causes de la desindustrialisation de la France et remèdes
Désindustrialisation de la France et création de produits
Lecture rapide :
En ces temps de crise, alors que le débat public se focalise principalement sur les règles de financement des états et des entreprises avec les notations des agences et le fameux triple A, il me semble nécessaire de rappeler que la population française souffre d’abord de la raréfaction des emplois industriels.
Le financement des entreprises plus difficile en ces temps de crise est trop récent pour expliquer toute la désindustrialisation. Bien avant le début de la crise de 2007, il y a presque trente ans, le problème de l’emploi est né du renversement des priorités dans la gestion des entreprises.
Avant 1970 celle-ci remplissaient un rôle social, grâce aux emplois et aux richesses qu’elles généraient dans leur pays. L’innovation, l’emploi et la conquête de nouveaux marchés étaient leurs fiertés. A partir des années 1970 on a cherché à obtenir des rentabilités de plus en plus élevées et à diminuer les risques. On a alors arrêté la création de produits, automatisé la production, et comme ce n’était pas encore suffisant on a commencé à délocaliser.
De nouvelles activités ont créé des emplois dans l’informatique et les services mais la population peu qualifiée qui fournissait les bataillons d’O.S. a été mise progressivement à l’écart.
Par une communication bien étudiée, les grandes entreprises, pour ne pas prendre le risque de la création de produits ont même réussi à faire admettre à nos élites que l’innovation ne concernait pas les entreprises du CAC 40 et devait être réservée aux PME et aux start-up, nous expliquerons que cela nous semble au moins abusif.
Aujourd’hui la prospérité est en berne et il nous faut envisager une ré-industrialisation de la France si nous ne voulons pas que les jeunes sans qualification deviennent pour leur vie entière, des exclus au RSA. Mais pour acheter français il faut produire français et nous ne pourrons plus produire en France des produits identiques à nos produits délocalisés. Cette ré-industrialisation ne peut être générée que par la création et la production d’innovations en France et le gouvernement doit trouver des moyens pour que l’innovation et le design devienne un combat national…. Nous pensons à des incitations, des formations et un renforcement du respect des règles de protection de la propriété industrielle et des droits de douane lorsque les règles de production du pays exportateur ne respectent pas nos usages.
La propriété industrielle notamment doit être défendue devant des tribunaux spécialisés, extrêmement rapides dans leurs décisions !
Le constat de la situation,
Le désengagement de l’état
L’Etat n’est pas, en France, le principal employeur industriel et depuis le début des années 1986, il a même cherché à se désengager. La première cohabitation Balladur a été placée sous le signe de la privatisation. Toutes les entreprises qu’on avait nationalisées en 1981 ont été privatisées. Mais la même oligarchie a été au pouvoir aussi bien du temps des nationalisations que du temps des privatisations et la gestion a été presque identique et a part pour les actionnaires, cela n’a en rien amélioré la gestion des entreprises.
En 2012, le rôle d’employeur du gouvernement est réduit aux services publics (et aux entreprises historiques comme EDF et SNCF) et il peut sans humour expliquer que la crise est responsable du chômage.
En réalité l’Etat aurait pu être un moteur et un aiguillon pour les entreprises. Il peut choisir à la tête des entreprises (nationales) des entrepreneurs et non des gestionnaires et même proposer dans un cadre européen et mondial de libre échange, des mesures fiscales incitatives à la création et à l’innovation (car on ne peut apporter de subvention directe à une filière de production).
L’application du libéralisme dans les entreprises : une politisation qui ne dit pas son nom
Depuis l’effondrement de l’URSS, le libéralisme est triomphant et l’Etat français (même avec Lionel Jospin comme premier ministre), n’intervient plus dans les problèmes industriels. Je ne décolère pas d’avoir vu notre ministère de l’industrie laisser partir à l’étranger la direction de très beaux fleurons de l’industrie alors qu’il aurait pu prendre une majorité de contrôle en renationalisant (partiellement au moins). On a laissé vendre des sociétés stratégiques pour notre pays comme GEMPLUS, ARCELOR….THOMSON…qu’Alain Juppé voulait vendre pour un Euro symbolique…
Par exemple, ARCELOR devenue MITTAL est Indienne, il est évident que les dirigeants vont sacrifier les usines et les emplois en France dès que le marché de l’acier diminuera !
Notre « absence » de volonté « politique » me semble la conséquence du renforcement de l’oligarchie et de sa proximité avec la politique (il suffit de regarder la composition des conseils d’administration des sociétés du CAC 40).
On pourrait penser que le chômage est une des conséquences de la mondialisation et des dures lois de l’économie auxquelles même nos politiques doivent se soumettre. Mais Jacques Généreux (économiste) nous explique qu’il importe de comprendre que le politique ne se soumet pas aux lois de l’économie, mais que ce « laissé faire » est conforme aux intérêts particuliers de l’oligarchie.
C’est à nous citoyens d’exiger une autre façon de gérer les entreprises et pour cela commencer par imposer d’autres dirigeants.
Dans la première phase de la mondialisation, les sociétés du CAC40 se sont terriblement enrichies et ont plus que bien payés leurs dirigeants qui étaient souvent polytechniciens ou Enarques. Ces salaires semblent justifiés lorsqu’il s’agit de dirigeants fondateurs de leurs sociétés ou qui risquent leur patrimoine. Lorsqu’il s’agit de salariés qui ne risquent rien et se font voter des avantages exorbitants que même Louis XIV n’aurait pas pu imaginer c’est scandaleux.
