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May

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D’un exil l’autre (écho intimiste à la série d’Antoine Perraud, en forme de lettre à un père)

 

Des années après ta mort trop tôt survenue, ton frère aîné me raconta comment, quand il regardait de son balcon les montagnes niçoises, c’était en réalité le Gouraya, où vous conduisaient vos jeux de jeunes garçons des rues, qu’il voyait. Mais je ne saurai jamais ce que tu voyais, toi, lorsque tu t’isolais chaque soir pour contempler le coucher du soleil jusqu’à la disparition des dernières lueurs, assis silencieux sur les marches extérieures de la maison que vous aviez fini par trouver dans ce pays qui, bien qu’étant celui de ta femme, n’avait été pour toi qu’une lointaine patrie découverte bien après ton mariage, et que, par un renversement prévisible de l’Histoire, tu devais maintenant apprendre à considérer comme ton seul pays jusqu’au jour où ce sable des Landes que foulaient tes semelles de corde deviendrait le doux berceau accueillant ton cercueil.

 

Voyais-tu les détails de ce relief dont tu m’avais un jour appris tout le vocabulaire, depuis les vagues de la côte jusqu’aux crêtes montagneuses, de la même manière que tu me disais chaque fleur sauvage, chaque chant d’oiseau, me donnant en les nommant la totalité de ta terre à connaître, à aimer ? Pensais-tu aux tombes jumelles de tes parents laissés dans le cimetière de Béjaïa, si près de la mer ? Ou à tous ces départs préparant ta naissance ? À ton père adolescent quittant une Bourgogne ruinée par le phylloxéra et traversant en famille la Méditerranée depuis Marseille ? À ton grand-père maternel qui, dans les derniers jours de l’année 1834, rejoignit à cinq ans par des moyens de fortune, avec ses parents et sa petite sœur âgée de quelques jours à peine, le port de Ciutadella, à l’autre extrémité de son île natale, pour embarquer vers l’Algérie, portés par le mouvement d’émigration spontanée qui, de 1830 à 1836, vida Minorque de plus du quart de ses habitants ? Ou bien à ton départ à toi, qui n’était en rien un retour ?

 

Le vrai retour, c’est celui que j‘aurais tant voulu pouvoir t’offrir, vers cette île dont le nom n’était jamais prononcé, comme s’il avait fallu, pour devenir vraiment français, oublier la misère initiale, les manières de pauvre, la langue déformée, la naturalisation tardive… ce retour que j’ai, il y a quelques années, enfin accompli, sans toi.

 

Tu n’auras pas lu partout, depuis les enseignes des magasins jusqu’aux inscriptions funéraires, les noms de tes aïeux. Tu n’auras vu ni les calanques inaccessibles, ni ce paysage mamelonné de collines tendrement posées les unes près des autres, leurs sommets tendus vers le ciel, le vert vif de leur végétation et le rouge amarante d’une terre retenue par d’interminables murets de pierres qui en suivent ou contrarient les courbes, construisant une géométrie à trois dimensions qui donne à l’ensemble l’apparence d’un jeu pour initiés. Tu n’auras pas rencontré, disséminés dans la nature et comme hors du temps, les restes de talayots éboulés ou les altières taulas orientées vers le sud que tes probables ancêtres érigèrent à l’intérieur d’aires délimitées par des dalles dressées.

 

Et tu n’auras pas non plus partagé mon étonnement en découvrant combien mes deux plus jeunes fils, ces petits-enfants que tu n’as pas connus, ressemblaient étrangement à ces deux jeunes Minorquins typiques découverts sur des gravures vieilles de plus d’un siècle, avec leurs traits si caractéristiques de la présence arabe pour l’un, et pour l’autre d’une occupation écossaise, le hasard génétique ayant mystérieusement frayé ce fragile passage à travers les exils.

Tous les commentaires

Merci à tonymaj, il sait pourquoi…

Mais "nous" ne le savons pas, et c'est dommage...

C'est un secret, Pierre. À moitié dévoilé plus bas. Mais chut…

En avons-nous jamais terminé avec ces liens douloureux, mais aussi souvent si beaux, de notre passé et de ceux que nous aimons? La spontanéité est toujours belle.

Il est beau et emouvant ce texte Anne. Les silences des pères font souvent les silences des enfants... mais pas toujours, la preuve ! En tout cas, merci beaucoup de ce joli hommage lu a mon retour de vacances, mais il me reste encore une petite semaine de repos avant de repartir a un quotidien quotidien....

Merci à vous deux. Bonne reprise du train du quotidien, Christel…

Chère Anne, Merci de ces confidences aussi retenues qu'élégantes. L'exil est une douleur et une force, un arrachement et une richesse, une coupure et un lien – indissolublement. Connaissez-vous, dans ce registre, l'excellent livre de Benjamin Stora (qui contribue dans le Club), "Les trois exils", sur l'histoire des juifs d'Algérie?

