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L'art du soulèvement

Quelquefois je me dis que le meilleur moment de l'art, c'est quand il soulève le public. Le soulèvement comme fin ultime de l'art.

Je me régale de l'histoire ci-dessous que je ne peux pas m'empêcher de vous offrir :

 

 

Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité.

L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti

Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit - était opprimé par l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l’Italie unifiée.

Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la représentation…

Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».

Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie ».

Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière. », raconte-t-il.

Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :[Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"].

Le chef d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais...

[applaudissements]

Muti : Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".

[Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]

Muti : Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.

C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »

« Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. »

Voici une vidéo de ce moment plein d'émotion http://www.youtube.com/embed/G_gmtO6JnRs

 

Tous les commentaires

01/12/2011, 23:54 | Par françois périgny

Y a quinque chause à soûlevér ? Bin, où qu'i lest mon diâble ?

01/12/2011, 23:56 | Par Bernard Colin

Là, c'est une grue qu'y faudrait.

 

Ou un bon petit diab' de chef d'orchestre.

02/12/2011, 00:09 | Par françois périgny en réponse au commentaire de Bernard Colin le 01/12/2011 à 23:56

Ouin ! Leû paiter la gueule ! Y sont trop méchants, les méchants ! Allau ke lé jeanty y son janti !

02/12/2011, 00:12 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de françois périgny le 02/12/2011 à 00:09

Rire

02/12/2011, 00:06 | Par WataYaga

Franchement, vous exagérez : vous me faites pleurer !

 

MERCI ! MERCI ! pour ce billet ! C'est magnifique !

 

Tout espoir ne sera pas perdu tant qu'il existera des moments tels que celui-là !

02/12/2011, 00:19 | Par françois périgny en réponse au commentaire de WataYaga le 02/12/2011 à 00:06

Ouin.

Je dirais même plus : ouin, ouin.

02/12/2011, 00:48 | Par WataYaga en réponse au commentaire de françois périgny le 02/12/2011 à 00:19

Ah ! C'est vous qui faites pleurer les bébés ? Le déguisement de Père Noël est très efficace mais en attendant peut-être vous cachez-vous sous celui-ci ?

 

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02/12/2011, 01:01 | Par françois périgny en réponse au commentaire de WataYaga le 02/12/2011 à 00:48

Oui oui.

02/12/2011, 02:02 | Par WataYaga en réponse au commentaire de françois périgny le 02/12/2011 à 01:01

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Surtout ne pas perdre le grelot si vous êtes un homme un psy - pour lequel j'ai beaucoup d'estime - ayant dit que cela l'avait beaucoup perturbé dans son enfance la perte du grelot....

02/12/2011, 06:35 | Par JJMU

Peut-être ne le savez-vous pas :

 

les Indignés ont été à nouveau chargés, violemment, dans la nuit du 26 au 27 novembre [2011].

 

Dans des conditions qu’il faut que vous absolument que vous connaissiez. Plutôt que de plagier, je vous renvoie à ces deux liens :

 

 

http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/pleurez-ou-indignez-vous-car-c-est-105371

 

 

http://www.agoravox.tv/actualites/citoyennete/article/les-indignes-de-la-defense-le-dome-32694

 

 

Et vous fais part de quelques-uns des messages que j’ai recopiés pour vous en y passant cette semaine. Car malgré tout ça ils continuent à essayer de tenir, pour continuer à alerter, et à témoigner d’autres possibles.

Étonnantes, ces rencontres que l’on fait là-bas : de la femme de ménage à l’ingénieur très installé. Je ne parle pas ici seulement des passants, sympathisants d’un instant, mais de ceux qui reviennent régulièrement, tissent des liens dans la durée. Et qui, tous, témoignent d’un accord profond avec ce que dénoncent et ce que préconisent leurs écrits, comme par exemple :

 

- Le système nous veut drogués, violents, égoïstes, chômants. Mais nous voulons la révolution, alors soyons cohérents !

- Prétendre contenter ses désirs par la possession, c’est vouloir étouffer le feu avec de la paille.

- Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être bien adapté à une société malade.

- L’alcool fait perdre l’essence.