De plus ces sociétés du CAC40 paient moins d’impôts (en pourcentage) que les PME et n’assument pas toujours leurs versements à l’URSSAF….
L’Etat depuis quelques années ferme les yeux aussi sur leur gestion utilisant très largement les paradis fiscaux (Suisse, Luxembourg…).
Les grandes industries ont trouvé un avantage supplémentaire à la mondialisation et aux délocalisations : elles ont pu éviter la contestation sociale qu’on avait connue pendant toute l’ère industrielle avec son paroxysme en mai 1968. On l’a vu lorsque l’usine Uniroyal de Clairoix a fermé. Les syndicats n’avaient plus vraiment d’interlocuteurs et ne pouvaient plus faire changer cette décision… Le gouvernement semblait lui aussi impuissant face à cette multinationale de taille pourtant modeste mais d’origine Allemande !
Il serait temps que les citoyens imposent aux politiques leurs vues et que se votent des lois pour le plus grand nombre.
Depuis 1973 de nouvelles pratiques de gestion axées sur la rentabilité financière.
Henri Ford avait bien compris dès 1910 qu’il fallait produire des produits durables, bien payer les ouvriers qui pouvaient dans ce cas acheter ses voitures… et que cela entraînait la prospérité du pays dans un cercle vertueux… Mais cela c’était avant que la mondialisation ne change les règles….car si les consommateurs français ne peuvent plus payer pour acheter leurs produits, nos industriels (comme tous les industriels du monde) ont pensé que ce seraient les consommateurs du monde qui prendraient le relais…et ils ont poussé pour la mondialisation…
Avant 1973 les entreprises étaient enracinées dans les terroirs français, fières de leur rôle social, de leurs innovations, des emplois, des richesses qu’elles généraient, et de la conquête de nouveaux marchés. A partir du premier choc pétrolier, on a cherché à obtenir des rentabilités élevées et à diminuer les risques, alors on a arrêté la création de produits, on a automatisé la production, et même commencé à délocaliser.
Nos entreprises ont créé en France, bien avant la crise financière actuelle, une crise endémique de l’innovation et des emplois industriels. En fait, la désindustrialisation commencée en 1973 (voir références en fin de texte), me paraît avoir en France des causes principalement liées à la gestion des entreprises.
Depuis 1973, influencée par le B.C.G. (Boston Consulting Group), les grandes entreprises ont abordé la gestion avec une vision presque exclusivement financière. Les exigences des fonds de pension américains qui recherchaient des rentabilités élevées a fait abandonner dans la plupart de nos industries tous les produits qui n’étaient pas hautement rentables. Les principes et les matrices de réflexion du BCG ont été quelque peu schématisés par les patrons français !
Pour gagner plus, nos entreprises ont abandonné leurs produits les moins rentables, sans chercher à les moderniser en innovant comme le font toutes les entreprises familiales (gérées dans des perspectives de long terme). Pour que tout le personnel accepte ces sacrifices, on a vu apparaitre un slogan que tout le monde a entendu et qui était répété en boucle par nos dirigeants du CAC40 : « On doit se concentrer sur nos métiers ».
On a beaucoup parlé de projet d’entreprise et tout ce qui ne faisait pas partie du projet était écarté. Le personnel entendait parler de métier et il n’avait pas l’impression de vivre une trahison. Mais des productions ont été arrêtées et du personnel a été supprimé.
Pour gagner encore plus, l’industrie s’est battue pour faire baisser le prix de revient des produits existants. Car lorsqu’on ne propose pas d’innovation, avoir un avantage compétitif grâce à un prix de vente plus bas, est aussi un moyen d’accroître sa part de marché et de gagner plus. Alors on a automatisé la production et du personnel a encore été supprimé et comme ce n’était pas suffisant on a délocalisé progressivement la plupart de nos usines et du personnel a encore été supprimé.
Actuellement les grandes entreprises (qui n’entreprennent plus) se sont contentées de vendre et de produire les produits les plus rentables de leurs catalogues (excepté dans l’automobile où les innovations ont encore une existence timide car elles perfectionnent et modernisent le produit sans le remettre en cause : on attend toujours la pile à combustible annoncée depuis dix ans qui diminuerait de manière radicale la consommation de carburants en s’affranchissant du principe de Carnot.
Il est évident que cette tendance à la désindustrialisation peut s’enrayer en quelques années d’efforts (je pense que dix à quinze ans seront nécessaires) si on arrive enfin à choisir à la tête de nos industries des entrepreneurs, à créer des produits français, innovants, durables, modernes et attractifs, dans tous les secteurs industriels qui correspondront au goût européen et que nous saurons défendre par une protection industrielle appropriée (modèle déposé ou brevet).
Or, depuis trente ans, la politique de l’état à enterré John Maynard KEYNES !
Une gestion frileuse de l’innovation
Si on n’innove pas on disparaît , sans création, une petite entreprise (PME) qui ne commercialise que quelques produits, finit par être dépassée par ses concurrents et meurt ! Les concurrents qui ont innové proposent des produits plus attractifs, qu’ils peuvent vendre plus cher en reprenant des parts de marché.
