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La prison à 12 ans ! l'histoire de Williana
La possibilité d'incarcérer un jeune dès l'âge de 12 ans, est une des hypothèses évoquées par Monsieur Varinard, professeur à l'université de Lyon, qui a présidé la commission chargée de réfléchir à l'ordonnance de février 1945 sur l'enfance délinquante.
L'histoire de Williana, 12 ans, retenue à Orly pendant quatre jours montre bien que l'hypothèse de Monsieur le Professeur, même si elle ne s'applique pas du point de vue du droit à cette situation, est bien rentrée dans les esprits...
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Laissons le Réseau Education Sans Frontières raconter l'histoire (extraits du communiqué):
« William, le père de Williana vit à Nantes avec sa compagne Camille. Ils ont une petite fille de trois ans et demi. Tous trois sont Français.»
« Quand il était au Congo (Brazzaville), il avait eu une première fille, Williana (douze ans actuellement) restée avec sa maman lorsqu'il s'est réfugié en France où il a demandé et obtenu l'asile. »
« La maman de Williana est décédée. Son père a fait ce que tout parent aurait fait à sa place : essayer de faire venir sa fille au plus vite. [...] Les deux demandes de regroupement familial ont été rejetées. L'enfant était déscolarisée, utilisée comme domestique en dépit de l'argent que son père envoie.»
« A l'arrivée de Williana à Orly le 15 janvier, la police aux frontières a vite constaté qu'il y avait un problème avec son passeport. Emprunté ? Trafiqué ? Falsifié ? [...] Pour la police un passeport bricolé, c'est zone d'attente (une sorte de prison administrative où sont placés les étrangers soupçonnés de vouloir entrer illégalement avant d'être réexpédiés là d'où ils viennent) et la jeune fille s'est donc retrouvée en prison administrative, et tant pis si elle a 12 ans! [...]»
« Le père et la belle-mère de Williana ont confié leur petite fille aux grands-parents, ont laissé tomber leur travail, se font héberger chez de amis à Paris et tentent désespérément de récupérer l'enfant. En face, la police, la justice, l'administration sont intraitables.[...] »
« Williana est présenté le 19 janvier au matin au Juge des Libertés et de la Détention de Créteil : une enfant de 12 ans, dans le box (vitré !) des accusés, surveillée par des policiers en uniforme, le revolver au côté, en audience publique ! Un interrogatoire sans gentillesse et, au bout du compte une décision de maintien de cette gamine en zone d'attente jusqu'à ce que l'OFPRA statue sur la demande d'asile introduite pour l'enfant (la PAF avait réservé un vol de rapatriement samedi, et la demande d'asile était le seul moyen de bloquer l'expulsion).»
« Ainsi vers 12h du 19 janvier la décision de maintenir Williana (12 ans), en prison administrative pour étrangers à la demande du préfet du Val-de-Marne était prise.»
«[…] Coup de théâtre vers 16 heures, suite à une forte mobilisation dont l’intervention de Jean-Marc Ayrault, Maire de Nantes (où habite le père de Williana), la parution du communiqué du RESF annonciateur d’un scandale important ont fait réfléchir les autorités, et le père était prévenu qu’un laissez-passer allait lui être délivré.
Quelques heures à peine pour désavouer le Juge des Libertés et de la Détention de Créteil et la Préfecture du Val-de-Marne…»
Et le communiqué du RESF se félicite à juste titre […] « Williana a donc été libérée, et tout le monde s’en réjouit. C’est à l’évidence le résultat de la mobilisation et du début de médiatisation. Il en va de certains ministres comme de certains nuisibles : la lumière leur fait peur. Que toutes celles et tous ceux qui ont réagi en téléphonant, en envoyant des fax ou des mails aux autorités soient remerciés. Ils ont fait œuvre salutaire et efficace.»
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« L’affaire est donc réglée pour cette enfant (mais combien de temps va-t-elle continuer à faire des cauchemars et à trembler à la vue d’un uniforme ? Qui prend en compte ces dégâts-là ?). Mais chaque année, des dizaines, des centaines même d’enfants subissent les mêmes mauvais traitements sans avoir la chance de Williana. Des centaines d’enfants sont refoulés vers des pays où, parfois, personne ne les attend au mépris de toutes les conventions internationales.»
Le mardi , 20 janvier, le RESF de Montreuil présentait au cinéma Méliès un documentaire de Valérie Denesle « ma vie à l'hôtel» suivi d'un débat avec Marie-Rose Moro, pédo-psychiatre et chef de service à l'hôpital Avicenne de Bobigny, sur « les conséquences pour les familles et les enfants des mesures envers les étrangers ».
