destins d'exil, l'appréhension du progrès sont des indicateurs fiables pour observer une société. Evidemment, en évitant de penser par transposition systématique dans d'autres contextes socioculturels. Par contre, ceux qui connaisssent bien l'Algérie peuvent vous dire l'extrême disposition de la société au progrès. C'est cette disposition qui souligne la fièvre qui agite la société, qui pousse les archaïsmes à s'exacerber. On voit chaque jour qu'une bataille violente est engagés entre désir de progrès et force conservatrices. Et c'est là que la question politique intervient...

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Cher Armel, Encore une fois, je comprends l'histoire que vous racontez, mais je ne saisis pas exactement ce que vous voulez souligner. Je ne vois pas où votre exemple contredit ce que je dis. Vous dites : description clinique. n'attendez pas de moi autre chose ! enfin, je conçois que vous soyez excédé par le cas que vous vivez de près...

Je veux souligner que ces forces conservatrices sont dans une optique de conquête, pas seulement en Algérie. Cette conquête parait progresser extrêmement lentement, mais jour après jour, homme(femme) après homme(femme). Votre description clinique est parfaite, mais quel est le remède à part la laïcité ? En Algérie même, le boycott des élections par les autres partis politiques est-il une si bonne idée (pour que les algériens retrouvent un jour leur Algérie, comme vous concluez) ? Le fait qu'on s'attende à une abstention record signifie-t-il que les algériens ont définitivement baissé les bras ? Les têtes pensantes sont-elles toutes parties dans ces pays plus accueillants, quels qu'ils soient ?

Je ne pense pas que les forces conservatrices soient dans une optique de conquête... juste elle veulent rester là où elles ont toujours été, depuis l'Indépendance. Je ne suis pas d'accord, également, qu'elles progressent. C'est apparemment là notre point de divergence. Il y a ces dernières années, une crispation grandissante des détenteurs des appareils. Ils tentent leurs ultimes parades pour se refaire une nouvelle peau. Je pense que c'est une veine tentative, parce que renouveler les appareils n'a pas de sens s'il ne se fait pas dans le cadre d'une refondation politique. Les élections pour les élections, si elles peuvent "amuser" un certain temps, deviennent comme tout rituel : un folklore. Avouons toutefois que ce n'est guère une bonne nouvelle ! Votre question sur les "têtes pensantes" est essentielle, mais vaste à aborder. Je m'intéresse à la question dans le cadre de mes études. Au stade où j'en suis, je constate que les élites algériennes ont raté leur rencontre avec la société. Elles n'ont pas eu l'audace d'occuper leur meilleure place dès le départ, surtout une certaine distance vis-à-vis du pouvoir. Même quand elles sont critiques, elle ont toujours eu du mal à penser en dehors des appareils et de leurs enjeux restreints. Je ne connais pas les chiffres de "têtes pensantes" algériennes exilées. Je sais, comme beaucoup, qu'elles sont très nombreuses à s'éparpiller à travers le monde, notamment en Europe et au Canada. Le constat le plus terrible s'observe au sein de l'université... disons, enfin, qu'il en reste toujours des beaucoup de citoyens qui exercent leur rôle avec dignité.

Pour un fanatique comme Alexandre ADLER, tous les remparts contre l'islamisme sont bons. Il est prêt à cautionner à peu près tout et n'importe quoi. Mais ça, c'est pour faire croire ... Parce que dans le même temps, même s'il ne le dit pas, la montée de l'islamisme l'arrange bien. Plus il y aura de furieux partout dans le monde, plus ce qu'il défend et prône sera justifié. Personne n'est dupe. Fabriquer les furieux, c'est justifier le sort qui est fait au monde musulman et aux pays arabes en particulier. Voilà, c'est tout.