Mais l’innovation est un processus risqué, beaucoup d’inventions ne deviennent jamais de produits ou ne sont jamais vendues. Abraham Moles considérait qu’une idée sur 10 devenait un produit. Mais si une société industrielle (surtout une PME) n’innove pas, ses concurrents lancent des produits nouveaux, gagnent des parts de marché et risquent de l’asphyxier.
L’Anglais James Dyson Designer est exemplaire. Il a construit toute sa stratégie sur l’innovation. Créée en 1992 sa société éponyme employait déjà 2500 personnes en Angleterre en 2006 et son chiffre d’affaire était de 800 millions d’Euro. Il a commencé par les aspirateurs sans sac, a créé ensuite des machines à laver, des ventilateurs, des sèche-mains instantanés… La nouveauté, la beauté et l’efficacité des produits Dyson incite à l’achat alors qu’ils sont souvent plus chers que les produits remplissant à peu près la même fonction, mais avec des trouvailles et des fonctionnalités qui les rendent irrésistibles.
Il est anormal qu’un consensus de nos élites nationales se soit établi pour faire reposer l’effort d’innovation français presque exclusivement sur les PME ou les start-up. Car pour innover, elles doivent chercher les moyens à l’extérieur et donc surmonter de lourds handicaps (surtout en cette période avec les banques qui deviennent frileuses).
Les grandes sociétés, par contre, devraient être nos «champions » pour l’innovation car elles peuvent facilement mobiliser tous les moyens nécessaires : recherches, finance, techniques, design, marketing.
Mais pour gagner encore plus il fallait ne prendre aucun risque sur la création de produits nouveaux car la création est toujours un processus risqué. Alors on a souvent arrêté la recherche et la création, on a abandonné les produits du catalogue qui vieillissaient et on a arrêté d’innover sur de nouveaux marchés.
On rappelle qu’Albert Einstein disait : « Une personne qui n'a jamais commis d'erreurs n'a jamais tenté d'innover ». L’innovation se caractérise par l’introduction d’une nouveauté dans un milieu établi. Transposé aux produits nouveaux, le terme ne s’applique que si l’appropriation par le public est réussie. C'est d’ailleurs parce qu'un produit se vend et est utilisé par des acheteurs que l’invention devient innovation. La volonté d’entreprendre et de vendre est presque sous-tendue par le mot ! Le concept d'innovation englobe par extension les moyens de production et la distribution.
Actuellement, les méthodes et les pratiques de création de produit, s’améliorent sans cesse et peuvent encore dynamiser l’industrie française.
Depuis quelques années, dans la tête des dirigeants politiques, l’innovation est devenue synonyme « d’une création dans une PME ». Il faut rendre hommage aux services communication des entreprises du CAC 40 et du Medef qui ont persuadé la classe politique que l’innovation ne concernait pas les grosses sociétés. En termes de communication quelle réussite ! En termes de résultats pour notre pays quelle catastrophe. Il faut que l’innovation redevienne une priorité nationale et les grands groupes comme les start-up doivent y contribuer. Tout doit être fait pour que les grands groupes ne se donnent pas comme seule mission de racheter les PME qui ont réussi en réorganisant et en licenciant.
La liaison université industrie
Renforcer la motivation des chercheurs pour les recherches appliquées.
Actuellement l’obligation de secret demandée le plus souvent par l’industrie est incompatible avec l’obligation de publication des Enseignants-Chercheurs et des chercheurs CNRS dont les carrières dépendent de la quantité et de la qualité de celle-ci.
De plus on a mis les chercheurs dans des boîtes par discipline et ceux qui font les meilleures carrières sont souvent ceux qui se situent au centre de leur discipline et qui ne bousculent pas les concepts admis par la communauté scientifique. Par contre l’innovation de nos jours nécessite la participation de beaucoup de compétences que l’on va souvent croiser et qui vont permettre d’aller plus loin que la simple vision extrapolée de sa discipline.
Bref, un chercheur qui travaille pour l’industrie, sur un sujet qui n’est pas exactement au centre de sa problématique universitaire, retarde sa carrière.
Les pôles de compétitivité sont un progrès dans l’intervention de l’état mais les défauts de ce système sautent aux yeux, les centres de recherches compétents ne sont pas forcément placés dans les régions définies par les pôles et l’argent arrive aux entreprises qui participent aux pôles sans que les résultats soient acquis…. Je serais plus exigeant que cela avec les grands groupes !
Alors que les labos publics peuvent et doivent être financés avant l’obtention de résultats opérationnels, les entreprises ne doivent être subventionnées que si elles ont réussi à lancer leurs produits innovants et à les valoriser.
L’attitude des industriels.
Le professeur Pier Abetti qui a beaucoup travaillé aux USA et qui a dirigé des séminaires à l’UTC sur les méthodes d’innovation dans les entreprises Américaines disait que « la capacité d’innovation était inversement proportionnelle à l’épaisseur de la moquette des bureaux dans les sociétés ». Cette boutade signifiait que les dirigeants qui s’intéressent à leur paraître, à leurs statuts, à leurs salaires personnels perdent de vue les objectifs principaux pour l’avenir à long terme de leur société : mobiliser des moyens financiers pour prendre des risques et innover.
