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Césarienne ? en 2009 on SMARre

Lorsqu’il s’agit d’informer les parents en général et les mères en particulier les médecins adoptent parfois un ton infantilisant. Ainsi Edwige Antier dans cette vidéo du site magicmaman nous (r)assure avec une niaiserie à la limite de l’effet de comique que la césarienne ça ne fait pas bobo. Y’en a bon la césa ! L’ennui de ce style c’est que l’information y est pauvre, mal documentée et parfois même trompeuse.(1)

Alors que faire pour en savoir davantage ? SMARrer tout simplement. En effet du 11 au 17 mai 2009 c’est la Semaine Mondiale pour l’Accouchement Respecté (SMAR) une mobilisation internationale à l’initiative de l’AFAR. La SMAR 2009 se déroulera aussi bien en Bulgarie qu’en Autriche, au Mexique qu’en République Tchèque, en Espagne qu’en Argentine...et bien sûr en France ou plusieurs manifestations (cf ici) vous permettrons de rencontrer conférenciers, associations et de débattre des enjeux que pose cette opération. Rien n’est prévu près de chez vous ? Organisez votre propre SMAR en prenant le temps de découvrir le site de l’association césarine, compulsez la base de données de l’AFAR ou plongez-vous dans quelques ouvrages sur le thème.

 

Pourquoi parler de césarienne ?

 

Dans certaines régions du monde le nombre de césariennes possibles reste insuffisant pour répondre aux besoins. Avec des conséquences dramatiques.

 

Dans d’autres pays nous assistons au contraire à une épidémie de césariennes. En France le taux a quasi doublé depuis les années 80 et même quadruplé depuis le milieu des années 60 (1). Il varierait selon les maternités entre 10 et 40 % une amplitude trop importante pour reposer sur des critères scientifiques rigoureux. Mais ces taux peuvent s’élever à 9 naissances sur 10 dans certaines cliniques privées brésiliennes. Or la césarienne est une opération chirurgicale non exempte de risques et engageant pour le futur (risques accrus de rupture utérine, statistiques plus élevées de césariennes...). Quelles indications pour la césarienne ? Quels taux accepter ? Comment améliorer le vécu des mères, des pères, des bébés ? Quel système de soin pour quelle césarienne et quelle naissance vaginale ? La SMAR nous invite à un grand remue-méninges de printemps.

 

(1) cf le commentaire de Cécile Loup, présidente de l’AFAR en cliquant sous la vidéo sous lire tous les commentaires.
(2)cf Claude Racinet http://www.cesarine.org/avant/racinet_reflexions_evolution.pdf taux de césarienne en France en 1965 était de 3-4%. Il est aujourd’hui autour de 20 %

Dans le club quelques billets évoquent la césarienne (j'ai volontairement écarté ceux qui avait trait à la vie privée de telle ou telle personnalité politique).

http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/blog/jamesinparis/160209/oxfam-les-pays-riches-et-la-banque-mondiale-doivent-cesser-de-promouvo
http://www.mediapart.fr/journal/france/220808/les-jo-vus-de-france-12-ladji-doucoure-patricia-girard-et-ces-sacrees-haies

Tous les commentaires

OUi il y a trop de césarienne , sans compter les risques secondaires de mortalité maternelle augmenté 3,5 fois avec cette modalité d'accouchement, les risques de rupture utérine qui peuvent conduire les sages femmes devant les tribunaux ! Beaucoup de sages femmes font de leur mieux mais dans le privé la césarienne de convenance est redoutable !

Très intéressant article. Néanmoins, il y a un passage que je ne comprends pas bien : "Or la césarienne est une opération chirurgicale non exempte de risques et engageant pour le futur (risques accrus de rupture utérine, statistiques plus élevées de césariennes...)" En quoi l'augmentation des statistiques constitue en soi un risque ? Par ailleurs quelles sont les raisons cachées des césariennes "de convenance" et quel est au fond l'enjeu de cette multiplication ? Merci d'avance...

