Jeu.
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Déc

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Le Français

Ca avait commencé comme une fable sur le thème de "et si Depardieu avait été vraiment russe"... Au fil des pages, c'est devenu autre chose. Peut-être hors sujet, peut-être pas. Je vous le livre tel quel.

1.

L’eau qui coulait au robinet était ocre. Et froide. Neige blanche derrière les fenêtres, neige rouillée au robinet. La neige était belle, mais pour l’heure René s’en fichait. Il aurait voulu prendre un bain chaud, s’envelopper dans une serviette et se mettre au coin de la cheminée chez sa grand-mère. Peut-être même boire un verre de lait. Il n’y avait pas de lait dans cette maison, ni de cheminée.

La grand-mère avait caché son visage entre les mains quand ils sont venus lui dire au revoir.

- On se reverra plus jamais, alors.

- Ne dis pas ça. Y a pas d’avenir ici. Là-bas, un monde nouveau est à construire.

Elle avait mis en cachette un petit mouchoir brodé dans la poche de René et l’avait serré un peu trop fort dans ses bras.

2.

- « René Ksavierovitch Depardié ? » Eh merde, c’est quoi ce nom? Comment veulent-ils qu’on l’inscrive dans les papiers avec un nom pareil ? Alina Mikhailovna, venez m’aider avec le Frantsuz, je ne sais pas comment l’inscrire. Il parle russe, votre fils, camarade Dépardiev ?

- Pas encore.

- Il faudrait le mettre à l’école allemande.

- Mais il ne parle pas allemand non plus.

- Les enfants d’étrangers vont à l’école allemande. Une fois qu’il aura appris le russe, il ira dans une école normale.

3.

A l’hôtel « Luks » sur la rue Gorki, réservé aux communistes étrangers installés en Union soviétique, il y avait une baignoire dans la chambre et une boulangerie au rez-de-chaussée. La boulangerie attirait les rats qui montaient jusqu’au septième étage où la famille Depardieu – que l’on appelait de plus en plus souvent Depardiev - a reçu une chambre. Si on avait un peu peur des rats, il fallait s’armer d’une branche ou d’un balai pour aller jusqu’aux cuisines. Les parents passaient leurs journées aux réunions du Parti et la mère de René rentrait les joues rosies par l’air sec et froid de l’hiver moscovite. L’hôtel était rempli d’étrangers ; l’Internationale communiste s’y construisait à grands pas et les enfants circulaient eux aussi par bandes. Tous étaient à l’école allemande.

Petit à petit, René oubliait ses envies de baguette beurrée. Il a appris à chiper les brioches à la cantine du rez-de-chaussée et à chasser les rats d’un coup de chaussure.

« Mon petit Depardiev », riait sa mère en le prenant dans les bras.

4.

« Dourak » a été le premier mot russe qui lui a été appris par son copain allemand Rolf. Ca ne devait pas être un mot très poli, puisque Kostia le balayeur bleuissait de colère quand les garçons le traitaient de « dourak » avant de s’enfuir à toutes jambes.

5.

L’hôtel a commencé à se vider petit à petit. La nuit, des voitures de couleur sombre s’arrêtaient devant l’entrée principale, on entendait des bruits de pas dans les étages, parfois des éclats de voix, mais personne n’osait sortir une tête pour voir ce qui se passait.

Sa mère ne l’appelait plus « mon petit Depardiev » et riait de moins en moins. Quand René et sa petite seule Elena étaient couchés, les parents s’isolaient derrière un paravent et chuchotaient jusqu’à tard dans la nuit.

Les enfants disparaissaient en même temps que les parents, mais les chambres restaient ouvertes pendant quelque temps.

Un jour, Rolf n’est pas non plus venu à l’école. En rentrant après la classe, René a vu un officier qui scellait la chambre où vivait la famille de Rolf. Un chat miaulait à l’intérieur.

- Vous allez laisser le chat là-dedans ? demanda René.

L’officier l’avait regardé d’un drôle d’air. Puis il a brisé les scellés, fait sortir le chat et refermé la porte immédiatement.

6.