- LEVEZ LES YEUX ! Tous les jours la géo-ingénieurie œuvre dans le silence :

1. chemtrails (épandages chimiques)

2. contrails (condensation)

(La différence entre les deux se vérifie par la longueur et la persistance des traînées ; avec schéma illustratif à l’appui)

- Et en PJ une fleur que j’ai reproduite et scannée à votre intention (qu’ils ont sous-titrée PERMACULTURE, gestion holistique des écosystèmes : http://www.permaculture.fr/)

Un autre, plein d’espoir malgré la répression sauvage qui s’abat sur eux :

C’EST UNE PREMIÈRE : POUR LA PREMIÈRE FOIS, LA LUTTE EST PLANÉTAIRE !

 

(Comme le disait François Simon à la fin du film « Charles mort ou vif » (le premier et génial film d’Alain Tanner, 1969), RIRA BIEN QUI RIRA LE DERNIER !)

C’est sans doute pour cette raison, et parce qu’il faut les empêcher à tout prix de durer et empêcher leurs idées d’essaimer que cette répression est si systématique et dure. Car si nous en arrivions tous à les rejoindre et à faire converger nos luttes, alors vraiment le système aurait du souci à se faire. Alors que, sans cette convergence, aucun de nos combats parcellaires ne vaincra, si légitimes soient-il…

 

PS : Pendant que je vous préparais ce message, je viens de recevoir un SMS d’appel de leur part :

« Avons été attaqués ce matin à plusieurs reprises par la police pour nous déloger. Nous sommes 25. Nous avons besoin de vous pour tenir, face aux nombreux policiers qui arrivent. N’oubliez pas de nous filmer.

ENSEMBLE NOUS GAGNERONS !

À diffuser ! »

ALORS, merci à vous de diffuser, et qui sait… de les rejoindre ?

02/12/2011, 09:29 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de JJMU le 02/12/2011 à 06:35

hello jjmu,

merci de faire relais, mais je crains que ça ne suffise pas de le faire sur mon blog.

Pourquoi pas une édition, avec ajouts réguliers, le journal des indignés qqch comme ça.

02/12/2011, 10:00 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 09:29

Oui, mais quand il y a des urgences comme celle-ci que devient un billet ou une édition perdue dans la masse et sur laquelle on ne tombe parfois que par hasard et souvent trop tard ?

 

Nous relayons des infos, c'est très bien, c'est déjà énorme dans cet endormissement généralisé des personnes qui parfois ouvrent un oeil pour le refermer aussitôt mais quid de ceux qui sont sur le terrain et qui tentent concrètement de faire bouger quelque chose en secouant cette inertie? J'ai connu ce sentiment d'isolement quand j'étais jeune et que j'essayais d'alerter les gens sur ce qui est en train de se mettre en place maintenant et qui, à l"époque, passait pour de la science fiction. Mais je ne me doutais pas que cela irait aussi vite et aussi loin.

 

Comme nous avons été habitués à lâcher du lest peu à peu, petits bouts par petits bouts maintenant nous ne voyons plus le chemin parcouru et chaque nouveau renoncement nous paraît minime par rapport au précédent alors qu'il accélère le processus qui amène au renoncement total, à l'hébétude.

 

Il y a quand même un rapport avec votre billet quand des humains osent se lever et sortir de leur torpeur et de la peur de perdre leur position sociale, leur emploi, leur salaire pour dire qu'ils en ont assez d'être connivents à l'insu de leur plein gré ! Ou bien ?

02/12/2011, 10:36 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de WataYaga le 02/12/2011 à 10:00

Désobéir !

02/12/2011, 09:35 | Par Pointvirgule

Hello Bernard !

Y a des jours où on souhaiterait presque que les sourds soient aussi muets...

Superbe, votre billet : quelque chose d'une fraternité en ruisselle.

02/12/2011, 09:41 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Pointvirgule le 02/12/2011 à 09:35

merci de votre visite, vous êtes la bienvenue

02/12/2011, 11:31 | Par Art Monica

Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».

Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier «Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! »

 

Le sentiment patriotique a du bon pour soulever les âmes et porter haut les coeurs... Un "nous" à défendre, sans haut le coeur.

02/12/2011, 12:35 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Art Monica le 02/12/2011 à 11:31

Tu vois, y en a même pour toi.

02/12/2011, 12:42 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 12:35

Oh le flatteur !Rire

 

A par ça t'as bien fait de publier ce moment, c'est fort.

