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Une lettre de la romancière Malika Mokeddem

La romancière Malika Mokeddem m'a adressée une lettre que je porte à votre connaissance par l'intermédiaire de ce blog...

 

Montpellier  le 5 juin 2010                                       

 

 

 

Rien ne m'aura été épargné

 

 

C'était le samedi 29 mai 2010 et la Comédie du Livre battait son plein. J'avais passé la journée à signer mes œuvres au stand de la librairie Sauramps et à recevoir, avec une joie intense, les témoignages d'admiration et d'amour de la part de mes lecteurs.

Le soir, nous étions une douzaine d'auteurs à dîner au restaurant Les Bains sous l'égide du directeur commercial de ma maison d'édition, Antoine Boussin. Après le repas, Antoine a exprimé le désir de prendre un dernier verre au Grand Bazar, un bar de nuit à deux pas du cinéma Le Gaumont. Je n'y avais jamais mis les pieds. Je n'ai aucun goût pour ce genre de lieu. Mais Antoine Boussin était dans ma ville. Lui refuser le partage d'un moment supplémentaire de détente m'aurait paru malséant. Nous avons été quatre à nous y rendre avec lui : Biörn Larsson, sa compagne, mon amie Maïssa Bey et moi.

Assourdie par le marteau piqueur de la musique techno, j'ai fini par me lever pour demander au DJ s'il était possible d'en baisser le volume ou  d'alterner avec des rythmes moins agressifs. Le jeune homme m'a répondu d'un ton des plus calmes : « Non, madame. Je n'en ai pas le droit. Je suis Martiniquais et j'aimerais  bien mettre des musiques de chez moi parfois. Je ne peux pas. »

Chose paradoxale, j'étais à peine revenue vers mon groupe qu'un grand tube du chanteur algérien Rachid Taha transfigura la salle. Ébranlée par ce très beau chant d'exil qui fait chavirer tous les Maghrébins, je ne me suis pas demandée s'il s'agissait d'une faveur ou seulement de la poursuite du programme requis par le patron. Biörn Larsson et son amie nous ont quittés à ce moment-là. Biörn reprenait l'avion pour la Suède tôt le lendemain. Maïssa, Antoine et moi n'avions plus envie de partir tant nous étions transportés par les paroles et la musique de Rachid Taha. Le besoin de danser m'a aussitôt éjectée de mon siège. La salle était comble. Mais en nouant un foulard autour de mes hanches, j'ai vu une grande table qu'un homme en costume blanc avait déjà investie. J'ai sauté à mon tour sur cet espace offert. Hélas, je n'ai pas eu le temps d'esquisser un mouvement que cet homme-là s'est tourné d'un bloc vers moi et, le regard haineux, a braillé : « Tire-toi de là ! » Sidérée, j'ai dit : « Pardon ? Qu'est-ce qui vous autorise... » L'injonction cinglante que l'homme a adressé aux videurs, tous Maghrébins, m'a coupé la voix et glacé le sang : « Virez-moi ça d'ici ! » Des mains se sont emparées de moi. Je me suis mise à hurler : «  Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! Je ne veux pas qu'on me touche ! De toute façon je pars de cet endroit nauséabond ! » En prononçant cette dernière phrase, je m'étais tournée vers mon agresseur. Toujours juché sur son piédestal, sa main frappait l'air d'un geste de renvoi tandis qu'il me ponctuait avec fureur et mépris : « Et en plus, ( en plus de quoi ? D'être basanée et femme ? ) tu n'es qu'une vieille ! » J'ignorais que vieille était une insulte. J'ai supposé après-coup que cet infâme s'était rabattu sur ce mot à défaut de pouvoir m'en cracher d'autres, plus préjudiciables pour lui.

 Personne n'a bronché dans la salle. Seul Antoine protestait. Toute rage rentrée, j'ai grimpé les escaliers en courant. Maïssa m'a suivi. Nous nous sommes échouées sur les fauteuils de la Place de la Comédie déserte à cette heure-là. Antoine a fini par nous rejoindre et, avant de s'affaler à nos côtés, il m'a murmuré avec tristesse et consternation : « Dès que tu es descendue de la table, un autre homme et une femme y sont montés. Mais eux, ils avaient le bon teint. » Ma colère a viré en état de sidération. Mes amis et moi sommes restés longtemps cloués à ces fauteuils, éperdus entre incompréhension et affliction.

D'un pas mal assuré et le visage penaud, l'un des videurs maghrébins est venu me voir : « Madame, nous on fait notre travail, obligés. C'est lui le patron. » « Comment s'appelle-t-il votre patron ? Ils sont deux, Jérôme et David. Lui, c'est Jérôme. » « Jérôme est un prénom. Quel est son nom ? » Le jeune homme s'est défilé sans répondre. Par peur, sans doute, de représailles si l'on le surprenait discutant avec moi.