« Mon petit René,

Je ne sais pas si tu recevras cette lettre. Je ne sais pas si tu sauras encore parler français dans quelques années pour la relire. Maman et moi avons toujours cru aux idéaux communistes et je continue à y croire aujourd’hui, même en prison. Notre arrestation est une erreur, nous rentrerons bientôt. Occupe-toi de ta sœur, il ne faut pas qu’elle aille à l’orphelinat. L’Union Soviétique est ta patrie qui s’occupera de toi mieux qu’une mère, en attendant notre retour.

Ton père Xavier »

7.

La petite Elena ne parlait pas français. Il avait beau lui répéter les mots : « papa », « maman », « école », elle ne faisait que tourner la tête. Papa et maman reviendront, lui redisait encore et encore René.

- Ia ne ponimaiu. Govori so mnoi normalno, répondait Elena. Je ne comprends pas. Parle-moi normalement.

Et puis l’éducatrice est venue dire à René qu’il valait mieux ne pas parler français à sa sœur, sinon elle serait obligée d’interdire les visites.

8.

Lui aussi s’est mis à oublier la langue. Son drôle de prénom était pourtant là pour lui rappeler qu’il était différent. Plus important encore, il y avait la tâche noire de sa biographie : ses parents, jamais revenus du nulle part où ils avaient été emmenés.

9.

Lorsque la guerre a éclaté, il était élève au collège technique, comme tous les enfants de l’orphelinat. Les garçons fabriquaient des pièces d’armement, les filles cousaient des sacs en toile pour les soldats.

C’est là qu’il a rencontré Alla. Ils ont tout de suite parlé russe et ne se sont jamais rien racontés de leurs origines.

10.

Petite chambre en foyer de travailleurs, puis appartement d'une pièce à la périphérie de la ville. René et Alla étaient heureux.

René portait une vieille chapka de fourrure, une fine cravate grise et des lunettes en écaille dont une branche était rafistolée. Alla avait une chevelure permanentée et peroxydée. Sur les photos de famille, ils avaient le même air soviétique rassurant que le reste de leur génération. Alla a appris à faire le hareng en pelisse et le bortsch, René excellait dans l’art des toasts à rallonge. Pour les vacances, ils allaient au sanatorium, grâce aux bons de voyage distribués au le travail d’Alla.

René était serein.

Pour le réveillon de fin d’année, Elena venait avec son fils. Elle était musicienne, divorcée et coquette. Elle ressemblait à Xavier. Tous ensemble, ils chantaient des chansons russes.

Parfois, René avait envie de chanter quelque chose en français, mais l’air lui restait en travers de la gorge.

11.

Jorik, né quelques années après la fin de la guerre, était un enfant turbulent. René et Alla laissaient faire, jusqu’au jour où la milice l’avait ramené à la maison, ivre, après une tentative de vol à l’étalage.

- Faites attention, René Ksavierovitch, avait prévenu l’officier. La prochaine fois, on lui ouvre un casier.

René a pris une cigarette à Alla et l’a fumée dans la cage d’escalier. C’était la première fois qu’il fumait depuis l’orphelinat.

- Tu ne peux pas avoir un casier judiciaire, a-t-il dit à Jorik. Pas toi. Pas nous. Nous n’avons aucun droit ici. Sais-tu ce qui est arrivé à tes grands-parents ?

Jorik a écouté le récit décousu de René. L’hôtel Luks, l’arrestation, les efforts de René pour être un bon citoyen, un vrai citoyen soviétique.

- Mais les temps ont changé, papa.

12.

René n’y croyait pas. Tout ce qui changeait pouvait rechanger dans l’autre sens. Il se rappelait du visage rayonnant des camarades de parti de ses parents, venus accueillir leur famille à la gare à Moscou. Ils étaient mieux que des rois : des camarades de lutte étrangers, ceux par qui le monde meilleur arriverait. Il se rappelait aussi des visages compatissants de ses enseignants, après l’arrestation des parents. René, je crois que c’est la dernière fois qu’on se voit, avait chuchoté Lilia Ivanovna et lui avait glissé un bonbon dans la main.

Le bonbon est resté longtemps dans une poche secrète de son manteau, enveloppé dans le mouchoir de la grand-mère Depardieu.

13.

