Fri.
25
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Baisse du pouvoir d'achat... et de la durée de vie des produits

Parmi les causes de diminution du pouvoir d'achat, je n'ai pas souvent entendu parler de celle-ci : la baisse de la durée de vie des produits de consommation courante.

Je pense que nous avons tous observé que la qualité de certains produits de la vie courante n'est pas toujours au rendez-vous. Alors que les équipements électroménagers de nos parents et grands-parents continuent parfois de fonctionner après cinquante années d'utilisation, nous sommes aujourd'hui obligés de racheter un même produit à cinq ans d'intervalle, voire à un intervalle plus réduit encore pour les produits dits "High Tech".

J'aimerais approfondir cet argument qui pousse, de manière consciente ou non, les fabricants à nous inciter à augmenter la fréquence de renouvellement de l'acte d'achat.

Selon moi, plusieurs origines pourraient être identifiées :

 

  • L'obsolescence de mode : il s'agit pour le fabricant de prévoir le remplaçant du produit dès sa commercialisation. Le consommateur en vient ainsi à vouloir changer rapidement son produit car il n'est plus "à la mode".
  • L'obsolescence de services : de nouvelles fonctionnalités sont ajoutées dans les produits que nous utilisons et l'exemple le plus frappant concerne nos ordinateurs et nos téléphones portables. Même si leurs vertus sont largement vantées, ces nouvelles fonctionnalités ont pourtant la fâcheuse tendance à rendre leurs équipements hôtes très rapidement obsolètes. Il faut alors changer d'équipement pour rester "compatible" et pouvoir continuer d'échanger des documents. Remarquons au passage la vacuité de cette évolution : taper un texte sous le traitement de texte dominant est toujours aussi long et laborieux qu'en 1995.
  • La mauvaise qualité des matériaux utilisés : elle est la conséquence de la sous-traitance dans des pays de production à bas coût, où la qualité des matériaux et des assemblages réduit notablement la durée de vie des produits.
  • La durée de vie "au plus juste" : elle est issue de la volonté du fabricant de viser "au plus juste", c'est-à-dire faire en sorte qu'une panne survienne suffisamment tôt pour inciter à changer de produit, et suffisamment tard, en même temps, pour ne pas qu'elle soit prise en charge par la garantie. Un subtil dosage pour que le consommateur joue son rôle : consommer.
  • Des facteurs micro-économiques : je me souviendrai toujours d'une histoire apprise en cours d'Allemand au sujet d'un fabricant de balais qui a fait faillite car ses balais étaient inusables.
  • Des facteurs macro-économiques : il est bien connu que la "machine" à consommer est le ressort essentiel pour brûler toute notre énergie créatrice de biens. Après avoir rouvert Wall Street au lendemain du 11-Septembre, George Bush n'a-t-il pas dit aux Américains : "allez dans les magasins, faites du shopping, vous devez consommer".

Cette analyse n'a pas la prétention d'être exhaustive. Néanmoins, la combinaison des facteurs ci-dessus montre qu'il existe une volonté de réduire la durée de vie des produits de consommation courante. Il en résulte mécaniquement une baisse de notre pouvoir d'achat.

 

Tous les commentaires

enfin un article qui refléte depuis plusieurs années ma pensée!! oui on parle beaucoup de dévelopement durable , bien durable, durable tout est durable aujourd'hui mais personne n'utilise le mot durable sur les biens de consommations et pourtant la premiére mesure ecologique serait de fabriquer des biens de consomation durable(comprenant tous les équipements qu' un foyer pocéde) mais pas rentable pour la bourse!.

Oui c'est un vrai paradoxe avec le développement durable : notre société de consommation s'appuie au contraire sur le périssable et le jetable.

Peut-on s'inscrire dans une logique de développement durable si nos habitudes de consommation courante reposent sur des principes inverses ?

Bravo pour cet article si juste!

 

Par contre je ne comprends pas votre prudence quand vous vous contentez de parler de "tendance", et que vous osez un "voire une volonté", comme si ce n'était pas aussi évident!

 

Il y a une autre "tendance voire volonté" économique qui est en plein rapport avec les paramètres que vous listez:

 

La tendance à l'obésité.

 

L'obésité qui nous frappe physiquement, au point d'être devenue un nouveau problème de santé de société officiellement conçu comme tel,

et qui correspond à l'obésité qui a gagné de monde de la technologie dans lequel nous jouons le rôle de clients-captifs.

