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Europe Ecologie, retour sur une campagne innovante

# Une campagne d'un nouveau genre : la fusion du"off et du on line" dans une infrastructure numérique

# La question des infrastructures en politique : production des idées, organisation des campagnes

# Une campagne de fond et de terrain : le retour en force du débat public, tant off que on line, et la puissance des vrais clivages

# Cette campagne ébauche le rapprochement entre mutation écologique et révolution numérique

 

Invité de "Parlons Net" avec David Abiker, Julien Martin et Philippe Cohen, j'ai eu l'occasion de revenir sur les innovations de la campagne de la Liste Europe Ecologie, dont la stratégie et la plateforme ont été conçues par La Netscouade. Je précise, ici, que l'animation de cette net-campagne n'a pas été "faite" par La Netscouade mais par le groupe des "ecologeeks" mené par Frédéric Neau, notamment. Je salue leur travail comme je l'ai fait dans cette vidéo.


Je vais tenter de résumer, ici, les idées que j'ai tenté d'y exprimer, et compléter l’analyse sur les ressorts «techno-politiques » de la victoire de CohnBendit aux européennes.

 


# Une campagne d'un nouveau genre : la fusion du"off et du on line" dans une infrastructure numérique

 


EuropeEcologie est probablement (avec Libertas réalisée par Joe Tripi, ex-Directeur de Campagne de Howard Dean et Arnaud Dassier, ex stratège internet de l'UMP) la campagne des européennes qui s'est le plus rapprochée de celle d'Obama.

 


1/ Aménagement du territoire numérique, présence et influence dans les "sous-continents" du net

 


Le premier objectif a d'abord été de prendre pied, les premiers, sur le net. Préparé en septembre le site est lancé début octobre. Les "EuropeEcologie" sont donc les premiers à partir en campagne, à susciter la création de blogs, à multiplier les liens croisés. Il y a bien une prime pour "les premiers arrivants, premiers servis" et elle a bien été perçue par la liste de Dany Cohn-Bendit. Les résultats de plusieurs mois d'une véritable "politique d'aménagement du territoire numérique" pendant lesquels les "ecologeeks" ont littéralement "tissé" leur toile, sont la : europe-ecologie.fr fait l'objet de près de 50 000 citations sur le web, un score deux fois supérieur à ceux des listes concurrentes.

 


Par ailleurs, des le départ, le site internet de la campagne dispose d'un "ecosysteme social" qui va s'étendre, progressivement, à tous ces "sous-continents" du net : création d'une chaine dailymotion, présence et animation des groupes sur Facebook, présence d'une bonne partie des militants et de certains candidats sur Twitter, dispositif d'agrégation de ces twitts sur la plateforme, puis ensuite, page myspace, skyblog, et espace sur SecondLife, etc.

 


2/ Une plateforme internet véritable infrastructure de la campagne tout court, tant off que on line

 


Le Net aime bien les challengers, les outsiders. Mais ceci n'explique pas cela : les challengers et les outsiders, dépourvus de moyens, moins exposés médiatiquement, aiment en général bien internet, en retour. Et ils ont raison, comme Howard Dean en 2003/2004, les nonistes du TCE pendant la campagne referendaire de 2005, Désirs d'avenir en 2006, ou Obama encore inconnu en aval des primaires en 2005, 2006.
Rassemblent hétéroclite, idéologiquement cohérent (on verra par la suite que c'est essentiel), mais dépourvu d'institutions établies, d'organisation préexistante, il a fallu à la liste EuropeEcologie, partir quasiment de zéro. C'est pour cela qu'il leur fallait partir les premiers.
Et c'est aussi pour cela, qu'il leur fallait miser sur internet : pour bâtir, rapidement, une infrastructure souple, plastique, de leur campagne, capable d'accueillir des volontaires via le site internet et de les y organiser.

 


Mais cette infrastructure de campagne ou l'organigramme est quasiment "inscrit dans le code" (cf Lessig) de la plateforme et ou sont confondus à la fois la chaine de commandement, le réseau social et l'organisation décentralisée des volontaires (avec profils, mise en relation, blogs collectifs, création de groupes affinitaires et locaux, cartographie/organisation de missions et d'événements, etc.), ne se limite pas à ce nouvel espace social que constitue internet : cette infrastructure est l'instrument du militantisme sur le terrain. Comme avec Obama, la plateforme internet organise et coordonne la campagne aussi bien sur le terrain physique que numérique, la fusion des outils off et on line, est totale.

 


Avec presque 15 000 membres du réseau social dont plusieurs milliers de volontaires particulièrement actifs, avec plus d'un millier d'événements organisés depuis la plateforme et sa carte, avec les missions d'activisme de ses ecologeeks qui ont mené une campagne intense, continue, et riche, sur tous les espaces du net (du libdub en passant par les mailings, forums, medias en ligne, réseaux sociaux et autres), EuropeEcologie a dominé la campagne internet.
Seule la liste de Libertas a disposé d'outils aussi sophistiqués (voir plus pour certaines de ses fonctionnalités) : mais leur usage a été plus limité par des militants manifestement peu nombreux à les manier ; en revanche, leurs vidéos ont battu à plate couture tous ses concurrents, ecolos y compris, dépassant le million de vues.

