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Lettre à Corinne N. après ma visite à Florence Cousin
Chère Corinne,
Comme je te l’ai dit au téléphone, j’ai vu Florence Cousin dès mon arrivée à Paris, hier après-midi. Bien que les portes et les fenêtres du 11 rue Béranger soient hermétiquement closes, c’est sans difficulté que je suis parvenue jusqu’à elle. Les amis veillent.
Elle va bien. Je l’ai trouvée très calme et très vivante. Elle m’a tout de suite annoncé que son taux de potassium et sa glycémie étaient bons. Ils sont régulièrement surveillés par le médecin du travail qui passe la voir tous les deux jours. Elle a aussi un électrocardiogramme une fois par semaine. Elle hiberne, dormant beaucoup, et économise ses forces pour tenir le plus longtemps possible.
L’endroit où elle vit dans le hall du journal est comme un îlot délimité par quelques fauteuils. Au centre, son couchage, avec un matelas confortable à même le sol. Tout près, un petit lac bleu et vert d’eaux minérales en bouteille, de toutes les marques. C’est elle qui le demande. « Pour avoir différents goûts, parce que je suis gourmande », explique-t-elle en souriant. Au-dessus de sa tête, affiché sur le mur en gros chiffres rouges, le nombre de jours : 26, le même que celui que tu avais écrit le matin en commentaire sur les différents billets. Elle raconte qu’on aurait bien voulu qu’elle aille la faire à l’hôpital, cette grève de la faim. « Pourquoi pas à l’étranger ?», ajoute-t-elle en riant. Aucune haine, aucun ressentiment ne l’anime.
Il est temps, après ces premières impressions, d’en venir à ce que j’ai compris. Je l’ai longuement interrogée, restant près d’une heure auprès d’elle, partagée entre la crainte de la fatiguer avec mes questions, mes demandes de précisions, et la nécessité de me retrouver un peu dans tout ce que j’avais pu lire auparavant, sur Mediapart et ailleurs. Je prenais des notes et, comme je n’écrivais pas assez vite, elle a très volontiers repris, précisé, répondu à toutes mes questions.
Chère Corinne, je ne suis pas journaliste. Si mes informations sont incomplètes, c’est que je n’ai pas pensé à revenir sur certains points, dont un que je signalerai au passage. Je ne suis pas non plus allée comparer avec d’autres sources. Ce n’est pas mon boulot.
Une femme qui ne réclame que la justice
Le 23 mai 2007, la direction, par un engagement écrit et signé, lui promettait qu’elle aurait un poste à l’édition à l’issue d'une période de 18 mois effectuée en tant qu’attachée de direction au service photo. Elle a accompli ces 18 mois, sans obtenir ensuite le poste promis.
Plus récemment, lors d’une assemblée générale, Laurent Joffrin a affirmé qu’il n’y aurait aucun licenciement, uniquement des départs volontaires perlés, 9 en tout. Florence n’était nullement volontaire pour partir. Elle se trouve la première licenciée.
Il n’y a pas eu ensuite de réelle procédure d’arbitrage, mais une sorte de commission de conciliation sans représentant de Florence. Cette commission comprenait trois représentants des patrons de presse, dont Francis Morel, directeur général du Figaro et président du Syndicat de la presse parisienne, ainsi que des représentants des syndicats. L'équipe de Laurent Joffrin avait concocté un dossier entièrement à charge qui la présentait comme « une aide-comptable illettrée avec un lourd passé psychiatrique ». Au point que les représentants du syndicat sont ensuite venus lui demander si elle se sentait capable de faire des études.
Or, si elle était effectivement entrée à Libération comme aide-comptable, c’est en suivant une formation qu’elle est devenue comptable. Elle n’a d’ailleurs jamais arrêté d’en suivre, jusqu’à celle de Secrétaire de rédaction à l’automne dernier, sur laquelle nous avons un témoignage de première main gâce à Grain de sel. Elle avait même, en mai 2008, pris sur ses congés pour suivre une formation en écriture avec un DIF. Par ailleurs, elle a également suivi des études supérieures jusqu’au niveau de la licence tout en travaillant, publié deux livres pour enfants et écrit une centaine de papiers pour Libération. Tous les éléments correspondants ont été, bien entendu, fournis aux syndicats.
