«Main basse sur l'école publique» ou alliance contre nature?
Eddy Khaldy et Muriel Fitoussi viennent, à quatre mains, de publier un livre à thèse sur l’Education : Main basse sur l’école publique, en fondant leurs assertions sur une enquête relativement bien informée et sur une analyse événementielle remontant aux années 1970. Arguant de l’adhésion à l’association « Créateurs d’école », en tant que membres fondateurs, de Xavier DARCOS, Dominique ANTOINE, (Conseiller pour l’Education et la Culture auprès du Président de la République), et Maurice QUENET, (Recteur de Paris), l’ouvrage entend démontrer que la politique d’éducation menée depuis l’élection de Nicolas SARKOZY orchestre progressivement le démantèlement, puis la privatisation, de l’Ecole.
Constatant, d’une part, les prises de position du Président de la République dans son livre : « Les religions, la république, l’espérance », dont ils accusent le co-auteur d’être proche de l’intégrisme et de l’Opus Dei, les auteurs dénoncent, d’autre part, la proximité du gouvernement et de Xavier DARCOS avec ce qu’ils appellent une « nébuleuse clérico-libérale », avide de mettre fin au service public d’Education. (On citera, de manière non exhaustive : « SOS-éducation », « Enseignement et liberté », l’organisation internationale OIDEL, « Famille et liberté »…) Persuadés de la collusion active de ces organisations, KHALDY et FITOUSSI affirment que ces « nouveaux croisés » « n’espèrent rien de mieux que le retour à l’école d’antan. Celle d’avant la République, aux mains de l’Eglise».
Comme toute conspiration de cette ampleur s’appuie, nécessairement, sur un corpus idéologique, c’est chez les adversaires des « nouvelles méthodes », caricaturés sous les oripeaux de « déclinistes » hallucinés, que les deux auteurs vont chercher les éléments doctrinaux nécessaires, même si certains républicains (Sauver Les Lettres…) se voient reconnaître une volonté - fourvoyée ? – d’améliorer le système. SOS-EDUCATION devient alors, sous leur plume, l’aboutissement ultime de toute pensée critique sur les évolutions pédagogiques de ces dernières décennies.
Une longue cuiller en bois.
A priori, la thèse s’avère convaincante. Elle se veut étayée par des faits et montre à l’évidence les aspirations d’une certaine droite. La collusion entre ceux qui, au nom de principes libéraux mal compris et sous couvert de « libre choix de l’école », veulent introduire massivement la concurrence au sein du système d’éducation et d’autres, qui rêvent de rendre l’école aux valeurs d’avant la République, hélas, n’est plus à démontrer. Malheureusement, KHALDY et FITOUSSI, par une sorte d’intégrisme inversé qui ne perçoit le Mal qu’à droite et n’entend voir le Bien qu’à gauche, oublient un élément fondamental dans leur démonstration : si la droite actuellement au pouvoir, ne cesse de confirmer son hostilité au service public d’Education et œuvre probablement à son démantèlement, elle s’appuie, pour ce faire, sur un discours qui doit tout à la gauche depuis la seconde guerre mondiale : en particulier celui du SGEN-CFDT et de son allié objectif : le SE-UNSA.
· Rappelons, en premier lieu, que le « collège unique », instauré en 1976 par René HABY, ministre de l’Education sous la présidence de Valéry GISCARD-D’ESTAING, empruntait la plus grande partie de son modèle aux propositions de la défunte FEN, aujourd’hui SE-UNSA, elles-mêmes calquées sur le projet « Mexandeau », du nom du responsable socialiste de l’Education à cette époque. L’acharnement de tous les syndicats dits « de gauche » à défendre une structure dont chacun sait aujourd’hui qu’elle contribue en grande part à l’échec scolaire et à la panne de l’ascenseur social est, à cet égard, significativement désespérante. Mais la lettre de mission de Nicolas SARKOZY à Xavier DARCOS, n’enjoignait-elle pas ce dernier à préserver « les nobles valeurs du collège unique » ?…
· Au pouvoir, la gauche n’a eu de cesse de promouvoir des réformes visant à aligner le système scolaire sur des conceptions pédagogiques directement issues du modèle anglo-saxon, et particulièrement américain. Le concept de « discrimination positive », généralisé avec la mise en place des ZEP sous Lionel JOSPIN, s’est traduit par un surcroît de ghettoïsation qui, en détournant les établissements défavorisés de la transmission du savoir, a servi ultérieurement de prétexte à la suppression de la carte scolaire. Une étude américaine relayée par la FONDAPOL en 2005, après l’étude de plusieurs milliers de cas, montre que les méthodes constructivistes, sacralisées par Claude ALLEGRE et Ségolène ROYAL, s’étaient depuis longtemps généralisées outre-atlantique où elle avaient, d’ailleurs, massivement démontré leur inefficacité. L’intérêt manifeste du Président de la République et de son ministre de l’Education pour le modèle scolaire américain montre qu’ils n’ont nullement l’intention de rompre avec les conceptions pédagogiques de leurs prédécesseurs de gauche… Il en va de même pour la fascination exercée sur nos dirigeants par les modèles nordiques : ne consacrent-ils pas la prédominance de conceptions pédagogiques soutenues par la gauche ?