L’industrie n’accepte pas en général de prendre le risque de l’innovation. Les recherches et les développements des designers et ingénieurs n’aboutissent pas au marché si on ne trouve pas dans l’industrie de vrais entrepreneurs pour reprendre, industrialiser et lancer les résultats des recherches..., (le concept d’entrepreneurs élargie la fonction des gestionnaires de la finance et sous-tend des dirigeants ayant une vision de l’avenir de leur entreprise et des axes futurs de développement).
Lorsqu’ un entrepreneur croit en un projet d’innovation, il lui faut mobiliser tous les moyens nécessaires : recherches, finance, techniques, design, marketing et créer une équipe projet qui soit détachée à l’intérieur de l’entreprise. Peu de sociétés en France ont compris l’intérêt de cette organisation pour la réussite. Renault l’a pourtant fait à partir de 1989 et du projet TWINGO (premier petit monospace innovant). Cette organisation devrait surtout être appliquée dans les grands groupes qui ne savent pas faire une place pour l’innovation dans les structures hiérarchisées.
Les grandes industries françaises n’innovent plus. Par exemple, notre équipe de recherche en conception de produits CQP2 de l’Université de Compiègne avait travaillé avec EDF pour la conception de la maison du futur et nous avions créé des méthodes de prospective et imaginé dès 1999 toutes les fonctionnalités (plus quelques unes) que commencent à remplir les assistants personnels tels que les e-phones 4 qui deviennent capables d’anticiper les désirs de leurs propriétaires en allant sur le web pour voir la météo par exemple.
Pourquoi ces innovations que nous avions proposées notamment sous la forme d’un valet virtuel ont-elles été lancées par Apple et n’ont-elles pas été produites par un industriel français proche d’EDF malgré la démonstration que nous avions organisée avec EDF à la foire de Paris de l’an 2000.
Autre exemple avec une innovation pour la maison du futur d’EDF comme le sas de livraisons qu’EDF avait baptisé CARGO. Nous avions imaginé de lancer le projet il fallait de la mécanique, de la thermique, de l’électronique, de l’informatique…. Aucune société française produisant sur le sol national ne s’est lancé dans ce projet pourtant très prometteur qui aurait pu accompagner le développement des courses par internet!
La diminution des emplois industriels
La gestion actuelle de nos industriels (gestion pilotée par les résultats financiers) et l’Etat français dont la politique a été de ne surtout pas intervenir, ont entraîné la perte d’emplois de production et le chômage qui nous inquiète tous… La Direction générale du Trésor vient de publier une étude qui montre que la contribution de l'industrie à la richesse nationale est passée depuis 1980 de 24 % à moins de 14 % (voir références en fin de texte).
La vente en France de produits du monde entier a supplanté le « made in France ».
Yves Jego propose plus de transparence et d’information pour que le consommateur puisse acheter français. Mais les produits français souvent n’existent pas. Il propose un premier pas indispensable mais les dégâts sont tels qu’il nous faut surtout relancer la production française…
Dans presque tous les domaines de notre consommation, à part pour certains produits agro-alimentaires (voir références en fin de texte), il faut bien chercher pour trouver un produit français. Si on demandait à une personne dans sa cuisine de jeter tout ce qui n’a pas été fabriqué en France on retrouverait ce pauvre homme nu dans sa cuisine presque vide avec peut être la moitié du mobilier (Mobalpa et Vogica sont encore Français) mais peu d’appareils ménagers, des victuailles sur la table (mais de plus en plus de poulets sont chinois), pas de petits Lu, pas de moutarde (délocalisés dans les pays de l’est) pas d’assiette ni de couvert (de plus en plus de produits sont fabriques en Chine). Peut-être pourra-t-il conserver son Laguiole à la main et encore seulement s’il n’a pas acheté sans le savoir un Laguiole ayant seulement pris l’air de l’Aubrac (car laguiole est une appellation de terroir qui ne protège pas vraiment des contrefaçons) .
En tentant de produire moins cher des produits complètement banalisés, la France a déjà perdu la bataille de la compétitivité. Contre l’Asie dont certains pays pratiquent des salaires et des conditions de travail proches de l’esclavage, notre industrie ne gagnera jamais en se battant sur les coûts car le réservoir de main d’œuvre dans les campagnes chinoises est énorme et les salaires et la monnaie de la Chine ne sont pas prêts d’augmenter pour une concurrence loyale.
Les jeunes sans diplômes ont du mal à accéder à un premier emploi et sont laissés au bord du chemin.
En 2010 l’INSEE comptabilisait les chômeurs, les jeunes sans diplômes représentaient 44% des demandeurs d’emplois contre 10% des jeunes diplômés du supérieur.
Les jeunes sans diplôme trouvaient traditionnellement du travail dans l’industrie… depuis deux ans on n’embauche plus d’ouvriers et ils souffrent beaucoup… Que vont-il devenir ?
On le voit, toutes les mesures politiques devront encourager la création d’emplois de production car on ne peut que faire le lien entre ce chiffre de 44% et la contribution de l’industrie au P.I.B. de moins de 14% …
Nos industriels pensaient pouvoir garder la conception de produits en France mais les Asiatiques ne se sont pas arrêtés à la production, actuellement même le design industriel n’est plus français ! Et les designers Français au chômage en France (car l’on n’innove pas assez pour que nos jeunes designers puissent vivre de leur travail), trouvent du travail en Chine et rendent vendables à l’export les produits chinois.