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Monsieur Le Bail, Vous dites beaucoup de choses. Qui, toutes, vont dans le même sens : "Regardez un peu leurs traditions ! Les nôtres, qui, d'ailleurs, ne sont pas des traditions, mais le Progrès, c'est quand même mieux !" Vous êtes donc prêt à réformer l'Algérie. Les hommes qui y vivent. Et peut-être même les femmes qui y vivent et qui respectent (les inconscientes !) toutes ces traditions qui ne sont vraiment pas les nôtres ! Votre dernier commentaire est explicite : Les Etats-Unis, Lieu du Progrès, sont un exemple pour le monde entier. Auriez-vous oublié qu'ils ne sont pas pour rien dans la crise que des millions de gens ont à affronter aujourd'hui ? En Europe, en Afrique, en France, en Algérie ? Vous me direz : "C'est un détail ! Les Etats-Unis n'encouragent pas les traditions barbares ! Aux Etats-Unis, on sait vivre !" L'Algérie, selon vous, est un pays de "potentats". Et nous, qui, pourtant, vivons ici entourés de si belles traditions, humanisme et démocratie réunis, dans quel genre de pays sommes-nous ? Très certainement : "Un pays à forte tradition démocratique, avec quelques faiblesses, il faut le reconnaître, mais de solides et très bonnes bases."

Monsieur (ou Madame ?) hêtre, Je n'ai rien dit ni pensé de tout cela. Vous extrapolez à votre convenance. Plutôt que de me prêter ces idées, livrez-nous les vôtres.

Monsieur Le Bail, Vous n'allez tout de même pas jusqu'à dire que vous n'avez jamais rien écrit au sujet de l'Algérie, des hommes et des femmes qui y vivent. Cela dit, vous n'avez vraiment pas de chance ! Tomber sur un lecteur particulièrement obtus (qui n'a pas la délicatesse d'apprécier la profonde subtilité de vos "analyses" sur la situation algérienne) ! Diable ! Tomber sur un lecteur qui ose, l'effronté, vous lire comme il l'entend (et non comme vous vous lisez vous-même) et voir ce qu'il y a réellement derrière les propos que vous tenez ! Mon Dieu ! Comme le lecteur peut être pervers ! Et fourbe ! Le fond de ma pensée ? Relisez bien mon commentaire précédent. P.-S. : Apparemment, pour vous, le sexe de l'interlocuteur ne compte pas qu'un peu. Pourquoi donc ? Etonnante interrogation ("Monsieur (ou Madame ?) hêtre") de la part d'un monsieur qui laisse entendre, si haut et si fort, qu'en Algérie s'il y a une distinction qu'on fait bien, c'est celle entre les hommes et les femmes.

!

Monsieur Le Bail, Derrière ce point d'exclamation, je vous vois.

Et ?

Moi aussi. Il y a longtemps que je quitte France Culture au moment de la chronique d'A.A. Fatiguée d'entendre ce bushiste nous faire croire qu'il détient des informations tout à fait précieuses sur les compétences de C. Rice ou le "centrisme" des dangereux conservateurs qu'il "connait si bien".

Alexandre Adler a quand même une qualité rare . Il se trompe systématiquement dans ses prévisions . Pour ceux qui s'offusquent de son absolution accordée à Bouteflika concernant ses manoeuvres pour rester au pouvoir nous pouvons les rassurer. Alexandre Adler n'a pas de mots assez durs pour fustiger le comportement d'Hugo Chavez. Il est vrai que le premier ne risque pas de contrarier les intérêts occidentaux . Le second a un grand tort. Le plus coupable. Il s'occupe des intérêts de son peuple. Les auditeurs de France Culture ont la vie dure. Il faut shunter la chronique de Slama à 8 heures moins cinq ,puis celle d'Alexandre Adler à 8 heures quinze. Un vrai parcourt du combattant.

@ bourbaky Ravi d'apprendre que nous sommes nombreux à zapper au même moment. Même Duhamel me fatigue avec son ton éternellement incantatoire. . @ Armel Le Bail Vos interlocuteurs déforment vos propos en les taxant d'anti-algérianisme alors que vous ne faites, me semble-t-il, que relater et regretter la triste réalité, à savoir, entre autre, la perpétuation de l'apartheid psychologique homme/femme et la politique d'étouffement des potentialités intellectuelles. . En 1962, avec Ben Bella, la jeune Algérie indépendante, forte de son long combat contre le racisme colonial français avait pris le chemin de l'émancipation territoriale et intellectuelle. Je l'ai rejointe alors durant quelques années, par soutien, dans le cadre du Ministère de la Coopération Technique et Culturelle. Le coup d'état militaire de Boumédienne, par un virage à 180°, a réorienté l'Algérie dans une toute autre direction. Plus de nationalisme et d'islamisme, au détriment de l'universalisme.