Florence Cousin m’a dit aussi qu’elle se battait en même temps pour une certaine idée de "son" journal. Je ne développerai pas, faute de pouvoir étayer par une enquête ce qu’elle m’en a dit, mais l’évolution de ce journal qui se voulait différent a rattrapé l’évolution actuelle de notre société, avec des choix économiques qui sont, nous le savons bien, d'une injustice flagrante. J’ai malheureusement oublié de lui demander si elle était prête à accepter la décision d’une véritable commission d’arbitrage.
L’argent ne fait pas la justice
J’avais également le souci de comprendre quelque chose à la différence entre les sommes citées par les uns et les autres. Je ne suis pas non plus spécialiste de ces questions, mais je crois avoir compris pourquoi Florence Cousin maintient qu’elle n’a que 26 000 euros et non les 70 000 ou 80 000 annoncés un peu partout.
Ces 26 000 euros correspondent à l’indemnité légale de licenciement à laquelle elle a droit compte tenu de son ancienneté et de son salaire. Les 80 000, qui se révèlent être plutôt moins de 70 000, à ce qu’elle toucherait si elle signait l’accord de départ proposé par la direction.
Oui mais, en signant cet accord, elle perdrait du même coup toute possibilité d’aller aux Prud’hommes. Or elle est absolument certaine de gagner devant les Prud’hommes. Une certitude confirmée par un avocat. Voilà pourquoi elle affirme n'avoir que 26 000 euros.
Les « bons » comptes de la direction
La proposition de 70 000 euros qui lui a été faite correspond aux indemnités du dernier plan social en 2005. Cette somme n’est devenue 80 000 que par l’ajout du coût de la formation (formation proprement dite et salaire, d’après ce que j’ai compris) qui lui est proposée dans le cas d’un congé CIF. Or c’est l’Etat, et non Libération, qui prendrait en charge ce coût.
De plus, pour que Florence Cousin puisse bénéficier de cette formation en congé CIF qui pourrait débuter en septembre, son préavis légal a été porté de deux à quinze mois. Mais les mois supplémentaires de salaire, au-delà des deux mois réglementaires, qui lui seraient payés jusqu’à septembre seraient déduits des 70 000 euros.
Avant de te laisser, chère Corinne, pour me rendre au meeting du Zénith, j’ajoute que Florence n’est pas seule. Elle est chaleureusement entourée, des amis lui apportent ce dont elle pourrait avoir besoin. Elle peut nous lire directement sur Mediapart, elle a pour l'instant facilement accès à un ordinateur. Elle était ainsi au courant, lorsque je me suis présentée en arrivant, que j’avais écrit quelque chose pour elle sur mon blog. En la quittant je lui ai dit, de notre part à tous, que nous pensions à elle. Un grand sourire a illuminé son visage.
Encore une chose. Pourrais-tu trouver, comme tu sais si bien le faire, et mettre pour elle un bouquet virtuel. Que cette journée du 8 mars soit avant tout sa fête à elle.Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est parce qu’elle est une femme que cette injustice lui est faite. Trois générations de femmes ne se sont pas battues pour qu’on en soit encore là, aujourd’hui. Mais j’ai la conviction que c’est, aussi, parce qu’elle est une femme.
Amitié, Anne


Tous les commentaires
Sauve-toi, Florence !!!! Prend l'oseille et tire toi. Fuis les tous et oublie les !
Je dis la même chose que Grain de Sel. J'ajoute: même si l'on comprend la détermination de Florence, se suicider pour cette cause n'est pas - ne doit surtout pas être - la solution. Et ses amis doivent le lui dire, le lui redire, l'en convaincre, sans se décourager.
Réveille-toi, Jean-Paul, ils sont devenus fous à Libé ! En ce 8 mars cette situation que vous nous décrivez avec tant de pudeur, chère Anne, sonne encore plus douloureusement. Simone, si elle était de ce monde, constaterait, comme ma soeur dont c'était le combat, qu'il n'y a malheureusement pas d'innocence dans ce choix fait par le directeur de Libération. Quant au CIF, il est abusif d'ajouter son montant pour gonfler le chiffre des indemnités !