02/12/2011, 12:49 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Jean-Claude Charrié le 02/12/2011 à 12:42

C'est pour fêter le fraternité retrouvée entre Maurice et Félix

02/12/2011, 13:17 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 12:49

Flatteur, en verlan Ta fleur Sourire

02/12/2011, 13:54 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Art Monica le 02/12/2011 à 13:17

xxx

02/12/2011, 13:07 | Par Néfertari...Partie.

Ca c'est un billet de la morkitue ! Quel moment !!! J'en suis toute tournechamboulée ! In your face Berlu ! Un peuple uni ne sera jamais vaincu.

Et toc !

02/12/2011, 13:55 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Néfertari...Partie. le 02/12/2011 à 13:07

Avanti popolo !

02/12/2011, 13:58 | Par Belange

Et en Fraznce, est-ce qu'on peut dire ;Vive la France ! sans être taxé de nationaliste ou de patriote ?

02/12/2011, 14:02 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de Belange le 02/12/2011 à 13:58

Non.

On peut pas.

02/12/2011, 14:03 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de Jean-Claude Charrié le 02/12/2011 à 14:02

Et c'est bien fait !

02/12/2011, 14:03 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de Jean-Claude Charrié le 02/12/2011 à 14:03

Non mais...!

02/12/2011, 14:25 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Jean-Claude Charrié le 02/12/2011 à 14:03

Belange, on peut.

ça dépend à quelle occasion.

 

Par exemple, au moment du raccompagnement d'étrangers à la frontière, il est bon de se présenter avec une pancarte

Vève la Fronce.

Et si Eva Joly est au deuxième tour des présidentielles, on trouvera quoi dire.

Si le parlement fait publier un audit de la dette, taxe les transactions financières, contrôle les banques, interdit la spéculation sur les dépots.

 

En gros on veut bien crier Vive la France, très très fort. Mais il faudra qu'elle le mérite un peu.

 

Pour le moment c'est plutôt hou les cornes !

02/12/2011, 14:34 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 14:25

Indéniablement tu es un grand pédagogue Bernard.

Soyons heureux de te compter parmi nous.

Et fiers aussi.

02/12/2011, 16:20 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Jean-Claude Charrié le 02/12/2011 à 14:34

La bise à Maurice

02/12/2011, 14:40 | Par Belange en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 14:25

Mais, la France, pour moi , ce n'est pas Sarko et son équipe que je trouve illégitimes.

02/12/2011, 14:54 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de Belange le 02/12/2011 à 14:40

Oui mais ce qui compte Belange, c'est pas la France pour moi... enfin, je veux dire pour toi... et même pour moi d'ailleurs... enfin, pour nous quoi.

Non, ce qui compte c'est la France pour tous

02/12/2011, 15:33 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Jean-Claude Charrié le 02/12/2011 à 14:54

Si j'ai bien compris quelque chose à une Histoire que je n'ai pas étudiée en classe mais que j'ai effleurée à travers la Chartreuse de Parme (on a les références qu'on peut) et qui transparaît à travers l'article de Bernard Colin l'unité Italienne se serait (plus ou moins car il apparaît qu'avec la ligue du nord ce ne soit pas si évident) construite dans la lutte contre un envahisseur - l'empire des Habsbourg, .

 

Ce n'est pas exactement la même chose que celle de la France qui est une création artificielle à travers l'adjonction et la négation de cultures considérées maintenant comme régionales (et cela me fait grincer des dents quand certains ont peur que le français devienne une langue régionale : il n'y aurait aucun mal à l'être si on ne vouait pas les langues régionales à la disparition !..).

 

Je reconnais que c'est infiniment plus complexe que ce résumé mais si je développe personne ne lira mon blablabla et que mes lacunes en histoire sont abyssale mais ceux qui disent "vive la France" ici sont les mêmes que ceux qui disent chacun pour soi et que le sud crève en Italie.

 

Pour simplifier il me semble que le problème se poserait en ces termes "vive" quelle France et "vive" quelle Italie ? Quand un "vive quelque chose" est tellement connoté, n'est-il pas prudent de se méfier ?

02/12/2011, 16:02 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de WataYaga le 02/12/2011 à 15:33

Pas tout à fait, Wata.

Cette unité de la France, la nation, comparable à celle de l'Italie, s'est constituée à la révolution, contre l'aristocratie européenne. Avant, c'était le royaume, pas la nation.