Cela est pire que la fuite des cerveaux que l’on trouvait catastrophique il y 30 ans…et qui recommence ! Actuellement le paradoxe vient du fait que les citoyens attendent de l’Etat moins de chômage et plus de protection et de droits en cas de perte d’emplois mais l’Etat (à tort) n’intervient plus dans l’industrie.
Par contre si l’industrie ne génère pas d’emplois et pas de ressources fiscales, nous ne pourrons plus assumer toutes les aides qui ont été instituées par les partenaires sociaux pour protéger les chômeurs et le système social va exploser et c’est l’Etat que nous rendrons responsable.
Quelques solutions pour que l’industrie (au sens large) redonne du travail...
Changer de vision,
Les grands groupes ont tendance à vouloir nous faire croire que les causes du chômage sont à rechercher dans l’environnement de l’entreprise : les charges sociales payées à l’état, la crise, la concurrence internationale, l’Europe…Et ne sont pas la conséquence de leur politique à l’intérieur de l’entreprise.
L’Etat pense qu’il ne peut rien faire dans l’industrie au nom des citoyens car les entreprises par définition sont la propriété des actionnaires mais même de Gaulle qui appartenait à la famille libérale avait nationalisé après la guerre et avec sa loi sur la participation souhaitait illustrer que le personnel est aussi propriétaire d’une partie de l’entreprise (cette loi a été en grande partie sabordée par son propre camp : Pompidou notamment) ….
En supprimant les productions des biens traditionnels de première nécessité et en adoptant la mondialisation, la France s’est privée des leviers traditionnels du Keynésianisme, par exemple relancer la machine économique par la consommation car nous ne produisons plus certains produits : la confection n’est plus française, les équipements de la maison, de moins en moins, Il n’y a plus de vélo français, les voitures sont délocalisées en partie et si l’état agit sur le crédit à la consommation pour accroître les achats des Français cela accroitra le déficit du pays mais n’aura aucun résultat sur l’économie…
On peut comme la classe politique perdre encore du temps pour savoir si les 35 heures ont permis de partager le peu de travail existant ou si les 35 h on contribué à délocaliser le peu de travail qui restait en France…Pour mettre tout le monde d’accord, je crois que les délocalisations et le chômage de masse on démarré bien avant les 35 heures !
Dans la tête des dirigeants politiques, il faut que l’innovation redevienne une priorité nationale et les grands groupes comme les start-up doivent y contribuer. Tout doit être fait pour que les grands groupes ne se donnent pas comme seule mission de racheter les PME qui ont réussi en les réorganisant et en licenciant…
La France souffre, mais au risque de faire entendre une autre petite musique, ce sont les grandes entreprises (et les petites dans une moindre mesure) qui doivent innover pour créer des emplois et l’Etat qui doit accompagner en :
• légiférant pour inciter à la création et
• organisant le pays pour que l’industrie prospère sur notre sol et que les embauches ne pénalisent pas l’entreprise qui démarre (pas d’augmentations de taxes ni de charges directes liées aux embauches)…
Renforcer le rôle de l’état vis-à-vis des entreprises, changer de politique industrielle pour avoir un impact sur les emplois,
En fait notre futur gouvernement doit être beaucoup plus volontariste car il peut avoir une action directe s’il nationalise ou indirecte mais efficace dans la plupart des cas.
L’Etat a également une action directe d’incitation dans le cas d’achat de produits français pour les marchés de ses ministères.
Le rôle de l’Etat peut être moteur s’il favorise les entreprises qui innovent et les conditions politiques pour que des entrepreneurs émergent en France. Le ministère de l’industrie doit soutenir l’innovation et protéger la création et la propriété industrielle pour un monde globalisé mais en faisant respectant nos règles (comme les américains font respecter leurs règles).
Il faut continuer à aider les PME par Oseo(ANVAR) et les aider également en les déchargeant d’une partie du fardeau que constituent les charges sociales des ouvriers les premières années après qu’ils aient été embauchés alors que le marché démarre.
Mais l’Etat doit encourager également les grandes entreprises qui se développent sur le sol français et pénaliser celles qui licencient.
Encourager en permettant aux entreprises de défiscaliser dans l’année les recherches, les innovations et les investissements de production des grandes sociétés qui créent des emplois en France.
Pour que l’entreprenariat redevienne la priorité des grandes entreprises, nos gouvernants doivent mettre en place des mesures très contraignantes pour pénaliser celles qui ne reprennent pas le chemin de l’innovation. Toute entreprise qui lance une délocalisation ou des licenciements devrait informer le ministère du travail au préalable… Qui pourrait en contrepartie prendre des parts « nationales » dans cette société. De plus toute société qui délocalise ou tout créateur ayant touché des subventions doit être contraint à rembourser toutes les aides perçues…ou tous les avoirs fiscaux octroyés.
Pour éviter les délocalisations, les machines devraient être classées comme un patrimoine national (monuments historiques) pour éviter leur destruction ou leur exportation.
Changer les dirigeants : la France ne manque pas de gestionnaires mais manque cruellement d’entrepreneurs.