Les professionnels de l'action sanitaire et sociale soulignent assez souvent les dégâts provoqués par toutes les actions d'intimidation, d'arbitraire vécues par ces familles. Et ces difficultés se répercutent sur toute la vie familiale, mais aussi dans les cités et dans les établissements scolaires.
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Ceci se passe au moment où M. Besson devient le nouveau «ministre de la Rafle et du drapeau» comme le nomme RESF, et déclare au Monde (du 21 janvier) « Je n'ai pas de problème avec ce concept. L'identité nationale c'est l'identité républicaine[...] La France est une terre de métissage et l'immigration l'a enrichie. » Que peut-il nous dire sur cette rétention sous couvert d' « identité républicaine »?

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Merci , Arhur , pour ces éclairages , oui vous avez raison, c'est scandaleux ! Bravo pour cette mobilisation
Oui Ben c'est scandaleux ! C'est le scandale de ces comportements envers des familles, envers des enfants au mépris de toute humanité (et par ailleurs "très limite" du point de vue du droit). Je me pose toujours la question comment ces enfants, confrontés à ces gestes des "grandes personnes" deviendront-ils des adultes ? Et surtout, quels adultes sommes-nous en train de former ?
Effectivement, c'est au cas par cas qu'il faut se mobiliser, sans lâcher prise, mais c'est à condition d'être au courant. Reste le 'principe' si on peut appeler ça un principe...
En effet, une des difficultés c'est que très souvent les familles, dans la crainte de la police et des autorités ne disent rien, ne se confient pas et utilisent toutes les stratégies possibles pour ne pas "être découvertes" et restent isolées sans pouvoir être soutenues. La jeune lycéenne, Loriane K. dont je parlais dans mon précédent billet, l'expliquait dans son journal. * C'est mal vu d'être sans papiers [...]A l'école, c'est mal vu d'être sans papiers, c'est même carrément la honte. Des fois, les autres se moquent. Pas méchamment, mais c'est le sujet de rigolade. Un sans-papiers, c'est un clandestin, un hors-la-loi, quelqu'un qui doit se cacher. Au collège il y a une autre fille qui est sans papiers, et les garçons lui lancent toujours des piques du genre : "Ouais mais de toute manière, toi, t'es pas en règle, tu dors dans un foyer, t'es vraiment minable. Quand tu vois la police, tu te mets à courir". C'est nul mais c'est comme ça. Et je ne veux pas subir ça. En plus papa nous a toujours dit qu'il fallait éviter de raconter qu'on est sans papiers. Je crois que je l'ai tellement intégré que maintenant je n'arrive pas à en parler, même à mes amis les plus proches [...]. (extrait “Clandestine – journal d'une enfant sans papiers”: samedi 11 mars 2006 - page 115)
Le moment aussi de saluer l'action de RESF dont les militants ont une vigilance et une mobilisation remarquables, y compris dans les cas d'arrestations de sans-papiers à la sortie des écoles comme on en a encore malheureusement en mémoire... http://www.dailymotion.com/video/x1iujj_rafleparisrampal20070320jwarlop mais voir aussi: http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20070321.OBS8222/une_arrestation_muscleede_sanspapiers_tourne_a_lemeute.html?idfx=RSS_notr ou bien http://sanspapiers.blogs.liberation.fr/sans_papiers/2007/10/arrestation-dun.html
Vous avez raison, l'action des Réseaux d'éducation sans frontières mérite d'être saluée. Le RESF constitué de militants, de citoyens d'opinions de toutes tendances et origines, qui a réussi à rassembler des personnes très diverses autour de la cause des enfants de migrants. Je saisis l'occasion pour inscrire le lien www.educationsansfrontieres.org
Cher Arthur, Fini de rire, même si cette histoire se termine bien. J'ai bien aimé cette citation de RESF :"Il en va de certains ministres comme de certains nuisibles : la lumière leur fait peur"
Dans l'entretien au Monde (cité dans le billet), où il était question du document du PS, critique sur la politique migratoire du Président, M. Besson avait déclaré: Je n'ai pas écrit un mot sur la partie concernant l'immigration. Ce n'était pas ma compétence." Et avec son esprit et son impertinence, Le Canard enchaîné (21 janvier 2009) commentait L'ex-PS Eric Besson découvre son nouveau ministère: «L'immigration, je n'y comprends pas ... un traître mot! »
Cher Arthur, Réponse franche du Canard au cynique Besson. Je vais acheter Le Canard cette semaine. J'en sourirais si je ne voyais la dévastation de cette déshumanisante politique. Ce ministère colle à Judas comme une seconde peau.