 

Vive quoique ce soit, est idiot, si c'est inconditionnel.

 

Vive est un très grand mot. C'est la félicitation collective. L'acclamation.

02/12/2011, 16:33 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 16:02

alabergerie donne dans un texte de blog cette définition actuelle de la france que je trouve assez juste :"la France (entendez par là : quelques conseils d’administration)"

ça ne donne pas envie de crier "vive les conseils d’administration !"Je ne dis plus rienClin d'oeil

Le fascisme quotidien, avec un exemple et un fi ... 

02/12/2011, 16:40 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de WataYaga le 02/12/2011 à 16:33

effectivement.

On n'a pas encore vu beaucoup de conseils d'administration acclamés de hourras.

02/12/2011, 15:26 | Par Emmanuel Esliard

Il a encore tenu plus de six mois le Berlu, si je n'ai la berlue, alors que normalement à la fin de la représentation c'était le goudron et les plumes, direction Cinecittà où on l'enchainait dans le forum romain, en attendant le prochain peplum pour servir d'en cas aux lions !

 

02/12/2011, 16:05 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Belange le 02/12/2011 à 15:50

Pour moi, c'est à bas l'union européenne, pour le moment, à bas la Merkosie.

 

Quant à l'Europe, elle n'existe pas.

02/12/2011, 15:52 | Par KOSZAYR

Merci pour ce billet et ses commentairesSourire

02/12/2011, 16:09 | Par Bernard Colin

Histoire de l'Europe:

Charlemagne

Charles Quint

Napoléon

Hitler

Marchés financiers

 

Vive, ça sera pour une autre fois.

02/12/2011, 16:36 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 16:09

Euh Bernard... Comment fais-tu pour soutenir si vaillamment la démarche d'Eva Joly avec une telle position anti-européenne? Quelque chose m'échappe...

02/12/2011, 16:40 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 16:09

Vous n'oubliriez pas par hasard les racines chrétiennes de l'europe : les papes, les popes (à ne pas confondre avec le pop corn, bien que...), la sainte inquisition, les croisades, la chasse aux sorcières, les templiers, l'opus dei, le prosélytisme génocidaire et tout ça, et tout ça...

ça donne vraiment envie de crier vive les dentistes !

02/12/2011, 16:59 | Par Art Monica en réponse au commentaire de WataYaga le 02/12/2011 à 16:40

Ben il y a aussi plein de belles Lumières, en Europe... (Et des ombres, ailleurs)...

 

Quel excès dans le désamour de soi Innocent

02/12/2011, 17:38 | Par WataYaga en réponse au commentaire de Art Monica le 02/12/2011 à 16:59

Ah ben non pas de moi, je ne m'identifie pas à tout ça justement ! donc pas de mea culpa, de sentiment de culpabilité, de masochisme et autres joyeusetés cathéchismement imposées aux enfants de ma génération : la haine de soi, c'est là qu'on nous l'a inculquée, s'en libérer ça dégage le coeur et l'esprit (à défaut des voies respiratoires !). Pour le reste, l'Europe, à part le fait qu'il s'agit d'une déesse phénicienne enlevée par Zeus transformé en taureau pour l'occase priapique, je ne sais pas ce que c'est ....

 

02/12/2011, 19:07 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de WataYaga le 02/12/2011 à 17:38

Art monica,

 

je me suis déjà longuement expliqué là dessus sur le blog de Netmamou. Je peux essayer de redire deux ou trois trucs.

Tous d'abord, il me semble important de sortir de certaines confusions sémantiques.

Ceux qui ont pris l'habitude d'identifier l'Etat à la nation, projettent le même type de confusions sur l'Europe.

L'UE recouvre déjà trois réalités distinctes : l'ensemble des états membres, la zone euro, l'espace schengen. Tous trois liés par des traités que je connais et que je dénonce. Je dénonce à la fois leurs contenus et le procédé antidémocratique selon lequel ils ont été adoptés.

Quant à l'Europe, elle n'existe tout simplement pas. C'est un fantasme chargé de vendre les trois réalités, ci-dessus. Double fantasme, par la projection des passions tristes du nationalisme à une échelle élargie, et par une unité identitaire strictement fabriquée idéologiquement. Il y a des europes, à la rigueur.

Etymologiquement, le mot signifie visage pâle. Terre des blancs.