 

Monsieur le Procureur de la République, j'ai toujours été confrontée à toutes sortes de discriminations et d'injustices. J'ai les ai sans cesse combattues dans mon pays d'origine, l'Algérie, comme ici. C'est  cette révolte qui m'a forgé une sensibilité à fleur de peau et affûté l'aiguillon de ma détermination. J'ai appris à mes dépens que la mitraille des mots peut laisser des blessures indélébiles, mener à l'exil et, parfois, anéantir toute une vie. C'est bien pourquoi je me suis toujours élevée contre les dérives langagières des politiques qui banalisent l'expression du racisme, de la ségrégation, de l'avilissement. Je vous épargne une énumération sans fin des violences endurées. Au profit des seuls méfaits des extrémistes de tous bords à l'encontre de l'écrivain que je suis devenue ici, à Montpellier.

En 1990, ma voiture a été brûlée devant ma maison trois semaines après la sortie de mon premier livre qui relatait mon enfance pendant la guerre d'Algérie. Le Midi Libre et La Gazette de Montpellier m'avaient interviewée et avaient cité des extraits de mon texte. Lors de la première guerre de Golfe, j'ai reçu des menaces de mort le matin même de la publication, par Le Midi Libre, d'une lettre ouverte que j'adressais aux politiques. Ces deux attaques portaient la griffe des anciens de l'OAS. J'en ai la certitude et des témoins. En 1995, d'autres menaces de mort, venant des islamistes cette fois, avaient mis la police de la région en branle-bas de combat et chamboulé ma vie. J'ai été obligée de quitter ma maison, jugée trop exposée, de vivre sous protection policière...

Bien sûr j'ai toujours porté plainte auprès de la gendarmerie ou de la police. Sans effet aucun. Aussi ai-je préféré adresser une requête au Procureur de la République lui demandant d'agir instamment afin que je puisse obtenir réparation. De mon côté, je vais porter les faits sur la scène publique et saisir d'autres instances. Car pour la première fois, je connais l'identité de la personne qui m'a infligé cette humiliation sans qu'aucun citoyen présent n'intervienne ( hormis Antoine Boussin ) ! Comme je sais, qu'une fois de plus, la police ne pourra rien contre cet ignoble individu. Je pense que l'homme en question ignorait totalement qui j'étais. Son aversion s'était focalisée sur la couleur de peau de l'effrontée qui avait osé fouler son territoire, public pourtant. Et combien sont-ils ceux et celles qui subissent ces exactions au quotidien et en toute impunité ? Notre altière République, si solidement arrimée à des idéaux arrachés de hautes luttes, peut-elle admettre ces agissements ?

Divers déplacements m'ont contrainte à différer ma plainte d'une semaine. Il ne m'en fallait pas moins pour parvenir à desserrer l'étau de la détresse qui s'était refermé sur moi. Et écrire cela avec calme.

Haro sur les obscurantistes travestis en dandys !

 

 

 

 

Malika Mokeddem

 

 

Tous les commentaires

Dire qu'il s'agit d'un exemple typique de racisme ordinaire est-il suffisant? Le patron de cette boîte, se sentant "chez lui", ne craint pas de trahir son racisme.

Mais quelle est aussi la part jouée par ce détestable débat portant sur l'identité nationale?

Et le souvenir des propos tenus par G Fraîche?

Certains intellectuels arabes se sentent comme des intrus et font la danse du ventre pour être acceptés, aimés et infantilisés. Je n'ai rien à faire de l'histoire de cette pseudo-écrivain qui, au lieu de défendre les faibles avec initiative, se positionne en victime. C'est désolant.

voiceless_voice, votre message est insultant à l'égard de Malika Mokkedem.

Si vous choisissez le terme de "pseudo-écrivain", il conviendrait d'argumenter plutôt que d'asséner lâchement.

De plus, qu'est-ce qui vous permet de douter que Malika Mokkedem ne "défende [pas] les faibles avec initiative" ?

Enfin, vu le récit de ce billet, le terme de "danse du ventre" prend un relief particulièrement méprisant. 

Désolant, oui, de voir que vous ne savez qu'insulter, sans argumenter. Désolant de voir que vous ne vous respectez pas vous-même.

Vous avez dû vous sentir concernée. Je n'y peux rien.

Malika Mokkedem est également médecin.

Pseudo-écrivain ? Je connais peu ses livres, difficile d'en parler mais:

Siècle des sauterelles (Ramsay, 1992)

L'interdite (Grasset, 1993)

Des rêves et des assassins (Grasset, 1995)

Les Hommes qui marchent (Grasset, 1997)

La Nuit de la lézarde (Grasset, 1998)

N'zid (Grasset, 2001)

La transe des insoumis (Grasset, 2003)

Mes hommes (Grasset, 2005)

Je dois tout à ton oubli (Grasset, 2008)

Pas "pseudo" du tout, pas plus que Maïssa Bey, écrivain algérienne...