Merci de vos mots, cher Edwy. Oui, je connais cet ouvrage de Benjamin Stora, dont je suis avec beaucoup d'intérêt le blog sur Mediapart. La naturalisation des Espagnols, ces "pouilleux, mangeurs de cacahuètes, escargots, castagnettes…", conséquence de la loi de 1889 – entre le décret Crémieux et l'affaire Dreyfus, donc – qui permettait à tous les étrangers "nés et élevés en Algérie" de devenir Français, a été accueillie avec beaucoup d'hostilité dans un contexte fortement xénophobe. Les Mahonnais (c'est ainsi qu'étaient désignés ceux qui, comme la famille maternelle de Camus, venaient de Minorque) étaient un peu moins mal considérés.

Merci Anne , pour ce beau texte.

Merci

Anne tu écris vraiment bien; merci pour cette belle évocation.

Je ne peux que me joindre à ce concert de remerciements, Anne, votre manière simple, sincère de raconter cette histoire résonne en chacun de nous...

C'est plutôt à moi de vous remercier, chacun, de votre lecture d'un texte qui n'a pas été facile à poser sur mon blog. La très belle série d'Antoine Perraud sur l'exil en a effectivement été à l'origine. Mais je craignais que l'intimisme de ce récit en forme de lettre ne soit pas en harmonie avec le ton général de Mediapart. Vos réactions en sont d'autant plus précieuses.
À propos de l'exil, ces mots de Saint-John Perse trouvés hier : "Une seule et longue phrase sans césure à jamais inintelligible… ô pur langage de l'exil ! Lointaine est l'autre rive où le message s'illumine…"

Merci pour le lien. Vous confirmez ce que j'ai écrit plus bas à Vancouver.

Un souhait: que vous m'aidiez à trouver des textes sur le sentiment d'être exilé dans son propre pays. Re-Merci.

Cher Vancouver, je ne suis pas certaine d'être la personne la mieux placée pour vous répondre. J'aurais à priori appelé exil intérieur ce sentiment dont vous parlez - un sentiment qui passerait par la sensation d'une frontière entre soi et les siens, et parfois même entre soi et soi ? - mais la recherche faite à partir de là sur Google renvoie à un ouvrage de Roland Jaccard , L'Exil intérieur : schizoïdie et civilisation, qui traite davantage d'une question de société que du sentiment singulier éprouvé par une personne déterminée dans une situation donnée.
En ce qui concerne les nouvelles ou romans, je penserais à des auteurs comme Carlos Fuentes (La Frontière de verre), V. S. Naipaul (Un chemin dans le monde), Albert Camus (L'Exil et le royaume), et tous ceux que la vie a mis en contact étroit avec plusieurs cultures. Il me semble cependant qu'il faudrait rechercher plutôt du côté des poètes, Henri Michaux, Frenando Pessoa, et tant d'autres… Est-ce que ce n'est pas ce sentiment-là qui, depuis des siècles et dans toutes les cultures, nourrit la poésie ? D'autres que moi pourraient à ce sujet vous en dire davantage…

Merci d'avoir pris le temps de me répondre, et de votre générosité à partager . Je ne connais pas les trois livres dont vous parlez ci-dessus. J'avais lu cette expression - exilé dans son propre pays - sous la plume du poète américain ( et pédiatre) William Carlos Williams dans son livre PATERSON, comme dite par un habitant de cette petite ville déchue du New Jersey. C'est vraiment un grand plaisir de vous lire!

Et si jamais ça vous apporte autant de plasisir qu'à moi: Ingeborg Bachmann, célèbre en autriche et allemagne ( l'écrivain la plus importante disait Thomas Bernardt), mais pas si connue en France: l'exil intérieur traverse tous ses livres, romans, poèmes ou nouvelles, comme ( de mémoire) Ce que j'ai vu et entendu à Rome, Berlin un lieu de hasard, ou Trois sentiers vers le lac. Je crois que tout est chez Actes Sud.

Merci beaucoup Dominique. édité: J'ai lu " Berlin.." c'est magnifique. Mais ce n'est pas pareil, j'ai l'impression, l'exil intérieur et exilé dans, Et en hommage à Tony et Anne, je vais me remettre à Ovide...

Chère Anne, sans fioritures ni exagération je vous assure bien, mais quand même en espérant vous faire plaisir, façon de vous remercier: Savez-vous, c'est sur moi-même que vous en apprenez un peu plus avec ce petit "jeu de piste" mahonnais. :-)

Eh bien oui, cher Axel, cela me fait plaisir. Et cela me donne l'idée d'un autre billet sur l'histoire peu connue de cette île et les raisons de l'émigration massive de ses habitants au XIXe siècle. À suivre…

Merci à vous pour ce petit joyau littéraire qui m'a emmenée, comme au fil des vagues que porte votre texte, "d'une rive à l'autre" de votre histoire : une histoire de filiation bien ancrée par-delà les flots traversés, une histoire de passage de ce vocabulaire transmis par votre père et que vous avez su recueillir pour nous en transmettre la poésie qui dit l'homme. Irrésistiblement, les vers de Jacques Brel me viennent en association : Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues Et de vagues rochers que les marées dépassent... écoutez-le...