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L' Algérie en 2007 : - 33 861 000 habitants - Indice de fécondité : 2,57 - Taux d'alphabétisation des jeunes hommes : 94% - Taux d'alphabétisation des jeunes femmes : 86% Ces indicateurs sont le signe d'une modernisation de la société algérienne (les femmes y sont éduquées et font peu d'enfants) et la crispation islamiste peut aussi s'interpréter comme une réaction contre cette modernisation. C'est notamment l'interprétation qu'en font Emmanuel Todd et Youssef Courbage dans un petit livre malicieusement intitulé Le rendez-vous des civilisations. Je crois me souvenir que Gilles Keppel défend sensiblement la même idée et fait le constat d'une défaite de l'islamisme radical en Algérie : radicalisation et violence y sont expliquées comme résultant de la rupture entre minorité islamiste et population.

Chers "Medianautes", je vois bien que les échanges que soulève mon billet peuvent paraître un peu décalées par rapport au sujet essentiellement évoqué. Cher Farid, les chiffres brandis comme évidences n'aident pas à comprendre. Je pense que, au lendemain de l'indépendance, il était légitime, voire même primordial, de fixer le cap de "l'alphabétisation" comme objectif de l'école. Mais deux générations plus tard (un demi siècle), il était plus que vital de passer à "l'éducation". Or, l'école algérienne, comme laboratoire d'un supposé projet de société, affiche des signes inquiétants. La situation est catastrophique. Je vous conseille d'aller voir le dernier documentaire de Malek Bensmail, "La Chine est encore loin" qui sera à l'affiche à l'occasion du festival du cinéma du réel au Centre Pompidou, début mars. bien à vous, .

Cher Amine K, "les chiffres brandis comme évidences n'aident pas à comprendre". Vous avez parfaitement raison, néanmoins, si on les utilise de manière comparative, ils peuvent un peu nous éclairer. Les taux de scolarisation relativement proches des hommes et des femmes disent quelque chose des trajectoires scolaires des unes et des autres en dépit de la qualité du système éducatif. Le (relativement faible) taux de fécondité parle un peu de lui même et dit beaucoup sur les modes de vie et notamment, sur l'individualisme et sur le statut des femmes. A titre de comparaison, il est de 6,8 en Afghanistan et 4,6 au Pakistan. Bref, le but était de partir de quelque chose d'un peu étayé pour ne pas véhiculer des stéréotypes sur la société algérienne qui, par ailleurs, va mal. Par ailleurs, merci pour votre conseil... Très cordialement.

Stéréotypes si vous voulez, mais je tiens à vous faire partager un détail supplémentaire. Dans la famille de ma femme, c'est simple, la pauvreté est devenue telle qu'on ne se marie plus, en Algérie. Et dans ces conditions, on ne fait pas non plus d'enfants. Et éventuellement, on se suicide en se laissant mourir de faim. Si vous aviez dans vos statistiques celles concernant le nombre de mariages et son évolution depuis 20 ans avec la courbe démographique, cela m'aiderait à me faire une idée : suis-je le seul à vivre ces "stéréotypes" qui vous dérangent, et dans ce cas, pas de chance, ce n'est tombé que sur les nièces et neveux de ma femme. A part cela, la cagnotte pétrolière et gazière algérienne grimpe à 100 milliards de dollars. Pardonnez-moi, mais cette souffrance traverse la méditerranée, par téléphone, chaque semaine et c'est insupportable. Allez au diable avec vos stéréotypes et votre volonté d'embellir la situation.

Merci, vous êtes bien urbain. Euh...vous croyez au diable, vous? Moi pas, et mes sœurs non plus...

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Amine K, L'Algérie n'est pas un sujet anodin. Surtout en France. N'importe quel billet en rapport avec l'Algérie et vous voyez, vous verrez surgir les esprits les plus avisés et savants pour expliquer que ce qui est français est beaucoup plus varié, beaucoup plus démocratique et de bien meilleure tradition que ce qui est algérien.

