Conchions le roi de Thaïlande, foutre !

Le 20 janvier 2009, une dépêche d’agence annonce l’inculpation d’un universitaire thaïlandais, Giles Ji Ungpakorn, pour insulte à la monarchie.
Ce professeur de sciences politiques à l'université Chulalongkorn est poursuivi pour son essai A coup for the Rich (Un coup d'État pour les riches). Publié en 2007, l’ouvrage analyse le pronunciamiento de septembre 2006, qui vit des généraux féaux de la couronne renverser le Premier ministre Thaksin Shinawatra.
La veille de ces poursuites, un écrivain australien de 41 ans, Harry Nicolaides, a été condamné à trois ans de prison à Bangkok, où il était sous les verrous depuis son arrestation le 31 août 2008, à l’aéroport, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays en toute innocence. Son crime? Lèse-majesté.
Dans un roman publié en 2005, Verisimilitude (les 226 p. en anglais et en PDF sont atteignable à partir d'ici) l’auteur brossait, tout en égratignant la Thaïlande actuelle, le portrait d’un prince ne manquant pas de vie privée: offensant pour la famille royale, considéra tardivement le pouvoir, qui engagea, en mars 2008, des poursuites visiblement aussi confidentielles que les tirages de l’auteur en question.
«Ça tient du mauvais rêve», a déclaré Harry Nicolaides, les larmes aux yeux. Il a présenté ses excuses tout en plaidant coupable et n’a écopé «que» de trois ans de prison pour un délit, le blasphème à l’encontre de la monarchie, qui peut en valoir quinze. Selon son avocat cité par le Christian Science Monitor, la procédure entamée trois ans après la sortie du livre reflète les efforts entrepris par le nouveau gouvernement pro-Thaksin pour apparaître loyal envers la couronne. Sans jamais l’avouer, les esprits politiques sont hantés par la succession de moins en moins lointaine du roi Bhumibol Adulyadej. Âgé de 81, aussi délicieusement francophone que la reine d’Angleterre, il s’avère le plus ancien monarque à régner en ce monde, puisque son accession au trône date du 5 mai 1950.
Ses sujets se prosternent à ses pieds avec une ostentation écœurante. Gare à ceux dont la souplesse d’échine ferait défaut ! Un citoyen suisse avait passé un mois en prison en 2007 — avant d’être discrètement exfiltré grâce à une diplomatie qui n’ignore point les dessous de table —, pour avoir, un soir d’ivresse, esquinté l’effigie du roi (lui-même assez dégradé).
En 2008, le correspondant de la BBC à Bangkok, Jonathan Head, fut poursuivi par trois fois — il s’agissait de broutilles publiées sur le site de la chaîne de télévision britannique —, pour crime de lèse-majesté.
Le nouveau gouvernement, dans sa névrose obsessionnelle d’offrir des gages à la couronne, vient d’annoncer son intention de bloquer l'accès à 3 800 sites Internet considérés comme insultants pour la monarchie.
Mediapart se dévoue pour être le 3801e.
D’abord en rappelant qu’au lendemain de la victoire de Valmy, lorsque Kellermann enfonça les armées prussiennes le 20 septembre 1792, à Paris, la nouvelle assemblée décréta une excellente chose, qui pourrait prochainement toucher de sa grâce la Thaïlande : la République ! Dans son numéro 51, la Feuille Villageoise annonçait ainsi : «Le 21 septembre, la Convention nationale s’est constituée. Elle est assemblée dans une crise révolutionnaire ; elle est assemblée sans la présence du roi ; elle est assemblée pour former un plan nouveau de gouvernement. Le président a déclaré qu’il faut abolir la race funeste des rois, qui sont dans l’ordre moral ce que les monstres sont dans l’ordre physique. Les cours sont l’atelier des crimes…»
Il faut que le citoyen Bhumibol, peut-être un jour ci-devant roi, sache qu’à trop jouer à ceci...
...on finit comme Capet:
Alors sans être un nostalgique de la machine à raccourcir les autocrates...

...la vision d'un auteur australien de 41 ans derrière les barreaux, fait comme un rat au nom d'un despote à propos duquel fonctionne encore le crime de lèse-majesté...

... soulève, en France, une colère un peu plus que bicentenaire.
On se souvient soudain que se rencontrait, au début des années 1790, un attentat plus insoutenable que tout crime de lèse-majesté: le «lèse-peuple». «Souverain» était devenu un substantif collectif: «L'universalité des citoyens est le souverain.» Certes, «lanterner» ne marquait plus seulement l'irrésolution pour désigner la pendaison à la lanterne des fripons à talons rouges, mais il existait des vexations moins dévastatrices, dans la bouche du Père Duchesne, cette figure burlesque incarnant la langue du Peuple, émotivo-exclamative et farcie de jurons: «Faites beau cul, vous n'aurez qu'une claque!»