 

 

 

@dominique conil

Vous réagissez mieux que Naja. J'ai cherché entre temps. Si c'est ainsi, je retire "pseudo" et garde ma position de regretter de voir cet écrivain tomber dans le piège d'un milieu pourri.Sa réaction n'a pas été à sa prétendue hauteur.

Je n'ai d'autre raison de me "sentir concerné", comme vous le prétendez, que la solidarité spontanée d'un petit bourgeois blanc devant les faits ignobles rapportés par Malika. Et ceci quelques puissent être les jugements que vous-même ou Lessour ("grandoliquence" !) portez sur le style de l'écriture de Malika, voire même sur sa personne ("mégalomanie" dit Lessour, "prétendue hauteur" dites-vous !). Qui ne changent rien aux faits qu'elle rapporte ici. Rien.

Voilà qui ne me fait pas regretter la violence de ma réaction. Elle est à la hauteur de l'indifférence que vous portez aux faits rapportés par Malika, voire à votre hostilité à son égard.

il y a des matins où même allumer mon ordi pour lire Médiapart devient un acte pas si cool que ça ...

non seulement Malika a été insultée au mois de mai par une bande de racistes mais elle continue à l'être au mois de juin par des (en tout cas "un") abonnés de médiapart...à vomir

désolée pour l'image de "vomir" mais là je n'ai même pas le courage de débattre : oui, Malika est écrivain mais serait-elle femme de ménage, ouvrière, architecte, instit ou secrétaire d'état...que ça ne changerait rien à l'infamie des propos de cet abonné raciste....

dégoutée je suis ! de lire de tels propos ici :(((((

Je n'ai aucune expertise en matière de psychiatrie. Je ne peux pas vous aider. Vous êtes hors de vous.

Vos propos sont une insulte à l'humanité d'un écrivain et à la tolérance qui doit prévaloir dans ce Club comme dans la vie.

Il suffit d'aller sur le blog de "voiceless_voice" pour s'apercevoir que cet individu a beaucoup de problèmes à régler avec lui même! Triste.

Voici une lettre qui rend très triste sur la défense des Liberté et des valeurs Républicaines.

Le peu de réactions à cet ignoble comportement pose de graves questions sur notre démocratie.

La voix des sans-voix est éloquente : non seulement des victimes de racisme sont publiquement agressées mais en plus certaines d'entre elles se plaignent d'avoir été agressées. 

Malika Mokkedem a bien réagi.

Il faut toujours porter plainte, ne serait-ce que pour prévenir des suites éventuelles à l'agression première.

Il faut ensuite alerter les organisations anti-racistes.

Même si on a l'impression que c'est inutile, c'est la multiplication des plaintes qui entraine l'efficacité des poursuites;

Enfin, l'absence de réaction des témoins signale l'incivisme qui prévaut dans les lieux où l'anonymat favorise la loi du silence : ni vu, ni connu.

Sympathie pour Malika.

Triple racisme donc à l'oeuvre : contre les femmes, contre les personnes trop bronzées et contre ceux qui ont un certain âge. ,Vous avez bien fait, Madame, de vous adresser au Procureur de la République, à défaut de réparer ce que vous avez dû endurer, cela au moins permettra, du moins je l'espère, d'empêcher que ce sinistre individu ne récidive.

Mais que penser d'un pays où le ministre de l'Intérieur est lui-même condamné pour racisme et reste en fonction, forcément cela ne peut qu'encourager les pires dérives.

Franchement je suis perplexe. Que cette femme ait été victime d'une discrimination, c'est inacceptable. Malgré tout parler d'une table déjà investie par un autre et sur laquelle elle avait sauté, me laisse penser que dans cette action-là elle n'avait  peut-être pas tout à fait raison. Et j'avoue que le ton grandiloquent et un peu mégalo du récit me gêne au point que j'ai cru qu'il s'agissait d'un canular.  Il est certain qu'un peu plus de sobriété dans le récit l'aurait rendu davantage crédible. Je cite : "  les témoignages d'admiration et d'amour de la part de mes lecteurs" Diantre !

"Ébranlée par ce très beau chant d'exil qui fait chavirer tous les Maghrébins" 

"Antoine et moi n'avions plus envie de partir tant nous étions transportés par les paroles et la musique de Rachid Taha. Le besoin de danser m'a aussitôt éjectée de mon siège." 

En 1995, d'autres menaces de mort, venant des islamistes cette fois, avaient mis la police de la région en branle-bas de combat et chamboulé ma vie. 

