
Thématiques du blog
David Bowie tout autrement, par Enrique Seknadje
Nous nous sommes rencontrés, Enrique et moi, sur les chaises du séminaire doctoral de Guy Fihman. Nous avons soutenu notre thèse à quelques mois d'intervalle. Ce furent ensuite les brèves rencontres – passages de clés entre deux cours, voisinages en salle de projection ou de montage – qu'autorisent des emplois du temps bien chargés. Et une amitié faite de reconnaissance et d'ouverture, qui peut tout affronter, y compris l'étrange étrangeté.
Enrique a publié tout récemment un recueil d'essais sur David Bowie, organisés autour du « phénomène Ziggy ».
En lisant ton livre sur David Bowie, j'ai tout de suite pensé au travail que tu avais fait dans ta thèse sur Rossellini. J'y ai retrouvé, en effet, le même désir de rigueur « scientifique », que ce soit dans le souci de délimiter les périodes, ce qui est, comme nous l'a enseigné Guy Fihman, le premier travail de l'historien, dans la volonté de faire une analyse précise, textuelle et musicale, des objets temporels industriels (pour reprendre le vocabulaire de Bernard Stiegler) que sont les chansons de David Bowie, et enfin dans le refus de considérer ce qui ne relève pas de la vie publique de l'artiste.
Je suis heureusement étonné que tu soulignes le souci de la rigueur dont j'ai fait montre dans mes recherches doctorales et dans le mémoire, puis le livre auquel elles ont donné lieu*. Mais c'est bien, en fait, une nécessité dans ce type de travail universitaire, n'est-ce pas ? Peut-être que ce « désir » dont tu parles, qui est celui de beaucoup de chercheurs, se sentait tout particulièrement chez moi, plus fort qu'à l'accoutumée, correspondait à une démarche qui m'est relativement propre. C'est ce qui fait probablement l'originalité de mon ouvrage sur David Bowie. Je ne pouvais pas imaginer travailler sans une grande précision, sans prises de position fortement documentées, sans le sens de la nuance et de la dialectique. Et c'est un type d'exercice qui est très rare dans ce genre de livres consacrés à des chanteurs de musique dite « populaire » – l' « objet » méritait cependant cette approche selon moi.
J'ai cru de ce fait, en l'écrivant, être amené à rencontrer beaucoup de difficultés pour le publier. Mais finalement, l'éditeur Camion Blanc, unanimement considéré comme le meilleur en France dans le domaine du rock, m'a fait confiance et je l'en remercie. J'ai cependant « composé » et je n'en ai pas honte. Il me fallait aussi être accessible à un public appréciant le chanteur britannique mais n'étant absolument pas habitué à ce type d'écriture et de réflexion.
Concernant le problème de la périodisation, du repérage de périodes dans une Histoire, oui je l'ai trouvé, en travaillant sur Bowie comme en le faisant sur Rossellini, évident à traiter et à soumettre à la réflexion. C'est probablement une réalité difficile à éviter pour ce qui concerne non pas seulement l'Histoire en général, l'histoire des arts mais aussi celle des grandes personnalités artistiques, aux carrières longues et qui manifestent une exceptionnelle curiosité pour leur(s) mode(s) d'expression(s) et pour leur(s) temps.
Je pense effectivement réussir à éviter les « pièges » des hagiographies qui cherchent à faire sensation avec des détails de la vie privée des artistes. Je n'écris d'ailleurs pas des hagiographies. Je châtie bien les personnalités comme Rossellini ou Bowie pour lesquelles j'éprouve un fort intérêt. Mais il m'importe cependant, je tiens à le dire, de m'intéresser – fut-ce rapidement – à certaines données essentielles de l'existence de ces artistes. Des données qui renvoient à quelque chose d'universel et d'autres qui sont propres à leur psychologie. En ce sens, il est très important pour moi de rappeler que Rossellini et Bowie, il faut bien oser le rapprochement et celui-ci est ici possible, sont des fieffés « menteurs », manipulateurs autant que des natures douées d'une forte sincérité, et des hommes accordant une grande place, dans leur vie personnelle, à la sexualité, une sexualité libre. C'est une grande part de ce qu'est je pense l'Art qui est ici évoqué avec ces quelques termes : sexualité ouverte, curiosité et goût pour l'expérimentation, sens de la manipulation et de la rhétorique, sincérité frôlant parfois la mise à nu.
