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Affaire Bettencourt, l'insoutenable malhonnêteté de l'être

Témoins d'amoralité : deux hommes, une femme, un film et quelques livres

 

Encore une preuve, encore un démenti, le procureur qui freine l'enquête, la saga n'en finit pas ...Coupables, non coupables, légal pas légal ? Chacun y va de son faux-témoignage de moralité. "Je n'ai pas une tête à" dit Eric "Je ne suis pas homme à" dit Philippe.

Jusqu'au papa (chirurgien, excusez du peu) de l'épouse Woerth qui assurait la semaine dernière, dans le JDD (ou autre avatar de la presse-purée) : "J'ai élevé ma fille dans l'honnêteté "

..Comme si ce n'était pas la moindre des choses...Comme si ça pouvait empêcher que la tentation du fric ne vous taraude l'appétit bien plus que la conscience ? Sans compter que l'exemple d'un papa qui s'est probablement confortablement engraissé sur les dépassements d'honoraires tout à fait légaux, mais en pratique fort malhonnêtes, si ça ne vous forge pas une honnêteté à géométrie variable, je veux bien me faire moinesse !

 

Il est urgent, face à ces fallacieux arguments, de (re)lire "Si c'était un homme" (1), de (re)voir "L'ange bleu" (2). Afin de se remettre en mémoire la réalité : Les circonstances de subordination/fascination et/ou d'inhumanité dans lesquelles on est plongé vous transforment un homme bien élevé en bourreau, en victime ou en pantin. Et même au pire : en rien. Enfin, si cela ne vous a pas convaincu, ( re) lisez l'Evangile et voyez comment Judas est devenu Judas : sur ordre. Programmé. Et ce pauvre St Pierre, obligé de nier qu'il connaissait son patron. ..Ministre du Christ, dur métier !

Nier l'évidence de leur forfait devient pour ces piégés, ces damnés du pouvoir, une seconde nature. Le phénomène de caste politico-bourgeoise agit comme une secte. (cf témoignage : http://infosecteares.free.fr/gaffe_michel_potay.htm )

Sinon c'est "pas vu, pas pris", c'est comme "la main" d'Henry. La morale à deux balles de Carla Bruni. La morale des gens qui n'ont créé aucune richesse, mais qui sont nés dedans ou de ceux, leurs obligés, qui l'ont acquise avec la hargne au ventre. Le carnet d'adresses fait le reste. J'y suis, j'y reste. Pas question de laisser une miette.

 

Par la suite, c'est un réflexe acquis : protéger les domaines et dépendances de leurs bailleurs de fonds, ils sont prêts à tout pour cela. A guillotiner symboliquement ceux qui se trouvent sur lur passage, voire ceux qui les avaient aidés dans leur résistible ascension . A brailler n'importe quelle insanité pour protéger le Caïd de la bande, en détournant l'accusation. A louvoyer, ratiociner, dévier, retarder, cachotter, crrachotter, pour ménager l'édifice. Et à mentir, mentir, mentir, devant les faits les plus avérés.

 

Monsieur Courroye dit qu'il n'est pas homme à céder à des pressions ? Mais il n'a pas besoin de résister à une quelconque pression :

La pression, il y a longtemps qu'il l'a intégrée, ingérée, digérée, comme n'importe quel "journaliste" du JDD et autres paroliers délétères de l'actualité sarkozienne. Monsieur Woerth n'a pas demandé l'embauche de sa femme ? Mais à partir du moment où le ministre du budget trésorier de l'UMP vous demande de recevoir sa femme, pour parler carrière, c'est déjà fait, elle est d'ores et déjà embauchée !

 

Mr de Maistre n'a pas demandé de médaille ? Mais non, cela a été glissé autour d'un thé, dans cérémonial discret, un aparté, à peine audible. Tropismes feutrés de la classe grand'bourgeoise. Tiens, pendant qu'on y est, relire aussi "Martereau" (3)

Les voilà vissés, à la vie, à la mort, à la mamelle qui leur déverse, contre fort peu d'efforts et peu d'heures de présence, ( quelle somme de travail fournit un Woerth ou une Bachelot, comparés à un ouvrier du bâtiment ou à une aide-soignante ?) le nectar éternel.

 

Des centaines de milliers d'euros gagnés sans peine, sans avoir à lever le petit doigt pour se trouver du boulot, est-ce que ça ne vous corrompt pas la plus honnête des filles, ou le plus honnête des fils ?

Certain(e)s se prostituent, pour moins que ça. Et pourtant leurs pères les avaient élevé(e)s dans la morale la plus stricte :

ceci pour dire que tant qu'à collaborer avec la droite chantilly-champagne, madame Woerth a eu de la chance, pour sa vertu, d'être dans la comptabilité plutôt que dans la politique.

 

En conclusion et afin de ne pas désespérer de l'insoutenable malhonnêté de l'être, re-lisons"Les chemins de la liberté" (4)

Bin oui, quoi : si l'existence précède l'essence, ce n'est pas une raison pour baisser les bras !

Engageons nous dans la résistance ! Boutons l'ennemi hors de l'Elysée ! Ah, ça ira !

 

(1) Primo Levy

(2) Joseph von sternberg

(3) Nathalie Sarraute

(4) Jean-Paul Sartre

 

Tous les commentaires

quel bel article... A méditer par ceux qui y sont cités

Tous ces gens ont-ils le courage de se regarder dans une glace ? de faire leur

examen de conscience ? et tout simplement de réfléchir un tout petit peu.

eh bien justement non, le déni fait partie de la panoplie du "pwofiteur" d'Etat .

 

Bravo pour ce texte très bien écrit et fort réjouissant dans l'inquiétude qui nous étreint .

B.C.

Rire ou mourir (de rage), il faut choisir ! Alors le choix est vite fait.

Bravo, je retiens vos références à Primo LEVY et Joseph VON STERNBERG, cette distance que vous prenez pour situer dans le large contexte de la comédie humaine l'affaire Woerth-Bettencourt en disant ceci :

"Les circonstances de subordination/fascination et/ou d'inhumanité dans lesquelles on est plongé vous transforment un homme bien élevé en bourreau, en victime ou en pantin. Et même au pire : en rien"

et vous invite à écouter ceci :

http://www.youtube.com/watch?v=kdx6bezLhmo

le lien ne fonctionne pas, pouvez vous répéter ?

Merci ! Sourire

MRoger.

c'est apaisant comme musique .(.Je m'attendais à une carmagnole endiablée en rapport avec le mot de la fin )

un peu de douceur dans ce monde de brutes, ça fait du bien !

Boutons l'ennemi hors de l'Elysée ! Ah, ça ira !

Comme si l'ennemi était localisé à l'Èlysée! Quelle naïveté: commençons par bouter l'ennemi qui est en nous-mêmes.

Disons que puisque nous les avons mis à l'Elysée par erreurs accumulées, sachons reconnaître nos torts pour nous corriger en commençant par virer de NOTRE Elysée, ces symptômes infectés à mort que nous y avions installés par notre aveuglement?

 

Pour bouter l'ennemi hors de nous-mêmes, il faut bien commencer par un bout ou par un autre, non?

Ben, si on commence par soi, on a plus de chance de ne pas renvoyer un Sarkozy-bis à l'ÈlyséeRire Même, on pourrait "découvrir" qu'un président-sauveur élu au suffrage universel nous transfome en grenouilles qui voulait un roi.

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