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MoDem: La Campagne électorale permanente et la maîtrise des cycles électoraux

6a00e54f9b8373883401156fef50a7970c-piLa déroute électorale du Mouvement Démocrate français (MoDem) lors des élections européennes de 2009 démontre un manque de maîtrise du cycle électoral, des stratégies préparées, et des aléas de campagne. Cette problématique va bien au delà de l'erreur tactique de François Bayrou face à Daniel Cohn-Bendit lors du débat électoral télévisé. Elle démontre une insuffisance stratégique, notamment en ce qui concerne la préparation des messages directeurs à tenir lors d'une campagne électorale afin de faire passer une vision complète de société, avec un fond programmatique préparé très en amont; une unité de communication du message électoral entre le parti, ses candidats, ses militants et sympathisants sur le terrain; un agenda électoral trop facilement abandonné au profit de répliques politiciennes; et enfin des problématiques d'alliances réglées trop tardivement. Il ne s'agit que d'évidences qui laisseraient facilement entrevoir un certain amateurisme politique.

 

 

 

 

Cependant, la maîtrise réelle de cet ensemble de facteurs (voir schéma) relève d'un professionnalisme rare. Les exemples de partis politiques, ou plutôt d'hommes politiques et de conseillers, ayant su dominer grâce à leur stratégie, une, voire plusieurs élections, demeurent exceptionnels (dans les sociétés démocratiques modernes hyper-médiatisées, les exemples fracassants les plus récents, qui ne doivent rien au hasard ou à l'usure du pouvoir, sont ceux de Barack Obama, Lee Myung Bak, Kevin Rudd, Nicolas Sarkozy, Silvio Berlusconi, Angela Merkel, Manmohan Singh, Luis Inacio da Silva, Vicente Fox, Tony Blair, Bill Clinton). Il faut aussi noter que la majorité de ces hommes et femmes politiques auront effectué des erreurs tactiques et stratégiques sporadiques mais significatives tout au long de leurs carrières. Le groupement Europe Ecologie (Daniel Cohn-Bendit, José Bové) aura réussi de manière ponctuelle lors de ces élections européennes en France; le cas s'était déjà produit auparavant pour le RPF (Philippe de Villiers et Charles Pasqua) en 1999, et les radicaux de gauche (Bernard Tapie, avec l'aide probable de François Mitterrand) en 1994. L'enjeu électoral du 7 juin 2009 était primordial pour le MoDem, afin de lui permettre de se positionner comme force d'opposition grandissante et dynamique, face à une opposition socialiste qui représentait le contraire depuis 2002. Faute de recul suffisant et de gestion stratégique en amont, le message électoral spécifique à cette élection aura été délaissé progressivement, au profit du groupement Europe Ecologie qui aura su se tenir à l'enjeu immédiat. Le cycle qui s'achève représente donc un échec stratégique grave, qui démontre aussi de nombreuses failles organisationnelles et tactiques. Les leçons de cet échec ne doivent pas simplement permettre de combler des défaillances électorales ponctuelles, mais d'ériger un système de campagne électorale permanent, maîtrisant les cycles électoraux, les tendances changeantes de long terme, et de créer une organisation capable de répondre aux évènements imprévisibles tout en rebondissant sur ses ressources programmatiques. Le calendrier électoral français place l'échéance des régionales neuf mois après les européennes, c'est à dire un peu plus de deux ans avant les présidentielles. Est-il besoin de préciser que la campagne électorale d'ici à mai 2012 sera durable et à facettes multiples, avec des éléments locaux, nationaux et internationaux?

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