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May

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Les quatre plumes blanches

 

Nous sommes confrontés à quatre crises majeures qui sont dépendantes les unes des autres, dont chacune peut ruiner notre civilisation mais dont les solutions sont souvent incompatibles. Crise financière, crise économique, crise sociale et crise environnementale, toutes doivent être résolues d'urgence.La crise financière nous oblige à sauver les banques sans plus attendre car elles sont le moteur de notre économie. La crise économique doit être résolue au plus vite pour éviter la récession. La crise sociale qui résulte de monstrueuses inégalités ne saurait être supportée plus longtemps. Enfin, last but not least, la crise environnementale est une priorité absolue car c'est la survie de notre planète qui est en jeu.Malheureusement, lorsqu'on examine les actions qui pourraient atténuer ces crises ou les résoudre, on constate qu'il n'y a pas de réponse universelle. Il n'y a pas une recette magique qui résoudrait d'un seul coup les quatre crises. Pire, on voit que ce qui marche pour une crise peut très bien aggraver la situation pour les autres !!!Ainsi pour relancer l'économie il faut prêter de l'argent aux banques, leur garantir des liquidités afin qu'elles puissent prêter aux entreprises. Mais comme l'explique très bien Esther Duflo (professeur au MIT et au Collège de France) "Nous ne pouvons pas faire confiance aux banquiers pour ne pas partir avec la caisse et, encore moins, pour dépenser quelque aide que ce soit dans l'intérêt général". Du coup c'est le spectre de la crise financière qui revient sans avoir pour autant résolu la crise économique. Autre dilemme : toujours pour relancer l'économie dite "réelle", notre premier ministre annonce 1 000 projets. Bravo ! Mais la plupart de ces projets sont des constructions d'autoroutes ou des aménagements de routes, quand il ne s'agit pas d'un 2ème EPR. Tant pis pour la crise de l'environnement !!! Pour limiter la crise sociale, l'urgence est de freiner l'envol du chômage, donc l'Etat soutient l'industrie automobile qui est sur le point de licencier massivement et c'est encore l'environnement qui va trinquer. Si on veut lutter contre les inégalités qui font la crise sociale, il faut d'une manière ou d'une autre améliorer le pouvoir d'achat des salariés. Il y a fort à parier que les entreprises en souffriront et que ça renforcera la crise de l'économie. Pour protéger notre environnement on voit déjà de soit disant mesures d'économie d'énergie ou de substitution d'énergie qui sont autant d'occasions de profits spéculatifs et peuvent relancer la crise financière ou engendrer des famines mondiales...Alors les choix vont être difficiles : quelle crise doit on tenter de résoudre en premier et quelles(s) crise(s) sacrifier ? Mais en fait, il n'est question de résoudre les crises que dans les mots et les postures. Nos braves dirigeants qui font semblant de ne plus être néo libéraux ne pensent qu'à une chose : reprendre le business as usual. Dernier exemple en date : la décision de la Commission européenne dirigée par l'inénarrable Barroso de supprimer le décret qui réglemente les poids des produits offerts aux consommateurs, le décret qui fait qu'une plaquette de beurre de 125 grammes pèse effectivement 125 grammes. Dorénavant la plaquette de beurre pourra peser le poids que voudra bien lui donner son producteur, le kilo de riz fera peut être 800 grammes...allez savoir !!! Pour s'y retrouver le consommateur devra trouver, bien caché dans un petit coin d'une étiquette illisible, le prix au kilo du produit acheté et le comparer à tous les autres produits concurrents pour connaître le plus avantageux. Une telle mesure ne manquera pas de déclencher une furieuse augmentation cachée des prix. En pleine crise économique et de baisse du pouvoir d'achat l'Europe ne pouvait certainement pas prendre une mesure plus absurde et irresponsable.

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Cette Europe de toute manière est-elle vraiment encore la nôtre ? Dans un espace, où tous les Etats membres sont des démocraties, comment peut-on encore accepter que cette Commission, qui possède tant de pouvoirs, soit un organe totalement souverain, opaque et dans son fonctionnement, et dans son organisation, et donc a-démocratique ? Daniel C-Bendit a écrit un bel article sur la nécessité de re-politiser le Parlement européen. Le néo-libéralisme a mis l'économie mondiale en péril et on nous propose d'accepter des cautères keynésiens dans un cadre ultra-libéral, pour sauver le système, qui n'aurait pas dû être sauvé si on avait décidé d'adopter une politique non néo-libérale... Nous vivons vraiment une époque formidable.

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