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Les 14 kilomètres de l'espoir !

aff_137.jpg Entre l'Afrique et l'Europe il y a 14 kilomètres. De cette séparation, de cet espace, de cette barrière et du chemin qui y mène, Gerardo Olivares, réalisateur espagnol a fait un film


 

C'est l'histoire de trois jeunes africains -Violeta, Buba et Mukela- qui avec des rêves et des besoins différentes pour sortir de leur condition pour des raisons qui leurs sont propres, se retrouvent à affronter le désert, les passeurs, les policiers, la corruption, les mafieux, pour arriver de l'autre côté là où, pense-t-ils tout sera facile car « les murs n'interdisent pas les rêves » conclu Rosa Montero dans le générique du film.

*

C'est un film avec des magnifiques plans, des belles images du désert, des séquences vives des enfants et du village de Violeta, des scènes souriantes du monde de Buba qui racontent le drame de l'Afrique. Pas de misérabilisme ni de discours anti ou pro quelque chose, mais une fiction-documentaire qui rend compte, avec des petits moyens, d'une réalité qui à elle seule justifie ce film. Avec un étonnant moment dans un campement touareg qui les sauve, et leur permet de se soigner, se restaurer pour poursuivre leur projet, qui est plus qu'un rêve, c'est leur survie! C'est le seul moment de sérénité du film... et de discours : leur dit un nomade « si toute l'énergie et l'argent que vous mettez pour quitter l'Afrique, était employé ici... »

 

Certes il est peu affirmé, aurait peut-être besoin d'un contenu autrement « argumenté » sur le périple de ces trois jeunes. Mais ce qu'il raconte -malgré les critiques qu'on peut lui opposer- rempli notre connaissance sur ce que les personnes que nous côtoyons, que nous appelons sans-papiers, étrangers, « la misère du monde », ont vécu pour arriver jusqu'ici.

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Film qui donne à parler, à penser, à débattre. Moins pour ces qualités cinématographiques que pour son récit, sa problématique, ses interrogations. Et surtout parce qu'il nous donne à voir ce que tous les « officiels, les autorités » savent de ce trafic humain, de cette corruption, de ces agents -compromis à tous les échelons- dont la pérennité permet de maintenir le pouvoir.

 

Ce film a obtenu en 2007 la Espiga de Oro de la SEMINCI de Valladolid notamment celui du Public. Est-ce qu'ici aussi le bouche à oreille va fonctionner ...?

Courrez voir ces 14 kilomètres, avant que les distributeurs ne les enferme, comme ils le sont dans leur tragédie et la mort ou le naufrage pour quelques uns.

 

***

 

Autrement construit car il s'agit d'un récit de journaliste-d'investigation, grand-reporter, le livre du journaliste Fabrizio Gatti, « Bilal sur la route des clandestins » (éditions Liana Levi), envoyé spécial de l'hebdomadaire italien L'espresso, qui s'est fait passer par un immigré, parti de Dakar jusqu'à Lampedusa où il s'est fait arrêter par ses compatriotes, la police italienne, comme un «étranger clandestin ». Une lecture à compléter.

 

 

Tous les commentaires

Dans sa rubrique « les filmes qu'on peut voir cette semaine » Jean-Luc Porquet dans la dernière livraison du Canard enchaîné nous invite à aller le voir. * Voici son "papier": «L'une refuse qu'on lui impose comme mari un homme qui l'a violée, les deux autres rêvent d'un avenir meilleur: trois jeunes Africains qui veulent aller en Europe prennent la route des clandestins... La traversée du désert, les camions surchargés, la mort, l'arbitraire des douaniers, l'échec, la prostitution, l'attente, la traversée en patera des 14 kilomètres qui séparent l'Afrique de Gibraltar: dans cette fiction qui se veut le plus proche possible de la réalité (et fait songer à l'excellent livre «Bilal sur la route des clandestins», de Fabrizio Gatti), le réalisateur Gerardo Olivares montre sobrement les terribles aléas de ce périple que tentent chaque année des milliers d'Africains. Autant d'odyssées...»

En revanche le critique de cinéma du Le Monde.fr, n'a pas apprécié ce film. Je viens de découvrir son "papier", que j'édite ici. * "14 kilomètres" : cartes postales du Sahara Le destin des hommes et des femmes qui bravent les dangers et l'hostilité des pays européens pour venir y habiter est devenu comme une obsession pour les cinéastes de notre continent. Espagnol, Gerardo Olivares a voulu mettre en scène l'odyssée de trois Sahéliens, de Niamey aux côtes andalouses. ° Tout au long de ce voyage, on sent la peine que le réalisateur a pris à éviter le misérabilisme. Les trois candidats à la vie d'immigré clandestin en Europe sont des héros, capables de courage physique, d'endurance, doués d'esprit de sacrifice. Ils traversent des paysages somptueux et font des rencontres qui entretiennent en permanence le doute sur l'issue de leur entreprise (douanier compatissant ou passeur corrompu, militaire proxénète ou petit artisan en faux papiers). En bref, Gerardo Olivares affiche très clairement sa volonté de réaliser un film d'aventures politiques, ce que Michael Winterbottom avait réussi avec In This World qui racontait un voyage de Peshawar à Londres. ° Ici, le film se défait très vite, parce que les personnages peinent à exister, parce que les péripéties sont égrenées comme les cases d'un jeu de l'oie. Mais aussi parce que la fascination du réalisateur pour les paysages du Sahara le conduit à oublier un long moment son histoire au profit de vues panoramiques évoquant la vie des derniers chameliers touaregs. Si bien qu'une fois arrivé, sur les rives du détroit de Gibraltar, le film a laissé le plus patient des spectateurs sur le bord de la piste. * Film espagnol de Gerardo Olivares avec Iliassou Mahamadou Alzouma, Adoum Moussa, Aminata Kanta. (1 h 35.) Thomas Sotinel (in LE MONDE | 24.02.09)

Je n'ai pas vu celui-ci, pas encore. Je me souviens de l'horizon gris et mouvant, atlantique, du village d'attente d'En attendant le bonheur, de Sissako. Thomas Sotinel s'est ennuyé . Pendant En attendant le bonheur ma copine s'était endormie, hypnotisée par le vent, la mer, le peu de mots échangés.Moi j'ai flotté un peu, mais six ans après, les images me restent.

Je n'ai pas eu l'occasion de voir le film de Sissako «Heremakono - En attendant le bonheur». Il avait, lors de la sélection de son film pour le festival de Cannes « un certain regard » de 2003, répondu aux remarques faites sur ses films «Je sais qu’on peut s’ennuyer beaucoup dans mes films. C’est pourquoi je fais toujours exploser quelque chose quinze minutes après le début: une ampoule, un ballon, peu importe; c’est pour réveiller le spectateur». A ce spectateur l’accusant de faire des films sans paroles, ou à cet autre lui demandant le sens de telle scène: «Je pense qu’un film est une vision. Le sens de cette scène, c’est ce que vous, vous avez ressenti». (d'après une journaliste de RFI Elisabeth Lequeret en février 2003) * Pour le journaliste du Monde.fr, c'est peut-être ce que dit Sissako «le sens..., c’est ce que vous, vous avez ressenti»... et sur certains aspects de 14 kilomètres nous avons ressenti des «émotions différentes».

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