 

Obésité informatique,

quand on en est rendu au "de nos jours si t'as pas 8 gigas de RAM et 1 téra d'espace-disque tu ne fais plus rien"

(alors que la beauté initiale du génie d'Apple par exemple, qui jouait dans ce domaine le rôle envié de génie précurseur que personne ne pouvait suivre, était précisément l'idée inverse, celle de rester toujours capable d'optimiser si bien avec peu de RAM et peu d'espace disque, et de parvenir à de meilleurs résultats tout en ayant moins de besoins que les concurrents).

 

Obésité automobile,

et l'automobile c'est notre paysage, on pourrait presque dire c'est notre civilisation tant elle est omniprésente,

quand on voit que toutes les autos ont doublé de volume et surtout de poids, quand on voit que la largeur qu'elles ont atteintes rend beaucoup de rues et de portails qui autrefois étaient assez larges, trop étroits sans qu'on prenne jamais le temps de comprendre pourquoi,

quand on constate que la consomation en carburant n'a toujours pas baissé, malgré les progrès des ingénieurs sans qui, pour mouvoir ces monstres obèses deux fois plus lourds qu'avant, les moteurs bien entendu consommeraient deux fois plus.

 

Obésité dans chaque petit objet, même le plus insignifiant:

Pas une brosse à dent qui ne soit pas munie de deux sortes de composé plastique différent pour une meilleure prise en main, aux couleurs chiadées et aux formes genre "sport-aérodynamique"

(ce qui pour une brosse à dent est particulièrement à pleurer de ridicule sauf que voilà, le truc c'est que ça la rend deux fois plus chère et qu'elle dure deux fois moins longtemps...).

 

Surconsommation dans tout mais sans objet réel ni raison logique.

Pathologique, quoi.

Obèse.

Bonjour,

Et merci pour votre commentaire. J'ai corrigé la nuance que vous avez relevée. Mon raisonnement montre en effet qu'il s'agit d'une volonté, plus qu'une tendance.

Et je suis d'accord avec votre remarque sur la tendance à l'obésité également.

Merci et bonne journée !

Un argument très intéressant à soumettre immédiatement à l'INSEE !

Je serais curieux de connaître leur réponse !

Bravo, c'est bien vu !

La bouteille (de mon post) a été lancée à la mer (de la rubrique Contacts du site de l'Insee).

En particulier, j'ai demandé s'il existe des études sur le sujet que j'ai évoqué.

Je vous tiendrai informé ici de la suite des événements.

Merci pour votre suggestion et bonne journée.

Je viens d'obtenir la réponse de l'INSEE que voici :

Bonjour,
Vous souhaitez savoir si l'Insee a fait des études sur le lien entre la faible durée de vie des produits de consommation courante et la diminution de notre pouvoir d'achat.
L'Insee ne dispose pas des éléments permettant de répondre à votre demande.
Vous avez toutefois la possibilité de consulter le portail de l'administration française à l'adresse www.service-public.gouv.fr sur lequel vous pourrez poser votre question.
Cordialement,
Service INSEE Contact
A bientôt sur http://www.insee.fr

 

J'ai donc posé la question à la rubrique "Contacts" du site service-public.fr.

A suivre...

 

L'équipe Messagerie du site Service-Public.fr vient de m'apporter une réponse.

 

Bonjour,

Merci pour votre message.
Le département messagerie du site service-public.fr se propose d'apporter aux usagers un premier niveau d'information relatif aux demandes de renseignement administratif et aux recherches de texte juridique. L'équipe en charge de la réponse à vos messages n'est pas en mesure d'effectuer des recherches documentaires. 

Vous pouvez consulter, à partir de la page suivante, des ressources en ligne sur le site de l'Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l'Information et des Bibliothèques (ENSSIB) :


http://www.enssib.fr/npds/index.php?op=edito-ressources



Cordialement.
Equipe messagerie
service-public.fr

 

Pour l'instant, je n'ai pas encore trouvé mon bonheur parmi les ressources documentaires du site de l'ENSSIB. Je continue de chercher.

Bonne journée !

On ne reprise plus les chaussettes... mais, ovni dans le paysage des consommateurs, je suis partie pour garder ma vieille gazinière jusqu'à ce qu'elle trépasse...

 

Incitation à se procurer le modèle dernier cri : téléphones portables, hi-fi ou télé notamment !

 

Achat hier d'un aspirateur neuf, moyenne gamme, choisi exprès avec réservoir à vider manuellement, lavable. Surprise, le vendeur, m'annonce que le dépositaire de cette marque d'aspirateurs a failli mettre la clé sous la porte, un aspirateur sans sac ça fait trop has been (et pourtant, le bond du prix des sacs d'aspirateurs depuis quelques années !)...

