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[Congo-Brazzaville] Drame du 04 mars 2012: le Contre-Amiral Jean-Dominique Okemba, auteur du complot

DRAME DU 04 MARS 2012 :
Auteur du complot , le Contre-Amiral Jean-Dominique OKEMBA


Cette histoire commence au moment où le Colonel Sassou Nguesso Denis est Vice-président du CMP en 1977 sous la présidence de Yhombi Opangault, après l’assassinat du Président Marien Ngouabi le 18 mars 1977, suivi des exécutions sommaires de l’ancien président Alphonse Massambat Débat, du prélat catholique le Cardinal Emile Biayenda, etc… Pour préparer son ascension politique future, le colonel Sassou Nguesso, Vice-président du Comité militaire du Parti (CMP), s’est arrangé à faire affecter son neveu Jean Dominique Okemba, sous-officier au grade de second maître (sergent) à la chancellerie du Congo à Kinshasa comme agent consulaire. Durant son séjour diplomatique kinois, Mr Jean Dominique Okemba va s’illustrer avec beaucoup de dévotion dans la contrebande et la vente des diamants zaïrois avec l’aide de son épouse d’origine RDC (Zaïroise) au profit de son oncle le colonel Denis Sassou Nguesso Vice-président du CMP afin d’avoir un trésor financier.

Sur le plan ésotérique et mystique dans les pays mbochis, Mr Sassou s’est approprié le titre prestigieux de Kani, une espèce de roi chez les mbochis, qui règne sur les populations et le pays, il a droit de mort et de vie sur tous les êtres humains et les animaux qui sont sous sa juridiction, un Kani semble-t-il est capable de parler aux vivants et aux morts, il est intronisé par des prêtres qu’ils appellent Otweré; Jean Dominique Okemba est quant à lui, un Obali, Vice-roi en pays mbochis et celui-ci ne peut prétendre au trône du Kani que lorsque ce dernier sera mort, parce que le pouvoir du Kani est à vie et l’un de ses attributs de pouvoir c’est le balai et la queue de bœuf ou de cheval. Il faut rappeler que pour l’initiation au trône traditionnel, Sassou a jeté son dévolu sur Okemba Jean Dominique parce que ses propres enfants étaient encore tous immatures, en dehors de sa fille aînée, Edith Lucie Sassou Nguesso qui a préféré convoler en noces avec feu le président gabonais Albert Bernard Bongo Ondimba.

Après l’escapade diplomatique de Kinshasa et le trafic des diamants au profit de Sassou, Mr Okemba rentre à Brazzaville où il devient l’intendant principal de Sassou et le porteur attitré du sac des fétiches et autres bibelots des marabouts de Sassou.

Pendant la période de la traversée du désert de Mr Sassou qui a commencé à partir de la conférence nationale souveraine de 1991, plusieurs officiers comme: Florent Tsiba, Adoua Blaise, Okemba Jean Dominique, Nianga Mbouala, Aboya, etc… vivront reclus à Oyo et ce jusqu’au coup d’état du 5 juin 1997. Redevenu Président par effraction et la force des armes, grâce à Jacques Chirac, aux supplétifs de l’armée angolaise, des mercenaires tchadiens et marocains, Mr Sassou va faire de son neveu Jean-Dominique Okemba, son adjoint à tout point de vue ; il le nomme conseiller spécial, Contre-amiral, gestionnaire de tous ses fonds politiques, Obali pour le compte des affaires mystiques, tout en gardant ses fonctions occultes de porteur du sac des fétiches et autres filtres magiques donnés par les marabouts du monde entier à Sassou, en sa qualité d’ancien griot et danseur. Sassou l’intronise grand maître adjoint de la GLC, dans sa loge du Congo dont il est le grand maître.

Content du travail d’initiation ésotérique effectué sur son neveu et très confiant en lui, Mr Sassou, désormais se fait accompagner par Jean Dominique Okemba dans tous ses déplacements à l’étranger, il l’envoie le représenter et porter des messages auprès de ses homologues présidents et chefs d’Etat étrangers.