"J'ai les ai sans cesse combattues dans mon pays d'origine, l'Algérie, comme ici. C'est  cette révolte qui m'a forgé une sensibilité à fleur de peau et affûté l'aiguillon de ma détermination. "

"Il ne m'en fallait pas moins pour parvenir à desserrer l'étau de la détresse qui s'était refermé sur moi " 

Vous avez dit écrivaine ? Le fait qu'elle ait été éditée représente un grand espoir pour tous ceux qui ont un mal de chien à trouver un éditeur. Alors, sans doute qu'il faudrait lire ses livres pour se faire un avis définitif, mais le style ampoulé de ce témoignage ne m'engage guère à le faire.

 Reste que ce fait-divers est pénible, que les violences que cette femme relate et l'humiliation subie sont inacceptables et que le racisme et la xénophobie sévissent à Montpellier, au moins autant qu'ailleurs. Les déclarations à l'emporte-pièce, voire provocatrices, de Georges Frèche ne sont pas là pour calmer les esprits. 

@Lessour

+1

je maintiens le "s" à abonnés dans mon message précédent (plus haut)

à bon entendeur !

cher Lessour,

Vous semblez tout-à-fait sourd au récit de Malika.

Le fait qu'un danseur se mette à danser sur une table ou sur une estrade pour capter les regards de l'assistance est assez fréquent dans les boîtes. Malika n'a fait que suivre l'exemple de celui qui l'avait précédée.

Le fait que Malika ait voulu exprimer par la danse son empathie avec une chanson qu'elle appréciait est un acte spontané de joie et je ne vois pas où est la provocation que vous y décelez.

Quant à la mégalomanie que vous décrivez, elle est purement imaginaire. "Malika, je vous hais", dit ce danseur-videur avec petitesse dans l'indifférence générale. "Public, je vous aime", répond Malika avec grandeur dans sa foi en l'homme. 

 

 

Bon il est vrai que ma fréquentation de ce genre d'endroit doit dater de plusieurs décennies, j'en connais donc mal les codes.Je n'ai pas dit qu'il y avait provocation, je pensais plutôt à une maladresse; Quant à la mégalomanie je la décèle dans la première phrase citée, et la grandiloquence dans le style.Vous répondez à ma perplexité par une inconditionnalité qui ne permet guère le dialogue

Malika Mokeddem s'est exprimée à juste titre avec sa sensibilité exacérbée par les violences qu'elle a connu dans son enfance et sa jeunesse , en Algérie, et qui ont décidé de sa vie et de son destin. Elle est venue en France pour vivre libre et pour écrire et ses livres sont maintenant connus et lus en Algérie. La violence raciste et fascisante du patron du Grand Bazar est purement ignoble. Les videurs maghrebins comme le DJ martiniquais ont par leurs mots et leurs gestes de solidarité manifesté qu'ils se reconnaissaient dans l'humiliation et la violence qu'on lui a fait subir et par conséquent la prétendue " voix des sans voix" ment quand elle veut faire entendre que les " sans voix" ne sont pas dans le même camp qu'elle. De même, la froideur composée de LESSOUR atteste qu'il veut occulter l'ignominie raciste qu'elle a subie, mu par on ne sait quelle frustration haineuse d'êtrte incapable d'avoir du succès et de bâtir une oeuvre. Lessour et la " voix des sans voix " semblent bien des personnes emplies de ressentiment et de haine, et probablement de mysoginie.... Ils peuvent être d'extreme droite, des frustrés sans réussite, ou des islamistes bien décidés à faire taire les femmes qui s'émancipent, et écrivent et parlent au grand jour. Là où tout citoyen honnête attend une solidarité contre des humiliations scandaleuses de la pègre des boites de nuit, les commentaires prétenduement stylistiques de Lessour traduisent son manque de coeur, sa mesquinerie malhonnete. Amoins que Lessour ne désigne un ami du patron du Grand Bazar.

 

Je propose le BOYCOTT du Grand Bazar par une pétition des associations antiracistes, faisant connaitre les faits au public et une diffusion devant le lieu de la chienlit patronale. Avec SO s'il le faut.

 

Vous pouvez lire Malika Mokeddem, Lessour et " sans voix", si vous êtes capables de lire. 

"la froideur composée de LESSOUR atteste qu'il veut occulter l'ignominie raciste qu'elle a subie mu par on ne sait quelle frustration haineuse d'être incapable d'avoir du succès et de bâtir une oeuvre." des personnes emplies de ressentiment et de haine, et probablement de mysoginie...." extrême droite ... frustré sans réussite... islamiste décidé à faire taire les femmes... manque de cœur... mesquinerie malhonnête... ami du patron du grand bazar.. Et quoi encore ? L'outrance de vos propos vous disqualifie, et vous me semblez fortement porteur de la haine que vous m'attribuez.