 

 

# La question des infrastructures en politique : production des idées, organisation des campagnes

 


EuropeEcologie n'a pas gagné parce qu'ils avaient de bons outils.

 


Je sens venir les critiques sur ce terrain-là, comme à chaque fois que je tente d'attirer l'attention sur l'importance des questions logistiques, organisationnelles, et managériales des campagnes (comme du reste des institutions, d'ailleurs, mais c'est un autre sujet...). C'est toujours une erreur de penser que la politique se résume aux idées, en ayant d'ailleurs une approche quasi "révelée" et donc "mystique" de ces idées puisque la question de leur fabrication, par exemple, n'est ainsi jamais abordée : les idées gagnantes tomberaient-elles du ciel ? ;-)
Pourtant, ceux qui vont les produire, "ces idées" et "ce message politique" (qui les a sélectionnés ? d'ou viennent ils ? sont ils des politiques, des universitaires, des militants, des associatifs, etc. ?) et la manière dont ils vont les élaborer (débats ? conférences citoyennes ? Sondages ? Travaux universitaires ? Forums en ligne ? Wiki ?), les déterminent totalement.

 


Trop souvent, et presque paradoxalement pour une gauche qui a été marxiste et qui devrait bien le redevenir sur ces questions-la, les enjeux d'infrastructures sont ainsi méprisés. « L’intendance suivra ! », nous répond-on lorsqu’on parle « organisation », « management ». Ou est le « message politique, la seule chose qui compte vraiment », ajoute-t-on !

 


Pourtant ces questions d’intendances et d’infrastructures ont toujours été centrales et deviennent meme incontournables à l’heure de l’internet :
- tant pour produire des idées, des messages politiques, et des programmes, donc pour exprimer une "offre politique" en phase avec la société dont on verra que cela devient de plus en plus stratégique ;
- que pour organiser une campagne sur le terrain (off et on line...) qui va permettre de diffuser ces idées dans toute la société, en utilisant tous les canaux de diffusion et de discussion possibles : meetings, tractages, réunion d'appartement, débats de comptoir, porte à porte, téléphone, mailings, forums en ligne, blogs, sites internets, réseaux et médias sociaux, etc.

 


# Une campagne de fond et de terrain : le retour en force du débat public, tant off que on line, et la puissance des vrais clivages

 


Ainsi, cette infrastructure numérique qui fut l'épine dorsale de la campagne d'EuropeEcologie, n'aurait pas pu fonctionner si :
- elle n'avait pas eu pour objet principal de mener une campagne de terrain qui travaille des mois durant, le corps social.
- elle n'avait été au service d'un message politique fort et cohérent, véritable ciment de la campagne et du rassemblement lui même...

 


1/ Le renouveau du débat public dans le champ politique et son redéploiement numérique

 


Le rôle des anciens médias, et surtout de la télévision dans la structuration du débat public depuis les années 60 a probablement conduit à négliger les autres formes, lieux et supports ou le débat public s'était logé : places de village, banquets, cafés du commerce, cours de récréation, tables de famille, meetings, think tanks, machines à café dans l'entreprise, revues universitaires et intellectuelles, etc.
Pourtant, si la télévision et les anciens médias continuent de rythmer et de déterminer les grandes lignes de l'agenda médiatique et politique, force est de constater que la teneur des messages et des échanges qu'ils véhiculent, est pourtant de plus en plus limitée : grosso modo, la plupart des reportages présents dans un journal de 20H n'excède pas les 50 secondes tandis que la moyenne des citations tombe à moins de 10 secondes... Difficile de faire passer des messages, idées, sophistiquées, en si peu de temps.

 


Or, nous vivons un paradoxe : cette situation s'est aggravée avec le temps (les émissions politiques sont moins nombreuses aujourd’hui et le rythme des reportages ou des interviews s'est accéléré au point qu'on parle "d'auto-zapping" ) alors même que le niveau d'exigence des citoyens pour saisir les enjeux publics, pour débattre, ou participer à une prise de décision qui les concerne, augmentait : la multiplication des consultations publiques, le succès de Désirs d'avenir, ou le foisonnement hallucinant autour du TCE en 2005, sont la pour en témoigner. Et ce phénomène, bien sur, n'est pas propre à la France : partout, le niveau d'éducation augmentant –notamment, les citoyens, les consommateurs, les employés, veulent davantage participer à la prise de décision politique, à l'évolution d'un produit ou service qu'ils consomment, à la vie de leur entreprise ou de leur administration là ou ils travaillent.

 


Internet a été l'un des réceptacles de ce renouveau du débat public et le catalyseur de son redéploiement.

 


"Internet, réceptacle du renouveau du débat public" => En réalité, nous avons certainement surestimé, à un moment donné, la place de la télévision dans le débat public, parce que son effet, massif, était palpable et semblait si écrasant. Mais le bouche à oreille, les débats "au comptoir", les meetings, la lecture de la presse (en particulier la PQR), etc., n'ont jamais disparus, ni cessé de jouer leur rôle. Ils ont été simplement relégués en arrière plan.