Merci Joha, pour votre fil des vagues et le lien que vous faites avec les vers du poète de ce plat pays qui chante quand le vent est au sud…

Je viens de lire « Désert » de JMG Le Clézio. Ce livre évoque pour moi, entre autre, la solitude, la recherche des racines, la souffrance et le plaisir … Magnifique! Lisez le et relisez le.

Je n'ai pas encore lu Désert, mais cela ne saurait tarder. Merci. Je vous réponds avec, sur ma table, un exemplaire de Gens des nuages, écrit en collaboration avec sa femme Jemia, ouvert sur une photo de Bruno Barbey montrant le "Début du désert au sud de Tan-Tan" : "Ici, chaque parcelle de terre, chaque ombre, chaque pierre roulée par le vent, chaque silhouette de colline au loin est familière. Chaque instant qui passe est une émotion, raconte une histoire. Non pas une histoire grandiose de conquête et d'exploration, mais l'histoire d'un homme et d'une femme qui fuient leur pays à la recherche d'une autre terre, sans espoir de retour."

De retour d'un désert électronique, je découvre votre passage à l'acte d'écrire sur ce sujet, chère Anne Guérin-Castell, qui charrie et suggère, alerte et médite, à propos du «hasard génétique», dont certains se repaissent comme d'un cadastre, alors que vous en montrez l'entêtante saugrenuité, qui nous oblige à de mystérieuses fidélités. Vous voilà en harmonie avec plus important que le prétendu «ton général de Mediapart» : avec cette singularité si particulière de notre commerce (au sens classique du terme) digital... Merci et bravo,

Merci Anne, pour ce doux roulement de tambour, perçu comme un son au loin si connu par tous ceux qui font partie de tribus d'ailleurs. Par les commentaires je vois que votre billet résonne dans les âmes de tous ceux qui ont eu la chance d'avoir pu s'enrichir au contact de plusieurs pays-patries. Que ce soit au cours de leur vie propre ou celle des aïeux. Je reconnais votre nostalgie qui vient aux enfants et petits enfants au détour d'un album photo, d'histoires entendus, d'un voyage, et qui se sentent différents des autres enfants, car ils sont plus blond ou plus bruns, et se sentent comme faisant partie d'une histoire-aventure. Pourtant par fois j'enviais les habitants de mon village qui vivent là où ils sont nés depuis plusieurs générations. Toujours dans la même maison, sur la même colline donnant sur la mer. Leurs histoires et leurs terres se confondent. Chaque pierre raconte leur histoire, chaque bosquet leur murmure à l'oreille. Leur histoire est une histoire qui avance dans le temps, mais qui reste figé dans l'espace..... J'ai eu des envies modestes de filmer cela, mais aussi ces voyageurs qui sont restes, partout sur la terre et que l'on appelle qui exilé, qui réfugié, qui immigré, qui étranger.... D'autres filment et filmeront à ma place avec beaucoup plus de talent, et toujours un regard différent. Merci encore... à suivre?

L'errance étant très tôt devenue ma nature, j'ai longtemps été, comme vous, fascinée par les personnes qui vivent tout près de l'endroit où sont nés leurs ancêtres, parfois dans la même maison. Mais il est encore plus difficile de filmer le temps que de tenter de le dire…

Anne et Tink, Je ne sais comment vous le dire, mais vos pensées-réflexions , me vont droit au coeur, traitant de l'éternité de l'éphémère, et du temps qui est persévérance en acte. Quand à le filmer...je l'ai ressenti pourtant à certains films de A.Cavalier. Bonne fin de soirée à vous deux;

Merci à tous deux. Cheminons encore un peu ensemble sur ce Médiapart très hors des sentiers battus....Vous voluez bien? J'y fais mes premiers pas et ne suis pas encore au diapason. Pardonnez-moi mes fautes d'accords ou sémantiques. Il n'y a pas de comité de relecture avant émission de mes billets. Je les écris seul.....des bouts des doigts. En attendant d’oser ouvrir mon blog, je m’invite chez les autres…quand je vois de la lumière…. Tiens je crois que je commence à saisir ce qui rend Médiapart si différent. En fait c’est comme quand je suis avec des Canadiens. Ils sont bien dans notre langue, mais dans une autre culture, une autre société. Je les appelle les francophones optimistes….au fait « Vancouver », ça vient d’où ? Anne, je ne sais (pas encore ?) filmer, et j’appréhende la déception face au résultat, le jour où je ferai le pas. En fait c’est comme la certitude de ne pas arriver à réussir le gout d’un met d’après le fumet dont on se souvient. Filmer le temps, je pense que c’est possible grâce au paroles pensés et non dits. Est-ce là la grande différence entre l’image et le mot ? Le regard et l’écriture. J’ai toujours aimé les pièces radiophoniques. Pas tellement les histoires, mais les images, lieux, dimensions créés avec des bruits. (Même le froid ou le brouillard peuvent s'entendre.) Ecrire le temps, pour ceux qui sont d’ailleurs, est un exercice qui chemine de lieu en lieu d’une langue à l’autre. Il y a la langue des souvenirs, de l’enfance, de la nostalgie, des repères, puis la langue des découvertes et rencontres, de la raison et des doutes. Parfois il y a d’autres langues, juste pour parler et comprendre, qui ouvrent des portes vers d’autres passés et d’autres présents. Au bout de ma rue il y a la mer Méditerranée. Dans l’absolue elle est pour moi l’image du temps. Elle traverse le temps, immuable. Reliée aux autres mers de la terre, dont celle du Nord où mes ancêtres subissaient les tempêtes, péchaient des moules et craignaient dieu, dans les villages derrière les digues… Pardon Anne, d’être si volubile….comme je disais, je me suis invitée…. La prochaine fois j’apporterai un petit quelque chose… qu’est ce qu’il vous ferait plaisir ? Bonne journée à tous,