Alors, bordel de Bhumibol, ces sacrés mille millions de policiers et de juges cabaleurs, brouillons, hypocrites, fanatiques, enragés, diaboliques, furieux, corrupteurs, vindicatifs, entêtés, dévergondés, cafards, perturbateurs, charlatans, ennemis des lois, ennemis de Dieu, des hommes, et qui plus est, une véritable peste publique vomie par Lucifer pour tourmenter, embêter, vexer, brouiller tous les citoyens de ton royaume, vas-tu enfin, vil coquin couronné, les empêcher de joliment clabauder, foutre?!
Reçois en plein dentier ma lettre bougrement démocratique. Comprendras-tu un jour, pendard, peut-être à l'heure de la boufaille, quand ton cerveau accède à la moindre raison, que les foutus aristocrates qui t'ont tiré du fumier pour te mettre sur le pinacle sont des petits chiens qui veulent, comme les gros, pisser contre les murs!
Toi et ta lignée de butors, cessez d'attiser la grande colère du Père Duchesne, sinon les Sans-Culottes de Paris se mettront en quatre pour venger ceux qui se trouvent enfermés et avilis au nom d'un âne couronné, foutre.
Vous pouvez frémir de rage et scruter la Toile qui allume le flambeau de la sédition, les trônes des despotes, déjà ébranlés, seront renversés. Vive la Sans-Culotterie, vivent les sujets du Siam qui sauront juillettiser et républicaniser contre ceux qui prétendent les ébêtir et les deshumaniser. Nous n'irons plus à Bangkok, le roi n'est point notre cousin. Il n'est pas plus un réprésentant de la Thaïlande qu'un chat est représentant des souris, mille foutre !


Tous les commentaires
Antoine, je vous trouve bien remonté, dites donc ! Mille foutre et bordel de Bhumibol, dites-vous ? Waouh ! Et vous envoyez votre Lettre dans le dentier du Roi de Thaïlande, au risque de mettre en danger Mediapart ? Avouez que la machine à raccourcir les autocrates a quand même quelque chose de tentant ;o)
Voudriez-vous écrire, en même temps, du même coup en quelque sorte, cher Antoine, le préambule des nouvelles "Lettres persanes" ?
Feriez-vous, cher Jérôme Prieur, allusion à ces deux phrases de l'Introduction: «C'est assez des défauts de l'ouvrage sans que je présente encore à la critique ceux de ma personne. Si l'on savait qui je suis, on dirait: "Son livre jure avec son caractère; il devrait employer son temps à quelque chose de mieux; cela n'est pas digne d'un homme grave."» ? Bien à vous,
. Personnellement, vu ses affinités électives, j'aurais plutôt conseillé à Antoine un remake des lettres de Paul : exemples : 1) "On les connaît les oeuvres de la chair: libertinage, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, rivalités, dissenssions, factions, envie, beuveries, ripailles et autres choses semblables; leurs auteurs, je vous en préviens, comme je l'ai déjà dit, n'hériteront pas du royaume de Dieu." Galates, 5, 19/21 2) "Il est juste que Dieu rende détresse pour détresse à vos oppresseurs et qu'il vous donne, à vous les opprimés le repos avec nous. Lors de la révélation du Seigneur Jésus, qui viendra du ciel avec les anges de sa puissance, dans un feu flamboyant pour tirer vengeance de ceux qui ne connaissent pas Dieu et qui n'obéissent pas à l'Evangile de Notre Seigneur Jésus. Leur châtiment sera la ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de l'éclat de sa majesté, lorsqu'il viendra en ce jour-là pour être glorifié en la personne de ses saints et pour être admiré en la personne de tous ceux qui auront cru; or, vous vous avez cru à notre témoignage". 2 Thessaloniciens, 1, 6/10 A moins que, ne rendant son dû au formatage général, Antoine préfère s'inspirer du fameux hymne à l'amour :` Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l’Amour, je ne suis qu'un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie, et quand je connaîtrais tous les mystères et toute la science, Quand j'aurais une foi totale, à transporter les montagnes, si je n'ai pas l’Amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens pour l'entretien des pauvres, Quand je livrerais mon corps au feu, si je n'ai pas l’Amour, cela ne m'avance à rien. 1 Co 13,. 1/3 Paul, c'est un peu comme les émissions "Apocalypse" : il y a à prendre et à laisser. . jpylg
Comme dit saint Paul, la charité est patiente (I Co 13,4). Ce saint Apôtre veut même que la patience que produit la charité aille jusqu'à supporter tout (I Co 13,7). http://bible.catholique.org/1ere-epitre-de-saint-paul-apotre-aux/3373-chapitre-13
. Effectivement, l'hymne à la charité, on le connaît bien. Aucune difficulté pour trouver la citation sur Internet. Pour certaines autres, c'est nettement plus dur. . Donc, Antoine a, bien entendu, raison : pour Paul la charité et la patience vont ensemble. Mais il y a tout de même quelque chose que Paul ne supporte pas très bien et pour quoi il ne fait pas preuve d'une si grande patience ; c'est qu'on s'oppose à lui : . 1) "Pour s'en être affranchis, certains ont fait naufrage dans la foi; entre autres Hyménée et Alexandre, que j'ai livrés à Satan pour leur apprendre à ne plus blasphémer". Timothée 1, 19/20 . 2) "Moi absent de corps, mais présent d'esprit, j'ai déjà jugé comme si j'étais présent celui qui a perpétré une telle action. Il faut qu'au nom du Seigneur Jésus, vous et mon esprit nous étant assemblés avec la puissance du Seigneur Jésus, nous livrions cet individu à Satan pour la perte de sa chair, afin que l'Esprit soit sauvé au jour du Seigneur". 1 Corinthiens 5, 1/5 . Ca non plus, on ne trouve pas souvent sur Internet. L'opinion publique découvrira ce saint Paul-là avec un grand étonnement quand Gérard Mordillat et Jérôme Prieur auront décidé de la déformater religieusement et m'auront pris (avec Jean-Marie Salamito) comme conseiller technique pour leur prochaine série d'émissions. . jpylg
@ Jean Paul Yves JPY et Jean-Marie sur un même plateau, ce serait aussi zen que le diable se baignant dans un bénitier. Ou je me trompe ?
