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May

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Ce qui fait trembler nos coeurs

Il n’y a souvent pas de mots assez forts contre les pratiques inhumaines qui perdurent aux quatre coins du monde. Il y a les évidentes intolérances qui brûlent la vie sociale de ceux qui sont “différents”. Il y a ensuite l’injustice qui détruit des destins d’un coup de main arbitraire. Il y a enfin l’oppression qui étreint et étouffe la liberté de l’âme. À ces maux, il n’y pas grand chose à opposer : l’impuissance de nos mains n’a d’égale que la révolte qui fait trembler nos coeurs.

 

 

 

 

L’intolérance est le plus grand des maux de cette société. Depuis Mai 1968, les évolutions de moeurs sont au point mort. On crie “tolérance” à qui veut bien encore l’entendre et le croire. On n'exclus plus les gens ouvertement, mais insidieusement. Les gens de couleur, les homosexuels, les anarchistes, et les autres ! Car la liste ne saurait être exhaustive. L’intolérance se pratique d’une catégorie à l’autre : les intellectuels méprisent les sportifs, les sportifs moquent les gros, les gros rient des anorexiques, les anorexiques des gens qui se foutent de leur look, ceux qui se foutent de leur look ignorent ceux qui ne sont pas de gauche, ceux qui ne sont pas de gauche regardent de travers les mendiants, ces derniers serrant les dents quand passe devant eux une grosse cylindrée.

Il n’y a pas de frontière à l’intolérance. Pas de limite : chaque religion est non seulement intolérante aux autres, mais également entre ses propres membres divergents des “bonnes moeurs” établies en d’autres temps. En politique, une loi qui dépasse un siècle est un prodige que l’on qualifie souvent d’archaïque. Que devrait-on dire du Coran, de la Bible ou de l’Ancien Testament ?

Ceux et celles qui sont victimes d’intolérances connaissent souvent une mort sociale qui précède la mort physique, loin des yeux et de nos coeurs. Remercions au passage Jean-Luc Delarue, qui nous permet d'entériner la mort sociale d’une personne en direct. Combien d’êtres humains cachent aujourd’hui ce qu’ils sont - quand ils le peuvent ? Et combien essayent d’oublier leur propre couleur de peau, leur propre aspect plutôt que d’affronter la réalité des regards ? Les sourires, les moqueries ! De tout cela, dans un siècle nouveau, combien sommes-nous à le refuser ? Nous voulions la terre belle et sincère, mais les amertumes et les rancoeurs, l’envie perpétuelle de trouver des coupables accessibles, font de nous des mercenaires de l’intolérance.

 

 

Il ne s’agit pas de tout tolérer, mais de tolérer l’ensemble des choses qui ne nous touche pas : si mon voisin de palier est noir, en quoi cela change ma vie ? Si mon voisin du dessus est homosexuel, en quoi cela modifie mon existence ? Si mon voisin du dessous est musulman, pourquoi cela me dérangerait ?

Et cette intolérance qui entraîne souvent l’injustice. L'injustice, qui va détruire des vies, briser des couples, casser des amitiés, foudroyer des destins heureux. L’injustice commence dans nos tribunaux. Avant même : les lois de la République, les lois des humains ne sont-elles pas les premières à créer l’injustice ? Le tout couronné par des médias souvent lamentables. La présomption d’innocence, toujours affichée mais jamais respectée. Combien, innocents, se suicident-ils en prison ?

L’injustice est autour de nous. Partout. Au travail : le copinage, le favoritisme, le “elle est plus jolie donc elle aura la promotion”, ou le contraire “elle est enceinte, elle n’aura pas d’augmentation cette année”. L’injustice est aussi dans nos familles : celui qui ne souri pas à ses cousins est mal vu, à l’inverse de celui qui souri hypocritement. Il y a aussi le premier fils préféré au second. Ou l’inverse. Qui n’a jamais ressenti une injustice familiale ?

L’injustice commence dès qu’il y a déni de liberté d’expression : on n’a le droit de parler uniquement lorsqu’on nous l’accorde ! L’innocent qu’on enchaîne, on le fait taire ! Le salarié qui dénonce le favoritisme est harcelé. Le fonctionnaire qui dénonce l’incompétence d’un chef est muté. Face à la calomnie, combien sommes-nous à camper sur nos positions ? Combien sommes-nous à dire “Je n’ai plus rien à entendre de toi” ou à ne pas décrocher au téléphone pour éviter le dialogue gênant ? Éviter d’assumer ses choix. C’est l’époque qui fait ça : on parle sur Internet, puis on coupe ou on bloque celui ou celle qui nous dérange. Comme ça. Aucune justification. On raye sans état d’âme. Et notre humanité dans tout ça ?

 

 

L’injustice commence par le manque de dialogue. Celui qui s’accroche est victime d’oppression. Celui qui ouvre sa gueule envers et contre tout se verra opprimé. Partout dans le monde, aucun système n’échappe à la règle ! L’oppression de celui qui s’exprime contre un régime totalitaire, l’oppression de celle qui se bat pour la démocratie, l’oppression de l’homme qui se rêve debout et fier contre l’intolérance, l’oppression enfin de la femme qui refuse de plier aux exigences de sa famille et aux traditions immondes et inhumaines.

Cette oppression qui emploie toute sa force et sa haine à repousser la liberté et l’avancée d’un monde où il n’y aurait que peu d'intolérance et d’injustice ! L’oppression qui change de visage quand elle n’est pas assumée, et qui vient rimé si pauvrement avec exclusion ! La censure, les armes, la faim, l’espionnage, l’extrémisme religieux, la haine, la vengeance : elle n’a aucune limite à changer de visage ! Cette oppression qui me donne la nausée.

Où en est-on de la liberté qui a fait rêver les siècles précédents ? Comme si “liberté” signifiait tout d’un coup “individualisme”, on court vers les geôles d’oppressions. Éviter un monde qui part en vrille, ce n’est pas en s’offrant des prisons que l’on se donnera des limites à la marchandisation des âmes. Offrir la liberté à nos bonheurs sans fermer la porte aux âmes qui s’ouvrent au partage ! Ramper sous les coups de l’oppression n’accouchera que de rancoeurs et de rêves déchirés, brisés. S’il faut se battre pour que la liberté renaisse, prenons les armes. Mais ne laissons pas faire, toujours, l’arbitraire de ceux qui veulent de ces maux.

 

 

 

 

L'intolérance, l’injustice et l’oppression, sous le feu du discernement de l’esprit tout puissant, fait trembler nos coeurs.

Tout l’enjeu de mon propos consiste à ne pas refermer nos coeurs après chaque tremblement. Et enfin traduire nos tremblement par des actes : rejetons en bloc ce qui est en nous d’intolérance, d’injustice et d’oppression ! Apprendre à penser sans nos vieux démons, nos vieux instincts insupportables pour nos coeurs tremblants et défaits.

Allons vers ceux qui sont différents, sourions à ceux qui ne nous ressemblent pas : le quotidien serait tellement plus supportable si enfin...

Parlons à ceux que l’on croit coupable, prenons le temps de les écouter, d’ouvrir nos coeurs... de comprendre.

Luttons pour celui qui reste debout, fidèle à ce qu’il y a d’humain et de dignité en lui !

 

 

De tendre enfin une main ouverte à ceux qui essaient de nous dire autre chose, pour que ce monde tourne avec des coeurs ne tremblants que d’amour et de rêves !

 

 

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L’impuissance de nos mains n’a d’égale que la révolte qui fait trembler nos coeurs : c’est pour quand la révolution des rêves ?

Pour demain si tu le veux...

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