Thu.
24
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

hors compétition

c'est comment la vie?

 

il y aura suffit de peu de chose pour me retrouver face au mur

toujours le même mur

 

c'est comment la vie?

quand la vie cesse d'être automatique

mon mur est fait de briques de questions

 

pourtant la ville s'étale sous ma fenêtre

avec l'inconscience d'une bête

les rues sont blanches

les voitures roulent doucement

des gens qui ont froid attendent le bus

il y a des africaines emmitouflées de grands châles en laine

elles sont joyeuses

elles vont ensemble s'occuper des bureaux

tôt le matin

elles parlent forts pour se donner du courage

elles ne sont pas seules

en fait tout le quartier s'entasse dans le bus

les écoliers

les étudiants

les employés

la vieille qui fait son marché

 

tout le monde pousse le monde

 

sur la route les pots d'échappements

lâchent leurs fumées

la voie d'accès de l'autoroute

est paralysée comme chaque jour

 

sur le bord des voies

il y a des papiers sales

qui volent au vent

et nid d'oiseau

qui résistent au vent

étranges hivers

ou les nids sont vident

je cherche du regard

les pies si communes

d'ordinaires

 

a neuf heure le boulanger à ouvert

l'épicier aussi

les fruits sont rentrés pour ne pas gelés

mon quartier a quatre magasins

dont un fermé depuis trois ans

Hamed vends beaucoup de brique de soupe et des bières

il est veuf

il est seul

 

a coté l'hôpital réanime des mourants

des familles rentrent

des familles sortent

c'est drôle

j'ai écrit faille au lieu de famille

ma famille, ma faille

 

dans le parking de l'hopital les chats se promènent

 

une école apprend aux enfants à lire

elle est en préfabriquée

ce qui la rend un peu triste

malgré la force de l'enfance

qui explose à chaque récrée

aujourd'hui les moufles et les bonnets seront obligatoires

dans un coin du couloir

on a monté une pile de gants perdus

vu qu'on renonce

a assembler

chaque petite mains

avec chaque petite mitaine, en particulier.

 

nous avons un parc aussi

abandonné des quartes heures

il fait trop froid pour le toboggan

pas assez de neige pour des bonhommes

le bac à sable

est vide et gelé

 

le froid glace le monde

mais il vit encore

simplement les gestes sont plus lents

 

moi je regarde

j'ai perdu mes gestes quelque part

j'ai perdu

la raison en court de route

 

on est terriblement inutile

lorsqu'on se sent soi même inutile

d'autant plus

lorsque l'on sait la mauvaise foi du vide

là-bas on attend des bras

 

peut être prendre un café chaud

sur la table ensoleillée

peut être que des choses simples

misent bout à bout

feront le gout de la journée

brancher la radio

la musique c'est bon

 

peut être que je cesserais d'être spectatrice

mais c'est pas sûr

il faudrait d'abord

que ce mur de brique

ce mur de brique

autour de ma tête

s'effondre

 

sauf que

quelqu'un

ou quelque chose

remplace toujours les briques

 

 

 

Tous les commentaires

Casser le mur de briques qui nous isole, qui suspend le temps, qui nous immobilise dans le mouvement automatique de la ville qui continue sa course...cela ne pourrait il pas être "simple comme un coup de fil" ?

on est terriblement inutile

lorsqu'on se sent soi même inutile

Non vous êtes utile à notre inutilité...merci

Newsletter
Je m'identifie