Tink, Vancouver, je m'absente pour quelques jours mais je laisse la porte ouverte et la lumière allumée…

Bon voyage Anne, il en est de même pour moi. Une semaine derrière les digues, j'écouterai le son de la mer du nord.. Là ou je vais je n'aurais pas de porte vers le www. Mais j'emporte mes carnets et plumes, pour prendre la mesure du temps. à bien tôt.

Ca-Nada, ici- rien, et vancouver à cause de Malcolm Lowry; bons voyages à vous deux

@ Tink, moi aussi je fais mes premiers pas, je n'ouvrirai pas de blog, mais vous, osez ! Celà me fera une lumière de plus, sur les sentiers de traverse, et j'aime vraiment beaucoup votre manière de raconter. Je ne suis ni cinéaste ni écrivain, j'ai une culture pleine de lacunes et ce sont souvent les mots des poètes que je fais miens...

Très beau texte, Anne : un vrai "chant de mémoire" (une expression que j’emprunte volontiers, ici, au poète Guy Cabanel). Me touche beaucoup ce rapport déchiré, et déchirant, à l’espace, à travers les lieux évoqués, qui restitue par contraste la dépossession d’une durée intime, existentielle. Et que tu accompagnes. Par-delà les traces culturelles évidentes – et effectives –, serait-ce cela l’exil, soudain le temps et l’espace d’une vie rendus inconciliables ? Ce, pour une durée indéfinie, celle précisément de l’exil, et dont l’espace se fait alors l’écho infini ? Autant de réflexions, en creux de l’écriture, ton écriture, qui fait "retour"…

Chère Anne, chère intermittente du songe "d'hiver", silencieuse, que de -joie- à te relire... b,

Merci pour ces mots, chère B .. Me taire encore un peu, comme la neige qui ensevelit de sa douce blancheur mon jardin retrouvé.

Par détours, retours, ratures et biffures, c'est dans ton jardin blanc, connu en été, perdu et retrouvé , que j'espérais un signe, qui est venu, oui, doux. Vancouver

Une soirée à relire...

Visiteuse du soir…

C'est que si je n'avais qu'un seul "je me souviens" à emporter un jour de Mediapart, c'est celui là, ici, ton billet et ses rencontres, de mon début, chère " à contre-temps". L'inverse du remplissage. Ce billet me lave et j'y viens faire ma toilette du soir, tel un chat intuitif, moins timide qu'au 1er jour. Le plein et le silence en même temps que départs et retours. J'aimerais, un jour voir la gravure des deux jeunes minorquins et une photo de tes jeunes enfants

Je n'ai pas oublié ce début. C'était l'été, ma saison préférée, et je ne connaissais pas Vancouver… Les deux gravures, je pourrais te les montrer facilement, elles ne cessent de disparaître et de réapparaître lors de mes rangements. Ce sera plus difficile pour les photos de mes enfants à l'âge qu'ils avaient quand cette ressemblance m'est apparue (à eux aussi, quand ils ont vu ces gravures). Mais peut-être, en cherchant bien…

Je viens de découvrir, grâce à Vancouver. Billet si présent. Et commentaires. Ravie d'avoir croisé Tink ! J'ai découvert Béjaïa, grâce aux liens, mais je crois que je n'ai pas tout compris des voyages, entre le grand père et le père de ton père, Anne. L'île, ton père l'a-t-il connue ? As-tu écrit cet autre billet sur l'histoire de Minorque et de son émigration massive ? Mais ce qui me reste c'est l'image de cet homme regardant vers un horizon lointain, au soleil couchant. Un père se retournant sur sa vie, peut-être. Ou peut-être pas. On ne sait pas.