Oui mais, en signant cet accord, elle perdrait du même coup toute possibilité d’aller aux Prud’hommes. Or elle est absolument certaine de gagner devant les Prud’hommes. Une certitude confirmée par un avocat.... D'accord, mais il faut absolument qu'elle sache que si elle va aux Prud'hommes, cela peut mettre 3 ou 4 ans avant d'être tranché. Et que ces 3 ou 4 ans, il faut qu'elle les utilise à vivre, à se reconstruire, à découvrir qu'il y a une vie après Libé. Je suis déjà rassurée de découvrir qu'apparemment elle ne parle plus de sa volonté d'être coûte que coûte réintégrée dans le journal, ce qui serait de la pure folie vu ce qui se sera passé. Qu'elle sache aussi, qu'aux Prud'hommes, même s'il ne fait pas trop de doutes qu'elle gagne, ce ne seront pas forcément 70 ou 80 000 euros qu'elle remportera, mais ses indemnités légales + éventuellement une petite indemnité pour préjudice moral et point-barre. Le tout dans 3 ou 4 ans.... Et encore, si Libé n'a pas mis carrément la clef sous la porte entretemps ! Ce que je comprends mal, c'est pourquoi elle reste fixée autour de la somme des 26 000 euros de ses indemnités légales. Quelqu'un a pensé à lui montrer l'accord qui a été signé entre la direction et Infocom-CGT (document paru dans l'un des fils qui lui sont consacrés car Vincent Truffy a eu la bonne idée de la publier) ? Il faut à toute force qu'elle en ait elle-même connaissance et puisse se décider en connaissance de cause avant que la direction retire ses propositions.....et avant qu'elle y laisse, elle, ce qu'il lui reste d'énergie, de vie et de santé ! Sauve-toi, Florence !!!!! Il n'y a aucune honte à dire "j'arrête", ne crois surtout pas que ce serait capituler !
A ma connaissance, nombre de subalternes abusés par des promesses de promotion verbales ou écrites, une fois devenus "indésirables" (du jour au lendemain parfois) signent des accords transactionnels avec leur direction, empochent le chèque en sa totalité et ensuite filent aux Prud'hommes, que nul ne peut leur interdire, et même après avoir juré craché qu'ils en resteraient là... Raison de plus quand on leur colle un profil psychiatrique sans l'ombre d'une expertise ! C'est bien un monde de fauves que vous décrivez : qu'à cela ne tienne, une fois dehors, plus de lien de subordination, donc mieux vaut jouer de tous les moyens à sa disposition et passer à autre chose ! Surtout que c'est à ce moment-là que des mains secourables se tendent afin de rebondir !
Merci beaucoup, Anne, d'apporter toutes ces précisions. Mieux que les bribes d'infos disséminées sur plusieurs blogs, éparpillées, contredites, perdues dans des considérations polémiques, elles permettent, au bout de 26 jours de se faire une idée synthétique et correcte de la situation peu enviable de Florence, mais aussi du cynisme des Joffrin et consorts...
Tu as fait pour nous une démarche humaine et utile. Merci encore une fois.
Oui, bravo Anne. Je ne sais pas comment vous dire combien j'apprécie ce que vous avez fait et ce que vous avez écrit. Courage à Florence qui dans votre billet apparaît plus comme une combattante que comme une victime. Bon sang, ça donnerait envie d'être patron pour pouvoir l'engager ! Courage Florence. Faites attention de ne pas aller jusqu'à une atteinte irréversible de votre santé. Amitiés.
Alors, Bonjour Florence ! Et merci à Anne, pour cette belle et simple, lettre ouverte .
Chère Florence,
Je souhaite vous offrir la première anémone qui vient de fleurir sur mon petit balcon, dans ma ville de banlieue provinciale, un peu dans l'esprit du "Petit Prince" avec sa rose : ° .... - Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. - L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir. - C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. - C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir. - Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose... .... Antoine de St Exupéry °
° Tenant ainsi à vous exprimer ma solidarité, En toute amitié, Corinne Newey
Bravo Anne, encore une fois les abonnés montrent qu'ils font souvent du meilleur travail que les journalistes. Florence Cousin devrait penser à prendre un avocat pour négocier son départ, si le problème vient de ce qu'elle n'est pas d'accord avec les 80000 euros dont seraient déduits ses salaires à venir.
