Le cinéma en France et la guerre d’Algérie : résoudre l’absence de l’autre
Dans les images de guerre et la guerre des mots, la guerre d’Algérie est révélatrice du trouble causé par la perte d’un territoire considéré pendant cent trente-deux ans comme français. La difficulté à affronter ce passé est manifeste, comme le montre la toute récente polémique autour du film Hors la loi, de Rachid Bouchareb. La guerre d’Algérie d’une certaine façon est une matrice, à la fois de ce qu’on nous montre et de ce qu’on ne nous montre pas, par le cinéma.
Une absence s’est longtemps perpétuée, celle de « l’indigène », de l’Algérien dans le cinéma français. L’absence de l’autre, du colonisé, de « l’homme du Sud ». Qu’il résiste, s’oppose ou se montre d’accord avec les buts de la guerre, il n’existait pas. C'est cette irruption nouvelle de celui qui était autrefois colonisé qui bouleverse les habitudes du regard, comme le prouve, encore une fois, la récente polémique.
Absence encore dans le fait que les films consacrés à la guerre d’Algérie (ils sont une quarantaine, de Muriel d’Alain Resnais au Petit Soldat de Godard, d’Avoir 20 ans dans les Aurès de Vautier à RAS de Boisset, de la Trahison de Philippe Faucon à Outre Mer de Brigitte Rouen), n’ont pas été tournés dans l’Algérie réelle, mais dans des décors reconstitués, ceux du Maroc et de la Tunisie, ou en France. L’absence d’Algérie participe de cette déréalisation de la guerre montrée. Le cinéma n’est pas seulement affrontement idéologique possible autour de la conduite de la guerre, mais il est aussi affaire d’affects, de passions, d’espaces authentiques, de paysages vrais. Le manque d’Algérie réelle fabrique des personnages sans territoires qui cherchent des issues. L'absence d’ancrages, de repères, seulement des rivages friables, crée la réalité fantasmatique d’un univers à la fois perdu, et en gestation, mais jamais réel. Avant la tragédie des années 1990, l’Algérie était ainsi, déjà, ce pays abstrait, disparu de la conscience collective française, une tâche noire. Avec la guerre civile des années 1990, il y a eu un redoublement de l’absence, une sensation tragédie inexpliquée, inexplicable, non représenté et non représentable.
Le manque et cette double disparition, celle de l’ « Algérien-indigène », et des paysages réels, pèse dans le sentiment d’absence. Une autre absence est perceptible dans cette époque de construction des fictions… Les quelques images des films de fiction ont été projetées après coup en France, au moment où justement la société ne voulait plus entendre parler de l’Algérie. Cette temporalité décalée est fondamentale : ces images sont tombées à côté de la société, n’étant pas arrivées au bon moment, et elles n’ont pas servi à éclairer la situation, à enclencher des choses. L’oubli de la guerre d’Algérie domine déjà dans l’après 1962, les images cinématographiques ne s’imprimant pas véritablement dans la conscience française. Dans les films anti-colonialistes des années 70, comme RAS d’Yves Boisset, l’absence du combattant algérien est frappante. La figure de l’Algérien est absente également dans ce qu’on a appelé, après-coup, le cinéma colonial. Il y a donc l’absence de la guerre, l’absence de l’avant-guerre dans le cinéma colonial, l’absence dans l’après-coup de la guerre. L’Algérie, en un sens, n’a jamais vraiment figuré. L’Algérie s’est éloigné de nous depuis longtemps…
Les films de fiction français sur la guerre, très peu nombreux, n'ont pas comblé cette éloignement. Le cinéma "étranger" a tenté de le faire, par exemple avec La Baille d'Alger, de Pontecorvo, Lion d'Or à la Mostra de Venise en 1966, qui n'a pas pu être montré pendant près de 30 ans (affrontant à cette époque les mêmes groupes qui ne voulaient pas voir la guerre et le point de vue de l'autre, Algérien).