. Non, non, Miradou ! . Que Jean-Marie relève le défi ! Sous la table, il ira se cacher ! Moins de cinq minutes, il me faut ! . J'attends avec impatience qu'Antoine Perraud organise la rencontre. . Jérôme Prieur filmera. . jpylg
Jean-Paul Yves, je crois comprendre que vous soupçonnez certains de chercher leurs citations sur Google ;o) Mais, dites-moi, Google n'est-il pas fait pour démocratiser un peu l'accès aux références bibliographiques, si formatées dans les Bibliothèques (et les cerveaux) ? Quelque chose échappe à mon esprit obtus: Quels rapports entre Paul et Sa Majesté le Roi de Thaïlande, foutre ?
. Rien de tel, cher Art ! Je puise moi-même abondamment dans Google et j'y trouve en deux minutes ce qui me demande trois jours en bibliothèque. . En l'occurrence, cependant, ce n'est pas sur Google que je trouve les quatre citations que je viens de faire de saint Paul, puisque justement, je dis qu'on ne les y voit pas souvent. Pas plus qu'on ne les entend le dimanche à la messe. . Figurez-vous qu'il y a maintenant onze ans, en 1998, - donc, Google n'existait pas - j'avais publié un opuscule - merci infiniment de me donner l'occasion de faire un peu de publicité - qui avait (qui a toujours) pour titre: L'APOTRE DE L'ANATHEME ( et pour sous-titre : une lecture inhabituelle de saint Paul), il était fait de 52 citations, - une par dimanche - précisément prises parmi celles que l'on a aucune chance d'entendre dans nos églises ni dans nos temples. . Mais vous avez raison : aucun rapport avec Bhumibol ni même avec Louis XVI. Pour être franc, j'ai vu la signature de Jérôme Prieur et j'ai voulu lui faire une proposition de service, ayant remarqué l'autre jour qu'il s'y prenait fort mal pour répliquer à Jean-Marie Salamito que je me fais fort d'envoyer se cacher sous la table en moins de cinq minutes. . Donc, propos complètement déplacés de ma part, même si c'est Prieur lui-même m'y a incité en amenant Montesquieu sur le tapis persan. . Merci d'avoir recentré le débat, chère Art Monika. On se demande dans quel foutoir on serait ici, sans vous. Merci. . jpylg
Cher Antoine, Un splendide assaut de colère révolutionnaire qui donne de l'élan à cent manifs contre les foutriquets roisillons aux plumes de cendres et dont la bouche n'exhale que des cafards, rongés qu'ils sont de l'intérieur. Ce foutoir serait drôle s'il n'y avait soumission et prison à l'arrivée. Attention à ne pas tirer le portrait. Ubu serait à la peine.
Ah 'ca ne vous generait pas de faire bloquer mediapart d' acces depuis la Thailande? Et les abonnes qui vivent dans le coin? Sympa pour eux...
Tant que la colère démocratique pourra supplanter l'impératif commercial, vous aurez affaire à une liberté de la presse inaltérée. Cela dit pompeusement, si vous ne pouviez le vérifier pour cause de censure suscitée par une telle hardiesse, il y aurait effectivement un hic. Faudrait-il en vouloir à la feuille émancipée ou aux forces liberticides? Bien à vous cordialement,
Pas de problème, il suffit de créer une station radio Mediapirat en longues ondes, avec lecture en continue des articles et blogs, idéalement en traduction simultanée. J'ai bien aimé votre coup de gueule. Cela étant, étant moi-même issu d'un pays dont le Roi est le symbole suprême, je peux comprendre (sans bien sur aller jusqu'à l'extrémisme Thaïlandais) qu'une société royaliste soit relativement peu permissive sur le sujet de la critique de cette fonction. Il suffit d'ailleurs de voir ce qui se passe à Monaco sur ce même sujet: Essayez de critiquer le Prince et vous pourrez dire adieu à votre carte de presse!