Pour ce qui est de la sexualité que « le » Bowie dont je traite a mis au centre de sa création et de sa représentation, je voudrais ajouter que le concept psychanalytique de « sublimation » me semble soit un mauvais concept, soit un concept mal expliqué, soit mal compris. Si l'on croit que l'art et la « civilisation » découlent de la capacité à transformer une quantité x de libido en une quantité x de représentation esthétique, on se trompe lourdement. Je pense que l'exercice de la sexualité, même excessif, rend créatif et libère la créativité. Qu'on soit artiste ou pas.
Lorsque tu étudiais l'œuvre de Roberto Rossellini, tu réalisais aussi des films. Peux-tu dire depuis quand tu composes et chantes, et si cette expérience, y compris lorsque tu te produis en public, a eu une influence sur la conduite de ton travail sur Bowie.
La pratique doit bien m'aider à analyser les œuvres des artistes auxquels je m'intéresse et la réflexion intellectuelle me servir dans mon activité créatrice. Mais le problème n'est pas tant là que dans le fait que j'ai un goût égal pour la création active et spontanée et pour la réflexion posée et approfondie, même si mon métier et les circonstances de la vie ont fait que je consacre plus de temps à l'activité plus spécifiquement « théorique », intellectuelle. J'éprouve un besoin relativement vital de mêler les deux. Parfois de faire des « grands écarts schizophréniques » entre eux, si je peux me permettre cette formule que je n'expliquerai pas mais que j'ai à cœur de lancer. Rossellini est un de ces cinéastes qui m'a appris que le cinéma peut et pourquoi pas doit se faire avec les moyens du bord et en dilettante... hors des circuits froids de la production traditionnelle... et pour s'exprimer à la première personne, en tant qu' « auteur » au service de lui-même. Bowie a formé l'univers esthétique de l'adolescent que j'étais dans les années soixante-dix et m'a ébloui par « ses » voix... Il a été un père symbolique. Mon père réel chantait, il m'a aussi transmis la passion pour le chant. Il était par ailleurs professeur de philosophie et fervent adepte du « pilpoul ». J'ai suivi, un peu sans m'en rendre compte, ses pas.
Je chante mes propres compositions, mais il est à noter que je fais un travail régulier de reprises de chansons de David Bowie. Je les re-visite. C'est une autre sorte de « lecture », d'écriture et d'interprétation.**
Tu mets au centre de ce travail l'apparition et la disparition (comme une sorte de suicide) du personnage de Ziggy Stardust, l'un des hétéronymes de Bowie. Or, l'existence de cet hétéronyme fut très limitée dans le temps (1972-1973). En quoi est-elle de première importance pour l'artiste ?
Lorsque j'ai décidé de structurer mon ouvrage en plusieurs essais, j'ai réfléchi à celui qui pourrait être central, mériter à la fois un traitement biographique et interprétatif... j'ai pensé au personnage, à la « période » Ziggy Stardust. Bowie a effectivement inventé, incarné plusieurs personnages. Le Major Tom, Ziggy Stardust, Aladdin Sane, Halloween Jack, The Gouster, The Thin White Duke. En fin de compte et en fait, pas tant que ça... Major Tom, c'est pratiquement le temps et l'espace d'une chanson (Space Oddity)... ré-évoqué cependant dans le morceau Ashes To Ashes. Aladdin Sane (A Lad Insane) est une émanation de Ziggy Stardust et fait partie de ce que j'appelle le « phénomène » Ziggy Stardust. Halloween Jack et The Gouster sont plutôt, je pense, des inventions de la critique ou des auditeurs qui ont cherché à personnaliser un disque, une période, à justifier le désir bowien du jeu de rôle, de la représentation d'une altérité ontologique (sic, pour cette sorte d'oxymore). Halloween Jack étant un nom prononcé dans la chanson Diamond Dogs de l'album conceptuel éponyme. The Gouster le titre provisoire du disque Young Americans, une entière référence revendiquée au genre Soul.
Ziggy Stardust est le personnage qui a le plus de consistance. Il est aussi celui qui a permis à Bowie de devenir une star (en Angleterre, aux États-Unis, au Japon principalement). Mais, surtout, il est important parce qu'il représente un personnage qui devient une star. Il y a une mise en abyme extraordinaire. Bowie joue un « caractère » qui est une star du rock. Comme je l'explique dans le livre, il le crée parce qu'il n'est pas une star et qu'il peut ainsi jouer à en être une. En l'ayant créé, il devient une star. Un sacré paradoxe du comédien.
Ziggy est le personnage qui lui a collé à la peau le plus durement. Celui où la confusion des identités a traduit au niveau des faits, réellement, une pathologie, une situation de crise, en même temps qu'elle les a provoquées... crise qui a été très aigue en 1974-1975, l'année qui suit le « suicide » par Bowie de son personnage.
