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[Congo-Brazzaville] Affaire Colonel Ntsourou : Quand des Avocats ssont déshabillés en public !

http://www.sidwaya.bf/quotidien/spip.php?article4405


BURKINA FASO NEWS : "...NTSOUROU, LE MOUTON NOIR QUE L'ON VEUT LIVRER À LA PENDAISON DE CRÉMAILLÈRE..."
Congo

Quand des avocats sont déshabillés en public !
11 avril 2012, par Webmaster
 

Saura- t- on jamais un jour la vérité sur l’explosion du dépôt de munitions du quartier Mpela ? Les suites de cette rocambolesque affaire qui a endeuillé des dizaines de familles sont si illustratives qu’elles parlent d’elles-mêmes. Les deux avocats, Ambroise Malonga et Auguste Ombessa, chargés de la défense du prisonnier Marcel Ntsourou, précédemment secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité, ont été arrêtés le 9 avril 2012, en pleine conférence de presse, avant d’être incarcérés à la Maison d’arrêt de Brazzaville, 24 heures seulement après. Inimaginable mais vrai, cette opération intervenue, après que les autorités eurent promis de faire toute la lumière, alimente des doutes et des incertitudes.

Le gouvernement veut-il réellement situer les responsabilités ? Le colonel Ntsourou n’est-il pas le mouton noir que l’on veut livrer à la pendaison de crémaillère ? On imagine que s’il était entièrement responsable des tristes évènements qui ont occasionné la disparition tragique des 282 victimes, le 4 mars dernier, les autorités ne se seraient pas empressées pour engager des policiers en civil cueillir les avocats comme des hobereaux qui, le bec chatouillant, s’étaient décidés à rompre le silence.

C’est tout comme quelqu’un, redoutant que les hommes à la toge crachent ce qu’ils avaient en-dessous la gorge, voulait les empêcher. Qui au juste ? Est-ce le patron de la structure dans laquelle il servait  (Okemba) ou le chef d’état-major des forces armées ? Peu importe qui c’est, on retient que des paltoquets de la police nationale ont agi à la gloire des savoureuses particularités d’un homme qui a décidé de les envoyer paître au cachot, le temps peut-être qu’ils se ravisent ou du moins vomissent ce qu’ils ont dans le ventre. Du coup, ce sont les promesses mirobolantes des autorités qui sont en passe de voler en éclat en dépit du fait qu’elles s’ingénient à donner l’impression qu’elles veulent mettre de l’ordre dans la maison.

Pour le porte-parole du gouvernement, Bienvenue Okiemi, Me Malonga est coupable d’usurpation de la qualité d’avocat. Il ne serait plus régulièrement inscrit au barreau de Brazzaville depuis 2008. Qu’à cela ne tienne, on aurait pu comprendre les autorités si elles s’étaient contentées de ce vrai-faux avocat. Sinon, qu’est-ce qui explique l’arrestation de son collègue, Auguste Ombessa ? Vraisemblablement, sa collaboration. C’est dire que dans cette affaire qui réserve bien de rebondissements, de nombreuses têtes, et non des moindres, devraient tomber. A commencer par le bâtonnier qui, dit-on, lui aurait autorisé à exercer. Si seulement les autorités n’avaient pas tout-faux, ce serait une reconnaissance tacite des failles d’un système, va- t - on se permettre d’insinuer, qui marche sur la tête.

Combien d’avocats exerceraient impunément dans son cas sans être inquiétés ? Et avec quelle complicité ? Reste maintenant à savoir si les autres avocats, régulièrement inscrits à la Cour, ne vont pas donner de la voix en faisant montre de leur indignation. Ils sont capables et susceptibles de faire bloc pour défendre la toge. Encore que ça n’arrive pas qu’aux autres, ils pourraient s’inspirer de l’exemple des avocats guinéens qui, unis comme un seul homme, se sont mobilisés en organisant, en novembre 2011, une marche de protestation pour la libération d’un des leurs. Avec eux, les familles des victimes et les organisations de la défense des droits de l’homme pourraient prendre rendez-vous avec la rue. De quoi susciter des tensions et de la haine dans un climat de suspicion généralisée, compliquant par ricochet la tâche à un gouvernement qui n’en avait nullement besoin.

Raison de plus pour que les premières autorités de ce pays prennent le problème à bras-le-corps. Car de leur capacité à encadrer non seulement la commission nationale chargée de l’enquête dans la recherche de la vérité, mais aussi et surtout les autorités judiciaires pour que le droit soit dit en toute franchise, dépendent la paix sociale et la stabilité au Congo.

Adama BAYALA
badam1021@yahoo.fr

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