 

Autre précision, et qui ne m'a pas parue de l'esbroufe de commercial : depuis les nouvelles normes écologiques, la fragilité des matériaux, ou la petitesse des mécanismes utilisés ne garantissent plus contre une usure accélérée, il faut donc redoubler de soins, si on se cogne le genou contre une gazinière moderne, elle se gondole et le genou est indemne, avec l'acier émaillé, c'était le bleu au genou et la cuisinière intacte ... Cet aspirateur est garanti 2 ans, croisons les doigts !

 

 

Le fait même qu'un aspirateur ne soit garanti que deux ans, c'est en soi une absurdité.

Personnellement,

je le vois aussi comme bien entendu un gaspillage qui va à l'encontre totale des soi-disant bonnes résolutions de "développement durable",

mais je le vois aussi comme carrément du vol, et du vol "officialisé", organisé, dans le sens où tout le monde a le cerveau tellement bien lavé par la propagande ambiante, que cela ne choque personne, que dis-je, cela n'attire même pas l'attention!

 

Comme si acheter un aspirateur dont on sait d'avance qu'il tombera en panne dans à peine deux ans, c'était tout ce qu'il y a de normal!

 

Le problème, c'est qu'on n'a pas le choix?

Ah mais c'est là où c'est encore plus à hurler d'indignation,

puisqu'il suffirait d'aller acheter son aspirateur en Afrique du Nord par exemple, pour avoir un truc plus robuste qui va durer dix bonnes années voire plus, sans problème.

 

-

J'en sais quelque-chose,

car j'ai eu récemment à remplacer mon bon vieux Minibus Volkswagen après vingt-deux ans de bons et loyaux services.

Je me suis donc attelé à la tâche de lui trouver un équivalent parmi les véhicules utilitaires actuels.

Mission impossible.

Parmi tout le soi-disant choix de ce que j'étais captivement forcé d'acheter comme camionnette "utilitaire", en cette année 2009, non seulement du point de vue pratique rien n'arrive à la cheville de la fonctionalité et des capacités génialement optimisées du vieux Kombi Volkswagen, mais en plus, l'entretien et le coût de fonctionnement comme celui des pièces détachées,

en font des joujous de luxe extrêmement coûteux, aux antipodes de ce qu'on pourrait appeler un véhicule "utilitaire".

 

Par contre, si je lorgnais vers les utilitaires en vente en Afrique du Nord ou en Asie du Sud-Est, là oui, je trouvais ces équivalents au Minibus Volkswagen, à des prix modiques, et à des coûts d'entretien et de fonctionnement réduits.

 

-

La mondialisation de l'économie,

ça devrait pouvoir me permettre d'acheter en Algérie mon véhicule utilitaire bon-marché, simple et robuste,

ça devrait vous permettre d'acheter en Turquie votre aspirateur bon-marché, simple et robuste.

 

Mais la mondialisation de l'économie, c'est un vaste mensonge puisqu'elle ne fonctionne que dans le sens de ceux qui s'enrichissent en bradant nos industries en bourse à ceux qui font travailler des esclaves,

quand dans le même temps, le fruit du travail de ces esclaves du Sud, nous le payons à des tarifs "occidentaux" et surtout, nous n'avons aucun choix quant à ce que nous sommes forcés de consommer.

 

En un raccourci fulgurant:

Plus aucune pharmacie, plus aucun supermarché, ne me propose autre-chose qu'une brosse à dents très chère, très belle, très aérodynamique et munie d'une puce électronique et que sais-je encore (j'exagère à peine), et dont les poils seront fichus au bout d'à peine deux semaines.

La seule brosse à dents toute simple, qui dure assez longtemps, bref qui est faite pour juste brosser les dents quoi,

on la trouve encore, mais uniquement aux Restaurants du Coeur, le modèle estampillé "aide alimentaire" et destiné aux populations qui ne disposent pas de l'eau courante pour de les laver, les dents!

Anecdote technique perso complètement dans le sujet du présent billet:

 

En ce moment j'écoute la radio sur un combiné radio-cassette-auxiliaire-CD, les tout premiers appareils tout-digital qui proposaient un lecteur CD et qui abandonnaient les Ondes Courtes pour privilégier la FM, les OM et les OL,

et ô comble du high-tech de l'époque,

une télécommande!

 

Et bien les deux piles de la télécommande en question, ce sont toujours les mêmes, oui les premières qui furent livrées avec il y a vingt ans de cela. Des AAA, en plus, donc même pas les plus grosses des cylindriques. Date de péremption non précisée sur les piles.

 

Tout le reste fonctionne encore à merveille aussi, est-il utile de le préciser, alors que cet appareil a connu des utilisateurs divers et variés, sous des climats et des taux d'humidité assez divers et variés aussi...

Newsletter
Je m'identifie