David Bowie est un pseudonyme, mais il n'y a jamais eu de véritable « problème » entre lui et David Robert Jones. Bowie n'a en fait jamais créé d'hétéronyme à la façon de Pessoa. The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars est un disque de David Bowie. Bowie a créé des personnages qu'il a incarnés, des rôles qu'il a joués.
Certes à l'époque de Ziggy Stardust, le chanteur s'amuse à s'identifier à son personnage ou subit la confusion qui est entretenue entre lui et Ziggy. Je me rappelle de l'enregistrement d'un concert de l'époque où Bowie introduit une chanson en annonçant : « This is a song written by Ziggy ». Ziggy est aussi, en fait et plutôt un hétéronyme au sens où l'entend l'écrivain Frédérick Tristan qui crée des personnages qui sont écrivains et qui ne se nomment pas comme lui. Ziggy est un chanteur qui n'est pas vraiment, tout à fait, Bowie... même si...
Beaucoup sont passés à côté de la (post)modernité de « ce » Bowie, celui entre autres de Ziggy Stardust. Réflexivité et travail conscient sur le mode d'expression, « intertextualisme », jeu sur les notions et réalités de l'identité et de l'altérité, subversion et gommage des frontières marquant les différences sexuelles, expression et représentation de la folie dans le monde moderne – dans les œuvres et sur le corps propre –, intérêt créatif pour les univers dystopiques. Passion pour la démarche et l'univers warholiens.
Tu consacres le dernier chapitre à une question qui fait encore débat, et tu l'intitules « Point de vue documenté sur les déclarations profascistes de Bowie en 1975 et 1976 », reprenant par là l'expression de Jean Vigo au moment de la sortiede À propos de Nice. Or, je me souviens bien du moment où tu as finalement décidé de restreindre ton travail sur Rossellini à la période de ses débuts, son amitié avec Vittorio Mussolini et sa participation à la propagande fasciste. Il y a donc là un point qui t'intéresse particulièrement. Tu soutiens par ailleurs, à un endroit, que beaucoup d'artistes ont été ou sont, à un moment ou un autre, fascinés par le nazisme :
« Il y a souvent, dans le rock et la pop – en tant qu'ils banalisent et exacerbent une certaine violence pulsionnelle, de la soif de rébellion anarchique et de l'outrage – une posture faite de fascination et de distanciation par rapport au nazisme. De la provocation de plus ou moins bon goût et d'ironie. »
Cette expression de « point de vue documenté », effectivement empruntée à l'auteur de À propos de Nice,traduit bien la démarche qui a prévalu dans l'ensemble de mon ouvrage. Subjectivité ET objectivité. Je ne crois pas à l'inexistence de celle-ci, je voulais introduire celle-là dans mon travail. Une subjectivité impartiale, critique, dénonciatrice parfois.
Je pense que le fait que Rossellini et Bowie aient eu tous les deux des « rapports » troubles avec le fascisme et le nazisme (au niveau existentiel et contemporain du régime mussolinien pour Rossellini, au point de vue esthétique et intellectuel et en rapport avec le temps passé pour Bowie) peut dire quelque chose sur le choix que je fais de certains de mes objets d'étude, des personnalités auxquelles je m'intéresse pour analyser en profondeur leur travail artistique.
Il y a plusieurs raisons possibles à ces choix. Ma famille ayant eu à souffrir sous le joug de la barbarie nazie, je suis probablement sensible à ce sujet. Mais il y a aussi le fait que j'ai horreur du mensonge et de l'hypocrisie et il me plaît de mettre en lumière les malentendus, les contradictions, les ambiguïtés. Et tout et n'importe quoi a été dit sur ces liaisons dangereuses de Rossellini et de Bowie. Y compris bien sûr par les principaux intéressés.
Et puis il y a une autre raison, mais qui fait que probablement les raisons que je viens de donner sont à mettre à distance, à considérer comme ne pouvant être des « raisons » ou les seules raisons.
C'est que je pense qu'en chaque être humain se loge, à des degrés divers, à des niveaux d'intellectualité ou d'activité divers, de la fascination pour la violence et pour le pouvoir. Non pas donc pour le nazisme en soi, mais éventuellement pour le nazisme parce qu'il a été une expression, réelle et atrocement extrême bien sûr, de cette fascination.
