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Hugo Chavez remet à la Colombie un journaliste d'opposition en exil !

Le président Hugo Chávez dans le labyrinthe colombien, par Maurice Lemoine (Le Monde Diplomatique) Extraits

M. Pérez Becerra, sur lequel, selon la version officielle, pesait un mandat d’arrêt « code rouge » d’Interpol pour « terrorisme », a été extradé dès le lundi 25 en Colombie, à la demande du gouvernement de ce pays, qui souhaite le juger en tant que responsable du front international des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en Europe. [...]

Cette opération conjointe de deux pays que tout oppose et dont les relations tumultueuses ont alimenté la chronique ces dernières années provoque un fort malaise au sein des organisations sociales et des secteurs de gauche latino-américains qui, depuis 1998, se sont le plus mobilisés pour défendre la révolution bolivarienne face aux attaques dont elle est l’objet – et en particulier depuis la Colombie. L’attitude du président Chávez a été questionnée, critiquée, et parfois dans les termes les plus durs, tant au Venezuela qu’à l’étranger. La tonalité des réactions pourrait se résumer de la manière suivante : « Comment un gouvernant qui se dit révolutionnaire peut-il collaborer avec les services secrets colombiens et américains ? » [...]

Durant sa détention dans les locaux du Service bolivarien du renseignement national (Sebin), Pérez Becerra a été soumis à un total isolement ; aucun de ses interlocuteurs n’a accepté de tenir compte de ses documents d’identité suédois ; il n’a pas eu droit à une assistance juridique ni à prendre contact avec un fonctionnaire de l’ambassade de Suède. Dans ces conditions, son affaire s’apparente de fait à l’enlèvement par un commando colombien bénéficiant de complicités locales, le 13 décembre 2004, en plein Caracas, de M. Rodrigo Granda – qui lui était réellement membre de la Commission internationale des FARC –, affaire qui avait provoqué à l’époque une réaction vigoureuse (et justifiée) du président Chávez. [...]

A ce jour, pas plus l’Union européenne que son Parlement – qui ne rêve que de finaliser la négociation d’un Traité de libre-commerce avec le pays andin – n’ont enquêté sur ces actions illégales de Bogotá. Si, comme c’est leur devoir, ils l’avaient fait, Pérez Becerra ne serait sans doute pas enfermé aujourd’hui, comme tant d’autres prisonniers politiques, dans une geôle de Colombie. Il ne peut désormais espérer qu’une action vigoureuse de la Suède qui, le 27 avril, a demandé des explications au Venezuela pour ne pas avoir été informée de la détention de son ressortissant et de son extradition.

De l’ « affaire Pérez Becerra », il reste, pour l’instant : une droite vénézuélienne qui s’amuse et compte les points, une gauche bolivarienne troublée et divisée, donc affaiblie, un survivant de l’UP retombé entre les mains de ses bourreaux et un Santos qui mène le bal au niveau régional… Le bilan n’a rien de satisfaisant.

L'intégralité de l'article de Maurice Lemoine

Tous les commentaires

Je ne serais nullement étonné d'apprendre qu'Hugo Chavez soit lui-même un agent de la CIA. En matière de coups tordus, les compétences de cet organisme sont inimaginables.

Ce que je crois être la moralité de tout cela, c'est qu'on ne peut pas se fier, de quelque manière que ce soit, aux déclarations d'appartenance à tel ou tel parti des chefs d'Etat, surtout lorsqu'ils se prétendent de gauche. On l'a vu, plus près de chez-nous, avec des T. Blair, des B. Schröder, et beaucoup d'autres. Sans parler d'un certain F. Mitterrand. D'ailleurs, on pourrait le voir une fois de plus et très bientôt avec DSK.

Même si la Finance internationale a déjà presque totalement pris le pouvoir sur l'ensemble de l'humanité, le rêve tout en bleu nord-américain d'un grand chelem politique se poursuit. La réalisation de ce rêve sonnera comme une consécration pour le capitalisme pur et dur et ce sera, pour le plus grand nombre d'entre nous, le vrai début d'un cauchemar qui ne finira plus.

Je suis allé à un entretien d'embauche chez Véolia et pas plus tard qu'hier. Poste à pourvoir : technicien de maintenance au rang d'ouvrier. Huit ! Ils étaient huit, quatre hommes et quatre femmes répartis en deux équipes pour me soumettre à une batterie de questions qui m'a fait penser un instant que j'étais probablement, à mon insu, en train d'être évalué pour mon éventuelle participation au prochain voyage vers la planète Mars. Cette anecdote n'a apparemment rien à voir avec le sujet de cet excellent billet sur la haute politique internationale, mais elle montre à quel point de dépendance nous nous trouvons déjà face au patronat (face à la droite, donc) et comment s'installe, sournoisement et sûrement, la société nouvelle. C'est donc à tous les niveaux que s'instaure peu à peu le nouvel état social du monde qu'on nous destine et des gens tout à fait ordinaires participent à sa mise en place sans même s'en douter. Comme vous-même, peut-être ?...

"Même si la Finance internationale a déjà presque totalement pris le pouvoir sur l'ensemble de l'humanité"

 

Pourquoi "presque" ? Qui échappe ?

En Amérique du sud, le Brésil peut-être ? C'est mince et même pas sûr, en effet.

Le Brésil est l'un des BRIC, puissances industrielles et financières montantes.

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