René est tombé dans la rue, un soir de printemps où il attendait le bus. Selon les médecins, il y avait des chances de survie mais bon. Jorik le regardait sur le lit d’hôpital, gris sur des draps gris. Sans dire un mot et sans ouvrir les yeux, René est parti en quelques jours.

14.

Jorik n’avait pas eu le temps de lui dire qu’il avait commencé à apprendre le français. Apprendre, c’est beaucoup dire. Le groupe de musique où il jouait s’est mis à chanter Joe Dassin et Jorik avait exigé de se faire appeler « Frantsuz », le Français.

Dassin, c’était tout neuf, tout frais. Le groupe a commencé à gagner un peu d’argent au noir en se produisant dans des mariages. Jorik se faisait des costumes disco et avait une certaine allure. La vie commençait à être drôle : discothèques, mariages, boisson à gogo et soirées de drague.

15.

A l’une des soirées où le groupe se produisait, un invité bien imbibé, petit étudiant snob de la faculté des langues étrangères, était venu voir Jorik au fond de la salle :

- Toi, le Frantsuz, t’as vraiment un accent de merde.

Jorik lui avait cassé le nez et brisé quelques dents. Pendant un temps, le groupe a évité de se produire pour ne pas attirer l’attention de la milice.

16.

Jorik avait un nouveau nom de scène, Gérard. C’était classe, ça faisait penser à Gérard Philippe. Avec l’arrivée du capitalisme en Russie, il gagnait de mieux en mieux sa vie. Les nouveaux riches, petits gars baraqués au crâne rasé, adoraient l’entendre chanter en français dans leurs restaurants.

Il a fallu élargir son répertoire : « Tombe la neige », « La bohême », « Je ne regrette rien »… Gérard-Jorik faisait le tour des marchés aux disques pour trouver des enregistrements en français. Il se produisait en maillot rayé et béret, un verre de vin rouge à côté de lui et croyait de plus en plus à son personnage de scène.

- Je suis vraiment français, vous savez.

Ses amis le tapotaient affectueusement sur l’épaule.

- Mais oui Jorik, t’es vraiment français, fiston.

Et comme ils l’aimaient vraiment bien et que les affaires marchaient pas mal, les amis lui organisaient concerts, enregistrements de disques et passages à la télé.

17.

Pour les soixante ans de sa tante Elena, Jorik-Gérard a décidé d’organiser une fête dans le restaurant chic et mal fréquenté d’un ami.

Caviar, mais aussi foie gras et champagne amenés de Paris par une livraison spéciale ; décoration bleu-blanc-rouge dans la salle, petits drapeaux français sur les tables ; French Cancan en musique de fond.

Elena, droite comme un piquet, ses cheveux gris noués en chignon au sommet du crâne, fragile, les lèvres serrées, n’a pas bougé de sa chaise tout au long de la soirée.

Jorik-Gérard ne le remarquait pas et enchaînait avec brio toasts, chansons et discours.

Il avait préparé un numéro spécial. Un ami parisien lui avait amené un disque de chansons françaises anciennes. Un mouvement de la main, et une douce musique emplit la salle :

« Au clair de la lune

Mon ami Pierrot

Prête-moi ta plume

Pour écrire un mot… »

Au deuxième accord, Elena se figea sur place, paralysée, les yeux écarquillés. Puis elle se leva brusquement de sa chaise et sortit en courant de la salle.

18.

Jorik n’a jamais réussi à comprendre pourquoi Elena avait tant pleuré ce soir-là. Un peu trop d’émotions peut-être, ou alors le champagne qui lui était monté à la tête.

19.

Jorik-Gérard se mit à fréquenter les Français, de plus en plus nombreux en Russie, et à se produire dans les cafés qui voulaient une ambiance « à la parisienne ». Il arrivait maintenant à parler la langue française correctement et même son « r » au rouleau compresseur passait pour un choix artistique.

Sur scène, il était invariablement en béret et il fallait remplir de plus en plus souvent le verre de vin qu’il posait à côté de lui sur une petite table.

20.

Sur invitation d’un de ses nouveaux amis français, il se rendit pour la première fois à Paris.

La ville ne ressemblait en rien à l’image qu’il avait en tête. Paris était multicolore, cosmopolite, grouillait de monde et parlait une langue qu’il ne comprenait pas. Qu’il ne reconnaissait pas. C’était douloureux.