Alors, Jean Dominique Okemba, commence à prendre goût aux fastes des palais et jouissant de toute la confiance et l’attention de son oncle Sassou, Jean Dominique Okemba profite pour agrandir son cercle personnel d’amis et dévoués en faisant nommer plusieurs de ses hommes de main aux hautes fonctions de l’Etat, au gouvernement de la république, dans toute la force publique. Ainsi, tour à tour, on peut citer comme exemple de son activisme pêle-mêle les nominations de Jean Alfred ONANGA, Directeur général des douanes, Jean François Ndenguet au grade de Général de brigade et Directeur général de la police nationale, Moigny, Général de brigade et commandant en second de la gendarmerie pour suivre et surveiller de près le Général Gilbert Mokoki considéré comme un potentiel candidat au trône de Sassou en cas d’accident de parcours, Okoye au grade de Général, commandant du groupement aéroporté, les Colonels Ilobakima et Emerson comme délégués du Conseil national de sécurité dans les départements du Kouilou et Niari malgré leur mise à la retraite, le maintien du Général de brigade Moundele Ngolo au poste de Préfet à vie de la ville de Brazzaville, les ministres Maboundou, Nguimbi Pierre Michel, Emile Ouosso, Adélaïde Moungani, Rosalie Kama et je passe sous silence les hommes et femmes que Jean Dominique Okemba a fait nommer dans l’administration civile aux postes de DG et autres directeurs centraux.

Sur le plan politique contrairement à toute la famille, monsieur Okemba Jean Dominique n’a pas de parti politique qu’il dirige en sous main, en dehors d’une hypothétique association dénommée «Génération Okemba Dominique de Komono» œuvre d’un de ses anciens camarades de l’école primaire qu’ il a nommé dans son cabinet, question de mettre un peu de coloration parmi ses collaborateurs; comme son oncle Sassou dont il suit attentivement les initiatives et imite les faits et gestes, Jean Dominique Okemba prend vite conscience de son handicap sur le plan politique et tente de combler ce vide à travers l’achat des consciences : il est la seule personne autorisée à donner et à venir en aide aux indigents de la république, aux hommes d’Etat de tout acabit (anciens et nouveaux) par l’utilisation des fonds particuliers du président Sassou Nguesso. Chez lui au bureau ou à son domicile de Talangaï, déferlent des ministres, des hommes politiques (de la majorité et de l’opposition), essentiellement des frères de lumière ayant un problème social ou autres (achat de maison, de voitures, évacuation sanitaire, anniversaire, voyage de plaisance, deuil, mariage, positionnement, nomination, frais d’hospitalisation, divorce, etc.) à résoudre. Quant aux officiers supérieurs et subalternes en difficulté, ceux-ci devaient déposer, suivant les affinités, leur demande d’aide soit directement au «Spécial» lui-même ou passer par la maison militaire tenue par l’amiral Gombe et attendre la réponse. Tout passait par lui.

Dans ce jeu, Jean Dominique Okemba a construit son petit réseau de fidèles et courtisans de la première heure, pouvant le soutenir si un jour, il arrivait une bataille de partage ou de conservation du pouvoir entre lui, les enfants Sassou, les autres neveux et nièces et les parents mais une pièce manquait toujours à son puzzle: tant que traditionnellement le Kani Sassou est debout il ne peut prétendre au trône en tant qu’Obali, la seule issue possible ne pouvant se faire que si Sassou le Kani accepté de tous venait à disparaître.

Face à ce dilemme, Jean Dominique Okemba a mis en place avec les seconds couteaux un plan devant lui permettre d’accéder rapidement au trône en coupant la tête de son mentor et prendre la direction du pays en main avec l’aide de tous ses affidés. Pour y parvenir il a conçu un plan dont:

Le premier acte: visait à anéantir la force militaire de Sassou par la destruction d’une bonne partie de l’armement lourd stocké à Mpila dont il connaît les conditions d’acquisition et les quantités;

Deuxième acte: arrestation ou élimination de Sassou dans la foulée. Comme ce dernier a pris l’habitude de se rendre chaque week-end quand il est présent à Brazzaville, jouer au tennis a son domicile de Mpila (ce domicile est à près de 1450 m du lieu l’épicentre des déflagrations de Mpila), ceci allait faciliter la tâche des insurgés pour le capturer puisque n’ayant autour de lui qu’une petite équipe de gardes;

Acte 3: Une fois Sassou arrêté ou assassiné, le neveu hériterait du pouvoir après des obsèques organisées avec faste, accessoirement il prendra aussi la femme, Antoinette Sassou, et les enfants pour être en conformité avec la coutume mbochie.
Concernant le déroulement des faits, la garde actuelle de Sassou est composée essentiellement des jeunes pêcheurs venus de Tsambitso, des anciens FAZ de Mobutu, des supplétifs angolais et des jeunes originaires du nord du pays triés dans le tas. Depuis l’avènement de Sassou au pouvoir par coup d’Etat en 1977, les manœuvres militaires sont prohibées sauf pour sa garde personnelle ; à Brazzaville on ne voit plus par exemple les para commandos faire des sauts d’entraînement, cependant seule la garde personnelle de Sassou a le droit de s’entraîner uniquement pour les exercices de tir avec des armes de poing et de petit calibre.