Si l’on compare ce problème de l’absence du récit de l’autre, avec la guerre du Vietnam, il faut dire que le cinéma américain sur cette guerre a trouvé sa force, en un sens, dans la télévision : cette dernière a déversé tellement d’images que le cinéma n’avait pas à raconter vraiment la guerre elle même. Le cinéma américain arrivait dans une sorte de scène déjà connue, il poursuivait un récit. Le cinéma américain sur le Vietnam était le contre-champ ou le contrepoint de ce que la télévision avait filmé. Et cela n’existe pas pour l’Algérie. Pour l’Algérie, le récit historique semble perdu, ne fonctionne pas. D'où ce sentiment qu'il y a toujours une "première fois" à propos du cinéma français et de la guerre d'Algérie. Il faut sans cesse racontrer l'histoire, "vouloir rétablir des faits", et chercher un ancrage réel (Apocalypse now de Coppola n'a jamais eu la volonté de raconter la guerre du Vietnam, mais, à partir du roman de Conrad, nous faire vivre au coeur de ténèbres l'absurdité, la cruauté d'une condition humaine). Il faut se représenter ce qu’était la guerre d’Algérie dans la société française des années 60. Les Français ignoraient tout de ce pays lointain et "mystérieux", de la réalité de tous les « hommes du Sud », pour reprendre l’expression d’Albert Camus. Les grandes dates de la guerre étaient également inconnues. Ce sentiment existe toujours, en dépit de tous les efforts des chercheurs, des universitaires, des enseignants.
A propos des retards, des silences, des décalages, il faudrait aussi évoquer les refus de « croisements », de mélanges mémorielles qui renforcent le sentiment de l’absence de l’autre. Du côté français (mais aussi du côté algérien, et je l'ai montré il y a trente ans dans ma biographie de Messali Hadj), la guerre d’Algérie est aussi une guerre civile, un affrontement franco-français, dans lequel tous les acteurs se positionnent en victime, des harkis aux appelés, des pieds-noirs aux officiers, avec le sentiment de l'abandon, de la trahison. Comme s’il n’y avait pas, jamais eu de responsable. A partir de là, dans l’après-coup, la guerre ne peut être qu’un récit entièrement personnel, qui ne peut être compris par les autres, chacun restant enfermé dans sa propre mémoire. de groupe, de victime .Tous les acteurs ont reconstruit leur récit rétrospectivement. Quel film aurait pu rendre compte de cela, de cette blessure, de cette impression d'abandon ? Les films sont faits pour des publics qui ne se mélangent jamais. Et deviennent ainsi des échecs commerciaux, ne pouvant fédérer les différentes mémoires.
Chacun cherche une description de sa propre douleur, de son propre vécu. Il n’existe pas de possibilité de croisement, de rentrer dans la parole et la douleur de l’autre (ce que manifeste cette volonté de juger un film algérien sans même l'avoir vu). Le spectateur se trouve face à une accumulation de récits dont il faut éviter à tout prix qu’ils ne se croisent. Quel film peut donner tous les points de vue ? Quelques-uns ont tenté ce « croisement » comme Outremer de Brigitte Roüan (1990), qui montre le regard des Algériens, des pieds-noirs et des métropolitains. Le cinéma français, en ce moment, se « réveille » sur des questions touchant à l'Autre, l’histoire tragique vécue par les Algériens, avec deux films : Nuit noire, d’Alain Tasma, (2005) qui montre les massacres d’immigrés à Paris dans la nuit du 17 octobre 1961 ; et La trahison, de Philippe Faucon, (2006), plongée dans les profondeurs de l’Algérie rurale.
Un des grands enjeux est celui de la fabrication d’un imaginaire de guerre commun, croisé, entre des nations qui ne se font plus la guerre. La fiction est-elle capable de croiser tous ces points de vue ? Cela reste difficile. A cause de la complexité de l’histoire coloniale, la spécificité même de l’histoire de l’Algérie. Cette histoire peut se lire tout à la fois comme une histoire coloniale de ségrégation, et une histoire française républicaine. Les deux histoires cohabitaient, se chevauchaient sans cesse. Les Algériens ainsi se heurtent aussi à un problème essentiel, celui de la place des pieds-noirs, et des juifs d'Algérie, dans leur histoire et dans l’histoire du cinéma. La pauvreté sociale était partagée au quotidien par les pieds-noirs et les Algériens, mais les premiers avaient un privilège juridique : le droit de vote. Comment peut-on restituer cet univers où il y a à la fois de la ségrégation et du contact ? Le cinéaste doit relever ce défi-là, pour mettre en scène cette histoire du contact. Dans l’histoire d’un « sud » d’aujourd’hui, André Téchiné dans Loin a réussi à le faire pour le Maroc, en éclairant le double processus de séparation et de circulation. D’un désir inavoué, d’une division des territoires. D’invisibilité communautaire et en même temps d’extraordinaire existence communautaire. Entre les Juifs et les Musulmans marocains, et les Français.