Mes histoires de famille sont les arbres qui cachent la forêt de hêtres. Vous les mettez en doute ? Je n'ai porté aucun jugement de valeur, contrairement à vous sur moi, sans autre justification que vos fantasmes et conclusions hâtives. Haïssez-moi si cela vous fait du bien, hêtre, puisque le "savant avisé" tel que vous me désignez vous est intolérable. Rajoutez-en encore une couche si vous y tenez. Grace à vous, le niveau de cet échange atteint des sommets. Sans doute ne peut-on dire sur Mediapart que ce que vous tolérez. Il serait bon que vous dressiez la liste de vos interdits et tabous.

Monsieur Le Bail, Je ne mets pas en doute vos "histoires de famille". Elles semblent bien réelles. Simplement, les "analyses" qu'elles suscitent chez vous ne me plaisent pas. Bien sûr que vous portez des jugements de valeur ! Je ne sais pas de quels fantasmes vous parlez. Je ne vous hais pas. Ne prenez pas vos désirs pour la réalité. Vous n'êtes pas si méchant que cela. A moins que... Je ne vous désignais pas en particulier. Vous ne savez pas lire. Le passage est le suivant : "les esprits les plus avisés et savants". 1) Là où vous voyez du singulier, j'utilise le pluriel. 2) Ce ne sont pas les "savants" qui sont "avisés", mais les esprits qui sont "avisés et savants". Maintenant, si vous me dites que vous êtes un "savant avisé", je vous bien vous croire. Même si vous n'êtes pas un lecteur avisé. Cela dit, faites un effort. Ecoutez-vous moins parler, et lisez mieux ce que vous n'avez pas écrit vous-même. Quant au "niveau de cet échange", permettez-moi de vous faire remarquer que : 1) Un échange se fait à deux ; vous êtes, dans notre échange, impliqué tout comme moi ; 2) Si cet échange ne vous convient pas (au passage, vous répondez à la place d'Amine K !), rien ne vous oblige à le poursuivre. On peut dire beaucoup de choses sur "Mediapart", ce que, d'ailleurs, vous ne vous privez pas de faire. Pour finir, je ne dresse rien, ni personne.

Monsieur Le Bail, Dans le message précédent, lire : "je veux bien vous croire."

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C'est drôle.... le billet dit des choses si vraies, plutôt evidentes pour qui a mis les pieds et le coeur en Algérie. Car il faut les deux pour supporter l'injustice politique et sociale qui y règne, sans partage. Le Adler, il comprend jamais rien comme il faut, mais ne pas croire qu'il ne le fait pas exprès. Coeur ou pieds, je doute qu'il les ai jamais vraiment posés la bas.
En tout cas, je trouve surprenant que sur un billet qui cause, tout compte fait de la réalité des enjeux du pays ("On assiste en Algérie à des signes évidents de la disparition des structures de cohabitation, en dehors des espaces religieux. Le lien national, rôle endossé par le Parti-Etat FLN au lendemain de l’Indépendance, ne trouve plus de grands symboles porteurs aujourd’hui. Le cadre religieux n’a jamais été, et ne peut être le seul référent. Et c’est cette tentation de continuer à faire des mosquées l’alpha et l’oméga de la médiation entre l’Etat et la société, qui caractérise la dérive actuelle. Il est là, le grand péril qui guette l’Algérie d’aujourd’hui, non pas les intérêts boutiquiers des uns et des autres."). Oui définitivement, ceci est vrai et l'Etat n'encourage aucune initiative qui irait dans le sens de lieux de parole ouverte, de lieux de débats. Les quelques associatifs qui luttent, en gros ce que l'on continue à vouloir appeler la société civile en marche, ne sont soutenus que si ils ont l'énergie d'aller chercher financements à l'extérieur (la Commission européenne, l'Etat français, et là l'Etat algérien apporte quelques cofinancements par obligation. Sinon, rien ne va dans le bon sens.
Mais je ne partage pas le point de vue triste que la société n'évolue pas... elle a du mal à évoluer dans ce contexte sur des questions comme l'émancipation féminine par exemple qui est un peu au coeur de la polémique. Dans un pays ou l'émancipation tout court masculine et/ou féminine pose problème si on n'est ou nait pas dans les bons réseaux pour avoir accès à l'emploi, sésame d'émancipation et de liberté plus ou moins, et bien, il n'y a pas de progrès possible ! Mais je pense que les choses changent, la preuve, en Kabylie, entre 2002 la première fois où j'y suis allée où je ne voyais aucune fille travailler et 2005 où je les vues dans les superettes, dans les commerces ... et bien, oui, il a changement réel. Elles partent aussi comme les garçons ailleurs d'ailleurs ! Pour pouvoir vivre un peu mieux qu'en Algérie. Quant à l'éducation, vaste sujet.... je ne connais pas ce documentaire dont parle Amine K, "La Chine est encore loin". peut on en savoir un peu plus, ou le voir par exemple???? Merci
Je sais c'est pas drôle mais ce dessin m'a semblé si révélateur ces derniers temps. Car comment s'émanciper sans partir de ce fichu pays? Cela me fait parfois enrager mais la réalité est que l'espoir des jeunes de la-bas (filles ou garçons) n'est décidement pas la-bas justement. C'est bien la ce qui fait qu'on a le plus mal au coeur et aux pieds quand on connait des algériens. dessin-maz-8.jpg