Son plan en main, Jean Dominique Okemba a ordonné son exécution. Quelques éléments de la garde de Sassou acquis à la cause de Jean Dominique Okemba et d’autres sont arrivés du village de Tsambitso depuis le 1er mars 2012 prétextant des permissions comme le prévoyait le déroulement des actions. Après le repérage des lieux plusieurs jours avant, ils ont fini par incendier les différents dépôts d’armes de Mpila très tôt en matinée dans la journée du dimanche 04 mars 2012 en minimisant l’effet que cela devait produire.

Pendant ce temps, le bras droit de Jean Dominique Okemba, le Général Ndenguet Jean François qui vit dans une villa située à 300 voir 450 mètres du lieu du drame était déjà curieusement hors de sa maison en cette matinée du 04 mars 2012 aux alentours de 08h00 avec toute sa famille, il s’est retrouvé sur la route du nord en train de fuir, histoire de dire après l’assassinat de Sassou que je me trouvais en week-end hors de Brazzaville avec ma famille.

Face aux fortes détonations qu’ils n’ont jamais entendues de leur vie de miliciens en treillis, la panique a gagné les rangs des insurgés dont certains sont venus de Tsambitso et qui ont préféré prendre la fuite au lieu de se diriger vers le palais où ils devaient ensuite attenter à la vie de Sassou comme cela s’était déroulé le 18 mars 1977 pour Marien Ngouabi en pleine journée et mettre cet assassinat sur le dos de personnes non identifiées.?

Pendant que se déclenchent les déflagrations, Sassou est seul au palais avec quelques éléments de sa garde, tous les membres du haut commandement des FAC comme par hasard sont injoignables ou encore les téléphones sont off. Les yeux hagards Sassou ne sachant plus ou donner la tête, demande au téléphone à tous ses enfants qu’il arrive à joindre et qui se trouvaient à Brazzaville, de fuir se protéger dans une ambassade de la place.

Pendant ce temps devant les fortes intensités des déflagrations, une bonne partie des membres du clan Sassou a fini par fuir avec femmes, enfants et valises de billets de banque sur la route du nord en abandonnant à son triste sort leur champion Sassou, l’essentiel étant de sauver d’abord sa peau et voir la suite après. C’est sur le tronçon de la route nationale qui mène dans la partie du nord du pays que le ministre délégué à la défense Charles Bowao en compagnie de son homologue de l’intérieur Raymond Mboulou, feront une communication dans une chambre, avec comme objectif premier de remobiliser les troupes qui étaient en débandade et annoncer que ce n’est pas un coup d’Etat contre le régime mais un court-circuit qui a provoqué ces déflagrations, il n’y a pas de morts d’hommes sauf des dégâts mineurs...

Sassou au palais, pris lui aussi par la panique, se réfugie dans le bunker de la résidence au sous-sol ne pouvant fuir en direction de Kinshasa, la Princesse (yacht de Sassou) étant en panne et amarrée au Beach de Brazzaville derrière le restaurant Mamiwata au bord du fleuve Congo, il ne réapparaitra dans Brazzaville que dans l’après-midi pour aller constater uniquement au niveau de l’hôpital militaire les premiers sinistrés et blessés qui affluaient de tous cotés.
Il y a aujourd’hui un vrai malaise perceptible dans la bande à Sassou et sa famille; ne pouvant résoudre les graves problèmes de gouvernance, d’exclusion, de mal-vivre et de corruption dans le pays, Sassou Nguesso préfère choisir la protection des siens et la tactique du pourrissement des situations.

Observateur averti des dictateurs africains, nous nous acheminons lentement et inexorablement vers la fin du règne sombre et macabre de Sassou, qui sera à ne point douter tragique, comme cela a été pour plusieurs dictateurs avant lui, comme par exemple la fin tragique de son ami et frère Mouammar Kadhafi a qui il avait conseillé de refuser mordicus les propositions de sortie de crise proposées par toute la communauté internationale.

La seule issue possible à ce jour sans d’autres dégâts collatéraux à venir serait d’engager une enquête nationale dirigée par des magistrats, des parlementaires à parité égale provenant de l’opposition et de la majorité et des experts internationaux.

Cette commission sera capable d’entendre sous serment, le président Sassou lui-même en sa qualité de chef suprême des armées et ministre de la défense, les ministres, les civils, tout le Haut Commandement de l’armée, les différents organes de renseignements intérieurs, le Conseil National de Sécurité, la police nationale, la DGST qui agit dans l’illégalité puisque dissoute par la Conférence nationale souveraine par l’acte N°135, le deuxième bureau des FAC, la gendarmerie nationale et certains chefs de corps .