Et chaque artiste, en tant qu'il creuse en lui-même et dans les autres, qu'il reflète et exprime ce dont est faite la réalité humaine, ne peut que représenter la violence et le désir de pouvoir, la fascination pour ceux-ci, la sienne et celle des autres. Et il se doit même, d'une certaine façon, de le faire. Par réalisme et dans une certaine forme de visée cathartique, voire curatrice.
J'affirme dans mon ouvrage qu'il y a de la fascination pour le nazisme chez Luchino Visconti, Pier Paolo Pasolini, Liliana Cavani qui ont traité dans certains de leurs films de cette idéologie, de ce régime... De façon plus ou moins complaisante, assumée, mise en question...
On peut ressentir une certaine attirance pour ce qu'on dénonce, on peut faire le choix de combattre ce dont on peut reconnaître par ailleurs qu'il a un caractère fascinant. Le film de moyenne qualité de Nagisa Oshima, où Bowie tient le principal rôle, Merry Christmas M. Laurence, traite aussi, un peu et à sa manière, de cela.
Quand je parle de mon exaspération vis-à-vis du mensonge et de l'hypocrisie, cela peut concerner ceux qui ont affirmé qu'en aucune façon Rossellini ne s'est compromis avec le régime fasciste, Rossellini lui-même qui a voulu faire croire que sa position morale n'avait pas changé dans le temps et surtout qu'elle ne posait aucun problème. Elle peut concerner Bowie en personne qui a eu tendance à occulter la partie de sa vie où il a affirmé son admiration pour les régimes totalitaires, à la minimiser à partir des années quatre-vingt...
Elle est vive aussi contre ceux qui condamnent ces personnalités pour des mauvaises raisons moralisantes, en feignant de croire que l'on peut facilement et tout simplement être à l'abri de ce type de fascination, de relation, de compromission, que l'on peut être complètement « détaché » de ces idéologies et régimes, de ce qui les a fait être, de ce à quoi ils renvoient, comme si une distance incommensurable était naturellement possible entre eux et nous. Elle est vive contre ceux qui confondent, dans le cas de Bowie notamment, fantasme, représentation symbolique, et réel, mise en acte. D'autant plus que le chanteur a aussi écrit un morceau où il donne le point de vue des victimes d'un totalitarisme plus ou moins imaginaire – le très beau We Are The Dead inspiré par le roman 1984 de George Orwell.
Le caractère répressif, frustrateur, machiavélique des sociétés dans lesquelles nous vivons, de beaucoup de citoyens qui les constituent, ne font parfois d'ailleurs qu'accentuer les traits comportementaux violents, qu'exacerber les fantasmes plus ou moins pervers, qu'entretenir la fascination. C'est un cercle vicieux.
Rappelons à un niveau dépassant l'individu, et cela suffira, que les régimes fascistes et nazis, leur accession au pouvoir ont été acceptés par les puissances dites démocratiques, les puissances d'argent... voire « programmés ». Et que nombre d'ex-fascistes et ex-nazis ont trouvé leur place dans le monde de l'après-guerre, notamment le monde dit « libre »... parfois une place au soleil.
Les représentants du mouvement punk, à la fin des années soixante-dix ont exprimé cette fascination et procédé à cette dénonciation dont j'ai parlé. Ils ont « provoqué » sciemment et montré leur incompréhension d'adolescents en révolte vis-à-vis de la société réactionnaire et hypocrite dans laquelle ils vivaient. Bowie a déclaré que si Ziggy Stardust avait eu un fils, il aurait été Johnny Rotten. Rotten, leader des Sex Pistols qui chante l'anarchie et crie au fascisme de l'Angleterre thatchérienne et engage dans son groupe un bassiste, Sid Vicious, portant des tee-shirts à croix gammée, et malheureusement futur meurtrier auto-destructeur – une dérive et un terrible mal-être, mais n'établissons pas de trop rapides rapports de causes à effets...
Tout cela est complexe et peut donner une impression de réalité confuse. Et en même temps, avec le temps et le travail, cela devient pour moi de plus en plus clair.
* Roberto Rossellini et la Seconde Guerre mondiale - Un cinéaste entre propagande et réalisme, L'Harmattan, Paris, 2000.
** On peut en écouter certaines sur Myspace : http://www.myspace.com/phenomeneziggy

Enrique Seknadje, David Bowie – « Le Phénomène Ziggy Stardust » et autres essais, Éditions Camion Blanc, Paris, 2009.


Tous les commentaires
***
" On peut ressentir une certaine attirance pour ce qu'on dénonce, on peut faire le choix de combattre ce dont on peut reconnaître par ailleurs qu'il a un caractère fascinant. "
Forte phrase , qui met en lumière nos contradictions
Anne , merci pour cet excellent billet que je vais lire et relire pour sa richesse
Article remarquable.