 


Internet a offert une nouvelle visibilité et un nouveau support d’expression à ces types d'échanges, de circulation d'informations, de débats formels ou informels, en les révélant plus facilement lorsqu'ils s'y exprimaient. Jouant le rôle d'un véritable nouvel espace social, le réseau a non seulement été assailli par une infinité d'échanges d'informations, de débats et de conversations, mais il a contribué à en réinventer parfois, certaines formes et certains outils : forums, digg, blogs, twitter, wiki, etc. Internet joue ainsi un rôle de système d'information parallèle et complémentaire aux anciens médias, comme l'avait très justement analysé André Gunthert en se penchant sur la campagne présidentielle de 2007.

 


"Internet, catalyseur de son redéploiement"=> Au delà, comme l'ont montré Obama et Ségolène Royal (et oui), internet permet également d'optimiser et de permettre l'organisation de débats physiques de manière massive sur les territoires. Sorte de réunions "Tupperware" du débat public, café Ségolène ou Obama camp, réunion d'appartements en tout genre, empruntant souvent aux techniques du community organizingou de conférences citoyennes, la multiplication de ces débats publics n'auraient pu se faire sans le net pour faire se rencontrer cette demande citoyenne de débats et cette offre politique pour les organiser, et les coordonner massivement.

 


La liste Europe Ecologie a joué de ces 2 tendances, avec d'autant plus d'importance stratégique qu'ils partaient perdants selon les anciens médias et les principaux commentateurs de la scène politique française : "mariage de la carpe et du lapin", "assemblage hétéroclite", "messages à contretemps se trompant de séquence", le rassemblement de Daniel Cohn-Bendit se devait d'investir le champ du débat public sur le net et sur le terrain pour susciter du débat autour de ses idées et y marteler ses messages : l'élection européenne doit parler des enjeux européens (et non simplement de Sarkozy et des enjeux nationaux) ; l'écologie politique est une réponse, y compris sociale, à la crise financière et économique.

 


Ces messages ont ainsi emprunté les nouveaux canaux des débats publics en ligne, mais aussi ceux du débat public traditionnel (meeting, réunion d'appartements, bouche à oreille, etc.), régénérés et décuplés par l'infrastructure numérique de la campagne, comme Obama avait su le faire. Pendant plusieurs semaines, plusieurs mois, ces débats ont irrigué la société française. Il suffisait de suivre les meetings de la Liste Europe Ecologie pour constater que l'affluence, et l'intensité des débats, faisaient son effet tout comme pendant les primaires de 2006 les meetings pleins à craquer de Ségolène Royal indiquaient qu'il "se passait quelque chose" chez les militants du PS.
Ce travail de la société par le bas en renouvelant et régénérant le débat public a probablement été l'un des facteurs de réussite de cette campagne. Pas l'unique, bien sur. Je ne cherche nullement à négliger ni à lister ici toutes les multiples raisons qui peuvent l'expliquer. Mais il n'en demeure pas moins que ce phénomène est intéressant à analyser, et à suivre. Parce qu'il a son importance. Parce qu'il redonne aussi toute sa place au débat, dans les campagnes électorales, et donc à la politique. La com', le marketing, les sondages sont ainsi remis à leur juste place, liés qu'ils sont aux mass médias et à la télévision, à la consommation de masse, ou à une idéologie "Top down" si éloigné des réseaux, de l'internet ou d'une économie de la recommandation vers lesquels nous nous dirigeons... Avec les réseaux et une société plus forte, la politique retrouve de sa puissance. Mais elle change, aussi…

 


2/ Le besoin d'un message structurant, clivant et rassembleur.

 


Au delà du net, la force et le succès de cette liste trouvent bien entendu leur source dans son idéologie, ses idées, ses messages, dans l'offre politique qu'elle a exprimé. Il me semble intéressant de s'y attarder car elle constitue une piste de "sortie de crise" pour la gauche et pour le PS.

 


La politique française souffre, peut-être plus que d'autres démocraties, d'un terrible manque de repères politiques. La plasticité sans vergogne de la droite qui, de la fracture sociale d'un Chirac en 95 au "j'ai changé" sarkozien avec ses accents néo-républicains, en passant par l'ouverture de 2007 et sa suite possible ou probable, n'y aident pas. Mais l'incapacité de la gauche à se positionner sur les nouveaux clivages politiques émergents, en est le pire des symptômes et surtout celui sur lequel nous pouvons agir. Regardons y donc de plus près.
Pendant quelques décennies, la social-démocratie européenne nous a offert une "grille de lecture » : le conflit capital-travail, (avec une classe moyenne en constitution en son centre), une perspective (la réduction des inégalités par la redistribution, la protection contre les risques par la solidarité et l’Etat-providence), une économie politique (le keynesianisme).

 


Avec 50 % du PIB européen redistribué (via l’Etat ou vers la protection sociale), le projet social-démocrate s’est pour une très large part accompli pendant les 30 glorieuses. La social-démocratie, qu'elle soit "directement" au pouvoir, ou non, a dominé culturellement et idéologiquement, la période. Pour des tas de raison, le projet social-démocrate s’est progressivement grippé. Le déclin de la classe ouvrière traditionnelle, l'existence de millions d'ouvriers et d'employés précarisés, la présence de populations immigrées, la force de l'individualisme : tout cela fragilise les structures de représentation traditionnelle mises en place par la social-démocratie.