Un proverbe des pays du Mayombe dit?:?«?Un bananier ne pousse que dans un lieu étroit où se trouvent déjà plusieurs autres rejetons?». Cela veut dire, que c’est au milieu de plusieurs contradictions, convoitises avouées et inavouées entre neveux, enfants de sang de Sassou et d’adoption, parents proches, que Jean Dominique Okemba, Grand Maître adjoint de la GLC, Obali chez les Mbochis, a voulu tenter sa chance de démettre le Kani, grand maître de la Grande Loge du Congo, Mr Sassou.

La question que l’on peut se poser : comment Jean Dominique Okemba est-il arrivé à ce point pour chercher à éliminer son oncle, un Kani.

Souvenez-vous, Jean Dominique Okemba, est devenu l’homme incontournable du système : pour avoir l’argent, il fallait faire la courbette devant lui et non chez Sassou, pour un poste il fallait le voir, parce que tout ce qu’il disait à son oncle Sassou, ce dernier était toujours approbateur? mais lors du dernier remaniement gouvernemental, Mr Okemba Jean Dominique a proposé un homme que je tairai le nom au poste de ministre de la défense, Sassou a refusé, tout comme certaines de ses propositions à d’autres postes ministériels, seules les propositions faites par les enfants Sassou ont été agréées par leur père. Bienvenu Okiemy est devenu ministre à cause de Christel Sassou Nguesso, Henri Ossebi, ministre, cas d’Edgard Nguesso. Pour ternir davantage son image même les fonds politiques présidentiels qu’il gérait allégrement lui ont été confisqués réduisant ainsi son influence d’antan. Autre motivation, les officiers ?: Général Jean François Ndenguet, Général Blaise Adoua, Général Norbert Dabira, Colonel Marcel Tsourou, Colonel Jean-Aive Alakoua, avaient fait un serment d’allégeance pour servir coûte que coûte Mr Sassou Nguesso, mais voilà que sur ordre de ce dernier, ils vont par excès de zèle, provoquer l’irréparable, un carnage de 350 jeunes gens congolais qui revenaient de Kinshasa au mois de mai 1999, après les différentes guerres civiles que le pays a connu, en croyant bénéficier de l’immunité du pouvoir dont ils sont les socles. Malheureusement pour eux, cette affaire des 350 disparus du Beach de Brazzaville, s’est internationalisée. Résultat immédiat, les Généraux Jean François Ndenguet, Norbert Dabira, Blaise Adoua, et les Colonels Jean Aive Alakoua, Marcel Tsourou sont bannis, indésirables, recherchés par les tribunaux européens et américains pour crimes contre l’humanité et tous ces officiers savent, qu’ils ne peuvent plus bien dormir, puisque Mr Sassou Nguesso bien que président du Congo, est dans l’impossibilité de les protéger indéfiniment face à la machine judiciaire impitoyable européenne qui finira par les rattraper pour leur transfèrement, quel que soit le futur régime au Congo, dans les prisons françaises ou celle de la CPI – dans la mesure où un crime contre l’humanité est imprescriptible...

Conscients qu’ils ont été instrumentalisés pendant que Sassou Nguesso, jouit de l’immunité accordée aux chefs d’Etat en fonction, eux ruminent tous les jours malgré l’illusion momentanée de belle vie à Brazzaville comment réagir; aujourd’hui, ils sont tous dans l’incapacité de sortir en dehors du Congo, sauf au Maroc ou Sassou Nguesso possède des biens ou aux Emirats Arabes Unis où le clan Sassou cache des sommes d’argent importantes et acquiert des biens immobiliers, mais pour combien de temps encore Sur le plan international, Jean Dominique Okemba ayant obtenu la légion d’honneur de la part du gouvernement français a cru voir en cela, une reconnaissance internationale pouvant lui faire pousser des ailes.

Ce qui est certain ils ou leurs hommes finiront comme pour le président Marien Ngouabi, par avoir la tête de Sassou et tenter de monnayer leur liberté aux yeux du peuple congolais.

L’apprenti Kani, Contre-amiral, adjoint au grand maître de la GLC, connaissant tous les féticheurs et marabouts de Sassou, griot et danseur de groupe folklorique à ses heures perdues, a cru que son heure était arrivée pour détrôner Mr Sassou Nguesso dont il dit d’ailleurs qu’il est affaibli par la maladie et ne tient plus debout que grâce aux massages que lui fait chaque matin un jeune lieutenant physiothérapeute et aux injections de morphine et autres drogues que lui administre chaque matin son médecin traitant avant d’aller au bureau ou en déplacement.

Jean Otweré Koumou Odzambé

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