. Il n'y a qu'à Médiapart qu'on peut critiquer Edwy Plenel (sauf, naturellement, si l'on est un jeune journaliste et qu'on cherche un emploi). . jpylg
Si j'ai bien compris, il n'est plus question de débarquer à l'aéroport de Bangkok avec le journal Mediapart sous le bras, et tout ça par la faute d'Antoine qui a succombé à la tentation de l'ire.
Ah, ça fait du bien...
Ouaoua, joli magnifique, superbe, intense puissant, fougueux, vif, formidable, fantastique, extra, renversant, carabiné, fameux, pas piqué des hannetons, ni des vers... d'enfer et de cheval, éblouissant, éclatant, ardemment, complètement, éperdument, effroyablement, mortel, terriblement, fichtrement, vachement, jusqu'à la garde, plutôt deux fois qu'une, archi, supra, super, hypra, ultra !!! Bravooooooooooooooooooooooooo pour ce billet casse gueule ! Il le mérite le loufiat
Voilà qu'Antoine Perraud fait prendre des risques à Médiapart et qui sait à ses commentateurs lors d'éventuels séjours en Thailande... Au delà du "crime de lèse-majesté" se questionne aussi les critères, de ce qui fait offense? de ce qui est interprété comme injure? Comment celà évolue dans le temps? ... et par delà les représentations du sacré dans une culture? Les totems et les tabous, le pur et l'impur... et comment le politique l'instrumentalise? Comment ces images pieuses monarchiques sont reprises dans l'univers mondialisé par ceux qui proviennent de territoires avec des imaginaires ou la la royauté a été désacralisé... Ceci pour un pays dont l'industrie majeure est le tourisme... Notre sacralisation à nous, c'était le "Divin Marché", maintenant il semble que celà se cherche... La semaine dernière, je me suis hasardé ici à commenter tardivement une tribune d'un homme politique qui répondait à une critique d'un universitaire un peu "provocateur". Le mot "injure" par rapport à ce qui relève de l'ordre de la critique a été systématiquement utilisé. J'ignore si celà relevait du "lard ou du cochon", il n'empêche que je me suis fait également asticoté par un posteur. Ainsi, j'avais "injurié" le médiatique député Européen ce qui relève de la "sottise prétentieuse et dangereuse". Sa comparse vient de se plaindre qu'Obama lui a piqué la "démocratie participative" et ses méthodes... Ainsi, nous voilà dans le "crime de lèse-majesté", plus besoin d'appartenir à une lignée Royale (sauf à confondre un mot pour une réalité, ce qui relève de la pathologie), mais simplement l'appartenance à une classe politico-médiatique semble suffire pour désormais revendiquer l'"injure", "le crime de lèse majesté"... celà tout en se revendiquant du peuple.... Bon, si je finis sous les ponts, on saura pourquoi...
Bonjour de Bangkok. Sans commentaire aucun, mais avec quelques recadrages de taille: - le gouvernement en fonctions depuis la fin décembre n'est pas pro-Thaksin mais plutôt majoritairement anti-Thaksin.Il est dirigé par un royaliste modéré, Abhisit Vejjajiva (Parti démocrate, conservateur-centriste), plutôt embarrassé par cette affaire. - les poursuites contre les deux intéressés remontent à l'administration pro-Thaksin mais ont été engagées par... des anti-Thaksin. - Giles Ungpakorn est accusé de lèse-majesté pour avoir tenu un raisonnement hostile à la déposition de Thaksin par la force (1996) par principe et non par affiliation thaksiniste (il est plutôt crypto-marxiste) - le "peuple" est divisé entre pro- et anti-Thaksin dans une certaine mesure mais les deux camps se réclament du roi avec une égale ferveur - l'accusation de lèse-majesté peut être lancée contre quiconque de façon même anonyme et entraîne obligatoirement une enquête de police pouvant déboucher sur une action en justice - la fermeture de sites internet suite à une action en justice qui remonte à plus d'un an n'est pas imputable aux administrations Thaksin ou pro-Thaksin, et a fortiori au gouvernement actuel. Elle résulte de coups fourrés à triple bande découlant de la logique pré-citée quant à l'accusation de lèse-majesté. - "l'écrivain" Nicolaides n'a autopublié (cela s'appelait à compte d'auteur dans l'édition autrefois) qu'un seul texte dont une cinquantaine d'exemplaires ont été distribués et une vingtaine vendus. Voilà.