 


Le succès de la liste "Europe Ecologie" se mesure en contre-point du déclin idéologique de la social-démocratie et tient ainsi à sa capacité à proposer une nouvelle clef de lecture du monde et un levier de sa transformation.

L’écologie est née, dans les années 60, d’une triple critique : de la consommation, du gaspillage des ressources et de la croissance. Elle a perçu, avant tout le monde, la finitude de ce monde. D'une certaine manière, la planète ne peut attendre et nous devons renégocier tous les équilibres, économiques, sociaux, financiers, etc., à l'aune de cette contrainte. Des ressources dont nous savons qu’elles ne sont pas inépuisables, une responsabilité vis a vis des générations futures : nous portons un autre regard sur l'action publique et ses lointaines conséquences. Bref : l'écologie politique propose une grille de lecture cohérente des évolutions du monde, de ses dérives et dessine les contours d'une alternative à construire. Peut-être aujourd’hui la seule réponse idéologique au libéralisme, qu'elle absorbe en grande partie, d'ailleurs, en le dépassant.

 


Cette "vision" du monde et les pistes de transformation qui en résultent dessinent de nouveaux clivages. L’écologie politique n’efface pas le clivage droite-gauche mais le redéfinit. Les socialistes doivent désormais s’en saisir encore plus qu’ils ne l’ont fait jusque la : c’est inscrit dans une partie de leur matrice. C’est un peu ce que nous ont dit les citoyens.

 


Peu importe que l'attelage soit « baroque » dans ses personnalités, réunissant Bové ou Cohn-Bendit, des proches de Hulot ou des verts radicaux, Eva Joly ou Yannick Jadot (ex greenpeace), puisque cet attelage est cohérent dans son idéologie et dans ses convictions. Au contraire, cette force idéologique lui permet de "cimenter" le rassemblement et de pouvoir ainsi assumer sa diversité et même d'en jouer : son hétérogénéité est le garant de sa ressemblance avec la diversité de la société française dont la politique a tant besoin, diversité tant culturelle que sociologique qui fait cruellement défaut aux partis politiques français.

 


# Cette campagne ébauche le rapprochement entre mutation écologique et révolution numérique

 

 

Je sais d'avance que beaucoup vont trouver mes propos trop enthousiastes et manquant peut-être de mesures. Il y aura probablement du vrai dans ces critiques. Je préfère un certain excès d’enthousiasme au scepticisme généralisé qui confine à la paralysie intellectuelle et à l’inaction politique. Mais que tout cela n'empêche pas de voir ce qu'il y a de nouveau et d'émergent dans le champ politique, qui puisse donner espoir à la gauche c'est à dire à ceux qui ne se contentent pas du monde tel qu'il est et qui veulent pouvoir peser sur son évolution.

 


Pour nourrir cet espoir, il faut se rappeler du 21 avril 2002 et observer ce qui s'est passé en 2005 pendant le débat référendaire ; il faut analyser les raisons du succès de Désirs d'avenir ; il faut comprendre les ressorts de la victoire historique d'Obama ; et se pencher sur le dernier avatar de ces coups de semonce, la victoire d'Europe Ecologie. Bien des phénomènes traversent ces récentes expériences politiques : la fin des anciens modèles économiques et sociaux (fordistes et productivistes), l'épuisement social-démocrate, l'émergence de la société de la connaissance, le besoin de restructuration idéologique, la montée en puissance de « la société » dans le champ politique, la demande de clivages donnant du sens au positionnement politique, la réinvention du débat public ou son redéploiement à l'ère numérique, et peut-être surtout la résonnance incroyable et si féconde entre la mutation écologique et la révolution numérique : Obama, EuropeEcologie, chacun à leur mesure se sont trouvés à cette confluence. Ca n’est pas un hasard.

 


Mutation écologique et révolution numérique : c'est la, je crois, que se reconstruira la gauche. Au PS bien sur ou les socios-écologistes sont plus nombreux que ne peuvent le laisser supposer les tristes et malheureux 2 % que la motion du pole écologique a réuni au congres de Reims…, chez les verts ou autour de CohnBendit, dans le monde associatif, sur internet, avec la génération internet et porté par l’idéologie du net, peu importe. Mais certainement avec ce genre d'idées, ces nouvelles infrastructures numériques, et ceux qui y croient.

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je partage votre constat : "La résonnance incroyable et si féconde entre la mutation écologique et la révolution numérique : Obama, EuropeEcologie, chacun à leur mesure se sont trouvés à cette confluence." ce sont deux succès électoraux en effet mais dans 2 pays si différents. Le vrai enjeu selon moi pour 2012 c'est comprendre les mutations en cours mais aussi ne pas se tromper sur l'histoire du pays au risque de passer à côté des électeurs : on ne pourra pas appliquer des "recettes" en 2012. "Bref : l'écologie politique propose une grille de lecture cohérente des évolutions du monde, de ses dérives et dessine les contours d'une alternative à construire." Cette alternative est en effet je le pense aussi à "contruire". Le 7 Juin 2009 montre à mon avis que toutes les forces d'opposition, PS (ou la partie écolo du PS ?), Verts et Modem doivent construire au plus tôt avec un socle idéologique cohérent : c'est le jour J+1 de l'opposition au Sarkozisme & co :-)