L’analyse des regards croisés pourrait aider à rendre plus sereines les relations entre la France et l’Algérie. À travers une démarche commune, peut-on envisager que les regards convergent, et ce dans une confrontation des souvenirs des anciens combattants, des civils meutris, des deux bords de la Méditerranée ?
Benjamin Stora.


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On pourrait peut-être imaginer une série TV, qui prenne le temps, sur plusieurs saisons, de décrire le parcours de plusieurs individus, de plusieurs "communautés", qui permettrait justement ces "regards croisés". On a bien conscience en effet qu'un film de 2h00 ne peut retranscrire la situation dans toute sa complexité.
merci encore pour cette passionante analyse. Il me semble que la polémique autour du film de Rachid Bouchareb tient plus à une volonté politique actuelle d'imposer une histoire officielle qu'à un problème de concurrence mémorielle (les amateurs censeurs ne veulent d'ailleurs plus entendre parler de cette histoire qu'ils assimilent à une demande de repentance). Dans un autre contexte, cette polémique n'aurait sans doute pas eu lieu. Les films cités : "Muriel", "avoir 20 ans dans les Aurès", etc..., veulent moins nous parler de l'Algérie d'hier et d'aujourd'hui me semble-t-il que de l'absurdité et de l'inhumanité de la guerre d'Algérie d'un point de vue français. Le regard en est forcément différent. Mais si l'absence de cadre géographique réel peut géner l'historien ce n'est pas forcément le cas du cinéaste en fonction de l'effet recherché par le scénario, voir le film Z de Costas Gavras sur la Grèce mais tout entier tourné en Algérie.
Juste, bien vu sur Z, tourné effectivement à Alger.... Je voulais insister sur cette Algérie réelle qui s'est éloignée de nous.... Elle peut revenir: le tournage du film, Mon colonel, de Laurent Herbiet, produit par C. Gavras, et, surtout, surtout, depuis deux mois, le tournage à Mostaganem du Premier Homme, l'adaptation par le cinéaste italen Gianni Améli, pour le grand écran, du beau roman d'Albert Camus... (sortie en mai 2011).
Je souhaitais juste signaler qu'à mes yeux, une forme de "dialogue" cinématographique s'était instaurée avec la sortie quasi- simultanée, au milieu des années 70, de "RAS" et de "Chronique des années de braise" de mohammed Lakdar Hamina, palme d'or à Cannes 1974 ou 75, si je me souviens bien...
Merci de ce bel article. Beaucoup de Français ont des maisons au Maroc ou en Tunisie. Très peu se sont installés ou sont retournés en Algérie.Seul les algériens ont gardé un lien réel avec la France.Les Français ont choisi l'oubli.
Et pourquoi ne pas citer ce très intéressant téléfilm intitulé "C'était la guerre" (Fipa d'or en 1993) qui justement porte un regard croisé sur la guerre d'Algérie puisqu'il s'appuie sur deux visions : l'une algérienne (le réalisateur Ahmed Rachedi) et l'autre française (le réalisateur Maurice Failevic) ?
Un téléfilm franco-algérien sur la guerre d'Algérie tourné en Algérie ça vaut la peine d'être cité non ?
Oui, vous avez parfaitement raison, c'est l'unique téléfilm franco-algérien, réalisé en 1993. Benjamin Stora.
La tentative croisée a été tentée par vous B.Stora et M.Harbi dans votre histoire de la "guerre".......Lire aussi le livre de Catherine Simon:Algérie:les années pieds-rouges -Ed La découverte.
Merci pour tous vos livres dévorés avec passion.
Billet très intéressant à lire.
Vous mettez formidablement bien en évidence la complexité à aborder ce type de dossier.