Allo Bangkok, ici Paris. Léger recadrage des recadrages de taille: - Merci pour vos précisions quasiment hergéennes sur les plus ou moins pro et plus ou moins anti-Thaksin de la politique siamoise. L'article de Courrier International mis en ligne le mardi 20 janvier et indiquant que l'actuel gouvernement était pro-Thaksin avait donc trois semaines de retard. - Le royaliste modéré chef du gouvernement, Abhisit Vejjajiva, cache bien son embarras en justifiant les traques en cours, dans cette vidéo (à 0"45"): http://www.youtube.com/watch?v=hxoYQa2to20 - Je n'ai jamais écrit que Giles Ji Ungpakorn était pro-Thaksin ; le titre de son essai (A coup fort the Rich) indiquait assez bien qu'il pourrait être fort à gauche. D'autre part, le pronunciamiento qu'il fustige ne date pas de 1996 mais de 2006. - Accoler des guillemets à «écrivain» est déjà un commentaire 1° inélégant à propos d'une victime dans son cas 2° superfétatoire puisque j'avais évoqué ses tirages confidentiels (sept exemplaires vendus et non vingt, s'il faut en croire l'article du Christian Science Monitor mis en lien, ou encore cette dépêche de Reuters (http://www.reuters.com/article/worldNews/idUSTRE50J21U20090120) 3° relevant d'une culture «audimatique» imprudente quand on connaît, rien que dans la littérature française et sans aller jusqu'à Nietzsche, les auteurs aux ventes catastrophiques sauvés par la postérité 4° faisant surtout pencher, in fine, la balance en faveur d'un pouvoir agissant au nom d'un roi qu'il faut néanmoins conchier, dans la tradition du Père Duchesne, sauf à montrer une complaisance coupable pour la voie asiatique vers la démocratie, sinistre foutaise du ministre Mentor de Singapour Lee Kwan-yew, qui voudrait pousser «Le Nouveau monde sinisé» au-delà de celui analysé par l'excellent Léon Vandermeersch, en imposant cet insupportable autoritarisme en vertu d'une sorte de néo néo-confusianisme. Or comme le rappelait le cher Étiemble, le gentilhomme confucéen, c'est celui qui prend son cercueil sous le bras pour aller dire à l'Empereur qu'il se trompe. ° Moralité : hébertistes d'Occident et hommes de bien (ren, 仁) d'Orient, unissez-vous pour flétrir le roi Bhumibol Adulyadej (ภูมิพลอดุลยเดช) et ce qu'il incarne, au lieu de stigmatiser avec une paire de guillemets infamants un auteur tombé dans de tels rets !...
@ Antoine Perraud Pour votre point 4°, en fait ne s'agit-il pas avant tout de "LEGISME"? doctrine avant tout politique et juridique (Lee Kwan Yew était juriste) mais "vendue" sous une doctrine morale "confucéenne". Intéressant le Légisme pour regarder la Chine d'aujourd'hui, en espérant que cette doctrine ne s'importera jamais en occident...
exact pour 2006 et non 1996, faute d'inattention de ma part. il n'est pas "hergéen" de savoir que deux administrations pro-Thaksin ont été invalidées par les juges de Bangkok avant que le présent gouvernement ne soit mis en place fin décembre, et si Courrier International est en retard de trois semaines ou à côté de la plaque, cela ne change rien à la réalité mais est utile à savoir pour le maniement des sources de l'information. La discussion sur l'autoritarisme asiatique façon Lee Kwan Yew concerne sensiblement plus la Chine que la Thaïlande dont le système est un syncrétisme assez peu confucéen entre le monde chinois et le monde indien (culture royale rattachée à Dvaravati et au Mahabharata avec un zest de pompe militariste nippone remntant au milieu du XXe siècle). Le Siam/Thaïlande n'a pas connu de période assimilable à la méritocratie du système des examens confucéens. Par ailleurs cette discussion gagnerait à échapper à des références telles que l'excellent Leon Vandermeersch qui, voici bientôt quarante ans, voyait dans le fascisme rouge de Lin Biao une revigorante relecture du légisme pour en faire l'apologie dans des revues catholiques françaises (avant de ravaler son propos et son chapeau par la suite). Enfin, je m'interrogerai toujours sur le courage (outre l'utilité) qu'il y a à inonder d'opprobre vulgaire, dans le confort d'une immunité fondée sur la distance, un système - même incarné - qui fait sans doute fausse route, cela au risque d'aggraver les charges pesant sur un universitaire du cru qui risque lui, effectivement, de passer un sale quart d'heure en prison, en raison de sa nationalité, alors que le ressortissant australien dont il est aussi question sera automatiquement gracié dans les six à neuf mois comme l'ont été tous les nationaux étrangers condamnés pour le même motif (dans la plupart des cas pour avoir défiguré d'une manière ou d'autre un portrait du souverain considéré). Vous aurez peutêtre remarqué que Giles Ji Unkgpakorn ne s'est pas attaqué à la personne du monarque mais à l'institution et ceux qui en manipulent les plis secrets. Par ailleurs, qu'un peuple entier - du plus saint des hommes ou plus fieffé coquin en passant par les prostitué(e)s des deux genres - vénère son souverain comme d'essence quasi-divine, et se sente individuellement agressé par des atteintes à sa personne, mérite très certainement qu'on examine les choses autrement qu'à travers des références historiques vieilles de deux siècles se rattachant à un monde politique distant de 10 000 kilomètres.
