EST-IL SAGE ?
La crise mimétique, ouverte par la réforme des retraites, semble s'élargir : la fiscalité est remise en question, ISF et bouclier fiscal, par ses réformateurs mêmes ...
marcel
(Marcel Duchamp : La mariée mise à nu par ses célibataires, même. 1911)
Aucune résolution n'est en vue, aucun sacrifice n'est annoncé et à la crise financière s'ajoute une crise morale (affaires Worth/Bettencourt, financement campagne, nomination Proglio, Louis Sarkozy ...), une crise sociale (augmentation des personnes vivant sous le seuil de pauvreté, déficit des comptes sociaux) une crise politique (manifestations, grèves censure du débat parlementaire, lois votées dans l'urgence).
Les gesticulations xénophobes n'ont servi de rien, si ce n'est à augmenter encore le "tous contre tous" : français "de souche" (?) contre Rroms, contre naturalisés depuis peu, contre immigrés depuis longtemps, contre européens "de souche" (??) contre les français d'origine magrébine ou africaine ...
L'Europe de jean Monnet et de Robert Schuman ne reconnaît plus la France de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca, qui en Allemagne aurait envie de prendre la main de notre Président, comme Konrad Adenauer avait pris celle tendue par le Général de Gaulle ou Helmut Kohl celle de François Mitterand?
Reste l'amitié et le soutien de Silvio Berlusconi, mais au balcon de Saint-Pierre Benoît XVI, peu suspect de gauchisme effréné, adresse en Français des remontrances à la fille aînée de l'Eglise.
Les magazines internationaux affichent le portait halluciné (newsweek 04/10) de notre Président en représentant de l'extrème droite européenne. Dans le pays même l'Express, qui n'est pas un brûlot révolutionnaire, se demande qui est le voyou de la République.
L'image internationale de la France est dégradée, ce qui ne fait pas nos affaires : aucun Rafale-Dassault ne se vend à l'étranger, EDF perd le contrat Contellation, Airbus un important marché militaire U.S ... Qui peut prétendre que cette perte d'image est ou sera sans incidence sur nos exportations?
Mais ... il suffirait peut-être que Nicolas Sarkozy retire son projet de réforme pour éviter le sacrifice qu'appellent les crises mimétiques selon René Girard.
"j'ai entendu l'inquiétude des Français et leur besoin de justice, il faut compléter cette réforme et l'élargir en y incluant une réforme fiscale juste. Pendant les deux ans qui nous séparent de l'élection présidentielle une commission composée de personnalités incontestables de politiques de tous bords (Rocard, Barnier, etc ...) de syndicalistes de bonne volonté y travailera ... bla bla bla"
Cette réforme deviendrait l'enjeu des futures élections présidentielles.
L'opposition jusqu'à ce jour ne semble pas bien d'accord sur un projet alternatif consensuel dans ses rangs (de Mélachon à Strauss-khan) serait bien embarrassée, au moins, de ne pas choisir le terrain du débat de 2012.
Bref, malgré sa déconfiture sur de très nombreux points la crise mimétique ouverte et entretenue donne au Président un atout qu'il serait sage de ne pas négliger ...
Finalement c'est bien là le coeur de la question :
Est-il sage ?


Tous les commentaires
Bonsoir,
Dans la rue pour la 5ème fois depuis le 4 septembre dernier, je vois "les choses se transformer".
Patience, laissons le soin "aux vrais gents" d'exprimer leurs "cahiers de doléances".
D'ici-là, à chaque jour, suffit sa peine.
Prochaine étape importante samedi ?
Bien à vous.
Ce sont les manifestants qui ont la main.....sur les media,comme si la "cinquième colonne" avait senti le danger, inconsciement, comme si finalement, les étages supérieurs semblaient reconnaitre qu'eux même étaient, s'étaient fait instrumentalisé par les sphères du pouvoir actuel, des oligarques comme a dit hier soir Mélenchon chez Taddei. Mélenchon, mais aussi d'autres, peuvent refonder une nouvelle république qui est malade de son personnel, sensé la gérer.
Que d'une réforme injuste, Sarkosy I va devoir faire face à un Grenelle Post Y, ou pré Y, référence à ce cycle de soixante dix ans, qui semble être le rythme de nos civilisations d'occident.
Ce grenelle, tant maudit par les dirigeants du medef, parlant d'un grenelle de l'environnement pour tenter de faire oublier le grenelle des post 68, ce doit être le fer de lance des revendications en plus du retrait de la loi.
retrait total, retraite pleine dès 60 ans pour 37.5 ans de versement. C'est une marche en avant, on ne peut revenir sur cet élément......c'est contre productif.