Merci de ce retour, Fantie, et merci aussi à Vancouver, la veilleuse des billets aux blogs dormants qui t'a conduite ici. Oui, les commentaires sont très présents aussi. Certains m'ont permis de découvrir ce que j'ignorais avoir mis dans ce texte. Celui de Patrice Beray, notamment. Je crois que je ne l'aurais jamais écrit comme ça, et surtout mis sur mon blog, s'il n'y avait eu cette série d'Antoine Perraud. Est-ce que tu l'as lue, Fantie ? Je te la recommande. De mémoire, je dirais qu'il y a six articles. Ils doivent être faciles à retrouver. ( je viens de les trouver : cliquer sur "tous les articles" en bas de la page Culture et idées, ils se trouvent page 15)
Pour arriver à faire comprendre les voyages, j'ai dû faire beaucoup de rectifs sur le texte initial. Il y a quelqu'un ici qui pourrait en témoigner… Et tu me dis que ce n'est pas encore ça ! Est-ce que ça a tellement d'importance. ? Ce qui compte, c'est la Méditerranée traversée dans les deux sens, toujours un départ, jeune pour le grand-père et le père, et plus vraiment jeune pour le petit-fils et fils. Qui n'est jamais allé sur l'île. Je ne peux en dire plus.
Quant à ce billet sur l'histoire de Minorque, deux raisons se sont liguées pour qu'il reste dans les limbes. Il m'a semblé que cela n'intéresserait pas grand-monde sur Mediapart. D'autre part, bien que je sois en possession d'à peu près tous les éléments (j'ai passé des heures à la bibliothèque de Mahon, la capitale de Minorque, à lire des ouvrages en trois langues, castillan, catalan et français), et malgré le caractère très singulier, pittoresque même, des motifs de cette émigration, je m'empêtrais dans la succession des événements historiques qu'il est nécessaire de reprendre pour arriver à l'époque en question. L'histoire n'est pas mon domaine, et j'avais l'impression de faire un indigeste mélange wikipédiesque. Ce n'est pas le type d'écriture, démonstratif, dans lequel je me sens à l'aise. J'ai suffisamment donné (et souffert) en rédigeant les 800 pages de ma thèse.

Merci de ta réponse, Anne. Non les précisions n'ont pas d'importance, c'est juste ma passion logico-géographique qui parlait. Peut-être nous parleras-tu un jour, toi, de cette île, de ton écriture à toi, une fois oublié le savoir indigeste !

Je laisse cette idée faire son chemin, Fantie. À bientôt. J'ai quelque chose à te dire à propos des radis et des limaces, mais ce sera ce soir ou demain, sur le fil de Myriam.

D'un exil l'autre, je profite de la porte ouverte, pour te signaler Anne, en presque hors sujet ( quoique); une très belle expo du peintre Gilles Aillaud: " y compris les animaux..." C'est jusqu'au 28 juin, au musée de la chasse et de la nature, 62 rue des Archives à Paris

Merci, chère Vanc'. C'est noté sur mon agenda, pour la prochaine fois où je serai parisienne. Je ne connaissais pas l'existence de ce musée. Ce sera l'occasion. Le titre de cette exposition, déjà, me touche beaucoup. Particulièrement aujourd'hui, où le chevrier de mon village vient de m'entretenir longuement de ses poules, de ses canes et du renard. On dit toujours 'le' renard, alors qu'il y en a sûrement plusieurs … J'ai hâte de voir l'expo de Gilles Aillaud.

Au rez de chaussée, il y a une dizaine de grandes toiles; il faut ensuite monter au 2ème étage, et y rester un peu, en cherchant... Gallimard, dans sa collection " le promeneur", a publié à l'occasion de cette expo, un petit livre qui te plaira , ( 12 euros), j'en suis sûre, de Jean-Christophe Bailly: "Le visible est le caché". Sur, les cages, les zoos, les .".territoires," et les présences-absences

Merci Vancouver, de ces précisons. Je lirai aussi ce livre. Jean-Christophe Bailly, tu le sais certainement, a écrit le livre consacré à Jean-Pierre Duprey dans la collection "Poètes d'aujourd'hui", chez Seghers.

Oui, je ne l'ai pas encore lu. Merci encore Anne,de ces croisements de hasards, de routes, de rythmes. Et pour la goélette.

Anne, je relis votre billet. Il m'évoque souvent plein de choses... Et puis vous écrivez si bien...

Et puis je crois qu'il ne faut pas avoir peur d'une écriture intimiste. C'est souvent douloureux, pénible, pour celle ou celui qui écrit, évoque, mais je crois que notre monde manque de transparence, que nous souffrons de l'opacité. Les murs murent, murmurons nous les uns aux autres les secrets de nos adolescences troubles. Nous sommes si souvent figés dans des postures théoriciennes, bombant le torse dans une attitude mâle, que nous croyons mâle. Que nous pensons adulte. Nous n'avons pas fini de grandir, ne croyez-vous pas ? En tout cas j'aimerais beaucoup lire d'autres billets d'une aussi haute tenue que celui-ci... De vous. A vous.