A la différence que ce que j'ai fait n'est en rien un travail de journaliste, ce que je précise à plusieurs reprises. Cela était si peu dans mes intentions que je n'avais même pas de papier pour écrire. Lorsqu'il m'est apparu indispensable de prendre des notes, je n'ai pu le faire qu'au dos d'un tact distribué à la sortie du métro (sans rapport avec Florence Cousin). Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que j'ai donné à ce billet la forme d'une lettre. Je n'y ai rapporté que ce que j'ai vu et ce qui m'a semblé important, pour ma propre compréhension de la situation, dans ce que Florence Cousin m'a dit cet après-midi-là.
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@ beber Il faut aussi prendre compte du fait qu'aussi précieux soit le témoignage apporté par Anne, qui, comme le dit MG2 ci-dessous ("Merci Anne pour votre démarche citoyenne juste et militante"), relève d'une démarche très humaine et citoyenne, si elle avait été journaliste, elle aurait AUSSI dû interroger l'autre partie, à savoir la direction, ainsi que les représentants syndicaux (ceux qui ont signé et ceux qui n'ont pas signé l'accord et continuent à soutenir sa grève), ainsi que des membres du personnel à tous niveaux, anciens collègues ou pas.... Bref, avoir TOUS les sons de cloche ! Vous parlez de "meilleur travail que les journalistes", mais sans rien vouloir ôter à ce qu'a fait Anne (et je tiens au contraire à la féliciter), il ne peut en aucun cas s'agir d'un travail de journaliste, ne serait-ce AUSSI que pour cette raison ! Bien @ vous !
Bravo ! et merci Anne
Merci Anne, pour la démarche et le papier. Je vais poser une question bête peut être (ou expliquée ailleurs) : pourquoi Florence Cousin de s'en remet pas aux prud'hommes ?
Cela fait partie des questions que je n'ai pas posées. Il est vrai que j'avais entendu diverses interprétations à ce sujet. Depuis, j'en ai entendu une nouvelle. Il me semble qu'aucune, à elle seule, ne suffit à répondre à cette question. Nos actes les plus déterminés comportent une part de mystère. Je ne peux que reprendre la phrase de Camus que je cite sur un autre fil :"Le ver se trouve au cœur de l'homme. C'est là qu'il faut le chercher." En entendant par "ver" non ce qui pourrit mais ce qui travaille le coeur, comme les vers travaillent la terre.
Merci beaucoup, Anne, pour la qualité de votre témoignage. Oui, c'est particulièrement la journée d'une Femme, remplie d'un courage qui fait défaut à tant d'Hommes. De tout coeur avec Florence... mais de tout coeur aussi, j'aimerai qu'elle vive ! Reconnue pour sa valeur qui a été piétinée sur l'autel de ce capitalisme meurtrier.
Simone et Jean Paul, on s’est bien fait avoir : « notre journal » est devenu un torche-cul sur lequel je tire la chasse d’eau pour toujours! Souvenirs – Souvenirs…


Ecœurée! Saana
Beau papier. Une confirmation : Laurent Joffrin a bien laissé pourrir une situation en tablant sur l'enfumage d'une communication tous azimut qui n' a servi volontairement qu'à embrouiller la perception d'une position clairement exprimée aujourd'hui.
Merci Anne pour votre démarche citoyenne juste et militante. Aller voir, s'informer et amener aux autres des éléments de reflexion honnêtes, objectfs et le témoignage d' une sensibilité humaniste. Je souhaite à Florence Cousin une victoire qui pourra la dédomager au mieux des torts énormes qui lui ont été faits.
Juste un bouquet de fleurs alors pour Florence.
Et merci à Anne d'avoir joué les éclaireurs.... Je comprends mieux ces histoires de gros sous avec ton explication. Je n'aurais pas le courage ou la folie, selon les avis de Florence. J'aurais pris mes sous et me serais enfuie devant tant de ........... je ne trouve pas le mot, pour refaire le monde ailleurs, libre. C'est quand même drôle ce que Libération et le Monde sont devenus. Dans ces cas là, c'est terrible mais je me range à l'avis de Grain de sel. La fuite et la vie est encore la meilleure des réponses et des pieds de nez possibles à faire, mais je ne suis et ne serai sûrement jamais à la place de Florence. En ce jour, je lui offre des fleurs, ma fraternité et ma solidarité, c'est tout ce que je peux faire.