A l'opposé de la voix, que j'entends "prise" de David Bowie, et donc de l'emprise de la fascination, je propose (j'ose) la comparaison avec celle, libre, de Nina Simone :
My way (Nina Simone) ...[5.08]
Bien à vous cordialement,
Voici, Mithra, ce qu'Enrique m'a transmis à votre intention, en écho à vos mots :
Personnellement j'adore autant la voix de Nina Simone que celle de Bowie, pourtant si différentes. Les deux artistes ont quelques “rapports”... même s'ils sont relativement lointains. Bowie lui aussi a repris du Jacque Brel (Amsterdam et My Death). Le chanteur britannique avait été pressenti pour écrire les paroles anglaises de Comme d'habitude. C'est finalement et bien sûr Sinatra qui a été retenu
avec son My Way – qu'a aussi chanté Nina Simone. Bowie a alors composé, comme pour prendre sa revanche, son fameux Life on Mars ? Sur la pochette du disque où ce morceau figure (Hunky Dory) il fait ce qu'il a souvent fait, il rend hommage et reconnaît explicitement ses influences... il écrit : Inspired by Frankie.
Enfin, comme Nina Simone, l'interprète de Ziggy Stardust reprend le merveilleux Wild Is The Wind (c'est dans l'album Station To Station). Sur Wikipédia en anglais, voici ce que l'on peut lire : “Bowie was an admirer of Simone’s style, and after meeting her in Los Angeles was inspired to record the song for his album.”
Bien à vous,
Veuillez, je vous prie, Anne Guérin-Castell, remercier de ma part, Enrique Seknadje qui, je l'espère, n'aura pas vu dans mon invitation à comparer deux voix, le rejet de celle de David Bowie, mais cette invitation, dans le but de mettre des mots sur ce que l'on entend.
Car, comme l'a si bien souligné Ben Bouchtache, cette phrase si importante : "On peut ressentir une certaine attirance pour ce qu'on dénonce, on peut faire le choix de combattre ce dont on peut reconnaître par ailleurs qu'il a un caractère fascinant. ", m'avait aussi frappée - tellement juste.
Et donc de mettre aussi en lumière nos propres sensibilités et goûts personnels (mais sans aucun jugement) pour certains "grains de voix" (notre voie aussi : our Way), où finalement tout se dit.
Bien à vous,
Fascinante interview, chère Anne. Merci beaucoup. A lire et à relire.
Merci, Pierre, Ben, Mithra, Tony. Je peux me permettre de dire que je partage votre avis, tout le mérite revenant à Enrique, qui a su parfaitement analyser sa démarche et exprimer ses convictions. Ce qu'il dit donne à réfléchir bien au-delà du seul David Bowie.
P.-S. Enrique n'est pas abonné à Mediapart, mais il nous lit et je me ferai son intermédiaire s'il souhaite répondre.
Passionnant, Anne ! Le passage pointé par Ben et celui-ci ("...contre ceux qui condamnent ces personnalités pour des mauvaises raisons moralisantes, en feignant de croire que l'on peut facilement et tout simplement être à l'abri de ce type de fascination, de relation, de compromission...") sont confondants d'intelligence et de mise en pespective... Merci de mettre ainsi à mal les simplifications réductrices et le manichéisme qui nous abutissent à petit feu !
Oui, c'est ce que j'apprécie dans le travail d'Enrique. Quand je repense aux moments que nous avons partagés lorsque nous étions tous deux thésards (on dit doctorant, maintenant…), j'ai l'impression d'avoir assisté à la naissance de quelque chose. J'attends avec impatience son prochain livre, sur un cinéaste.
****
Merci Anne.
Impressionée....
Ça me fait plaisir, Tink, de savoir que tu as lu et apprécié cet entretien. À bientôt, j'espère.
Superbe !
Et c'est la plus grande fan mondiale (autoproclamée) de Bowie qui parle. Si en plus, Anne, tu évoques en commentaire "Is there life on Mars ?" la plus grande chanson de tous les temps pour moi... ;))
Christine, je savais que tu étais la plus grande fan mondiale de Bowie depuis que j'avais lu en juillet ton billet Space Oddity, et tes échanges, notamment avec Serval, alors que cet entretien était en préparation…
Le livre d'Enrique est vraiment très particulier, d'une grande richesse factuelle, avec aussi une analyse thématique de l'univers bowien et tout un chapitre sur les citations, références explicites ou évocations dont ses chansons sont remplies.