Merci Pierre, de tout ce que vous avez écrit à propos de ce texte. Comme vous, je crois que je n'ai pas fini de grandir, je m'en rends compte tous les jours. D'autres textes dans le même registre que celui-là, j'en ai de nombreux en instance, un peu partout, cahiers, carnets, feuilles volantes. Peut-être un jour, je ne sais pas quand, ni par quel bout cela viendra. J'attends qu'il y ait quelque chose de l'ordre d'une évidence. La douleur n'est pas que dans l'écriture. Il me semble au contraire que celle-ci, comme la mer, peut laver toutes les blessures (c'est Jean Epstein qui écrivait cela à propos de la mer, après qu'il fut devenu passionnément amoureux de la Bretagne et de ses îliens).
Je connais cette tentation de bomber le torse dans des postures théoriciennes. Elles correspondent à ce que nous avons appris à faire. Faire le beau, faire le savant, faire l'homme (et la femme)… J'essaie de glisser du sensible dans les miennes, le plus possible, et du sens, avec le regard. Connaissez-vous "mon" édition INVU (http://www.mediapart.fr/club/edition/invu) ? Elle est un peu en sommeil, mais je vais reprendre ma série d'articles bientôt.

Oui, l'écrire doit provenir d'une évidence... Peut-être de la nécessité de combler un vide, un manque, ou une faute. En tout cas, les vies dansent...

Re-merci, Anne : je viens de lire et relire la suite série d'Antoine Perraud. (Mon départ en vacances m'avait arrêtée au deuxième épisode. Et ensuite j'avais fait une pause de 3 mois.)
J'en sors avec l'idée du kaléidoscope humain qu'Arte présentait : diversité infinie, mais unité du visage humain Voici le lien pour le premier récit : http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/270708/paroles-d-exils-16-l-impression-d-etre-une-femme-invisible Ensuite ils s'enchainent.

Merci fantie. ps)(Je n'ai pas de jardin, ni de limaces, salades et escargots, mais j'en ai la mémoire, enchantée et vivante, grâce à toi, Anne et Myriam)

@ Vancouver : je leur dirais, que tu les connais ! la prochaine fois que j'irai leur faire voir du pays. Je leur raconterai Vancouver.
Et ce que j'ai envie de te dire, de vous dire - grâce à notre rencontre, (ici, et en écho sur d'autres billets ou livres, écrivant à propos de vies) : Remonter les billets. Le mouvement de la mémoire : celui de la culture ? Ce mouvement ne remplit pas, et il est le contraire de l'immédiateté de notre époque. Il débouche sur de nouvelles questions, de nouvelles pistes. La culture vivante, celle qui ne se consomme pas, mais qui se remonte. Avec efforts, comme les saumons cherchant la source ?
(Le remplissage ou quel vide à combler)

Hier, Anne et Fantie, j'étais à l'Odéon de 14 à 20 H, pour des débats-rencontres sur les élections européennes; un des thèmes était: "Ce premier acte fera la part belle aux regards hybrides posés sur l'Europe par l'entremise de témoignages d'artistes et d'intellectuels qui, chacun par leurs parcours singulier et parfois leur exil, interrogent notre passé et notre vision du monde, contribuent par leurs créations à la diversité d'un continent " ouvert" et au final, viennent enrichir le fonds commun d'une citoyenneté en devenir." Dans les intervenants: Dany Cohn-Bendit, Elias Sanbar, Yuri Andrukhovych, Alès Debeljak, Edgar Morin, entre autres, il y avait trois femmes formidables - Elif Shafak, écrivain(e) turque; Marjane Satrapi, scénariste iranienne, Hoda Barakat, écrivain(e) libanaise. L'une d'entre elles a cité le livre de Hannah Arendt: Les Apatrides, et une phrase de Arendt: " Je - n'aime - pas mon pays", j'aime- mes amis" . ( Odéon-Présent composé-Atelier de la pensée, Dimanche 26 Avril 2009: Six heures pour l'Europe des Cultures )

Hannah Arendt a raison, ce sont des personnes, vivantes ou mortes, ce qu'elles représentent pour nous, ce qu'elles nous ont laissé, que l'on aime. Parfois aussi une terre particulière, un accent de cette terre. Ou du ciel, ou de la mer. On les dit nôtres, juste pour indiquer qu'il nous nourrissent toujours. Les élections européennes sont une bonne occasion de mettre un peu au clair notre besoin d'appartenance. Dans 'je suis', on entend aussi le verbe 'suivre'… Merci chère Vancouver, pour ton intelligence des êtres et des choses.

Tu aurais pu être avec ces trois femmes "singulières", et je pensais à ton billet quand elles parlaient. Oui, les élections européennes sont l'occasion, et Cohn-Bendit est pourtant le seul à le faire pour l'instant.

@ Vancouver et Anne : J'aime certains écrivains comme s'ils étaient mes amis, car ils m'ont soutenue, littéralement, pendant une période très sombre de ma vie (je les appelais même par leur prénom à ce moment là, Franz et Virginia) tellement j'avais l'impression de partager quelque chose avec eux, et je les remerciais d'avoir fait l'effort de traduire par des mots ces sentiments là. Mais je me suis attachée aussi à des pays étrangers, à travers leur littérature, parce que ce qui ici était mon étrangeté l'était moins ou pas là-bas.