Chère Christel, Le documentaire dont je parle, "La chine est encore loin" sera projeté au centre Pompidou les 6 et 9 mars dans le cadre du festival du cinéma du réel (http://www.cinereel.org/article3338.html).

Merci !! je verrai si je peux me rendre à Paris !

@Christel Qu'en est-il de la situation dans les emplois de cadres supérieurs et moyens ? Je ne sais pas la façon dont a évolué l'émancipation féminine depuis 1973/74, époque où je vivais en Algérie, mais j'avais été frappée de voir nombre de jeunes femmes diplômées occuper des postes de direction, ce qui était encore rare en France ! ( J'avais notamment été embauchée à la Banque nationale d'Algérie par l'une d'entre elles , qui était toute puissante dans le service qu'elle dirigeait, rien ne pouvait s'y décider sans son accord...). J'ai vu également , à Alger, beaucoup de jeunes filles à des postes de secrétaires , que ce soit à la banque , au cabinet d' avocats dans lequel j'avais également travaillé, ou dans les Ministères... Et, à cette époque, l'effort de scolarisation des garçons comme des filles était impressionnant, vu l'ampleur de la tâche compte tenu de la jeunesse de la population...
Il y a beaucoup de jeunes instruits en Algérie. N'est-ce pas la situation économique, le chômage, qui, plus que le poids des traditions, sont un frein à l'émancipation des femmes ?

Je n'en sais trop rien, mes amis la bas sont plutot dans l'enseignement ! Pour les cadres, mais la réalité reste qu'en Algerie, pour avoir un bon travail il faut connaitre les bonnes personnes.... et oui, certainement l'emancipation est aussi frénée par un ensemble de problèmes dont ceux que vous citez, mais aussi parce que cela ne peut se faire que lentement avec une vraie volonté politique...

Cher Amine, Excellent billet ! L'article d'Adler, c'est genre hommage à Kim Jong-il. Algérie : un état fossile qui capte l'énergie fossile sous de faux-cils de modernité et qui faucille les libertés. Ou encore : un état vieux dans un pays jeune.

Merci Amine, . Rien que pour le titre, déja, ça valait la peine, tant Monsieur Alexandre-je-sais-tout Adler-je-me-trompe-sur-tout, grand chroniqueur devin, oracle raté s'il en fut, mérite que l'on souligne ses inepties bégayantes. Certains matins je ne zappe pas, sur France Culture (vous avez dit culture ?), juste pour vérifier qu'il est bien toujours aussi omniscient dans ses impostures. . Mais en plus, vous m'apprenez bien des choses intéressantes, et me donnez du grain à moudre. . Belle journée, j'espère vous relire bientôt. Claire

Merci à vous, Je pense qu'il est de ces animateurs du théâtre médiatique qu'il est intéressant d'écouter (sans toutefois trop s'y attarder). Au-delà de l'auto-caricature, qui confine à une guerre de postures, ils donnent à voir comment les représentations se transforment en figures du pouvoir. Car, pour soutenir et justifier des politiques, le pouvoir a besoin d'un "ordre du discours", disait Michel Foucault, autrement dit, le moyen de faire passer sa "pilule". C'est dans cet ordre qu'il faut situer le rapport à des pays tellement proches, à l'image de l'Algérie. Am'

en fait Adler souffre d'un complexe particulier, celui de ne pas être prof à sciences po.

Je ne comprends toujours pas ce qu'il fait sur france culture, peut être leur fallait il un guignol

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