Un entrepreneur doit avoir non seulement des compétences de gestion mais aussi des stratégies pour son entreprise, à la fois pour le court terme et aussi pour les années suivantes…. En fait c’est la connaissance du marché qui permet sa pénétration, le chef d’entreprise doit sentir à la fois ses consommateurs potentiels, les produits qui pourront devenir des best-sellers, la communication la plus adaptée pour les produits et bien connaître son entreprise face aux challenges qu’il lui propose, il doit assumer son rôle social.
François Michelin qui faisait parti des grands capitaines d’industrie disait un jour à un ami que sa société Michelin était la nôtre… Il voulait insister sur son rôle social, un rôle qu’il a toujours joué à Clermont Ferrand où sa société finançait des crèches, des écoles des épiceries de proximité….Aujourd’hui, les Enarques qui font des carrières politique ont surtout une proximité avec ceux qui pantouflent dans les sociétés du CAC 40. Ces recrutements ont permis une bonne gestion des finances à court terme mais ont détaché les patrons Enarques du terroir qui enracinait les entreprises, et ces dirigeants ont créé du chômage qui vide les caisses des organismes sociaux. De plus ils appauvrissent l’Etat car ils savent décrypter les lois trouver les astuces fiscales et les paradis fiscaux pour ne pas payer d’impôts.
Ce sont les dirigeants du CAC40 qui se sont enrichis mais cela n’a pas enrichi la France. La lutte contre l’oligarchie passe par une lutte contre l’Enarchie qui a fait dériver les entreprises française vers cette gestion exclusivement financière.
L’Etat doit interdire le pantouflage en le rendant très cher pour ceux qui le souhaitent… L’ENA doit former des serviteurs de l’Etat ou disparaitre car la collusion entre Enarques politiques, Enarques de l’industrie et Enarques des ministères est devenue insupportable pour les Français.
Aujourd’hui, les Enarques ont par leur formation incomplète, réduit les missions des entreprises aux résultats financiers. Les entreprises du CAC 40 n’entreprennent plus du tout. La spécificité française est que la méconnaissance de la recherche, de la technologie et de l’innovation empêche nos dirigeants de comprendre qu’on peut gagner de l’argent avec l’innovation mais qu’il y a aussi quelques risques qu’il faut maîtriser.
Il nous faut retrouver pour ces entreprises d’autres profils de capitaines d’industries, des ingénieurs cultivés, des designers industriels, des autodidactes, des gens connaissant la recherche, la technologie, l’innovation. Il faudra que ces futurs dirigeants aient prouvés par leur expérience professionnelle leur courage, leur capacité d’entreprendre et de gérer. Comme le font les allemands dont on aime prendre exemple, il faut oublier le diplôme (obtenus à 24 ans) pour juger les qualités de nos dirigeants…Il est anormal qu’un dirigeant qui a tout échoué puisse retrouver un travail de niveau identique ou supérieur.
Adopter une politique d’innovation et s’appuyer sur des méthodes pour innover à coup sûr
La seule vraie possibilité pour donner du travail à tout le monde est d’investir de nouveaux pans de la consommation et d’innover sur les futurs produits que nous consommerons et que nous ne connaissons pas. Il faut que nous nous inspirions d’Apple et de Dyson (pas pour les copier mais pour utiliser les mêmes méthodes).
Pour sortir de cette crise des emplois autrement plus grave pour notre pays que la crise financière, l’industrie française doit à l’exemple de Dyson et d’Apple reprendre la création de produits. Il ne faut plus se battre sur les coûts, il faut se battre sur les fonctionnalités nouvelles que l’on va proposer aux consommateurs et sur l’intérêt que ces fonctions auront pour le consommateur dont dépendra le prix qu’il sera prêt à payer.
Ces innovations se dessinent mieux lorsqu’on utilise des compétences variées, réunies sur un site de recherche avec des chercheurs et des designers.
Les designers savent transformer les recherches appliquées en produits et il faut lâcher des designers en liberté dans les laboratoires de recherche pour exploiter les promesses de la recherche et en faire des idées de produits.
Dans les grandes entreprises des équipes de vrais « intra-preneurs » doivent prendre le relais. Un intra-preneur est un cadre capable de manager la création et le lancement d’un produit innovant.
L’intra-preneur doit comprendre quelles innovations vont devenir des succès et de savoir les reprendre à l’état d’idées et s’entourer des juristes et des équipes marketing, techniques…Pour, grâce aux moyens de l’entreprise, les amener sur les marchés. Il doit être soutenu par les dirigeants de l’entreprise.
Pour la France, il nous faut aussi sélectionner avec des experts les filières technologiques qui nous permettront d’investir pour les générations futures (par exemple les économies d’énergie, les sources d’énergie alternatives : géothermie, énergie des vagues, biotechnologies…).
Il est évident qu’il ne faut pas s’entêter dans certaines voies. Par exemple, nous avons vendus les TGV et leur technologie pour une poignée de crises à la Chine et nous serons maintenant en compétition avec leur matériel (moins cher) chaque fois qu’un appel d’offre sera proposé dans le monde.
Il est certain également qu’après FUKUSHIMA nous ne pourrons plus vendre de centrale nucléaire car aucun pays démocratique (si ce n’est quelques dictatures tentées par la bombe atomique) ne nous en commandera.