Pas de recettes, je suis bien d'accord avec vous. Et d'abord retrouver une vrai socle idéologique, cohérent, qui permet de confronter une analyse du monde à celle de la droite, et de donner une perperctive différente. Une posture purement réstancielle, à gauche, ne peut que capter un vote de protestation. C'est pas mal, deja, vous me direz. Mais ca ne suffit pas pour etre crédible et rassembler une majorité. Et quand bien, meme, prendre le pouvoir doit servir un objectif de transformation. Sinon, je n'en vois pas l'intéret. C'est bien ce que nous différencie de la droite, d'ailleurs. Pour le reste, je pose juste la question des moyens et des infrastructures. Ce ne sont pas des recettes. Mais des moyens. Et qui déterminent, ensuite, les idées et les personnes. On l'oublie un peu vite, je trouve.

Hum, c'est drole, ca ressemble au discours de ces commentateurs economiques qui vous expliquent aujourd'hui pourquoi ce qui s'est passé hier n'etait pas prevu. Deja, question, sur le moteur de recherche preferé de la planete, je trouve Résultats 1 - 10 sur un total d'environ 534 000 pour europe-ecologie.fr (0,27 secondes) et pas 50 000, d ou sort ce chiffre ? et si je tape votre-europe.fr (Alternative Liberale), j obtiens Résultats 1 - 10 sur un total d'environ 6 220 000 pour votre-europe.fr (0,34 secondes Le "création d'une chaine dailymotion, présence et animation des groupes sur Facebook, présence d'une bonne partie des militants et de certains candidats sur Twitter, dispositif d'agrégation de ces twitts sur la plateforme, puis ensuite, page myspace, skyblog, et espace sur SecondLife" Franchement, rien d'innovant, puisque la encore on a - http://www.dailymotion.com/AlternativeLiberale - http://twitter.com/sabineherold et http://twitter.com/altliberale Les "meeting, réunion d'appartements, bouche à oreille, etc.", régénérés et décuplés par l'infrastructure numérique de la campagne, heu ... oui, qui n en n'a pas fait ? C'est plutot la presence de relais mediatiques traditionnels au sein de ces reunions d'appart qui a permis de faire passer le message. Qui a relayé le messge d'AL passé lors du meeting a Bobino le Dimanche 26 Avril 2009 ? Les distributions d'amendes de 1500 euros les 4 et 5 Avril 2009 ? Les points infos devant le Luxembourg, dans le Marais, a Auch, a Bordeaux, a Nantes durant avril et mai 2009 ? Porquoi les sondeurs ont mis EE, une liste inedite, d'emblee dans les resultats de sondages mais ont classé dans "autres" ou "petits partis" Debout la Republique (alors que Dupont Aignan, qu on aime ou qu on aime pas, sort le meme message depuis 10 ans maintenant), Alternative Liberale, Newropeans (la seule liste vraiment pan Union Europeenne) etc etc. Bref comme vous le dites vous memes, propos BEAUCOUP TROP enthousiastes pour pouvoir servir d'etude de cas a n'importe quel autre parti, a commencer par le PS. EE a tout simplement eu un message qui a plu a certains, a savoir il est possible de sortir de la crise par le haut, sans douleur , et d'exonerer les sociaux lib- lib de gauche de leur responsabilite actuelle dans la crise (qui est aussi une crise de generation, celle des papi boomers vs les jeunes). Le net ne fait pas tout. L'UMP et le PS, qui sont quand meme, rappelons le, arrivés MALGRE TOUT en tete et en seconde position, etaient a la ramasse sur ce domaine et ca ne les a pas empeché d'avoir les resultats qu on sait et les elus qui vont avec. Cordialement, ACNM

Je parle des liens qui pointent vers les sites, non le nombre de citations dans google. Ce critere est le plus pertinent pour mesurer la connectivité d'un site, son insertion dans la toile. Pour le reste : je suis daccord avec vous, le net ne fait pas tout. Quand à réduire ce qui s'est passé à un simple " EE a eu un message qui a plu à certain", c'est précisément ce que j'aimerai qu'on ne pense plus ; ou qu'en tout cas on ne se limite pas à cela. Pourquoi ? Parce que c'est en analysant les victoires marquantes, nouvelles, qu'on trouvera les moyens de reconstruire quelque chose. J'essaye pour ma part de le faire un peu. Je ne prétends pas déceler toutes ces raisons. Et je dois surement me tromper sur des choses. Mais ce qui me semble important c'est de ne pas s'arreter à des constats qui ne nous pousseraient à approfondir quelque peu les raisons de ces victoires. Merci pour vos échanges. Bien à vous.