Jorik avait envie de repartir immédiatement, mais il était invité à droite et à gauche pour raconter l’incroyable histoire de sa famille.

« Vous êtes des Russes blancs ? Je suis un Français rouge ! », hurla-t-il à table au premier dîner organisé par des descendants d’émigrés.

Mais que pouvait-il dire vraiment de son histoire ? René était parti et Elena s’était murée dans le silence. Et eux-mêmes, que savaient-ils de leurs parents ?

Jorik voulut acheter un nouveau béret, mais il ne s’en vendait pas à Paris.

21.

A son retour, Jorik rendit visite à sa mère. Alla vivait seule dans un labyrinthe de sacs en plastique, bocaux de verre et vieilles revues. Elle n’arrivait à rien jeter et disait lucidement, un sourire confus aux lèvres, que c’était sans doute un écho de son enfance à l’orphelinat.

- Je n’ai aucun objet ayant appartenu à tes grands-parents paternels, avoua-t-elle à Jorik. Nous n’en parlions jamais avec ton père. Tout ce qui était important pour lui tenait dans une boîte.

Au bout d’un moment, elle trouva la vieille boîte à chaussures derrière une pile de journaux gratuits.

Jorik ouvrit la boîte.

Elle contenait quelques coupures de journaux relatant différents épisodes de la vie de l’usine où René avait travaillé. Dans l’un des articles, il y avait une photo de René, assis derrière son bureau.

Une photo de Jorik bébé, une autre d’Elena jeune fille.

Une coupure de presse plus récente, avec un article portant sur un de ses concerts : « Gérard Depardiev, entendre la France à Moscou »

Sous la pile de journaux, un vieux mouchoir jauni plié en quatre, avec des initiales brodées dans un coin.

Jorik fit tourner le mouchoir entre ses doigts, puis le reposa à sa place, referma la boîte et sortit de la pièce.

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Tous les commentaires

05/01/2013, 21:04 | Par cecilevaissie

Anna, tout cela est tellement triste, et chaque ligne de ton texte fait penser à tant de destins bien réels... 

05/01/2013, 21:10 | Par Anna Colin Lebedev en réponse au commentaire de cecilevaissie le 05/01/2013 à 21:04

Tu le sais mieux que quiconque.

05/01/2013, 22:49 | Par GILLES WALUSINSKI

Superbe! Merci de cette fable qui n'en est plus une!

06/01/2013, 01:07 | Par vertige

Chère Anna Colin Lebedev, ces mois sans vos billets ont été longs et je suis contente de vous lire à nouveau.
Voici un très beau texte qui me laisse un goût amer dans la gorge...

06/01/2013, 14:44 | Par Siloë

 

Peut-être hors sujet, peut-être pas

Dans le mille.

Avec toute l'amertume dont parle vertige .

 

Marguerite

06/01/2013, 18:44 | Par seth

"Dourak". C'est un mot que j'avais oublié... Vous nous le rappelez, Anna, au bon moment. Clin d'œil Superbe post, superbe forme, superbe esprit.

Spociba bolchoï y z novym godom. Bisou

06/01/2013, 14:57 | Par Naja

Très beau texte, merci beaucoup d'avoir, à mon avis, "métaphorisé" le réel de Gérard-le-berrichon.

Berrichon moi-même pendant 59 ans, toulousain depuis 10 ans, et pétri de haine pour le Berry et ses habitants tellement méfiants, je suis excédé par la presse qui fait du Gégé une héroïne, alors qu'il a trahi sa classe d'origine et son pays, sa nation. Quitter sa province, c'est un peu quitter son "pays". Je reste fidèle à quelques ami-e-s, là-bas, mais je déteste le "berrichon type", méfiant, borné. surtout quand je le retrouve en moi.

 

Désolé de ces considérations intimes et quasi racistes…

Encore merci, Anna.

06/01/2013, 15:32 | Par GERARD GUICHETEAU

Merci beaucoup Anna, pour ce très beau texte... Le Depardieu ne sait pas où il a mis les pieds.