Le Sourd et Sans voix sont extrordinaires ! Au lieu de s'indigner des faits, pourtant évidents, ils se livrent à des commentaires de texte, une "étude" psycho-socio-quelque chose...

Dites-moi Messieurs, à qui et à quoi cela sert-il ? A qui êtes-vous utiles par vos commentaires ?

Je suis solidaire de l'indignation de Malika Mokeddem sans la connaître, sans avoir lu ses livres et sans me poser de questions sur sa psychologie !

Bravo Thomas-Luis, c'est la seule bonne réaction à avoir.

Rien à ajouter!

Les indignations passionnées dont je suis l'objet démontrent que ce que j'ai écrit n'a été lu qu'en partie ou qu'on a volontairement isolé certaines parties de mon texte dans un but manichéen. Le blanc et le noir c'est tellement plus simple à comprendre que l'infinie gamme des gris. Hégémonie de la pensée unique, ou du politiquement correct ? Si ça vous fait du bien, pourquoi pas ? Dormez braves gens sur vos certitudes, ça ne mange pas de pain.

@ LESSOUR,

Vous avez tout à fait raison de noter que, malheureusement, "le noir et le blanc c'est tellement plus simple à comprendre que l'infinie gamme de gris".

Combien d'incidents de ce genre pourraient-ils être évités avec un peu de compréhension. Et si les parents de l'imbécile du Grand Bazar avaient été massacrés par le FLN, son coup de sang ne serait-il pas sinon pardonnable du moins à passer par pertes et profits... et non faire l'objet d'actions aussi lourdes de conséquencesqu'une plainte en justice ?

Une altercation de ce genre est-elle à mettre sur le même plan que les sifflements de la Marseillaise ou l'exhibition de drapeaux algériens ? Qui est plus raciste que l'autre ?  

D'ailleurs, concernant la personnalité de l'imbécile du Grand Bazar, est-il vraisemblable qu'il emploie des Maghrébins et "donne" des chansons maghrébines tout en étant raciste ?

L'hypothèse la plus vraisemblable, c'est bien celle d'un beauf mésogyne et goujat, que l'alcool et l'ambiance ont sans doute détraqué momentanément... La chose arrive dans le coin plus souvent qu'ailleurs, cf. un certain M. Frêche ! 

Mais arrêtons, voulez-vous ces mesquineries. La France n'est pas un pays de racistes, car si elle l'était les enfoirés (c'est un euphémisme) antifrançais mentionnés ci-dessus seraient  expulsés ou au bagne...

Maintenant, pour rétablir un peu l'équilibre, songeons à ce qui arriverait à des hurluberlus agitant le drapeau français et sifflant le chant national algérien là-bas : n'y a-t-il de grandes chances qu'ils soient descendus à la mitrailleuse ? Ça s'est fait pour moins que ça en1988, je crois !

 

Le problème dans les débats c'est qu'il faut être pour ou contre sans nuance et souvent l'inconditionnalité règne en maître. Il faut absolument que les victimes soient porteuses de toutes les vertus - même littéraires !- Or lorsque on prend le parti d'une victime ce n'est pas parce qu'elle est prétendument vertueuse mais parce qu'elle est victime. Il semblerait que cette idée simple paraisse complexe à quelques uns.

 

rien à ajouter au commentaire de Thomas-Luis .

idem !