J'ai rarement lu de tartines aussi longues et indigestes que celle-là, sauf bien sûr chez Terra Nova et l'association "Désir de Nuire" de Miss Ségolaine, qui en rajoute et en rajoute toujours à satiété. Le Sarko, il a pris le pouvoir avec 500 mots, il n'a pas eu besoin de plus que cela. A gauche, si on continue avec des loulous comme ce Benoît Thieulin on sera refait en 2017 encore une fois. Faut faire simple et penser simplement, et pas noyer le peuple dans des monceaux de mots, qui ne veulent d'ailleurs plus rien dire à leurs yeux. @ +NEO-

Vertubleu préfère pour sa part le simplisme, comme d'habitude

Normal Sylvain, si c'est un moyen pertinent pour reconquerir au plus vite le pouvoir et ainsi mieux redistribuer pourquoi s'en priver, à moins d'être suicidaire comme le PS en ce moment. Faut ouvrir un peu les yeux sur la nouvelle sociologie Française, nous ne sommes plus dans les années 70/80. @ +NEO-

Je suis d'accord avec les critiques mais je trouve tout de même ton article intéressant. Même si cela n'est surement pas effectivement la cause du succès d'EE aux élections européennes, cela illustre les changements qui surviennent dans notre société de communication. En l'espèce, tout cela sent bon la démocratie. Alors je te remercie pour ton article qui, pour ma part, a été très instructif. bien à vous!

Content de pouvoir faire passer quelques idées. Je précise quand meme un point : ca n'est pas parce qu'on parle de la manière de faire campagne, des moyens qui permettent aux gens de débattre, des outils d'organisation des campagnes, qu'il faut réduire tout cela à de la com'. (En général, d'ailleurs, on lit un peu vite et l'on parle de recettes marketing). Tout cela n'est pas de la com'. Justement. Internet ne peut pas etre réduit à cela. Et comme vous le dites, cela sent bon la démocratie. Je crois qu'il faut avoir le courage de voir ce qui peut etre émergent, nouveau et porteur d'espoir dans le champ politique, plutot que de vouloir systématiquement tout réduire, par un scepticisme généralisé, à des choses déja vues. Alors, oui, cela sent bon la démocratie et il faut se pencher sur ces phénomènes : car ils sont vecteurs de changement. Vraiment.

Content de pouvoir faire passer quelques idées. Je précise quand meme un point : ca n'est pas parce qu'on parle de la manière de faire campagne, des moyens qui permettent aux gens de débattre, des outils d'organisation des campagnes, qu'il faut réduire tout cela à de la com'. (En général, d'ailleurs, on lit un peu vite et l'on parle de recettes marketing). Tout cela n'est pas de la com'. Justement. Internet ne peut pas etre réduit à cela. Et comme vous le dites, cela sent bon la démocratie. Je crois qu'il faut avoir le courage de voir ce qui peut etre émergent, nouveau et porteur d'espoir dans le champ politique, plutot que de vouloir systématiquement tout réduire, par un scepticisme généralisé, à des choses déja vues. Alors, oui, cela sent bon la démocratie et il faut se pencher sur ces phénomènes : car ils sont vecteurs de changement. Vraiment.

Peut-être. mais ne pas oublier le vide du discours des autres partis, numérique, Internet ou pas, le discours passe mieux quand personne d'autre ne parle. L'absence d'enjeu franco-français a ouvert un boulevard à ce rassemblement un peu hétéroclite de Bové à Eva Joly, qui aurait sans doute fait un score moindre dans une élection "nationale". Si le score avait été nettement plus faible aurais-tu dit la même chose ?

Bonjour Gilles, ravi d'avoir de tes nouvelles. comment reviens tu jouer avec nous . :-) rassemblement hétéroclite mais pas incohérent. malheureusement la politique fiction marche mal, nul ne peut présumer de ce qu'aurait été une élection "nationale" dans le contexte d'aujourd'hui. les régionales vont constituer un test décisif : si EE confirme son résultat, tout suivra.

Bien sur, Gilles, le contexte a servi. Mais ce serait une erreur de penser qu'une campagne ne se joue que sur le contexte politique, dans un jeu de pouvoir complexe dans lequel on aurait finalement peu de prises. Ce sentiment d'impuissance est terrible pour tout le monde : politiques, militants, électeurs, citoyens. Il vide les campagnes, le vote, de toute substance. Au contraire, je crois que meme si le contexte compte et pèse, il faut retrouver et reprendre conscience d'abord que les idées, le programme, la cohérence idéologique des candidats, d'un parti, d'une liste peuvent (et doivent) changer la donne ; et qu'ensuite, il faut faire en sorte que ces idées, cette idéologie, ce programme, soient discutés, débattus, essaimés, le plus profondément dans la société. Je trouve que ca marque le retour du débat public et des moyens, pour les politiques, de le nourrir. Europe Ecologie a misé la dessus. Ca n'explique pas tout dans sa victoire. Mais il ne faudrait pas passer à coté : car c'est porteur d'espoir pour qui s'intéresse à la politique, et à la gauche. Est ce qui si la score de cette liste avait été plus bas j'aurai écrit la meme chose ? Je l'aurai pensé, en tout cas. J'aurai peut etre eu juste moins l'opportunité de vous en convaincre tous. Mais cette démonstration ne se fonde pas que sur ce cas. La politique change. En grande partie aidée par la révolution numérique, et par la génération internet qui ne fera plus de la politique comme on en faisait il y a 30 ans. Et ca je le pensais avant. Et ca sera encore plus vrai demain. Il y a de quoi s'en réjouir, je crois.

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Les gens qui ont voté Europe Ecologie ne sont pas de nouveaux clients: simplement ils ont réflêchi aprés une quarantaine d'années d'effort des journalistes spécialisés pour faire admettre les dangers, la nécessité de vivre (pas plus mal) autrement, les risque de la pollution et de l'agriculture productiviste... Entre autres...