@ Anne Guérin-Castell : Merci Anne pour ce joli billet sensible. Vous avez ressenti, une petite semaine plus tard la même chose que moi, face à cette femme. Alors que tout autour d'elle s'accumulent des arguments plus ou moins de bonnes fois, des conflits syndicalo-syndicaux, vous remettez les choses en place : une femme qui lutte dignement pour son emploi. Je n'aime pas - comme beaucoup le moyen - mais les opprimés n'ont pas toujours le choix.
En cette journée dédiée à la femme(?), voilà une jolie représentation de la femme au travail. Plusieurs interprétations symboliques courent à propos de ce qui reste pour moi le chef-d'oeuvre de Velazquez, et l'une de plus belles images picturales qui soit. Puisse-t-elle vous apporter, Florence, apaisement et éclairage. Voici l'une des interprétations, celle qui convient le mieux à ma sensibilité: indépendance et/ou soumission à l'ordre établi, insurrection et changements... Je vous souhaite de gagner rapidement ce combat pour le respect.
La parole de Florence Cousin elle-même nous était nécessaire. Merci, Anne de ce billet. Moi aussi j'offre ma solidarité dans son combat à Florence Cousin, même si le moyen qu'elle a choisi me fait peur. Chapeau pour votre courage, Florence.
Merci Anne de nous avoir représenté auprès de Forence Cousin et de lui avoir traduit nos questions, nos incompréhensions, notre manque d'information. Merci de revenir avec votre seule sincérité combattante.
Lundi 9 mars 2009 - 13 h 00, Vingt-huitième jour de la grève de la faim de Florence Cousin.
Je n'ai pas pu me rendre au meeting : poster mon billet depuis une stalle sombre, étroite et bruyante d'une boutique Internet m'a pris beaucoup plus de temps que prévu. Je vous remercie de vos commentaires chaleureux. Je remercie également le bon génie qui a, de loin, veillé sur ce billet, ainsi que Corinne, qui continue le comptage des jours, sans se laisser impressionner par des agressions déplacées. Je retournerai voir Florence Cousin demain et vous donnerai des nouvelles mercredi au plus tard.
J'ai réalisé trop tard (17 h) que la chaine TV "Public Sénat" diffusait en direct le meeting ! On peut le revoir à l'adresse suivante : http://www.publicsenat.fr/cms/video-a-la-demande/vod.html mais je n'ai pas le temps de le regarder maintenant (149 minutes...), j'imagine également qu'on peut trouver cette vidéo sur les sites des organisations participantes...
Merci ANNE. Beau travail et beaucoup d'émotions . Joffrin a peut être un poste à vous proposer?!!! Est ce que quelqu'un sait si il y a une pétition?Un moyen de soutenir financièrement Florence? En attendant boycottons Libé.
Edité : Apparemment, la seule pétition qui existe n'est pas digne de confiance, je retire l'adresse.
Voir ma réponse à beber999, chère Dahu. Je ne suis pas journaliste, ce n'est ni ma vocation ni ma formation. Qaunt au boycott de Libé, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne "réponse". Ce serait pénaliser tous ceux qui y travaillent, depuis les gardiens et les femmes ou hommes de ménage. Libé en particulier, et la presse papier en général, ne se portent pas si bien que ça.
Florence Cousin arrête. Elle aurait pris sa décision dimanche soir. Elle lève sa grève de la faim. OUF !!!!!!!!!!! Je viens de l'apprendre sur le fil du billet de Sophie Dufau par un commentaire posté cet après-midi par Louis Skorecki. Information à faire passer.... Sou-la-gés !!!!!
C'est une bonne nouvelle, mais qu'en est il de son avenir? Elle va accepter l'accord ou dénoncer son licenciement...??? Enfin, c'est une bonne nouvelle que sa santé ne soit plus mise en danger, merci de nous prevenir Grain de sel.... :)
Désolé mais d'après M.Puech, ce n'est pas fini... son message : A 18h30, Fatima Brahmi déléguée Cgt me téléphone pour m'informer que le commentaire de Louis Skorecki çi-dessus est partiellement erroné : Florence Cousin est toujours en grève de la faim. Par ailleurs, selon la déléguée, des négociations seraient toujours en cours.
