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Personne ne sait que c’est un héros
« Personne ne sait que c’est un héros », ainsi titrait l’Evénement du jeudi en 1988 à propos de Stéphane Hessel. Lui qui a participé en 1948 à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme lira le préambule lors de la manifestation pour le 60ème anniversaire au Trocadéro le 10 décembre.
Et ce mardi 9 décembre, à Boissy St-Léger (Val de Marne) dans le Centre Stéphane Hessel, animé par l’Association France Terre d’Asile, un débat sur le thème « Immigration : qu’en est-il des droits de l’homme » a réuni des professionnels, des élus, des bénévoles et des jeunes ayant été accueillis dans ce Centre pour mineurs isolés étrangers. Il s’agit pour ces jeunes « les plus vulnérables parmi celles et ceux qui ont eu à subir l’oppression, la persécution et l’enfermement dans leurs pays respectifs, de bénéficier d’un accompagnement administratif, juridique et socio-éducatif spécialisé ». Edition : Iles de France du 22 avril 2008 La loi du 5 mars 2007, sur la protection de l’enfance consacre le département comme l’autorité publique responsable d’assumer leur accueil. Et lors de cette réunion il a été soulignée l’importance de la mobilisation associative auprès des Conseils Généraux pour venir en aide à ces jeunes (une quarantaine dans le Val de Marne, environ trois cents en Seine St-Denis du fait notamment de l’aéroport de Roissy et entre six à sept cents sur Paris, la plupart ressortissants de l’Afghanistan).L’Association France Terre d’Asile http//www.france-terre-asile.org a donné le nom de Stéphane Hessel à son centre d’accueil comme un « témoin du bien commun ». C’est de cette transmission que l’ancien résistant et déporté nous fait don, ses paroles nous serviront de vigilance, d’humanité et d’espoir.
Cités dans le Point par Elisabeth Pineau (du 8 décembre) les propos qu’il a tenu à la Reuters : La France peut se vanter en 2008 d’être encore la patrie des droits de l’homme ? « Non, elle ne doit en aucun cas s’enorgueillir, c’est toujours mauvais […] Elle doit constater que si elle fait certaines choses correctement il y en a d’autres qu’elle ne fait pas bien. Notamment, elle s’occupe mal de ses immigrés, elle s’occupe mal de ses sans-papiers et elle ne s’occupe pas bien du tout non plus des questions d’asile ».« Tous mes messages, je les adresse toujours au Président de la République, quel que soit son nom […] Le nom actuel est celui d’un fils d’immigré. Donc s’il y a quelqu’un qui devrait savoir qu’il faut considérer l’immigration non comme un fléau mais comme une richesse, c’est bien notre Président actuel, Nicolas Sarkozy ».
Des raisons d’espérer, sans doute et lors d’un meeting de soutien à l’écrivaine bangladaise Talisma Nasreen il nous donnait ses signes d’espoir « Il y a eu la fin du stalinisme, la fin de la colonisation, la fin de l’apartheid, nous avons un Tribunal pénal international pour juger les tyrans : bien sûr que les choses progressent ».

Tous les commentaires
Cher Arthur, Et les prises de position de Stéphane Hessel lors de l'écrasement de Gaza sont claires : crimes de guerre sinon crime contre l'humanité. L'apartheid n'a pas disparu : direction Israël et les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. 700 kms de murs. Quant à la décolonisation, vous savez ce que j'en pense...
Merci de le rappeler, cher Pierre, son action au-delà de ses déclarations a toujours été en défense de la justice et du droit. Stéphane Hessel a signé une lettre remise au président de la République le 12 janvier lui demandant d'envoyer un navire-hôpital de la marine nationale au large de Gaza. Egalement signée par Carole Bouquet, Régis Debray ou encore Raymond Aubrac, la lettre affirmait « Indépendamment du nombre de vies [que ce navire] pourra sauver, dit la lettre, un tel geste témoignerait avec éclat, face à des opinions publiques ici et là qui en doutent de plus en plus, qu'un pays occidental n'a pas nécessairement deux poids deux mesures quand il invoque le droit international et humanitaire ». (AFP.) * Et vous me donnez l'occasion de reproduire ici un extrait des déclarations publiées par Libération le 31 décembre 2008, recueillies par Béatrice Vallaeys «Mais c’est Israël surtout qui me préoccupe. […] Que nous ayons laissé sans sanction internationale le gouvernement israélien ces cinq dernières années et encore tout récemment, constitue également un crime contre les droits de l’homme. En tant que porte-parole de la Déclaration universelle, je suis personnellement scandalisé par cette impunité. Si la communauté internationale doit intervenir en Israël c’est parce qu’elle est liée par les résolutions du Conseil de sécurité, et parce qu’on a promis à Annapolis. Or elle ne fait absolument pas face à ses obligations internationales». «Pourquoi est-elle quasi silencieuse ? Parce qu’elle est intimidée par Israël, elle redoute de se faire traiter d’antisémite, elle craint qu’on ne fasse pas toute sa place à ce peuple qui a été tellement martyrisé. Cela va à l’encontre même des valeurs du judaïsme qui sont des valeurs d’ouverture, de liberté et de réconciliation des religions : autant de mérites niés par le gouvernement israélien depuis la fin de la guerre des Six jours. La politique israélienne a combattu ceux qui militaient pour la paix (l’OLP, Oslo) et favorisé les partisans de la violence, plus crédibles, selon elle, à l’égard de la population. Si la communauté internationale n’intervient pas, on court à la catastrophe - déjà présente et meurtrière pour les Palestiniens - et à plus long terme pour Israël : car tant qu’Israël ne trouvera pas la voie vers deux Etats partenaires, il aura lui-même miné sa possibilité de survie dans le Proche-Orient».