Je peux apporter mon témoignage personnel : j'ai voté Europe Ecologie parce que j'ai été éduqué dans l'idée que voter est un devoir. Ca fait 25 ans que je suis soumis au discours écologiste, j'ai même été abonné au quotidien de Bennhamias ("Vivant", le seul quotidien qui ne donnait pas d'infos d'actualité), c'est du coup devenu difficile pour moi de gober le discours écologiste contre lequel j'ai bien fini par développer une certaine immunité. Et dans ma vie privée on ne peut pas dire que j'ai le réflexe écologiste. Si j'avais su qu'Europe Ecologie ferait un tel score je me serais probablement abstenu, et d'autres électeurs auraient peut-être opté pour le PS ou le Modem. Je ne crois pas trop à la survie de l'attelage Cohn Bendit-Bové-Joly et à sa transposition en mouvement politique, mais on verra bien. Quant à la présence de cette liste sur le net je l'ai trouvée inexistante. J'ai fait une recherche une fois car je voulais quand même consulter le programme, je suis tombé sur un site médiocre avec quelques videos et les fameux programmes. Pas de quoi hurler à l'innovation majeure.

Si j'avais su qu'Europe Ecologie ferait un tel score je me serais probablement abstenu, et d'autres électeurs auraient peut-être opté pour le PS ou le Modem. Pas sur du tout. Je pense au contraire que cela aurait désihniber d'autres électeurs. Mais bon, on ne peut être sûr de rien...

Article qui ouvre beaucoup de perspectives de réflexion et qui fait honneur à la partie club de Médiapart. Je viens de le twitter :-)

Sans doute, il nous manque le recul pour évaluer dans quelle mesure les plateformes internet seront bien les supports ou réceptacles qui redonneront vie à un espace de débat démocratique, voire à la contruction d'un cadre qui permette d'élaborer un débat sur des valeurs, des choix politiques, construire des constats partagés, des liens.... qui perdurent au delà d'un enjeu électoral. N'y a t-il pas un risque à ce que ce modèle se fatigue s'il n'est construit que sur des suites d'agendas électoraux? Le risque de transformer un outil en effet "mayo" ou effet de mode, faire croire que l'on s'intéresse aux suggestions de l'internaute... La fausse démocratie participative...celà nous rappelle quelquechose en 2007... Le pigeon est piégé une fois, peut-être pas deux! Longtemps après "la société du spectacle", de nombreuses années ont été nécessaires pour arriver au constat désormais partagé que le modèle télévisuel a tué le débat politique...ce qui s'est acté lorsqu'un autre modèle est rentré comme "cadre d'usage"... N'est-ce pas d'ailleurs ce qu'à traduit la réaction du débat DCB/Bayrou où la manipulation est devenue criante? L'outil internet comporte structurellement une dimension organisationnelle, sans doute bien en lien, cette fois, avec les culture des geeks qui réfère à un espace social spécifique, différent par exemple de celui des maisons de retraites ou des commerçants des zones rurales ou des villes moyennes qui partagent des pratiques et des aspirations différentes. Ce scrutin Européen s'est adressé a priori à une "clientèle" plus "initiée" du moins spécifique qui maîtrise cette culture internet, manière de fonctionner. Sans doute ces plateformes internet produisent de la mobilisation, effet de nouveauté, peut-être des affinités socio-culturelles... Qui sait?... un peu de recul serait nécessaire pour évaluer dans quelles conditions internet permet sur le long terme un meilleur développement d'un espace de débat démocratique, discrimination des valeurs, choix.. que le modèle télévisuel qui est certes, en discrédit? Certes observer sur un temps long, différent des temps courts des agendas électoraux... D'accord avec vous sur le point que nous avons besoin d'utopie, même si souvent heureusement, elle ne sont jamais accomplies. En tout cas, le site Europe Ecologie ne semble plus fonctionner désormais, ce qui crée un effet étrange lorsque l'on s'y connecte.

Ce billet aborde la bonne question mais, comme le reconnait l'auteur lui-même, il pêche par son enthousiasme avec un mélange des genres entre analyse et militantisme qui lui enlève tout crédit (je me demande d'ailleurs si ce mélange n'est pas une spécificité d'internet via le principe du blog, et cela ne saurait être pour moi une qualité). Cet enthousiasme devient carrément insupportable lorsque la critique de EE est assimilée à l'inaction politique, hormis les Verts point de salut fermez le ban, et finalement c'est cet argument qui tient tout le billet. Un autre point intéressant me semble aussi la manière dont EE réinvestit par sa campagne la notion de storytelling avec une hétérogénéité qui se trouve articulé au sein d'un casting de stars.