Comment dissocier l'Histoire de la Mémoire ? Comment parler de la froideur de l'Histoire et des intérêts des Etats tout en préservant la mémoire et les émotions de chacun puisque des vies ont été entraînées dans ce tourbillon que fut la colonisation de l'Algérie depuis la première présence française en 1830 et 1962.
bravo pour cette analyse dépassionnée ! que de conflits eussent été évités si on avait la chance d'avoir un gouvernement de cette qualité ! vivement un Obama en France
vous écrivez : Comment peut-on restituer cet univers où il y a à la fois de la ségrégation et du contact et chacun de ces termes devrait être mis au pluriel. Chacun de nous avait son univers, avec ses contacts, ses interdits, ses propres limites. J'ai quitté Constantine en 62, à 16 ans, et je suis prêt à nier toute ségrégation, parce que , nous nous retrouvions , arabes, juifs, européens dans les mêmes classes, les mêmes équipes de foot , la même queue au cinéma...
Et naturellement, cette ségrégation que je nie en toute sincérité, je sais bien qu'elle existait, s'exprimant dans chaque contexte de façon différente. Et que des cloisonnements social, religieux, celui de l'âge, celui du sexe tels qu'ils existaient alors dans toute société, venaient les amplifier plus ou moins selon les endroits ou les circonstances, et pouvaient conduire au pire.
Aucun film ne rendra jamais une telle diversité de situations. Il faudrait donc qu'il y en ait des centaines, pour que le regard du spectateur change, comme ce fut le cas avec les westerns (plus qu'avec le Vietnam, où la situation était somme toute plus simple, mettant surtout en scène des soldats) ? Mais le sujet n'est pas assez porteur !
Mais sans doute faudrait-il surtout que les réalisateurs de cinéma, les écrivains ou les artistes revendiquent leur droit à créer et interpréter librement, à l'abri de toute censure, mais sans prétendre délivrer un message politique pour lequel ils n'ont aucune légitimité. Si Rachid Bouchareb avait immédiatement prévenu : "ce film est une fiction qui s'appuie sur des faits historiques, et ne prétend pas présenter LA vérité", le débat n'aurait sans doute pas quitté les salles pour descendre dans la rue. Or, si l'on ne peut que souhaiter que des débats aient lieu -sur ce sujet ou sur d'autres- il faut qu'ils puissent avoir lieu de façon sereine, au lieu de provoquer de simples confrontations affectives.
Brillant billet à la tonalité salutaire.
* Billet indispensable.Vous vous y êtes collé. Merci B. Stora.
Je me souviens de ma première manif, c'était (vers mes 14 ans ) pour réclamer " OAS assassins & l' Algérie aux Algériens" ! Pourquoi étais-je là ?
N'ayant rien à voir avec l'Algérie, (ni attache familiale, ni frère au front, ni...) rien !
Juste une extraordinaire professeur de Français, militante communiste, résistance pendant la 2ème guerre mond et impliquée dans le réseau Jeanson (à l'époque nous n'en savions rien) qui au travers l'analyse des textes de Racine, Cornielle et quelques autres nous évoquait cette guerre de Libération, là-bas, au-delà des plages de mes vacances...
Les journaux, radios nous en parlaient d'une certaine façon et Elle nous remettait ces affrontements dans une perspective historique, évoquait le colonialisme, ses fondements, ses contradictions; ses exactions.
Ainsi, nous fûmes quelques-unes à la suivre au-cours de cette manif. Bien sûr mes parents n'en surent rien ...
Je la remercierai toujours pour cet "éveil "politique précoce.
Par contre il y eut une erreur : le fait qu' Elle ne nous ait jamais évoqué effectivement les regards croisés/vies croisées des populations en présence, leurs réels contacts humains & la complexité de cette société.
J'ai, sans aucun doute, bc trop surperposé le registre guerre 39/44 avec cette "guerre là".
Ainsi quelques temps plus tard, quand les pieds-noirs (rapatriés)revinrent, je peux encore me souvenir de mes idées toutes faites.
Et ensuite.... quand le régime intauré par le FLN s'est révélé aussi peu conforme à "nos" atttentes démocratiques (en bref) pour ce pays et avec cette montée de l'intégrisme, j'en ai ressenti comme une trahison, un profond désarroi politique.