Ces trois femmes ont dit qu'elles ne voulaient plus qu'on leur demande leur " origine"... Elles ont dit qu'elles préféraient le "et". Libanaise ET française. Là je dois partir travailler sur la laïcité et les blogueurs en pyjama...Alors à demain ! Grand Merci à toutes deux

C'est l'une des grandes choses de ce monde actuel qu'on dit "multiculturel" ou "globalisé" ou autres termes de marketing musical (par exemple, entre autres), pour désigner les mélanges, tissages et unions de styles ou de genres, et de générations différentes aussi. Ceux qui furent si longtemps regardés bizarrement ou avec circonspection, parce qu'ils ne choisissaient pas clairement "leur camp", ceux dont l'eclectisme (politique, culturel, géographique etc.) était simplement méprisé voire craint ou haï, et qu'on cataloguait "caméléons" ou "opportunistes sans âme", ceux-là, de plus en plus assumés par de plus en plus de gens de culture et de raison, vont enfin pouvoir exister normalement dans un monde qui est interactions et échanges, et non cloisonnements et replis sur des identités fermées.

Avant de partir, oui, Axel, c'était le 2ème thème de la journée d'hier: " Ce second acte sera plus particulièrement dédié à l'échange et à la réflexion sur la diversité et la multiplicité "congénitale" de l'Europe; une multiplicité construisant une forme d'identité non statique et non impériale, une identité en devenir, en mouvement et fondée sur les interrelations ouvertes entre des cultures qui dépassent largement le champ des " composantes" historiques de l'Europe en tant que continent." . Le 3ème thème, c'était: " Il faut être déchiré par quelque chose qui nous dépasse pour penser ".

D'accord avec Axel. ce qui m'a sauvée de l'enfermement idéologique c'est sans doute la culture - un appétit éclectique pour celle-ci, ne s'occupant pas des frontières de toutes sortes. @ Vanc' : le troisième atelier... vraiment j'espère que tu nous donneras un écho. Et enfin : "je dois partir travailler sur la laïcité et les blogueurs en pyjama ! Les blogeurs, ou toi !? Question de virgule possible !

Comme vos interventions récentes sont bien dans le prolongement du billet initial ! De la multiplicité congénitale, Axel, nous en savons quelque chose, toi et moi, non ? J'espère que, au moins sur ce plan-là, un monde plus ouvert est en train de se tisser dans les nouvelles générations. Entre les générations, cela me paraît plus difficile. Possible pour les questions politiques, au sens large, mais je crois que chaque génération a besoin de fabriquer sa propre culture, c'est même un défi qu'ils lancent à ceux qui les ont précédés. Et puis, toute nouvelle génération demande des comptes à la précédente. Et il faut répondre. Quant au sentiment d'étrangeté, c'est tellement multiple. Quelquefois on aimerait avoir plus de mots… Je comprends bien ce que tu dis de certains auteurs étrangers, Fantie. Est-ce que tu as entendu comme moi récemment Viviane Forrester parler de Virginia à la radio (il me semble bien que nous écoutons la même) ? Cela m'a donné très envie de lire son livre. Et pourtant, je suis assez rétive, d'ordinaire, à ces effets de promotion.

Non, je n'ai pas écouté Viviane Forrester, sans doute par crainte de je ne sais quoi. Peut-être parce que j'en suis restée au beau livre de Geneviève Brisac et Agnès Desarthes (V. W., ed de L'Olivier), et que je ne ressens pas le besoin d'un autre regard pour le moment. Si tu lis V. Forrester, tu nous raconteras ?

Oui. Je n'ai pas lu non plus celui que tu cites. En général, les biographies me font un peu peur. Et pourtant…

A propos de lettre au père, j'ai feuilleté tout à l'heure celle de Franz (Kafka) (Folio), parce que lui et V. sont sur le même rayon d'étagère, tout près. Terrible, cette histoire là. Un modèle de l'éducation négative, de la contre éducation, je ne sais pas comment dire. Mon marque page m'a rappelé : "le mystérieux pouvoir qui te rendait inattaquable". Je m'arrête là. Mais que les nationalités et culture sont de peu de choses chez ces écrivains qui s'évertuent à creuser sous ces apparences en quête du plus - universel - humain, plutôt. Un père, une mère ;ou l'absence d'un père, d'une mère. Et chaque existence est nouée.

Oui, cette lettre est un modèle. On devrait la faire apprendre par cœur aux futurs parents. Je ne connais pas de chose comparable qui aurait été écrit par une fille à sa mère. Et pourtant…

Elles ne sont pas publiées, peut-être. Encore une limite, là. Quelque chose qui ne peut se dire - ou qui ne veut pas se dire. Ou pas de cette façon.

@ Fantie, non, pas " d'écho", pour le 3ème atelier, pour l'instant, mais peut-être des "ricochets", par ci, par là. Vous donnez envie pourtant d'écrire une "lettre à une mère"...

Août 2008- Août 2009- ... Une espèce d'anniversaire chère Anne . Amicalement, Vanc'

Bon anniversaire à toi, cher Vanc'. Un an de plus et des projets plein les mains, pour toute une année encore…

Déjà-plus et Toujours-encore ...