C'est horrible de détenir une enfant aussi jeune sous prétexte d'irrégularités administratives : cependant, je n'arrive pas à m'étonner car c'est complètement dans l'esprit de la nouvelle politique du chiffre : contrer l'immigration par tous les moyens (quotas) et saquer la jeunesse, à la moindre incartade jugée "graine de délinquance" au point qu'on osera bientôt la cataloguer dès le stade foetal, et la parquer tout de suite ! Ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale couplé à esprit de gestion comprenant octroi d'avancement aux employés les plus zélés dans les forces répressives, et pourquoi pas menace de licenciement au stade supérieur ?... Mais tant que RESF peut intervenir en délivrant les innocents qui font les frais de cette obsession (émanant de qui au départ, je vous le donne en mille...), le bon sens prévaut, honte à ce pays de s'attaquer ainsi aux plus faibles !
Honte en effet que ce pays dont nous défendons les valeurs qui font sa cohérence et son histoire, soit à priori dans une attitude de rejet, de suspicion, quitte à s'arranger avec le droit à travers des mesures successives pour "contrôler" l'immigration. Et au-delà de l'immigration c'est finalement tout l'édifice qui se contamine de cet état d'esprit... Il est surprenant que des Magistrats puissent s'approprier à ce point des volontés du Chef, appliquant avec zèle une mesure de "rejet" d'une enfant de douze ans, en l'enfermant pendant quatre jours! * Et cela continue, voire le commentaire de Armelle Chevassu concernant une autre enfant de 12 ans, Djessy. Même si la mobilisation est partielle, je pense que le fait que nous soyons plusieurs à la manifester, un peu d'humanité et de respect peuvent être apportés à ces familles en réussissant à les faire régulariser.
Il faut continuer à donner le maximum de lumière pour faire reculer les nuisibles : voici ce qu'on peut lire encore aujourd'hui sur les listes RESF : Djessy a 12 ans, elle est congolaise. Elle était élevée à Brazzaville par sa grand-mère. Mais cette dernière, vieillissante et malade, ne pouvait plus s'occuper d'elle. Le père de Djessy ayant disparu, elle est envoyée au Bénin, chez un oncle, il y a 4 ou 5 mois. Hier soir, Félicité, la mère de Djessy (qui est en situation régulière) reçoit un coup de fil de l'oncle lui disant qu'il place l'enfant dans un avion pour Paris (avec un passeport bricolé, peut-on supposer). Pour aller la chercher Félicité (qui n'est pas en très bonne santé) se fait accompagner d'une amie. A l'arrivée, à 6h du matin, l'enfant (12 ans !), sa mère et l'amie sont interpellées et placées en garde à vue. C'est en Sarkozie aujourd'hui. Pleins feux !
Merci, Arthur, d'informer sur le sort infligé à une enfant de 12 ans. On voit (fait positif) que l'information et la mobilisation permettent au moins de régler au cas par cas certaines situations... sans en changer la logique sous-jacente, hélas. Et Besson, sans états d'âme, vient parler de La France comme terre de métissage , enrichie par l'immigration...On reste coi.
C'est juste de dire Art Monika que même s'il y a des résultats positifs dans certaines situations, la logique à l'origine de ces précarités reste immuable ... ou presque parce que je crois à l'effet d'exemple de la mobilisation et d'une prise de conscience qui fait son chemin! * Et la France comme terre de métissage c'est nous qui aurons à la défendre ... M. Besson, hier à la direction du PS demain à celle de l'UMP, est occupé à défendre d'autres valeurs, celles du transfuge!