Je ne comprends pas le choix fait par Benjamin Stora (pour la première fois peut-être) de diffuser cette lettre, comme je ne n'apprécie pas trop le fait de diffuser le nom de l'endroit (un peu donné en pâture) malgré selon moi le trop peu d'éléments à charge et le choix qui a été fait de s'en remettre à la justice pour débrouiller cette affaire. Cela me donne une impression désagréable, je ne sais pas ce qu'en dit la charte de Médiapart.
Pour des raisons qui me sont personnelles, je suis assez bien placé pour connaître les discriminations que les personnes de confessions musulmanes (et de couleur) peuvent avoir à subir, d'autant que depuis une dizaine d'années l'engagement au sujet de l'islam et des arabes des intellectuels médiatiques français et de « la gauche convertie au néo-conservatisme » en Occident est malheureusement plus qu'ambigu et propre à développer tous les clichés. Quant à la droite tendance Sarkozyste et extrême (cf. sur la Turquie par exemple)...Je n'ai jamais apprécié les boîtes de nuits. Je n'en possède donc pas les codes. Toutefois, le choix de cet exemple m'apparaît mal choisi et quasi contre productif au regard de tant d'autres exemples beaucoup plus édifiants qui auraient pu être mis en exergue – cf. la Halde.
En effet, si je comprends bien :
Au son d'une musique entrainante (j'imagine El Menfi de Rachid Taha, « très beau chant d'exil qui fait chavirer tous les Maghrébins », ce qui aurait tendance à exonérer un peu le patron...), un patron de Night-club se met à danser sur une de ses tables. Malika Mokeddem, l'auteur(e) de la lettre diffusée par B. Stora se décide alors à faire la même chose. Permettez-moi d'imaginer que n'importe quelle personne non habituée des lieux aurait ainsi toutes les chances d'être remises à sa place en agissant ainsi sauf à être d'une très grande beauté ou sensualité (le fait d'être habitué du lieu pourrait (?) expliquer pourquoi un couple a pu danser après, peut-être plus que leur tain moins basané contrairement à ce qu'en conclue un peu vite à mon avis le directeur commercial...). Même si l'idée ne me viendrait probablement pas à l'esprit de danser sur une table, en imaginant que je le fasse dans un endroit où je viens pour la première fois, je ne crois pas que je serais surpris (ce qui ne veut pas dire que je ne serais pas déçu voire blessé) de me voir sermonner sévèrement par l' « l'hôte de ces lieux ». Les manières de faire du patron, ses gestes, sont d'évidence peu respectueux sinon carrément méprisants ; toutefois, sincèrement, qu'attendre en ces lieux de nuit qui n'ont jamais été réputés pour l'usage qui y serait fait des bonnes manières ? L'allusion à l'âge de la part du patron m'apparaît aussi pour le moins indélicate, toutefois dans ces lieux de séduction où la jeunesse et ses attributs sont rois et la délicatesse et la douce subtilité quasi absentes, ce genre de comportements doit, j'imagine (c'est à tout le moins les souvenirs que j'en ai), être monnaie courante pour ne pas dire la règle.
Résumons donc les faiblesses que je vois dans l'histoire ainsi narrée au regard des accusations :
- admission sans aucun problème de la plaigante d'origine maghrébine
- accusé qui passe une musique de Rachid Taha et se met à danser avec plaisir sur ce « très beau chant d'exil qui fait chavirer tous les Maghrébins »
- personnel - embauché par l'accusé - d'origine maghrébine ou antillaise
- étonnement de la plaignante de se faire sermonner pour avoir dansé sur une table dans l'espace privé de l'accusé, alors qu'on peut raisonnablement penser que cela est réservé aux habitués ou aux personnes exceptionnellement séduisantes aux yeux du propriétaire (cette cruauté de la dictature du physique est le fruit de ma toute petite expérience de ces lieux)
- liaison faite explicitement par l'accusé entre l'âge et une danse sensuelle (Hérodiade faisait déjà danser Salomé à sa place...) qui ne m'apparaît pas totalement incongrue
- mise en évidence de l'indélicatesse de l'accusé, patron de boîte de nuit ; ces lieux, que je sache, ne sont pas réputés pour cette qualité...

Ici la discrimination caractérisée semble être liée à l'âge et à la beauté. On rajouterait l'argent qu'on aurait quasiment les valeurs de notre temps (si bien représentées par les traders financiers). Vaste combat en perspective, je suis de tout coeur avec vous.

Sinon, j'ai l'impression qu'à Montpellier (cf. affaire Frêche), il existe encore des tensions importantes entre rapatriés et français d'origine maghrébine, suite à la guerre d'Algérie. D'ailleurs c'est peut-être l'omniprésence de ce passif et de cette tension induite à Montpellier qui entraîne Malika Mokeddem à écrire cette lettre. Il peut être bien de les dénoncer, mais à mon humble avis mieux aurait-il fallu trouver un autre exemple plus significatif. Car, vu de l'extérieur et de Paris, et tout en compatissant avec Malika Mokeddem à son expérience douloureuse - malgré ce que d'aucuns, sinon elle, ne manqueront de penser - , je ne peux m'empêcher, pour les raisons précédemment évoquées, de trouver cet exemple peu convaincant.

Mieux encore serait-il de chercher à expliquer la persistance des tensions issues d'un conflit cruel (très sale guerre quasi civile d'Algérie, rapatriement, atrocitées endurées par les harkis...) qui date maintenant de 50 ans. Peut-être Benjamin Stora pourrait-il nous l'expliquer sur Mediapart et donner des pistes pour que la réconciliation de ces deux mémoires blessées puisse enfin commencer à se faire vraiment (au moins au sein des nouvelles générations)...

@mblablabla

Vous enrichissez le débat. Merci.

Merci M. Stora de nous faire connaître ce courrier.

Il m'est arrivé, comme tout un chacun, de faire face à l'ignorance mêlée de l'ostracisme et de la violence les plus lâches. Ce qu'il m'est donné de voir, chaque jour, me rappelle que de nombreux individus, dont la veulerie le dispute à la pire brutalité, agissent avec la même animalité, terrible et sans bride.