Je connais qqs démocrates Algériens/nes qui ont lutté, luttent, souffrent, souvent s'exilent Oui.
Mais, je le crains, j'ai mis "l' Algérie" dans un ailleurs presque informulable.
Dans cette affaire le cinéma, la fiction, les sons, les images ont beaucoup de douleurs, de non-dits, d'amertumes à charrier.
Ici & là-bas, c'est bien difficile pour un seul cinéaste et son équipe.
Peu-être à plusieurs, mais avec la totale liberté de pouvoir se démarquer & déplaire...
je viens de lire le livre de Annie Rey-Goldzeiguer'':aux origines de la guerre
d' Algerie''.Les massacres de mai 1945 ayant duré plusieurs semaines, il parait
évident qu' ils ont eu lieu sur ordre de de gaulle.Or le nom de ce dernier
n'apparait quasiment pas dans cet ouvrage.
Question à B.Stora : Y a-t-il des archives sur l' implication ''personnelle'' de
celui-ci ? D' avance merci !
Étonnée de voir que vous mettez des billets en ligne sur Médiapart, je découvre avec beaucoup de plaisir en tous cas !
"Les Algériens ainsi se heurtent aussi à un problème essentiel, celui de la place des pieds-noirs, et des juifs d'Algérie, dans leur histoire et dans l’histoire du cinéma"
Ne pensez vous pas à un possible travail historique à ce sujet ? il y a comme une "revendication" (désolée pour ce terme un peu fort) à formuler pour cette place mais je pense qu'elle ne se fait que de ce coté de la méditerranée, et c'est bien dommage ...
merci pour ce texte très enrichissant ...
@MG2
Je vous suis reconnaissante de mettre à jour les réalités de l histoire etcelle des hommes
Ma position a étémagistralement mise à neuf en mettant une distance entre mon pays etma patrie , mon pays de naissance est l'Algérie , ma patrie est en dehors du mot patrie .
l ‘Algérie m‘a vu naître , j’y aigrandi , elle m ‘a fait vivre un conte de fées, l ‘Algérie indépendante m ‘a déconstruite. Au fil du temps s'est édifiée en moi une force réparatrice , .
La meilleure part est la réalité du lien social qui peut se tisser dans les nouveaux quartiers de ce pays en voie de mutation
Je vis aujourd’ hui dans une maison confortable, entre des murs épais, « Ma terre dans la tête » dans un lieu sans nom , peuplé d‘ombres.
Un souffle d’ air chaud me transporte mieux que ne le ferait un « Mystère -Falcon 20 »
Bonjour, je viens de voir, le documentaire sur France3, sur les Harkis...
J' avoues qu ' une partie du documentaire, me trouble... Non pas la partie consacrée aux Harkis... mais , cette impression, ( peut être fausse), que d ' un côté on parles enormement des exactions, tortues, faites par le FLN, avec force de détail.. et que l on evoque qu ' à demi mot les tortures de l' armée francaise... Peut être, y a t' il eu quelques maladresses dans la construction du documentaire.. mais j' avoue mon trouble.. pouvait vous m ' eclairer à ce Sujet Monsieur Stora.. Et merci encore pour l ' immense travail que vous effectué.
Merci Benjamin Stora, pour cet article, mais au-delà pour toutes vos recherches sur la guerre d'Algérie et le croisement des mémoires. Nous nous sommes rencontrés il y a longtemps, au temps de l'UNEF.
Je vous ai redécouvert à travers votre travail d'universitaire sur la guerre d'algérie.
Je me sens en permanence concernée moi-même par vos recherches qui ouvrent les tiroirs de ma conscience. Je suis au croisement de ces deux cultures.
Bétina Daquin
Vos images sont particulièrement significatives : "...ces images sont tombées à côté de la société, n’étant pas arrivées au bon moment, et elles n’ont pas servi à éclairer la situation, à enclencher des choses." à propos des films réalisés sur l'Algérie.
"... le sentiment de l'abandon, de la trahison. Comme s’il n’y avait pas, jamais eu de responsable."
Il n'est pas facile de parler du phénomène colonial dans un pays qui remet en fabrique du colonialisme intérieur.