'Cette ville est nulle. C'est une ville sans héros. Imaginez Weimar sans Goethe, ce n'est rien" (Marina Tsvetaeva) " Vous voulez dire, une ville dont personne encore n'a raconté les héros". Serguei Efron, son mari.
Merci pour ce subtil "dialogue" et on raconte ces héros comme on raconte "les justes"!
Un livre vient de sortir de Régis Debray consacré au beau mot encore inscrit sur les frontons des édifices publics, Le moment fraternité (éd. Gallimard, mars 2009). Et si je fais ici cette référence d'annonce c'est parce que ce livre est dédié à Stéphane Hessel, résistant, déporté, ambassadeur de France, co-auteur de la Déclaration Universelle des droits de l'homme (1948), et qui, avec d'autres, sauve l'honneur. Associer Stéphane Hessel et fraternité c'est un bel hommage qui incite à approfondir le chemin du résistant et cette notion qui me semble faire défaut dans nos vies modernes.
"Au lendemain de l'indignation" [ http://blogs.mediapart.fr/blog/helene-genet/291011/au-lendemain-de-l-indignation ] est un très beau "papier" de Hélène Genet, sur le mouvement crée par "l'indignation", où sont analysés ses limites.
Je l'ai apprécié et ai fait le commentaire, le 30 octobre 2011, ci-dessous :
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Votre "lendemain" de l'indignation me paraît moins "une leçon de scepticisme" qu'une contribution à la réflexion utile sur les limites du "concept" dont le court texte de Stéphane Hessel serait porteur.
Droit à l'indignation-devoir d'indignation, ce sont des actes citoyens qui relèvent en effet de la responsabilité individuelle. D'ailleurs l'impératif pourrait faire penser au fameux "soyez spontané!", comme consigne de liberté.
L'intérêt que je vois dans ce qui est en train de devenir, parfois, une ébauche de mouvement, c'est justement qu'ici ou là des embryons de "quelque chose d'autre" semblent vouloir se structurer. Nouvelles formes, d'autres cadres,inter-actions créatives?
En soit le texte de Stéphane Hessel nous place dans ce constat individuel de l'intolérable, de l'insupportable, sans nous mobiliser pour autant dans une force collective (même si nous descendons dans la rue) qui puisse compter, qui puisse organiser, qui puisse proposer.
Certes il y a des manifestations publiques, plus ou moins "réussies" du point de vue de ce qu'on peut montrer aux journaux télévisés comme effet de masse (ce qui est peut-être un des objectifs, dans ce discours ambiant fait d'image et d'apparence).
Les exemples de Tel Aviv, Madrid ou Wall Street sont à signaler. Le fait qu'en Israël il y ait cette force est dans doute signe de détermination dans un pays où les forces -juifs et arabes- pour la paix ont autant de difficultés à se faire entendre.
Pour Stéphane Hessel, "l'indignation" serait le ferment de l'esprit de résistance, mais peut-être qu'aujourd'hui la résistance se décline autrement que ce qui fait référence pour l'auteur.
La réalité du quotidien concernant ce système économique qui nous épuise et nous endette, quelque soit notre "indignation", c'est le système lui-même qui et à questionner, à transformer.
Notre "indignation", sans d'autres formes d'expression et d'intervention, ne suffit pour l'ébranler.
Pour Stéphane Hessel, me semble-t-il c'est le devoir d'indignation qui s'impose à chacun contre l'indifférence, c'est à nous de savoir -ou vouloir- aller au-delà du "cri de colère".
Un de mes amis, plutôt critique contre toute forme d'organisation, comparaît l'opuscule de Stéphane Hessel à la lecture hebdomadaire du Canard Enchaîné : "chaque mercredi je fais le plein d'indignation du fait des comportements et positions des politiques ou de la bêtise humaine et, à la fin de la lecture, j'attends le mercredi suivant pour des nouvelles indignations..." Caricatural sans doute, mais correspondant bien à une certaine notion "d"indignation et ses limites".
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Ceci n'enlève en rien l'estime et le respect que la figure de Stéphane Hessel me suggère et sur qui j'ai fait un bref billet il y a quelque temps déjà, car son rôle et son engagement me paraissent importants.
"Stéphane Hessel, l'auteur du manifeste Indignez-vous!, résistant puis diplomate, est mort dans la nuit de mardi à mercredi à l'âge de 95 ans".
J'insère ici le lien avec la nouvelle parue ce matin à la Une de Mediapart.
http://www.mediapart.fr/journal/international/270213/stephane-hessel-resistant-et-indigne-est-mort-cette-nuit
Article de la rédaction, rappelant les courageux engagements de Stéphane Hessel, enregistrés ces derniers temps.
http://www.mediapart.fr/journal/france/270213/stephane-hessel-est-mort