Je suis de plus profondément consterné, tout comme d'autres, par le manque inouï de compréhension vis-à-vis d'une femme blessée, comme d'une situation blessante, dont font preuve certains, en réaction à ce courrier, qui constitue pourtant un témoignage auquel rien d'autre ne devrait répondre que le dégoût et la révolte.

Cela, par ce qu'il trahit, ne fait qu'accroitre ma crainte. Sommes-nous dans un temps d'une telle confusion qu'à la compassion on préfère l'invective, qu'à la sidération on préfère la redondance ? D'où nous vient que l'on puisse reprocher à cette femme son comportement ou son style, et non à cet homme le moindre de ses gestes et parole ?

Cela, oui, est le plus inquiétant.

oh la la !!  Où suis-je tombé. À de rares exceptions près, Je vois qu'ici l'émotionnel et le politiquement correct l'emportent de loin sur la libre réflexion et le discernement. Do not disturb ! Je pars sur la pointe des pieds.

L'émotionnel, Sarkozy  a compris depuis longtemps le parti qu'il pouvait en tirer. Effectivement, ça fait des ravages.

Je clos mes contributions par ceci. Et je passe à autre chose.

Lorsque j'interviens c'est pour donner mon opinion et non analyser un prédicat philosophique. J'essaie d'être bref et précis. 

Je comprends que certains qui ont pris ma position au premier degré soit emprisonnés par des a priori irrationnels. Ils pourrissent le débat et c'est leur droit somme toute.

Je persiste et je signe. Ce n'est pas parce que quelqu'un fait partie de la minorité visible qu'on doit assumer ses propres dérives ou erreurs. Ce n'est pas parce qu'il est de couleur qu'on doit évaluer faussement ses "oeuvres". Ni de se fier aveuglément à sa propre version des faits.

L'émotion ne tue pas certes mais aveugle.

C'est mon dernier mot Jean-Pierre.

L'a priori que le racisme ordinaire doit être absolument et constamment combattu n'a rien d'"irrationnel". C'est une position politique. Ce n'est pas la vôtre. Dont acte.

Merci Naja de dire l'essentiel qui semble échapper à qqs abonnés.

Merci de lire la lettre de Malika Mokkedem. La lire vraiment.  Elle n'est pas, côté style, côté retenue, si correcte. Peut-être lui manque-t'il cette ironie, le côté cool, elle n'est pas Canal plus.

Pourquoi Benjamin Stora la fait-il passer ? Peut-être parce qu'il a croisé, depuis des années, Malika Mokkedem en divers combats, salons, réunions ?

Parce que, lorsqu'on écrit à chaud - au procureur comme à d'autres-  on ne soigne pas les effets comme il faudrait ?

Parce que, quand on est femme, écrivain, arabe, et pas vingt ans, on peut soudain, au terme d'années de travail, de réflexion, de publication, d'affirmation contre les vents contraires, se trouver renvoyée, en dix secondes dans une boite nulle, à ça: basanée, rien, vieillissante. A la non-existence contre laquelle on a lutté si longtemps.

C'est comme ça que je la lis, cette lettre.

Après et sans revenir sur mes réserves précédemment exprimées, je comprends peut-être le choix de cette publication affectueuse par Benjamin Stora...

Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse

Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ? 

Lui prouver que toujours je lui serai fidèle.

A l'encontre de ce que beaucoup veulent encore d'elle,

Jamais elle ne sera, moi vivant, invisible,

Mon estime, plus que jamais, est incorrigible ! 

Merci à Benjamin Stora de nous avoir fait connaître cette lettre, et l'émotion qu'elle a suscité. Elle aura été l'occasion d'un débat où il apparaît, hélas, que lutter contre le racisme ordinaire ne va pas de soi. Pas pour tout le monde, et c'est bien dommage pour la démocratie en France.

Je considère, quant à moi, que la rage devant ces petits faits devenus si ordinaires, ce n'est rien d'autre que justesse et justice. Il est des cas où "raison garder" s'apparente à une complicité sans sagesse.

Je vous remercie infiniment pour votre message. Cette publication de lettre visait simplement au dévoilement de comportements indmissibles. Bien à vous, Benjamin Stora.

À lire les commentaires, la critique faite à la lettre de Malika, sur son fond comme sur son style (incroyablement vrai même sur le style) à savoir qu'elle aurait pu au moins avoir de la classe pour s'exprimer dans sa missive, ça crée une douleur de rage impuissante. J'y vois au moins, pour ma part, dans mon sentiment subjectif face à l'injustice du refus de l'autre (mais ces patrons sont-ils si racistes que ça, épimerdiquement que ça avec leurs videurs "tous maghrebins"?) la même réaction que celle de ce Jérôme lui intimant avec la violence du rejet l'ordre de se retirer de la dite table parce qu'elle n'avait ni style, ni classe, ni beauté, ni jeunesse ("et en plus (...) tu n'es qu'une vieille."