Un cas canadien, hélas ! comme on en a jamais vu : Omar Khadr - enfant soldat Omar Khadr (né le 19 septembre 1986) est le quatrième enfant de la famille canadienne Khadr. Il a été capturé en Afghanistan par les forces armées américaines le 27 juillet 2002 à la suite d’un échange de coups de feu durant lequel il aurait tué un soldat des Special Forces. Lui-même a été blessé dans l'afffrontement. Il avait alors moins de 16 ans. Omar Khadr est un cas unique en son genre, puisque le Canada est le seul pays occidental qui ait refusé de poursuivre l'extradition d'un de ses citoyens ou son rapatriement, malgré les exigences d’Amnesty International. Après plusieurs mois de convalescence en détention à Bagram, il a été transféré au Camp de Guantánamo le 28 octobre 2002. Il y est toujours détenu. Son procès est en cours et a été entendu pas plus tard que mardi 20 novembre par la commission militaire américaine à Guantanamo. Âgé aujourd’hui de 22 ans, Omar Khadr a passé le quart de sa vie enfermé à la base militaire de Guantanamo Bay, à Cuba, où il aurait été exposé à des traitements cruels et inhumains. Il aurait été maintenu en isolement, battu, étranglé et menacé de viol par des interrogateurs qui auraient aussi utilisé des chiens d’attaque pour l’effrayer. La justice militaire américaine lui reproche d’avoir tué le sergent Christopher Speer au moyen d’une grenade. Il risque la prison à vie. Comme d'autres prisonniers du camp, il a été soumis à la torture, notamment à la privation de sommeil continu. Washington veut le juger comme un adulte, alors qu’il était mineur lors de sa capture. Le gouvernement canadien est au courant de ces faits depuis 2004, mais ne l'a pas rapatrié. Omar Khadr vient d’une famille au passé trouble. Dès l’âge de 11 ans, ses frères et lui ont été plongés dans l’univers sombre du terrorisme par leur père, qui les a envoyés dans les camps d’entraînement d’Oussama Ben Laden en Afghanistan. la suite, ici : http://www.cyberpresse.ca/dossiers/omar-khadr/ et si vous avez le coeur bien accroché, ouvrez la vidéo.
Chère Candide4, La vidéo : on y voit un tortionnaire froid assis tranquillement en face d'un jeune homme broyé par la souffrance. C'est un crime. Nos prisons sont des palaces à coté de Guantanamo, zone de non droit absolu. ' Les méthodes d'interrogatoire dans certains de nos commissariats ne sont pas toujours exemplaires mais peuvent être édifiantes, un avant-goût : traitement humiliants et dégradants (saleté extrême, fouille, nudité, privation de toilettes, moqueries, insultes, bruits, froid, privation de sommeil), pression psychologique (privation de sommeil, techniques d'extorsion des aveux : répéter les questions, répéter les suggestions, reformuler et déformer les déclarations dans un sens à charge, inventer une déclaration, effrayer, alterner familiarité et menace, déstabiliser la personne), sévices corporels sur des personnes souvent choquées et épuisées (serrer les menottes jusqu'à évanouissement, rester attaché à un radiateur ou autre, recevoir des coups). Pas de protection, pas de témoin, pas d'assistance.
Oui Pierre comme vous le relevé il n'y a pas de rapport entre "Guantanamo, zone de non droit absolu" et ce qui peut être dit sur la réalité des lieux de détention en France (sur lesquels il y a néanmoins un combat à mener pour la dignité des personnes incarcérées). Il me semble que le commentaire de Candide4 faisait référence au fait qu'il s'agissait d'un mineur au moment de son arrestation, mais dans toutes autres circonstances. * Cette pratique, cependant exercée au nom de la démocratie montre bien la fragilité d'un système et les dérives possibles ... C'est pour cela que le fait de diffuser les informations et de dénoncer tous les arbitraires auxquels nombreuses familles en France sont soumises c'est une contribution à l'état d'alerte de tous les citoyens. Et je pense que ce qui se passe avec les familles étrangères en situation irrégulière ou dans la précarité d'un séjour sous pression n'est pas indifférent au respect des libertés fondamentales pour toute la population.
Nous pouvons peut-être, Candide4 avoir l'espoir avec l'élection de Barak Obama que ce camp "de torture dans tous les sens du terme qui est Guantanamo" permettra la libération de Omar Khadr. Par décret le nouveau président américain a décidé, jeudi 22 janvier, la fermeture du centre de détention de Guantanamo d'ici un an, où se trouvent actuellement 245 détenus. Même si on sait que Barack Obama ne transformera pas l'Amérique en "100 jours" ont peut se féliciter qu'il ait affirmé que les Etats-Unis se conforment aux conventions de Genève sur les prisonniers de guerre. "Le message que nous envoyons au monde, c'est que les Etats-Unis ont l'intention de poursuivre le combat engagé contre la violence et le terrorisme, que nous le ferons avec vigilance, que nous le ferons avec efficacité, et que nous le ferons dans le respect de nos valeurs et de nos idéaux", a-t-il dit. Les Américains savent, "comme je l'ai dit lors de mon investiture, que nous ne perpétuerons pas le mauvais choix entre notre sécurité et nos idéaux", a-t-il ajouté, selon le Le Monde du 22 janvier.