Un autre point intéressant me semble aussi la manière dont EE réinvestit par sa campagne la notion de storytelling avec une hétérogénéité qui se trouve articulé au sein d'un casting de stars. ce serait pas mal que vous développiez ce point Romain

erreur

Sur l'enthousiasme : a vouloir n'en mettre jamais dans ses analyses, je trouve qu'on s'empêche de voir les phénomènes émergents : la critique, la nuance, la contestation de la réalité des phénomènes, leur relativité systématique, finissent gommer toute aspérité, et toute matière un peu utile qu'on doit pouvoir observer dans un phénomene. Pour participer à pas mal de rencontres internationales sur les enjeux de démocratie participative et de la révolution numérique, je rencontre bcp de gens, souvent allemands, anglais, ou américains, qui se donnent souvent plus de chances que nous, francais, à voir ce qu'il y a d'innovant. C'est juste cela que je voulais exprimer. Pour le reste, désolé si je me suis mal exprimé : je n'assimile nullement la critique de EE à l'inaction politique. Je disais plus généralement que la critique et le scepticisme généralisé sont des sports nationaux, surtout à gauche, ou je trouve que leur maniement excessif est dommage. En général en détruisant tout autour d'eux ils ont pour conséquence de paralyser toute action et toute réflexion. Mais, je ne dis pas pour autant qu'il ne faut pas exercer son travail de critique pour quoi que ce soit et même, EuropeEcologie... :-) J'appelle à la nuance, en réalité, sur la critique. C'est pour cela d'ailleurs que mon enthousiasme est tres relatif : il ne vise qu'à tenter de forcer un peu le trait pour faire émerger, rendre visible, des phénomènes nouveaux ; sans quoi je sais que sous le flot de critiques généralisées, on ne finirait par plus déceler ce qui peut etre nouveau, porteur d'espoir. J'ai appliqué cela (ou tenté de le faire) pour les élections européennes....

Je crois qu'il faut toujours avoir le triomphe modeste. Tapis en 1994 talonne le PS, on se souvient comment cela se termine, et on se souvient aussi que la Gauche remporte les législatives en 1997. Je crois que c'est une erreur de confronter PS et Europe Écologie, des électeurs déçus par le PS (et en tant que membre de ce parti, je les comprends parfaitement) ont voté Europe Écologie. Là où je vous approuve c'est que vous n'avez fait parler que des candidats, alors que les autres ne faisaient s'exprimer que des non candidats. (j'ai déjà interroge plusieurs fois, le score aurait-il été le même si Aubry, et ou Royal avaient eu le courage, et le sens politique de se présenter!) C'est la première fois qu'un responsable du PS n'est pas tête de liste et ne s'engage pas sur un résultat. La liste Euro écologie a su jouer de la débandade et la suffisance des caciques PS et autres, il y a eu aussi le sentiment vrai ou faux, nous le saurons bientôt, que des personnes nouvelles non habituées des scrutins français pouvaient ne pas être en représentation, mais sincères. Cohn Bendit comme Arlette Laguiller est dans le paysage français, il n'a pas démérité...alors on lui donne l'accolade d'un vote. Eva Joly s'est longtemps battu contre un certain establishement...de gauche, si elle peut encore passer un coup de serpillière, pourquoi pas, puis au moins elle sait de quoi elle parle. On peut faire d'autres constatations avec d'autres candidats qui n'y croyant pas se sont comportés comme des militants et non en futurs députés. Il y a eu une certaine fraîcheur ce qui est formidable pour Cohen Bendit et Eva Joly qui ne sont plus des quadras depuis longtemps. Ce qui implique aussi que le jeunisme à tout cran doit encore prendre un peu de bouteille. Pour deux raisons, les jeunes n'ont pas voté!!!! pour un scrutin européen! ce qui pour moi homme de gauche est l'interrogation principale et grave que l'on doit avoir, et que de voter pour des plus de 60 ans n'est pas un problème majeur. (plus de la moitié des électeurs a plus de 50 ans). Internet, bien entendu que cela a joué et va jouer...mais attention trop d'Internet nuira à Internet, et on reviendra à l'interlocuteur en face de vous. J'attends de notre spécialiste...qu'il nous vende l'Europe maintenant!!!! car le challenge il est là! Faire en sorte que l'Europe, sa vie politique, les enjeux, les jeux, les décisions nous soient presque aussi familiers que certains enjeux nationaux. La vous aurez avancé, sinon ce sera un gadget, qui sera replacé par un autre. Puis, n'oubliez pas de dire quelques mots sur les défis écologiques...dont nous n'avons pas tellement parlé, en fait! Pour entrer en finitude, je dirai que comme le 10 mai 1981, la France n'a pas basculé à gauche, le 7 juin 2009, la France n'est pas devenue écolo, elle a bougé...pas si mal. La Balle est dans le camp du PS, et rien que pour cela je vous remercie, nous saurons ou non la saisir. En nous aidant un peu vous conservez des électeurs… en voulant tout de suite nous marcher dessus, vous commettez une erreur.

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QUE DE MOTS, QUE DE MOTS, QUE DE MOTS........ J OSE , QUE DE MAUX Fatigué,fatigué fatigué!!!

Merci pour votre intéressante comunication.

Merci d'avoir pris le temps de le lire (puisque c'est un peu long... ;) Bien à vous, Benoît

Merci Benoît d'avoir contribué au débat. J'ai beaucoup apprécié ton regard. Dans la ligne que tu soutiens, je transmets ce lien aux abonnés de Mediapart, qui ne le connaîtraient pas, qui permet de suivre au fur et mesure les contributions sur Mediapart. http://www.mediapart.fr/tracker

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