En résumé : Notre politique industrielle doit lutter à la fois contre l’enrichissement frénétique actuel de nos entreprises du CAC 40 sacrifiant le long terme et du pillage de leurs dirigeants au détriment de l’emploi national. Ces entreprises, d’ailleurs souvent organisées en Holding n’ont plus d’entreprises que le nom car ce sont plutôt des établissements bancaires qui détiennent des participations significatives dans des activités internationales avec les meilleurs outils fiscaux pour payer un minimum d’impôts. Elles doivent contribuer à l’effort national d’innovation.
Initier tous les français au design (il en restera quelque chose pour l’avenir de l’industrie dans 30 ans)
Nos entreprises devraient placer le projet, le Design Industriel et la création de produits industriels au premier plan de leur stratégie. Le Design Industriel tout d’abord, cette belle discipline créative inventée dans nos pays industrialisés pour mettre le beau à la portée de tous, qui fait vendre et adopte pour innover des méthodes efficaces. Pour la génération de dirigeants actuels, c’est trop tard, mais pour les dirigeants futurs il est temps de les former… Le design a des méthodes qui favorisent la création, le dessin, la vision dans l’espace l’appropriation par l’utilisateur. Tous les enfants devraient dès l’école primaire pratiquer cette matière qui renforcerait leur culture artistique, les transformerait en créateurs et leur permettrait peut être de développer aussi leur désir d’entreprendre un jour.
La formation doit débuter très tôt (sans doute dès l’école primaire) en incitant les enfants à créer de petites choses avec les méthodes du design, la créativité des enfants et leurs besoins de rêves.
Le rôle de l’Etat est de mettre le design et la gestion d’entreprise dans les programmes de toutes les classes primaires…ce qui favorisera aussi l’entreprenariat.
Par contre actuellement et depuis une dizaine d’années, on forme suffisamment de jeunes designers professionnels par la formation initiale. On en forme même sans doute trop, pour le peu de programmes de création des entreprises en France (les dirigeants ne sont pas formés et ils ne comprennent pas la différence entre un bon produit et un produit médiocre). Le Design Industriel pourrait être diffusé dans toutes les entreprises françaises par la formation continue. Cela permettrait sans doute des embauches qui éviteraient à nos jeunes designers de s’expatrier en Chine et d’aider les Chinois à nous couler un peu plus tous les jours !
Enseigner le projet et la la création d’entreprise
Du temps des trente glorieuses sortir d’une école avec un diplôme d’ingénieur assurait une embauche immédiate….Ceux qui se dirigeaient vers la recherche ou qui créaient leurs société étaient les plus nuls des promotions car il s’agissait de ceux qui n’avaient pas trouvé de travail dans une grande entreprise. (Dans ce temps là on faisait carrière dans une seule entreprise). Aujourd’hui les grosses « boites » du CAC 40 qui assuraient un emploi à vie et une carrière ne font plus rêver car les plans sociaux et le délocalisations ont terni l’image de l’industrie….De plus en plus d’ingénieurs rêvent de créer leur « boite » et les formations à la création d’entreprise se multiplient…Depuis quelques années beaucoup d’écoles d’ingénieurs ont des enseignements permettant aux étudiants de comprendre l’entreprise. Par exemple à coté des enseignements de gestion et de droit, l’UTC a créé un enseignement à la fois théorique et pratique de projets
Le projet pratiqué dans les UV TN04 et gestion de projet :
1) une formulation du problème à résoudre , (une question initiale)
2) analyser la situation de départ et les pistes possibles pour trouver la solution envisagée
3) quelle stratégies et méthodes utiliser
4) l’action avec des balises (ou des jalons) qui permettent d’établir un bilan à chaque étape…
N.B. : Il n’y a pas de compétition dans le groupe mais une émulation et l’enseignant devient une personne ressource (comme disent les québécois c'est-à-dire quelqu’un qu’on peut mobiliser en cas de problème…)
et aussi un enseignement de création d’entreprise et les élèves ingénieurs qui travaillent leur projet d’activité en binôme le plus souvent repartent avec un business plan et des conseils de pro… Le jury final associe d’ailleurs des responsable innovation de l’UTC mais aussi des incubateurs régionaux. Souvent le projet est à la fois basé sur une innovation technologique qu’il faut mettre au point complétée par une étude du marché, des moyens de production, des finances nécessaires…Tout ce qu’un créateur d’entreprise doit savoir.
Favoriser les équipes projets
Ce type d’organisation industrielle que Renault a expérimenté sur le projet Twingo doit se répandre et il est important de communiquer sur les bonnes pratiques (l’Etat via l’OSEO/ANVAR peut communiquer sur ces thèmes) et former les dirigeants pour qu’ils dédient des équipes détachées pour la création.
Changer la relation recherche universités-entreprises
Les chercheurs doivent avoir un intérêt à travailler avec l’industrie. Le ministère doit réformer l’évaluation des chercheurs car celle-ci devrait davantage prendre en compte les résultats obtenus et transférés dans l’industrie. Il est important que les chercheurs qui passent des contrats avec un industriel soient valorisés…. Les publications et les communications réalisées avec les partenaires de l’industrie (dans des séminaires industriels traditionnellement moins exigeant pour les contenus scientifiques) doivent être valorisées dans l’évaluation des chercheurs car ces communications permettent de généraliser les bonnes pratiques.