 

Le fantasme paneuropéen est de la même nature que le fantasme panarabe. Avec les mêmes semi-confusions sans cesse réitérées, entre chrétiens et européens qu'entre musulmans et arabes.

 

Je ne suis pas chrétien non plus.

 

Quant à Eva Joly, j'ai beaucoup d'estime pour elle, son discours, son idéologie. Elle est désignée pour représenter un parti que j'estime un peu moins. Elle défend une autre europe que celle qui se concrétise dans les traités actuels. Je l'apprécie aussi pour ça. Je ne crois pas que je me sentirai toujours complètement représenté par elle. C'est celle qui dans le spectacle de l'apolitique actuelle, me ressemble le plus.

 

Je ne suis pas un puriste. J'aime les alliances. Je pense que la politique, c'est l'art d'établir des alliances pour constituer des rapports de forces. Rassemblements, alliances, ne signifient pas fusion, accord sur tout, identification, unité. Précisemment l'inverse, on s'allie avec des gens d'options différentes sur des échéances, des objectifs, des combats, à plus ou moins long termes.

 

Est-ce que ça répond à ta question ?

02/12/2011, 19:17 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 19:07

Oui. Merci.

02/12/2011, 18:25 | Par [email protected]

Pourquoi était-ce bien pour les Français de vouloir "faire nation" en 1789 et pour les Italiens de vouloir constituer un seul royaume dans la deuxième moitié du 19ème siècle, et serait-ce mal pour les Européens de créer une fédération au 21ème ? Mystère. L'attachement au passé, sans doute. La peur de l'avenir (d'ailleurs compréhensible).

02/12/2011, 18:56 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de [email protected] le 02/12/2011 à 18:25

Oui, mais.

 

La situation qui constituait ces unités, le garibaldisme, la révolution française, permettait de partir sur un projet politique correspondant à un grand mouvement populaire, et répondant à ses aspirations, en termes de création d'une société nouvelle.

 

Ce n'est pas ce qui se présente. Ce qui se prépare là, c'est la Merkosie. Ce n'est pas une peur de l'avenir, ni un attachement au passé qui nous font entrer en résistance, c'est un désir d'avenir (cette formule devrait te plaire).

 

Pas de fédération avec ces foutus réacs au sevice du tous contre tous.

02/12/2011, 19:07 | Par Marielle Billy en réponse au commentaire de [email protected] le 02/12/2011 à 18:25

Melchior, la cosa è veramente misteriosa ...

Quelle jolie langue ! on imagine tout cet opéra debout, champagne !

Sur la jolie question de melchior : chercher du côté de la langue, enfin, d'une langue politique .....

02/12/2011, 19:20 | Par [email protected]

On lisait dans "Mediaparto" de Milan, vers 1860, cette opinion d'un certain Bernardo Colini:

 

Je peux comprendre l'aspiration à l'unité et à l'indépendance du duché de Milan (et encore !), mais un royaume unifié d'Italie, mille fois non ! Jules César, les papes, César Borgia, Napoléon... ça suffit comme ça. Vous verrez que Garibaldi se mettra au service du roi de Piémont, et que les aristocrates de Sicile feront semblant de tout changer pour que tout reste comme avant, sous la férule d'Alain Delon. Porca miseria !

02/12/2011, 20:33 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Néfertari...Partie. le 02/12/2011 à 19:50

xxx, Néfer, c'est un hommage à un grand européen, je suis fier.

 

 

Tu te trompes grossièrement Melchior, C'est pourquoi, tu mets cette astuce.

Mais on lisait sous la plume d'un certain marquis de la bûche, ralliez vous derrière Fouquet, qui va vous faire une belle unité des vraies valeurs, et vous protègera des affreux sans culottes.

 

Non, je ne propose pas de dire restons entre nous, je propose que nous nous emparions de notre liberté, celle d'entreprendre, de nous allier, d'investir sur l'avenir, avec tous ceux qui veulent que la société soit juste et respecteuse des citoyens. Je propose de lâcher les traîtres qui se soumettent aux financiers en notre nom. C'est l'inverse de ton colini.

02/12/2011, 20:52 | Par [email protected] en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 20:33

Le surintendant, protecteur de La Fontaine, avait une devise d'écureuil: Usque non ascendam ? Il valait beaucoup mieux que Talonnette premier qui l'emprisonna à vie.