Le fait est confirmé par deux bonnes sources différentes.
Désolée, donc, d'avoir relayé une fausse information, mais comme il avait l'air de l'avoir eue en direct au téléphone... et que je n'avais de mon côté, guère de moyens de recouper !
Lundi 9 mars 2009 - 20 h 45, Vingt-huitième jour de la grève de la faim de Florence Cousin.
Mardi 10 mars 2009 - 18 h 30, à ma connaissance, Florence Cousin est toujours en grève de la faim - il s'agit du vingt-neuvième jour, le début de la cinquième semaine
Ce matin, lorsque je suis entrée à 10h30 dans le hall de Libération, Florence Cousin était toujours là, en train de dormir sur son lit de fortune. Je me suis bien gardée de la réveiller, mais j'ai vu qu'elle semblait paisible et que ses joues étaient roses. Quelqu'un m'a dit que le médecin était passé la veille.
Merci Anne !
CHERE FLORENCE .... puisses-tu trouver la paix (et retouver la santé) loin de libération, le plus loin possible .... c'est aujourd'hui l'anniversaire du prophète mohamed (que dieu soit avec lui); c'est aussi le mien (que dieu soit avec moi) ... je sais que désormais dieu sera toujours près de toi ..... je t'embrasse très fort louis
Je vais détoner, sûr, avec ce qui précède, mais au 26 ème jour de grève de la faim, quelques questions doivent être posées. Anne le précise, et le re-précise, elle n’a pas enquêté journalistiquement. Elle relate ce qu’elle a vu, senti, puis elle relate ce que dit Florence Cousin. Uniquement Florence Cousin. Hélas, à l’évidence, elle n’est que partiellement entendue.. En effet, pour faire un point clair, encore faut-il entendre les deux parties et exposer les données du problème. C’est en effet le b-a ba du journalisme, ce n’est pas la vocation d’un blog, et il ne faut pas confondre. Car au 26 ème jour, après avoir la première écrit sur Florence Cousin, je m’interroge. Pourquoi cette grève de la faim se poursuit-elle ? Oui, pourquoi ? Initialement, Florence Cousin était licenciée sec, pour faute. Avec deux mois de salaire, rien d’autre. Elle débute une grève de la faim. Quatre jours plus tard, le syndicat dont elle est adhérente signe un accord avec la direction de Libération : 70-80 000 euros, un an de formation, un « outplacing », en français, on la recase, avec salaire garanti en attendant.Soit les conditions des meilleurs "guichets départs " de Libé. Florence Cousin refuse de signer cet accord et poursuit sa grève ; car « tout ne peut s’acheter » dit-elle, parce qu’elle demande non un départ négocié, mais une réintégration. Aujourd’hui, la réintégration n’est plus évoquée. Alors, c’est pour quoi, la grève ? La dignité ? Quelle dignité supplémentaire, en sortant sur une civière ? Quelle dignité supplémentaire, si elle n’est pas hospitalisée et que le soupçon point, comme pour d’autres avant elle ? Les 26 000 euros évoqués dans le billet sont purement fantasmatiques : ils ne correspondent ni à un licenciement pour faute, ni à l’accord, mais au montant classique d’un licenciement économique… dont il n’a jamais été question. Elle ne signe pas d’accord car ainsi elle ne pourrait plus saisir les prudhommes. Pourquoi ne les a-t’elle pas saisis, les prud’hommes ? Pourquoi Louis Skorecki annonce t’il la fin de la grève, message de Florence Cousin, pour être démenti très vite, sans que l’on s’interroge ? Ce n’est pas gentil de poser ces questions, ce n’est pas compassionnel. Mais je m’étonne de voir ci-dessus une adresse mail, avec adresse du comité de soutien, qui renvoie au monde réel.fr, dont il a été question sur le blog de Sophie Dufau. Je regrette que tout au long de cette affaire initiée par un blog – le mien – suivie par celui de Michel Puech, celui de Louis Skorecki, puis celui-ci, Médiapart ait été absent. Un article, donnant la parole aux uns et autres, et aux autres encore, ainsi qu’à d’autres, car à Libération comme ailleurs rien n’est simple ni manichéen, est attendu, quoique tardif.. Pour ma part, je ne peux taper « courage Florence ! », ni « je suis avec toi, Florence », à l’aveugle, et sans avoir de réponse. Quelque chose bien souvent nous dépasse dans nos actes, des plus généreux au plus durs, bien sûr. Toujours les formes diverses du désespoir doivent être entendues. Mais nommées, non ? Ou bien, on peut se spécilaiser dans l'indignation et la colère internet, sans suite, mais pour quoi faire ?