 Merci Benjamin Stora, merci Malika Mokkedem de nous dire la douleur du rejet car il faut l'entendre afin de ne jamais oublier que la violence n'a rien à voir avec le style d'une lettre seulement avec le cri de la souffrance.

Merci de ce témoignage. Dans ce genre de situation (que je connais bien, ma femme étant d'origine sénégalaise) j'essaie toujours de me dire que le monde est constitué de tant de gens intelligents et bons qu'il vaut mieux passer du temps avec eux plutôt qu'en perdre avec les cons. Mais l'être humain est ainsi fait qu'il ne supporte pas l'injustice, et que celle-ci, si elle n'est pas réparée, peut laisser des traces.

Ma femme a vécu une situation similaire (à bien moindre échelle) dans un café de la région parisienne. La Halde, mise au courant, nous a signalé 2 mois plus tard par une lettre standard qu'elle ne pouvait rien faire. Circulez, y a rien à faire. Espérons que la dámarche auprès du procureur de la République portera ses fruits, à conditions que les témoins aient les moyens et le courage de témoigner....

Il est évident qu'un sujet aussi sensible devait normalement  provoquer une levée d'indignations parfaitement légitimes ( je dis bien PARFAITEMENT LÉGITIMES, pour les mal-voyants) et c'est ce que j'ai exprimé au début et à la fin de ma missive, ce qui manifestement n'a pas été lu. Mon tort a été d'exprimer que la forme n'était pas indifférente et pouvait se retourner contre celui ou celle qui exprime sa douleur et son désespoir, et de vouloir examiner hors des passions le problème évoqué ( c'est ce que tente de faire mblablabla beaucoup mieux que moi). Si je l'ai fait avec maladresse, je prie ceux que j'ai choqués de m'en excuser, et je dois leur dire que leur levée de boucliers indignés m'a blessé d'autant que j'ai toute ma vie lutté sans faille contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme. Il ne faudrait pas que les plus fougueux de mes détracteurs se trompent d'adversaire. Je note seulement qu'une lettre envoyée à un procureur et qui ne reste pas dans le cadre factuel mais qui exprime principalement des affects ne risque guère d'être entendue. Or ce qui semble tout de même essentiel, en dehors des effets de manche, c'est que dans ce cas il y ait une suite favorable à la plaignante à partir de faits avérés. D'autre part , il y a eu tellement d'affaires ces dernières années où l'opinion s'est  enflammée et engouffrée dans une spirale d'indignations qui est retombée comme un soufflé après qu'il a été défini qu'il s'agissait de faits erronés, que j'ai pris l'habitude, peut-être à tort, d'essayer de prendre du recul. On peut toujours me dire que je n'ai pas raison et que l'émotionnel doit l'emporter inconditionnellement sur l'examen, c'est ce que semblent exprimer beaucoup de réactions,  mais que voulez-vous j'ai été élevé à l'école de Michel de Montaigne, on ne se refait pas.

@Lessour,

Une très petite minorité sur réagit en permanence mais il ne faut pas se formaliser...En clair, vous seul connaissez vos intentions et êtes libre de vos commentaires sans avoir au préalable à vous excusez de quoique ce soit.

Salutations

Sans doute. Reste que le ton passionné et sans nuances de ce débat ne me convient pas. J'irai voir ailleurs.

Parce que c'est elle , c'est moi , je prends la même voix que Malika Mokeddem qui entre en scène dans un contexte de mutation de la société devenue sourde aux mots qui blessent et aveugle au monde littéraire qui se développe sous ses yeux .

Je chemine dans le sillage des meilleurs auteurs du monde littéraire de l 'Algérie ,murie à la tradition de la langue française , dans  un  regain de murissement de la pensée en effervescence dans la vie tout court .

www.luce-caggini.com

 

je comprends parfaitement la position de Malika, c'est scandaleux d'autant que l'inverse existe aussi ! perso, j'allais voir ma soeur à l'hôpital Saint Antoine, je courais, et en dépassant deux hommes et l'un d'entre eux m'a jetée "allez coure petite pute" en kabyle ! j'ai fréné sec et lui ai demandé pourquoi.il m'insultait.

Son visage a pâli étonné que je comprenne son dialecte. Il s'est excusé et m'a lachée un super, "désolé je ne savais pas que tu étais kabyle"...il n'est pas stupide doublé d'un raciste celui là ? 

Il s'est senti encore plus mal lorsque j'ai ajouté que, j'aurai été chinoise, antillaise ou indienne, qu'est ce que cela pouvait faire puisque rien ne l'autorisait à cette insulte envers la femme quelle qu'en  soit son ethnie...

voyez comme il est partout ce racisme ! biensure il faut combattre la vilaine bête, puis passer à autre chose ...

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