 

à Néfer: Casanova était vénitien et d'expression française. A l'époque de l'unité italienne il mangeait depuis fort longtemps les pissenlits par la racine, qu'il grignotait à travers ses bandelettes. Rien à voir avec Bernardo C., milanese comme Stendhal, et grand amateur de pâtes.

02/12/2011, 20:05 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de Néfertari...Partie. le 02/12/2011 à 19:50

Ah... ! il fallait le dire.

Il fallait honorer le titre qui nous héberge.

Bravo Nefer !

02/12/2011, 20:32 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Jean-Claude Charrié le 02/12/2011 à 20:05

Je sens un retour de pêche chez le JC, comme si la sociale allait être déposé dans la crêche.

02/12/2011, 20:49 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 20:32

C'est un peu ça oui.

En attendant, résistance sur tous les fronts.

Même les plus insoupçonnables. A l'AG de la Communale !

Nous avons du encore cette année faire face à une attaque bourgeoise.

02/12/2011, 21:19 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de [email protected] le 02/12/2011 à 20:55

@ la communale

Effectivement l'augmentation brutale de la participation, est le signe d'une dérive affairiste significative.

 

J'avais proposé une participation progressive, basée sur le minimum indiqué, puis indexé sur la consommation de carburants locaux. Mais personne n'a compris le mot indexé qui a été pris pour une injure malpropre.

 

Hélas, début mars, je suis en tournée pour diffuser auprès des peuples éloignés et néanmoins frères, les visées émancipatrices des travailleurs intellectuels (c'est le printemps de poètes, synonyme secret du temps des cerises).

Je le regrette. J'aime les travaux manuels partagés. Peut-être une autre session permettra de bénéficier des efforts soutenus des minoritaires au service de la collectivité.

 

02/12/2011, 22:27 | Par Jean-Claude Charrié en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 21:19

"Le printemps des poètes" oui, je connais... alors ce n'est pas hélas.

C'est chacun à son poste.Clin d'oeil

03/12/2011, 06:31 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Jean-Claude Charrié le 02/12/2011 à 22:27

ça va "barder"

02/12/2011, 21:05 | Par WataYaga

J'ai du mal à comprendre pourquoi les gens confondent les personnes qui peuvent se rencontrer et s'apprécier quelle que soit leur origine tout en restant ce qu'ils sont et la volonté hégémonique des pouvoirs qui veulent tout dévorer, uniformiser en créant des appartenances qui n'ont pas de sens !

 

Faire l'europe pour qui, pour quoi ? Pour remplacer un nationalisme d'état à la c-n par un nationalisme à la hauteur d'un continent qui est une vue de l'esprit puisque géographiquement il n'existe même pas, tout juste une verrue sur le nez de ce qu'une même vue de l'esprit différencie en tant qu'asie.

 

Ce qui impliquerait alors que l'europe existerait culturellement ou racialement puisque nous nous différencierions alors des dits "asiatiques" qui sont composés de peuples extrêmement hétérogènes et là on aborde un terrain glissant, voire carrément glauque.

 

Perso, bien que de pseudo "race" plus blanche que moi c'est "cadavéré" (cadavre dans la chanson "ancien combattant" de Zao) je me sens culturellement beaucoup plus proche de peuples originaires de plein d'endroits différents dans le monde que de celle de beaucoup de personnes qui se revendiquent françaises, y compris au sein de ma propre famille.

Etant issue de culture paysanne, je me rends compte que quand je discute avec un paysan d'un autre continent j'ai plus de points communs à un niveau essentiel (émotionnel, affectif...) avec lui qu'avec un urbain avec lequel je peux m'entendre au niveau intellectuel.

 

Alors, l'europe je m'en fous et l'universalisme me viande : ce qui me plaît chez les autres c'est ce en quoi ils ne sont pas moi, non pas que je ne m'apprécie pas mais parce que j'aime bien ouvrir ma fenêtre et voir que le monde existe aussi à l'extérieur de moi.

 

Bien sûr, connaître les autres me change et me connaître les changent aussi et la rencontre est parfois délicate, mais la forme d'harmonisation que cela amène n'est pas se fondre l'un dans l'autre pour devenir les mêmes mais plutôt une complémentarité mélodieuse.