Bonjour Arthur Porto et Pierre Fayollat , Vous avez raison. J'aurais dû moi-même préciser que le cas d'Omer Khadr, très différent, est néanmoins intolérable pour tous les Canadiens, sauf l'entêtement de Stephen Harper actuel en passe d'être renversé (parce que mininoritaire), espérons-le. Ce matin, Obama a décrété la fin du régime de lutte antiterroriste. Les choses devraient se calmer. En attendant, un enfant a subi un sort qu'on ne souhaite à aucun autre ni personne. C'est exact, je faisais le rapprochement entre votre petite de 12 ans (musulmane) et le terrible destin d'Omar Khadr enfermé dans l'engrenage infernal depuis l'âge de 11 ans. Nous suivons bien sûr l'affaire et attendons un dénouement sinon heureux, un environnement moins sordide. Je ne sais vraiment pas ce qui va lui arriver une fois ra^patrié au Canada. Merci de votre intérêt.
Chère Candide4, Le mieux serait qu'on le laisse en paix après ce qu'il a subi. Il aura surtout besoin qu'on lui vienne en aide parce qu'il faut des années de psy et d'amour pour sortir de ce cauchemar. S'il en sort jamais. Ce serait l'honneur des Canadiens de le défendre. Mais quand on voit le soutien des Canadiens à Israël et à sa guerre contre les Palestiniens de Gaza, je suis moyennement optimiste.
Je reviens à Williana. Son histoire s'est bien terminée, mais laissera les traces dont vous avez parlé. Et maintenant Armelle nous alerte sur le fait que l'histoire de Félicité, même âge, même genre de "cas", commence. Et combien d'autres enfants. Et combien d'adultes. Et combien d'enfants non enfermés mais vivant dans la crainte que vit leur famille. En France, enfermés et à la discrétion de différents professionnels (parfois ? souvent ?) et de ministres sans états d'âme.
C'est bien de cela qu'il s'agit, «des enfants enfermés» dans ces traumatismes liés aux conditions de transit, à la méconnaissance de ce qui leur arrive, à la crainte de l'abandon. L'alerte lancé par Armelle Chevassu concernant la situation de Djessy qui, après que la garde à vue de sa mère ait été levée le vendredi 23, est restée dans la zone d'attente de Roissy, avec une autre petite fille Judelcia (cinq ans) encore deux jours. C'est la Juge Madame Dominique JEHEL le dimanche 25 à 19 heures, chargée en tant que Juge des Libertés et de la Détention au Tribunal de Bobigny, qui y a mis un terme. Et le communiqué du RESF salue son courage et sa détermination. «Elle a exprimé à plusieurs reprises son incompréhension et son indignation face au sort réservé à ces enfants et a, par un geste fort et symbolique, décidé d’enlever sa robe de magistrate pour éviter d’impressionner davantage les deux fillettes qui lui étaient présentées au milieu de nombreux policiers ! Une attitude en rupture avec la logique du soupçon dont ces familles ont été victimes aux dépens de leur droit légitime au regroupement et à une vie familiale normale.» * Que peuvent comprendre ces enfants du sort qui leur est réservé, de cette confusion autour d'elles, dans une autre langue que la leur, sachant seulement qu'elles « sont abandonnées » par les parents ou les adultes qui jusqu'à il y a peu s'en occupaient ? Quel traumatisme vient s'ajouter à la transplantation subie et à leur propre histoire ? Quel refus de reconnaître la spécificité de ces familles? A ces questions, Marie-Rose Moro pédo-psychiatre et chef de service à l'hôpital Avicenne de Bobigny, est confrontée en permanence dans service : «Quand la culture des parents immigrés est invalidée, quand ils sont soupçonnés d’être profiteurs d’un système ou démissionnaires, ils ne sont plus en position de jouer leur rôle de parents, ni de transmettre. Quand une société fait que l’on doit renier ses parents, en avoir honte, on grandit avec un sentiment d’injustice, d’exclusion. Valoriser l’apport du trajet migratoire, de la double culture, du bilinguisme éviterait que tous ces enfants arrivent jusqu’à moi.» * Et on sait bien maintenant qu'une des conséquences des cette façon de faire c'est la difficulté scolaire qui les guette ou le besoin de suivi psychologique ou psychiatrique pour essayer de "traiter" les dégâts ainsi provoqués qui s'ajoutent aux conditions de vie de leur courte existence qui ont obligé la famille à partir du pays.
"Valoriser l’apport du trajet migratoire" : Tout à fait : quel courage d'une personne, quels sacrifices d'une personne ou de tout un groupe, bien souvent, derrière chaque histoire de migration. Et quelle solidarité, parfois ou souvent, ensuite : quand la personne qui a réussi à trouver du travail envoie une grande partie de ses revenus à ceux qui sont restés.