(Paul Celan -Le Méridien-)

Oui, toujours encore. Je relis ce texte à tomber... Merci à Anne de l'avoir écrit, à Antoine de l'avoir suscité et à Vancouver de l'avoir fait si magiquement remonter !

Non, chère grain, je n'ai rien suscité. Et je viens de me rendre compte que je n'ai même pas commenté non plus, Anne me pardonne! Souviens-toi: j'avais alors de nombreux secrets. J'en ai vendu quelques-uns. Jamais je ne donnerai celui-là. Il m'est trop cher.

Moi aussi, je fus, je suis toujours ému par les souvenirs évoqués ici par notre amie Anne.

Le discret plaisir de se rendre compte que tout n'est pas dans la disparition.

Merci aux trois fées, Vancouver, Grain, Marielle, qui ont redonné vie à ces mots liés à un passé, et aussi à notre passé commun, nous qui sommes toujours là. Deux ans déjà…

Tony, je te rajoute aux fées (c'est quoi le masculin, déjà ?), j'étais en train d'écrire quand tu as mis ton commentaire.

Je crois que Grain pensait à un autre Antoine.

Effectivement. C'est bien Antoine Perraud qui a suscité. Je me suis fait piéger par un très bon souvenir. Ça garantit le secret...

Anne, tes mots donnent envie d'écrire comme certains ballets donnent envie de danser, comme certaines musiques donnent envie de chanter. Peut-être écrirai-je sur d'autres exils, sur d'autres croisements de branches généalogiques. Moi aussi j'ai l'impression que ces textes sont en marge de Médiapart tout en pensant très précisément le contraire.

En marge de Mediapart ou pas en marge.... n'est ce pas aussi à nous , cher Serge, qu'il appartient de le décider ? A mes yeux, si le journal se nourrit d'infos et d'enquêtes très poussées, et est bâti précisément dessus, ce plus de vécu et d'humanité qu'apporte ce billet d'Anne miraculeusement ressuscité, n'est-ce pas à nous, abonnés, qu'il appartient de le faire vivre, de l'animer et de le prolonger ?

Se contenter de commenter l'actualité, quand, à quelques querelles de chapelles près (et parfois non des moindres), on est grosso merdo dans le même bateau, à côté, me paraît bien illusoire. Et je ne parle pas de ce qui concerne ne se servir du site que comme simple brosse à reluire son ego...

Si Mediapart a une richesse, en dehors de son Journal, c'est celle qui pointe (et pointait déjà il y a 2 ans) au travers de billets comme celui-là !

Alors c'est vrai, la question reste posée: en marge ou pile poil dans le cœur du sujet ?

 

Merci Serge. Comme j'aimerais que mes mots toujours dansent et me surprennent ! Quelquefois, je les trouve si lourds. Comme en ce moment, où je peine sur une communication que je dois faire la semaine prochaine…

J'aime les marges, je m'y tiens volontiers parce que je m'y reconnais.

En attendant de te lire…

Je viens de rentrer du cinéma La Clef, rue Daubenton, Paris 5 ème. Ce soir il y avait "La Confiteria ideal"de J.Bokova, sur Buenos Aires, son économie, sa crise, son tango, ses exilés...

Vendredi 15 Octobre 2010 , à 20H ,

toujours à La Clef, projection et rencontre- -discussion avec Tony Gatlif,sur son film de 2008 :LIBERTE , (sur le drame occulté dans l'Histoire, l'holocauste des Roms).

Bérangère

Oui Anne, deux ans, du vous au tu, des apparitions aux disparitions, et "L'éternel retour". Ton texte,( comme dit Celan) ,-dure- aux "confins de lui-même".

Je vous embrasse, chers promeneurs.

Le retour de ce texte est aussi une occasion, en parcourant les commentaires, de voir tout ce que la fréquentation du Club m'a apporté.

Ainsi, je ne sais pas si je te l'avais dit, Berangère, je suis allée voir l'exposition des tableaux de Gilles Aillaud, et j'ai acheté le livre de Jean-Christophe Bailly, Le Visible est le caché. Ainsi, j'ai aussi découvert l'œuvre d'Ingeborg Bachmann, comment ai-je fait pour vivre sans ? Ainsi, voyant la signature de Marielle, je pense aux peintres qu'elle m'a fait découvrir. Il y en a bien d'autres, et notamment le goût des mots, que nous sommes nombreux à partager, bien que je me sente souvent si maladroite avec eux.

Ce n'est pas un bilan, juste une manière de pointer l'absurdité de la tentation du départ, que nous avons tous connue, à un moment ou un autre.

Il me semble avoir lu que ce n'est qu'en 2025 qu'on aura accès à toute la correspondance Bachmann-Celan dont on n'a que des extraits pour l'instant.

Chère Anne, l'absurde, l'absurdité,tu le sais est peut-être un illogisme ou une autre forme de logique. Bonne journée.

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