Spontanément les peuples créent cette harmonie : les frontières culturelles humaines sont floues (les alsaciens en sont un exemple douloureux) et tragiquement les pouvoirs brisent ce mouvement en instillant insidieusement des haines liées à des appartenances construites de toute pièce. Les peuples ne sont pour eux que des pièces sur leurs échiquiers, mais il arrive que les pions n'aient plus envie de se faire manipuler...

 

Kado

Zao Live - Ancien combattant !!

02/12/2011, 21:18 | Par [email protected] en réponse au commentaire de WataYaga le 02/12/2011 à 21:05

Pour que les peuples ne soient plus "des pièces sur les échiquiers" des "pouvoirs", encore faut-il qu'ils se donnent les institutions appropriées. La construction européenne avait cette ambition. L'ONU, de même. Le résultat n'est pas vraiment probant ?

 

"Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer." (C'est ce que doivent se dire aussi les congressistes de Durban).

 

 

NB. Je ne crois pas qu'on puisse qualifier de "nationalisme" le projet européen (ni d'ailleurs le patriotisme français). C'est une forme d'internationalisme, au contraire.

02/12/2011, 21:33 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de [email protected] le 02/12/2011 à 21:18

La question est donc bien :

Sur quel projet s'allier, et à qui en confier l'administration.

 

Pour le moment, l'alliance des marchés contre les peuples avec la bénediction de leurs représentants, n'aura pas mes suffrages.

 

Et chaque fois partout qu'on voudra me faire voter pour un mauvais texte au non d'une "belle idée", j'entrerai en résistance.

 

Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre. J'en suis totalement convaincu. L'espoir est d'ailleurs le chemin le plus direct vers le désespoir.

02/12/2011, 21:32 | Par WataYaga

Si l'europe des peuples existait nous serions tous dans la lutte pour soutenir le peuple grec !

L'onu est une construction des gouvernements des états et l'europe aussi sinon nous n'en serions pas là !

02/12/2011, 21:46 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de WataYaga le 02/12/2011 à 21:32

Il me semble que les gouvernants que nous nous somme choisis, n'ont même pas respecté la décision des urnes.

 

Et que les gouvernants toujours représentatifs, des autres pays ne mènent pas le projet dans le beau et rassembleur profil que l'on veut nous vendre.

 

Les peuples avec lesquels nous rêvons de nous allier, sont-ils suffisemment sur la même longueur d'onde ? Pourquoi la partition de la tchécoslovaquie a-t-elle réussi ?

 

Le fantasme européen revient, pour mettre les aspirations au silence. Avec le discours salarié des cadres maladroits, en soutien.

 

Les grands moments qui ont créé de l'unité entre les peuples, sont des moments qui étaient au service de leurs aspirations communes.

 

On ne peut pas créer d'esprit communautaire avec des objectifs aussi contradictoires. Allions-nous, fusionnons, même avec des peuples qui ont les mêmes aspirations que nous.

 

Mais maintenant l'UE existe, nous devons donc agir de façon à ce qu'elle aille dans le sens bénéfique pour tous.

02/12/2011, 21:58 | Par [email protected] en réponse au commentaire de Bernard Colin le 02/12/2011 à 21:46

Les Tchèques et les Slovaques étaient d'accord pour se séparer, sans drame. La différence entre les deux peuples est certainement bien moindre qu'entre Français de langue d'oie et Occitans de langue d'auque, mais il y a quand même des nuances dialectales entre le tchèque et le slovaque, des différences religieuses (catholiques tous deux, mais libéraux à Prague, conservateurs à Bratislava) et historiques: les Tchèques appartenaient à l'Autriche, les Slovaques à la Hongrie, du temps de l'Autriche-Hongrie.

 

Cela s'est fait proprement, comme entre la Suède et la Norvège en 1905. On aurait plus de mal en France du fait du mythe de la République une et indivisible...

02/12/2011, 22:31 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de Belange le 02/12/2011 à 22:07

Bravo, l'ami.

 

Claude leclerc fait apparaître dans son billet, un lien sur ce document. Un témoignage qui vaut son pesant de sonnette.

http://dai.ly/smrztG

 

03/12/2011, 20:10 | Par sequoia

 

Magnifique moment,

et aussi le billet et son fil.

Merci.

03/12/2011, 21:11 | Par Bernard Colin en réponse au commentaire de sequoia le 03/12/2011 à 20:10

merci Séquoia

bienvenue, repassez.

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