En accord avec ton résumé Dominique.
Moi aussi, et à 200%.
Il y a que du vrai dans ton message Dominique, mais sans article approfondi, nous en resterons à nos pensées et nos interrogations. Enfin, je trouve cette histoire terrible quoi qu'il en résulte, et les difficultés à bien comprendre pourquoi solution n'est pas trouvée sont réelles. Il n'empêche que la démarche de ce billet m'a semblé intéressante car elle nous permettait de comprendre quels sont les enjeux pour celle qui est en grève de la faim, quant aux autres.... ceux qui gravitent, cherchent à instrumentaliser ou instrumentalisent, je ne sais pas.
Totalement d'accord avec toi, Dominique ! Du début à la fin... Il y a un moment que je crains que Florence Cousin ne soit instrumentalisée pour régler on ne sait quels vieux comptes d'anciens de Libé. Quand elle disait vouloir être réintégrée, je pensais déjà que c'était de la folie (et je le lui ai dit). Maintenant, apparemment, elle n'en parle plus. L'offre qui lui a été faite est bien au-delà de ce qu'elle pourrait remporter aux Prud'hommes (et ce pas avant 3 ou 4 ans et encore). Donc cette histoire a assez duré. Qu'elle prenne l'oseille et qu'elle se tire. Qu'elle arrête avant d'y laisser sa peau ou d'y flinguer définitivement sa santé. Cette grève n'a plus de sens ! Le compassionnel, c'est bien gentil, sauf quand ça envoie des gens au bûcher pour en faire des icônes. Ou quand des gens s'en servent par derrière pour manipuler !
Tout à fait d'accord aussi, et depuis dimanche soir, je me pose une autre question : si Florence Cousin en est à son 29 ème jour de grève de la faim, une personne normalement constituée serait atteinte d'un certain nombre de troubles. Or, il n'est question nulle part de cela, on nous dit qu'elle va bien, souriante... Son ami Storecki qui semble être proche, nous dit qu'elle a arrêté dimanche, et qu'elle y pense depuis une semaine. Des délégués syndicaux démentent aussitôt... Je me pose sérieusement la question si cette grève n'est pas en partie de l'intox, sans jeu de mots, moi je pense qu'elle s'alimente au moins un peu : ça ne me paraît pas possible autrement, enfin, il me semble. Edité suite au comentaire de grain de sel au-dessus : une procédure, c'est 2 ans, et 2 ans de plus si y a appel, il n'y a pas forcément appel. Je ne suis pas sûre que 'l'accord' soit au-dessus de ce qu'elle obtiendrait, et il me semble qu'elle peut négocier un peu au-dessus sans problème. De toutes façons, si cet accord a été signé par la Direction, un tribunal de Prud'hommes ne pourra plus se prononcer en dessous, maintenant, puisque le Direction a montré qu'elle était au minimum prête à engager cette somme de 80 000€ si j'ai bien lu, cette somme lui est donc par avance acquise. Et ce même si elle ne l'a pas signé, et que la Direction - pour ce motif - voulait retirer du jeu cet accord pour un moins disant.
Non, sur les grèves de la faim... non, il n'y a pas de timing impeccable. Question de réserves, de contexte, de résistance adrénaline: cela varie grandement, y compris en milieu carcéral, où les conditions sont minimales. J'ai vu des gens comparaître en justice, au terme de plus de 60 jours de grève, des médecins dire que leur état était "compatible", si maigres soient-ils. Compatible, je ne sais, mais pas sans séquelles. La suspicion néanmoins, apparaît régulièrement après un mois, fondée, ou non.