Il m'arrive de rêvasser, par exemple dans la salle d'attente d'un cabinet dentaire. Et je me disais comme ça, en moi-même, que les enfoirés, fussent-ils adorés comme des idoles, se conchient eux-mêmes, notamment ceux qui musèlent la liberté de ceux qui expriment un constat. Ce qui est infâme, ce n'est pas l'expression du constat, c'est la réalité que dénonce le constat. Dans un autre domaine, va-t-on se priver de dénoncer l'excision des femmes, sous prétexte que c'est trop facile de le faire à partir du confort d'une situation étrangère à ce problème, et que cette pratique-là fait partie de la culture de certains peuples.
Il me semblait qu'on pouvait avoir avec des intervenants de Mediapart une discussion qui tienne compte de nuances telles que celle qui, je crois, existe encore entre une décision de justice stupide et l'excision (ou la castration des poetes, jadis, chez nous). Tant pis.
Cher Francis Deron, Dont acte: l'épithète «hergéenne» vient souvent aux lèvres de celui qui se heurte à la complexité et qui tente ainsi de la ridiculiser au lieu de s'en prendre à son étonnant étonnement. D'autant qu'au cœur de vos propos se tapit, vous y faites allusion, un paradoxe politique mentionné par l'article du Christian Science Monitor: certains se montrent plus royalistes que le roi pour déconsidérer la monarchie... ° En revanche, je ne crois pas que l'on puisse si vite déconsidérer Le Nouveau monde sinisé (http://www.decitre.fr/livres/Le-nouveau-Monde-sinise.aspx/9782842791780) de Léon Vandermeersch (http://www.efeo.fr/biographies/notices/vandermeersch.htm) au prétexte d'un détail biographique. ° Il est préférable, de mon point de vue, de s'en prendre à un roi et à l'autocratie qu'il incarne, ou au parrain du despotisme capitaliste asiatique, qu'à un écrivain édité à compte d'auteur ou à un professeur honoraire. Pour atteindre à la grossièreté hébertiste qui vous chiffonne, il a du reste fallu que je forçasse ma nature, maniant habituellement une préciosité un rien chochotte qui horripile mes pairs depuis le Centre de formation des journalistes. ° Demeure la seule question qui vaille et que j'ai vue à l'œuvre chez tant d'expatriés, notamment à Séoul (où je fus viré du Korea Herald en 1985 pour avoir voulu rencontrer Kim Dae-jung, sous la présidence du général Chun Doo-whan): ne rien dire de trop osé pour ne pas braquer ces subtils tyrans d'Asie, ne pas leur faire perdre la face, afin qu'ils s'améliorent graduellement au lieu de se raidir. Leur chanter leur gamme ne pourrait que retarder les choses et rendre la tâche impossible aux démocrates locaux. Les Français, avec leur culture proverbiale de la soumission, ont toujours été les champions d'un tel langage. Je me souviens du vieux libertaire Daniel Guérin me racontant comment, au début des années 1930, à la SFIO (il était pivertiste), Suzanne Buisson (avant de se rattraper dès 1938 puis de devenir une résistante morte en déportation), lui répétait: «À force de parler de ce Monsieur Hitler, vous allez finir par le faire venir»! ° Injurier un roi persécuteur n'est jamais inutile et entre Le Père Duchesne et M. de Norpoix, en cette occurrence thaïlandaise, mon choix est fait et je regrette que nos points de vue épousent à ce point la géographie. L'éthique de la responsabilité, quand on est sur place, prend parfois, nolens volens, la forme d'un certain acquiescement, de même, je vous l'accorde, que la réprobation venue de loin ne peut se targuer que du courage de l'irresponsabilité... Bien à vous cordialement,
L'enfermement derrière les barreaux pour des broutilles n'est certes pas une excision, mais ce n'est pas une partie de plaisir non plus.
un seul point, de géographie culturelle celui-là, pour briser là: le Siam/Thailande ne fait pas partie du nouveau monde sinisé, lequel est d'ailleurs un fantasme.