06/01/2013, 15:42 | Par thomas75013

Voila une très belle illustration du génie slave, rare peuple capable d'écrire des histoires qui feraient pleurer les pierres, avec en guise de faveur un réel talent de plume. Heureusement les russes savent aussi rire avec des blagues vachardes contre leurs gouvernants. Merci pour ce très beau billet.

06/01/2013, 16:56 | Par Christine Marcandier

A vous lire, on en viendrait à souhaiter que la Depardieu saga se poursuive. Juste pour vous lire, encore et encore.

06/01/2013, 18:01 | Par vertige en réponse au commentaire de Christine Marcandier le 06/01/2013 à 16:56

Honnêtement ? Oh non ! Anna, je suis certaine que vous avez mille autres sujets entre la plume et le clavier... "Juste pour vous lire, encore et encore."

06/01/2013, 18:26 | Par Christine Marcandier en réponse au commentaire de vertige le 06/01/2013 à 18:01

C'était ironique (parce que je fuis tout ce qui parle de la saga Depardiev). Donc lire Anna, encore et encore, quel que soit le sujet, évidemment ;)

06/01/2013, 20:13 | Par vertige en réponse au commentaire de Christine Marcandier le 06/01/2013 à 18:26

J'avais bien compris Clin d'œil
"Donc lire Anna, encore et encore, quel que soit le sujet, évidemment ;)" : oui oui oui !

06/01/2013, 18:06 | Par Myrelingues

Je me suis prise au jeu, comme lorsque je suis allée voir "Docteur Jivago" ...Cette littérature russe prend au tripes !

Toute cette nostalgie, cette fatalité  ...

C'était trés beau et si bien écrit !

Un grand merci, Anna Colin Lebedev

06/01/2013, 18:07 | Par Sarah Colin

Chère Anna 

je suis très fière de toi et de ta plume qui nous fait jaillir les larmes asséchées par tant d'accablement que tu réussis à contenir alors que nous pencher sur ces désastres de l'histoire et de tous ces destins broyés nous plonge dans un abîme d'apathie dangereuse parfois. L'écriture est alors un truchement qui nous permet d'avancer avec suffisamment de lucidité mais aussi un peu d'optimisme nécessaire pour continuer de se battre contre la barbarie qui nous guette toujours pas si loin de chez nous.

06/01/2013, 18:19 | Par La Louve ἄλφα

Très surprenant et bon.

Cela m'a fait pensé aux premières scènes du film du Dr Jivago : la rencontre entre le géneral demi-frère du héros et la fille de ce dernier près du barrage hydroélectrique. Tant de mélancolie fatale.

06/01/2013, 23:27 | Par Anna Colin Lebedev

UN GRAND MERCI à vous tous!

09/01/2013, 02:53 | Par Jean Louis Piel

Quel beau portrait de toi-même: cette si jolie adolescente russe devenue française. Évidemment tu es irrésistible par ton acte même : celui de tendre l image inversée du miroir, celle du Passe, cette image a celle grotesque du Present.

Mais je crois que ce qui me touche le plus, c est de voir comment tu nous touches. Tu nous séduits jusqu au bout des ongles. Tous. De lire tous ces remerciements, tous ces applaudissements m émeut aux larmes. Oui, oui. Quel talent! Quelle séductrice! Quelle beauté! C est cela être artiste. Cette maîtrise si profonde des effets. 

C est sur ce terrain, celui de l' art du récit, que tu effaces l' erreur pasagere d' un être humain qui fut un grand artiste à sa manière  . Tu vas jusqu'à le recréer , c'est à dire le transformer en toi pour lui donner une histoire, des racines, et plus une mort, une descendance. Mais par dessus tout une image variable, celle constamment changeante des représentations sociales, politiques. 

Tu es tellement généreuse que tu le réincarnes dans ton imaginaire en lui donnant le plus beau rôle. Celui du père qui voulait vraiment croire pouvoir vraiment vivre comme le modèle de ce quoi on croyait. Un modèle, un citoyen sans passé. 

 J espère que Gérard aura l immense bonheur de te lire. C est cela qui le sauvera. Car c est un acte d amour qui lui est adresse en souvenir de ceux qui, comme lui, se sont prêtes à un jeu qui les a dépasse , A une recherche de rôle  qui les a détruit.

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