Si les contrats permettent de déposer un ou des brevets, ces brevets déposés en commun doivent être également très valorisé dans le parcours de l’enseignant. Par contre si l’enseignant dépose des brevets en solitaire, cela n’a pas la même valeur pour la carrière de l’enseignant car sa pertinence et son développement ne sont pas acquis.
Utiliser la protection industrielle
Pour conserver l’avantage concurrentiel de l’innovation, les brevets et la protection industrielle doivent aussi reprendre leur intérêt . C’était historiquement un quasi-monopole octroyé pour 20 ans par le Roi ou le prince d’une province et ça permettait à un inventeur ou un créateur d’investir dans la production et d’en tirer sur la durée d’exploitation, des bénéfices lui permettant d’amortir sa recherche et ses investissements. Actuellement l’Asie ne respecte pas ce privilège car dans la culture asiatique il est conseillé pour progresser de copier les maîtres…Mais les marques importées de Chine copient souvent des brevets ou modèles occidentaux sans payer les droits (donc sans permettre d’amortir les recherches et investissements), et nos tribunaux actuels nous défendent bien mal !
Les Français utilisent peu la protection car ils savent qu’il faut ensuite défendre ces brevets …. Cela passe par les tribunaux et actuellement les décisions sont mal rendues et surtout trop tardivement.
J’ai vu dans ma vie professionnelle un cas de copie évident de modèle déposé qui pourtant a été jugé comme peu probant par un tribunal de province qui n’a pas accordé de dommage et intérêt au créateur…. il faut que les copieurs soient sanctionnés et que les sanctions soient proportionnées au préjudice.
En France beaucoup d’industriels trouvent inutile de déposer des titres de propriété et de faire des procès car les tribunaux sont trop lents et souvent incompétents….
Spécialiser un tribunal en France…sur la propriété industrielle.
Nous devons spécialiser un tribunal en France (peut-être en région parisienne) sur les problèmes de la propriété industrielle et commerciale pour que les juges de ce tribunal, après une formation particulière, comprennent les problèmes de technique et d’image et réagissent rapidement.
Pour éviter les erreurs et indemniser correctement les victimes, les affaires de copies doivent être traitées par des juges spécialisés et la saisie des copies doit être très rapide. Le jugement doit être rendu par des juges experts (en 15 jours maximum) avant que les copies illicites aient détruit le marché des produits légitimes… (Cela va très vite pour les produits de la mode qui durent une saison soit 2-3 mois).
Il est évident aussi que les dommages et intérêt doivent être calculés pour être justes mais dissuasifs.
Imposer des droits de douane à tous les produits non conformes
Les américains pénalisent nos produits dès qu’ils soupçonnent les Européens d’avoir subventionné leurs industries ou de n’avoir pas respecté leurs critères sanitaires (on se souvient par exemple de l’affaire du Roquefort).
L’Europe doit se décomplexer et la gouvernance Européenne doit nous protéger davantage…
Si les conditions ne respectent pas nos critères sociaux et nos normes Européennes. Nous devons taxer ou refuser les produits fabriqués hors Europe, pour par exemple :
1. supprimer le travail des enfants,
2. respecter des conditions sociales pour la production,
3. respect des normes de sécurité pour le produit fini. L’usage du produit fini : sécurité de l’utilisateur, sécurité sanitaire et ). Je ne suis pas sûr que les jouets importés actuellement soient sans danger pour nos enfants.
En conclusion
En fait c’est une évidence, le problème du chômage en France ne dépend que des industriels et de la manière dont les entreprises gèrent leurs établissements Français, mais une grande volonté politique peut donner l’impulsion.
Notre industrie doit se redresser rapidement pour produire au moins une partie de tout ce que nous consommons. Actuellement l’état ne peut pas relancer par la consommation massivement car cela accroîtrait le déficit de la balance commerciale.
Même si on doit encourager la création et l’innovation dans les PME ce sont surtout les grandes sociétés françaises qui doivent redevenir des sociétés d’entrepreneurs. L’Etat de son côté ne peut pas créer beaucoup d’emplois mais il doit avoir une politique volontariste qui favorise les entrepreneurs c'est-à-dire les industriels qui créent des activités et qui développent l’emploi.
Les entreprises peuvent retrouver des marges en vendant des produits innovants très attractifs, plus chers et de cette façon retrouver les emplois de production dont la France a besoin.
Si nous ratons ce virage, les pays émergents auront dans peu de temps, une puissance industrielle suffisante pour imposer leurs prix de ventes. Ils deviendront très riches et ils pourront racheter toutes nos industries, les délocaliser et imposer des patrons recrutés dans leurs pays (donc moins chers). Ce sera d’ailleurs une belle revanche pour nos ouvriers qui ont été les premiers à souffrir de la mondialisation débridée.
Il faut aussi protéger et défendre beaucoup mieux la propriété industrielle…
Il nous faut réagir vite car si nous attendons trop, les préretraitées et retraités seront morts et nous ne serons plus capables car nous aurons perdu les savoir-faire, de remonter les usines disparues. La transmission des savoirs et surtout des savoir-faire doit se faire d’une génération à l’autre et on doit la réussir sans tarder pour ne pas revenir au Moyen-âge !