Vous brisez en biaisant, puisque j'écrivais dans mon premier commentaire «Lee Kwan-yew, qui voudrait pousser "Le Nouveau monde sinisé" au-delà de celui analysé par l'excellent Léon Vandermeersch» (je n'ai donc jamais cru que la Thaïlande en fît partie). Quant au «fantasme», cet anathème révèle simplement que journalistes et universitaires ne sont point frères siamois (Philippe Pons m'étant toujours apparu comme la seule exception qui confirmât cette règle).
celle-là est excellente. Eh oui, c'est même Léon Vandermeersch qui m'a fait journaliste, voici 32 ans. sans la moindre rancune de ma part, au contraire.
Las, le goût des bons mots l'emporte un peu trop, dans cet article, sur le souci de l'information. Qu'avons-nous appris, en fin de lecture, de la société politique thaïlandaise, de l'histoire de sa monarchie, de son système de partis, des raisons et des conditions de possibilité du maintien des crimes de "lèse-majesté" comme catégorie de délit politique, des liens entre pouvoir politique et institution judiciaire qui sous-tendent les poursuites à l'encontre desdits crimes, etc ? Rien, à vrai dire. Dommage. Le fait de tourner en dérision le mouvement arbitraire d'un pouvoir ne dispense pourtant en rien d'en expliciter les mécanismes, sauf à vouloir accréditer l'imagerie éculée de "ces pays de là-bas", naturellement "si différents des nôtres", rizières soleil couchant et palanquins à franges. Quant aux expressions du type "les subtils tyrans d'Asie", "le gentilhomme confucéen", "le despotisme capitaliste asiatique", etc, pitié, n'en jetez plus, le culturalisme niais a fait son temps.
A Romain Bertrand: c'est aussi ce qu'il m'a semblé, et pas seulement pour d'évidentes raisons de proximité.
@Romain Bertrand. Un billet de blog n'est pas une thèse d'État. Le style l'emporte, par définition, sur le fond. Pourquoi venir inscrire, tel un barbacole, des annotations déplacées parce que lestées d'un cahier des charges qui sent ses ficelles de séminaire lambda ? Décentrez-vous, que diable, et n'allez pas reprocher au courriériste, qui revendique sa légèreté, son absence de pesanteur! À moins d'occuper ses week-ends à ce genre de chicanes: le clown manque de gravitas, le croque-mort de cocasserie, ou le chercheur concentré sur «des raisons et des conditions de possibilité du maintien des crimes» de brio. Vous me rappelez mon arrière grand-mère, qui se faisait conduire en fauteuil roulant au musée du Jeu de Paume, afin d'y décréter, face aux toiles impressionnistes: «Ça manque de jaune, ça manque de bleu»... ° Par ailleurs, ayant assisté à moults corridas intellectuelles dans la salle Louis Liard à la Sorbonne, je sais que le torero universitaire d'envergure (Michel Serres traquant Régis Debray, Frédéric Deloffre reprochant à l'auteur d'une thèse sur l'Académie et le subjonctif imparfait sa pratique aléatoire de la concordance des temps...), pour atteindre à une cruauté qui fasse mouche, doit allier rigueur et précision. Or vos guillemets sont capricieux. Vous les appliquez aussi bien à des étrangetés qui vous traversent l'esprit («ces pays de là-bas», «si différents des nôtres»), qu'à ce que vous avez pu lire sous ma plume. En cette occurrence, vous confondez ce qui tient du bloc-note par vous mis en cause et des échanges qui suivent; de surcroît, vous mêlez tumultueusement ce que je dénonçais en le plaçant dans des bouches stigmatisées («les subtils tyrans d'Asie») et ce que je retenais du remarquable Étiemble («gentilhomme confucéen»). Le discernement n'est pas votre fort. ° Le pompon, c'est quand vous tentez, en un mimétisme qui traduit votre mécompte, de vous livrer à la superfétation que vous me reprochiez: le goût des bons mots. Mais tandis que mon exercice de style était fondé sur une relecture de la prose hébertiste, votre ironie croit pouvoir compter sur vos simples forces et tombe donc à l'eau (ou à la rizière, sans oublier votre soleil couchant, ni vos palanquins à franges). ° La parodie se cultive («car sans technique un don n'est qu'une sale manie» chantait si bien Brassens à propos de tout autre chose), alors n'y déboulez pas inconsidérément, pas plus que je n'irai vous provoquer sur le terrain de vos chères études, en prétendant dénouer plus que de raison je ne sais quels «liens entre pouvoir politique et institution judiciaire qui sous-tendent»... ° Il me semble que Simone Weil naquit le 3 février 1909. À la veille d'un centenaire dont il faudra peut-être reparler, je vous laisse méditer sur la pesanteur et la grâce, en espérant que les vaches seront bien gardées.
De votre débat, je relève une question de politique internationale énoncée par Antoine Perraud : Face à une stratégie - diplomatique habituelle - qui est de "ne rien dire de trop osé pour ne pas braquer ces subtils tyrans d'Asie, ne pas leur faire perdre la face, afin qu'ils s'améliorent graduellement au lieu de se raidir. Leur chanter leur gamme ne pourrait que retarder les choses et rendre la tâche impossible aux démocrates locaux." (Nota bene : Comme Antoine Perraud retraduisait là ce que se dit et non ce qu'il pense, le procès en culturalisme que des commentateurs lui font me semble hâtif.) Antoine Perraud conclut : "Injurier un roi persécuteur n'est jamais inutile".