Mercredi 11 mars 2009 - 13 h 50 à ma connaissance, Florence Cousin est toujours en grève de la faim - il s'agit du trentième jour, la cinquième semaine Plus les heures passent, les jours, et plus j'espère entendre la nouvelle que Florence vient d'arrêter sa grève! Antoine Perraud, journaliste à Médiapart est allé à Libération et a fait un article : http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/110309/le-quotidien-liberation-en-proie-a-ses-fantomes
Aujourd'hui jeudi 12 mars, à 9 h 09, Florence Cousin en est à son trente et unième jour de grève de la faim.
écrire ici http://www.mediapart.fr/club/blog/fred-oberson/130309/le-libe-des-ecrivains ou ici skorecki.blogspot.com
jai eu un mail de florence .... bientôt on ne parlera plus d'elle .... enfin, disons qu'on parlera ENCORE MOINS D'ELLE .... et ce sera tant mieux skorecki.blogspot.com
Pourquoi ne pas donner les infos ici ? Florence continue-t-elle sa grève de la faim ?
peut-être demain, lundi ......... au plus tard mardi (si laurent joffrin se révèle moins sadique que prévu) ...... .....florence cousin sortira-t-elle de libération la tête haute, par la porte de devant ..... ...... .......
ils semble à l'heure d'aujourd'hui (lundi 16 mars) que des négociations secrètes soient encore en cours entre d'un côté deux branches rivales de la cgt, l'une d'elles voulant forcer florence cousin depuis des semaines, à accepter un accord qu'elle récuse -c'est peut-être une "pauvre fille" comme on le dit ici et là à libération; mais son intégrité MORALE (d'autres, plus psy, diront sa "psycho-rigidité") lui interdisent d'échanger son honneur bafoué contre de l'argent .... pour des fautes qu'elle n'a jamais commises ..... et la direction de libération demain elle entame sa SIXIEME SEMAINE DE GREVE DE LA FAIM et même ici, plus personne ne s'en émeut ...serait on à médiapart déjà fatigués d'elle, déjà passés à autre chose .... pourquoi; au moins, ne pas se rendre au 11 rue BERANGER, là où florence cousin habite, là où elle se meurt dans l'indifférence générale ... pour obliger laurent joffrin à signer un accord décent pour qu'elle sorte enfin de ce "journal" la tête haute ....
Toujours solidaire et en attente d'une bonne nouvelle ; à savoir essentiellement la fin de la grève de la faim de Florence. N'étant pas à Paris, hélas, j'attends les nouvelles de ceux qui peuvent se rendre à Libé...
J'AI RECU CA IL Y A UNE TRENTAINE DE MINUTES: je suis passée voir Florence hier, alors que tout la racaille de boboland(libération) se prélassait sur les terrasses de la petite place à côté,entre les femmes toujours ce concours de qui sera la plus maigre et les hommes ... tous les mêmes : stéréotype du parisien inrockuptible? incorruptible... tu parles Charles! Elle avait la pêche Florence, pour quelqu'un qui n'a pas mangé depuis 35 jours,ça m'a impressionné... on a parlé un peu de Louis, de Jean Claude B qui est passé, de quand je passais voir Louis à libé, de la pimbêche... et de sa rage qui la maintenait, qui lui disait vas-y tu les auras!!!!
"if we shall meet again; then we shall smile/if not, this parting was well made (william shakespeare, je cite de mémoire)
Pas mal, la mémoire. En réponse : "If we do meet again, we'll smile indeed. If not, 'tis true this parting was well made." (avec l'aide de Wiki)
Merci de ces mots, apaisants.
pour ceux que ça intéresse encore .... florence cousin était à l'hopital sous perfusion, depuis sa sortie de libé ... BONNE NOUVELLE: elle rentre chez elle demain
Merci, Louis, Oui, très bonne nouvelle, j'étais dans l'attente de celle-ci depuis longtemps. Dites-lui de ma part que je l'embrasse très fort, que je lui souhaite un très bon rétablissement et les meilleures perspectives possibles pour son avenir !
j'ai déjeuné avec florence hier ... elle va bien
Merci. J'espère qu'elle a plein de projets...
C'est une bonne nouvelle, Louis. Merci.
Merci cher Skorecki de cette bonne nouvelle. Veuillez dire à Florence Cousin de ma part s'il vous plaît, que j'en suis heureuse et la salue.
Merci Louis, c'est super, je suis très contente !