Bonjour Grain de sel, *En quoi l'augmentation des statistiques constitue en soi un risque ?* En effet la formulation est malheureuse. Beaucoup de praticiens raisonnent en terme de "césarienne un jour, césarienne toujours". De ce fait une femme qui a subit une césarienne va peut-être: - ne pas disposer en temps et en heure d'informations circonstanciées sur son cas personnel et sur les risques qu'elle prendrait lors d'une naissance ultérieure. Le gynécologue a en quelque sorte choisi pour elle: césarienne point barre. - en fonction de son profil la future mère a des ressources plus ou moins grandes pour souhaiter et chercher des informations complémentaires et/ou contradictoires. - dans le cas où elle souhaite une "épreuve de travail" pour "tenter une voie basse" il lui faut encore trouver une équipe qui soit favorable à sa démarche ce qui n'est pas simple d'autant que la diminution du nombre de maternités peut s'accompagner d'une restriction de la pluralité de l'offre (la future mère peut difficilement choisir entre plusieurs établissements ayant une sensibilité différente en terme de protocoles et d'habitudes de travail si le plus proche est à 45 min) Ce "Césarienne un jour, césarienne toujours" s'accompagne éventuellement d'une recommandation ferme de ne pas dépasser trois césariennes. Là encore certaines femmes auront accès à l'information (quels risques pour quel rang d'enfant, quels professionnels peuvent accompagner si je souhaite malgré tout un xième enfant...) et d'autres pas; certaines femmes se sentiront de se battre et de passer outre les diktats et d'autres non. Une césarienne engage donc terriblement pour le futur et de manière assez inégale selon que vous serez...

*Par ailleurs quelles sont les raisons cachées des césariennes "de convenance" et quel est au fond l'enjeu de cette multiplication ?* Il y a là de quoi alimenter une semaine de réflexion (c'est bien l'enjeu de la SMAR !). Quelques pistes néanmoins: - L'organisation à flux tendu: la césarienne programmée selon la convenance de la gestion des ressources humaines et matérielles des établissements de soins. La femme au service de l'hôpital en quelque sorte. - Le mode de rétribution à l'acte: un acte (épisiotomie, césarienne est facturé). La présence d'une sage-femme empathique et prévenante assortie d'une naissance sans complication aucune et sans acte ne rapporte rien à l'établissement. Voilà qui nous ramène aux pompiers pyromanes du billet de Claude-MarieVadrot. - Une garantie face à la justice. Culturellement le public este en justice pour dénoncer un défaut d'intervention et non pour exces d'intervention ou inadéquation de l'intervention (bien que ce point pourrait évoluer dans les années qui viennent). Une part du protocole hospitalier est lié à ce filet médico-légal: bien que le monitoring en continu (versus une écoute intermittente) entraine des fausses alertes et des actes intempestifs il garde la faveur des maternités. - L'accouchement est "dirigé" un peu accéléré aux hormones de synthèse pour aller vite (il faut faire x accouchement par an pour ne pas fermer..), la poche des eaux artificiellement percée pour aller plus vite, le périnée et le vagin coupés pour aller plus vite, parfois une sage-femme monte sur le ventre et pousse pour aller plus vite, entre temps elle part vérifier x parturientes, in fine le taux de forceps, ventouse, épisiotomie, le vécu traumatique de l'accouchement peuvent donner en creux à la césarienne un visage rassurant et permettre de préserver la sexualité future. - une césarienne entraine souvent une/des césariennes pour les naissances ultérieures - volonté de maîtriser l'emploi du temps en fonction de l'enjeu professionnel et de la pression. (..) Alors aujourd'hui et demain comment souhaitons-nous donner naissance ? Des césariennes au service de notre santé ou bien ? Reste qu'en parallèle un certain nombre de femmes et d'enfants n'ont pas accès au détriment de leur vie à la césarienne.

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