On pourrait élargir cette question à toutes les situations micro politiques, de France ou d'ailleurs : Face à une situation où règne un persécuteur tyrannique (familial, professionnel, groupal...) que faire ? Que faire de l'intérieur ? Que faire de l'extérieur ?
De l'extérieur, la réponse "père Duchesne" est une des stratégies possibles. La réponse "Boycott publicisé et poli" en est une autre. Exclusion publicisée des échanges "sociaux". Quels effets attendre (1) dans les deux cas ?
Sur ce point, Francis Deron nous a incité à réfléchir aux effets de nos interventions, en tenant compte du paramètre : situation interculturelle. Alors, dans les échanges internationaux, ou les micro situations locales, quand la culture du groupe (ou famille, ou milieu de travail) est à la soumission, au respect, par exemple, faudrait-il respecter nous-même ces valeurs pour être compris de la population concernée ?
Ma réponse sera que les choses n'avancent pas toujours par la compréhension. Pour les échanges politiques internationaux, Bruno Latour posait cette question : Faut-il abdiquer nos valeurs pour ne pas faire du "culturalisme", ou faut-il se rencontrer valeurs contre valeurs ? (j'ai résumé à gros traits)
Je dirais en prolongement : comment les valeurs se transmettraient-elles si ceux qui les portent y renoncent face à l'autre ? Dire "non" aux valeurs d'un pays peut être nécessaire dans certains cas : je pense à des pratiques telles que l'apartheid, l'esclavage, la torture, la guerre, le déni de justice, la non liberté de l'information. Les insoumis sont peut-être très minoritaires dans un groupe soumis. La question est de savoir ce qui peut, de l'extérieur, les soutenir et les renforcer. Je pense que c'est une question importante, aussi dans notre vie de tous les jours : nos interactions sont comme le battement d'aile des papillons. Je reviens au sujet d'Antoine Perraud : doit-on (en vue de quel effet attendu (1), de l'extérieur dire "non", et sous quelle forme, à l'existence même du délit de lèse-majesté, quand ce délit est considéré comme un "crime" par la majorité de la population concernée. (1)effet attendu : Est-ce que dire "non" à l'existence de ce délit contribue à faire progresser l'émancipation générale (de l'humanité) et particulière (là bas)? Ensuite, discuter de la forme de ce non.
@ Fantie B. Merci d'élever le débat tandis que je ferraille...
Ferraillez, cher Antoine, s'il vous sied... Un autre pré vous attend, avec vos témoins s'ils désirent vous accompagner : http://www.mediapart.fr/club/blog/francis-deron/250109/liberte-d-expression-et-lese-majeste Foin de pansements. J'attendrai sur le bord les armes soient rengainées et que nous discutions culturalisme, universalisme et relations interculturelles ;-)
A moins que je ne décide plutôt de fourbir un stock d'injures pour stimuler les combattants ? J'ai cherché "injures féminines anciennes" sur Google, rien. mais sur un site dédié aux injures européennes, j'ai trouvé mon bonheur ; j'hésite entre trois : -Senkin autodidakti hullu ! -Vietävän ruttolainen puoliapinan varjokuva ! -Halvatun psykopaatti homidi !
On va reprendre le sujet d'ici quelques jours dès que j'en ai le temps, si vous le voulez bien. Bien sûr, je suis conscient que le côté un peu "désuet", pour dire le moins, de la notion de "lèse-majesté", nous interpelle, comme on dit, nous autres républicains (enfin, de coeur, sinon de fait face à une monarchie élective en place depuis 1958). Inversement, je constate que nos éclats de voix peuvent avoir des effets radicalement contraires à ceux qui seraient souhaités. Et, comme dit dans plusieurs billets et commentaires antérieurs, que la confusion née des excès de langage amène souvent à se tromper de cible. Ce n'est pas vouer un culte au culturalisme que de chercher à garder un sens précis aux mots, comme celui de "persécution". Je rappelle que je baigne dans un monde où les persécutions du despotisme - le vrai, et pas toujours "oriental", parfois européen de souche - ont fait des dizaines de millions de morts en un demi siècle sans remonter avant 1945. Bien à vous.
Bien, puisque le débat est inutile, bon soliloque. N'oubliez pas d'éteindre la lumière en partant.
Merci, cher Romain Bertrand, pour cette dérobade en forme d'aveu: lumière il y eut donc... Bien à vous cordialement,
Il est fou, l'affreux loup ! Mais assez génial...
Ca ferraille et ça ferraillage sans laisser béton. Foi de verlan.