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Aoû

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Un accord ambitieux, mais sur un champ restreint

L’accord sur le marché du travail a donc été signé ; le marché du travail n'est pas réformé, mais la négociation est révolutionnée.

Cet accord aura peu d'effets sur l'emploi. Lorsque la croissance est présente, un marché du travail flexible permet d’accélérer les embauches et donc de réduire le chômage. Mais, en situation de récession, il est plus simple de licencier. Le chômage va progresser plus rapidement. Ainsi, une réforme du marché du travail n’a pas d’impact global sur le chômage. Ce point est confirmé dans une étude sur l’impact des réformes du marché du travail. Cette étude montre qu’une réforme du marché aura pour effet de réduire la part des CDD.

La critique de M. Filoche « Aucun, aucun effet contre le chômage ! » est donc vrai. Tout simplement, car ce n’est pas l’objectif.

L’accord sur le marché du travail augmente les droits pour les plus précaires. En effet, le compte personnel de formation permet d’acquérir des droits à formation même en changeant d’entreprises, le droit à une mobilité interne donnera une liberté pour essayer un CDI dans une autre entreprise. Les temps partiels inférieurs à 24h seront limités.

Quelles politiques économiques après Florange ?

Après de multiples tensions politiques au sein même du gouvernement, il a été décidé de ne pas nationaliser le site de Florange. Mais ce débat nous permet de dessiner des propositions dans le domaine économique au délà des questions de nationalisations. Evidemment, l'objectif est de lancer des pistes et pas de dire "yakafokon" !

Certes, ce texte arrive après la bataille, mais c’est ce recul qui permet de dépasser le cas de Florange et de poser des interrogations fondamentales. Que faire face aux prochaines entreprises industrielles en difficulté ? Quelles politiques industrielles construire pour les prochaines années en France ?

Avant de déterminer les propositions, il est nécessaire de bien préciser les objectifs poursuivis, puis les contraintes économiques et politiques de la nationalisation, contraintes auxquelles toute politique est confrontée.

A)    Un double objectif : une politique industrielle et un emploi pour chacun

Réforme du marché du travail et investissements d'avenir : deux petites bonnes nouvelles ?

Des investissements mieux ciblés et régulés et la négociation sur le marché du travail qui aboutit : deux bonnes nouvelles sur le front économique et social ?

La première bonne nouvelle s’inscrit dans le cadre d’une politique socialiste de l’offre : le retour de l’investissement avec des choix clairs comme le précise cette dépêche Reuters suite à un séminaire.

Commençons par un sérieux bémol. Ces investissements engagent la France pour les 15 prochaines années.

Vive la planification !

Après vive le modèle social français, voila, encore plus original dans le débat économique actuel : Vive la planification !

C'est la thèse de K. Berger et V. Rabault dans leur livre "Les 30 glorieuses sont devant nous".

Cette planification nécessite de définir les objectifs. Elle concerne l’ensemble du champ politique. L’éducation doit être au service de l’économie, l’investissement doit se concentrer dans 5 secteurs via un grand emprunt, la politique de rémunération doit d’abord favoriser les actifs, la France doit faire appel à des talents du monde entier. Enfin, la méthode de gouvernance de cette planification doit être la coopération en France, mais aussi en Europe. Les 7 premiers paragraphes de cet article résument les propositions des deux auteurs.

Les deux auteurs inscrivent leur planification dans le cadre d’une France productive. Selon les auteurs, l’enjeu n’est pas d’être compétitif, mais d’être productif pour viser le progrès, la croissance au profit de tous. Ce choix a des conséquences fortes en termes d’abandon de certaines filières ou certaines catégories de population, moins productives. Le retour de la planification est une nécessité, mais la direction précise doit encore être débattue autour de cette question clé : « quelle France voulons-nous en 2040 » ? Quelques commentaires personnels dans les deux derniers paragraphes...

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