· La création des IUFM par Lionel JOSPIN s’est accompagnée du triomphe d’un corpus issu du laboratoire d’idées SGEN-CFDT. Aujourd’hui, la réforme PECRESSE, qui entend placer le premier cycle universitaire sous l’égide unique de la « remédiation » et la réforme des concours de l’Education nationale sous l’égide de la « masterisation », constitue la consécration définitive de l’idéal « pédagogiste ». En affectant de supprimer les IUFM, le gouvernement entend introduire les « sciences de l’éducation » à l’université tout en réduisant la part disciplinaire dans le recrutement des professeurs…
· Le concept sans cesse réactivé d’autonomie de l’établissement constitue l’un des nombreux points d’accord entre le SGEN-CFDT, l’UNSA-Education et le gouvernement. Or cette autonomie sert de prétexte, sous couvert de « pilotage » et d’adaptation au terrain, à une décentralisation puis une privatisation rampante qui doit accompagner la rétribution des professeurs « au mérite ». Il convient ici de préciser que le « mérite », en l’occurrence, s’apprécie principalement en fonction de la docilité ou de l’enthousiasme des enseignants à mettre en œuvre une politique de « projets » exclusivement vouée à l’ « ouverture sur la vie » et autres pratiques directement inspirées des meilleurs crus soixante-huitards… Cette évolution repose sur la volonté de renforcer le pouvoir des chefs d’établissement, considérés comme des chefs d’entreprise, selon une conception inspirée des principes libéraux les plus répandus. Naturellement, à terme, ce modèle pérennisera les plus criantes inégalités entre les établissements. Il est clair qu’aux yeux de certains, une telle situation correspondra logiquement à la loi de l’offre et de la demande…
· La mise en place du « socle fondamental de connaissances », l’un des piliers de la loi FILLON, s’avère une revendication fort ancienne du SGEN-CFDT. Aussitôt mis en place, le « socle » est devenu, sous la pression du syndicat en question et avec l’accord bienveillant des équipes de Gilles de ROBIEN, socle fondamental de « compétences ». Ce glissement permet de procéder au brouillage des champs disciplinaires traditionnels et de réintroduire sournoisement, (autre revendication du SGEN-CFDT et du SE-UNSA), la bivalence … Ces manipulations conduisant à contester la spécialisation des professeurs du secondaire tout en « primarisant » progressivement le collège, remettent à l’ordre du jour une très ancienne revendication du SGEN, celle du corps unique d’enseignants de la maternelle à l’université. L’ensemble est accompagné avec la plus extrême bienveillance par l’UNSA-Education, désireuse de retrouver un champ de syndicalisation transformé en peau de chagrin par la mise en extinction du corps de PEGC…
· Le dispositif de « modularisation », que Xavier DARCOS entend imposer à la hussarde dans le cadre de sa future réforme du lycée, constitue, lui aussi, et pour ne pas changer, une proposition du SGEN-CFDT. Cette nouvelle collusion, au reste, ne doit rien au hasard : la mise en place d’emplois du temps et d’enseignements optionnels variables selon les semestres, la réduction des horaires afférents et les agglomérats disciplinaires qui en résultent, constituent la suite logique de la démarche pédagogique qui verrouille le collège unique depuis 1976 sur ses dogmes incontournables…
· Si la collusion entre le « pédagogisme » de gauche et la droite libérale, après tout cela, restait à démonter, il suffirait de rappeler l’éternelle présence, au plus haut niveau, de personnalités de gauche, qui surent traverser toutes les administrations, sans qu’aucun ministre de droite songe seulement à les en écarter. On citera, notamment Claude THELOT, Directeur du service des statistiques du ministère sous Lionel JOSPIN, plus tard chargé par Luc FERRY de la gigantesque opération du « Débat national sur l’avenir de l’école. » Le rapport qu’il produisit ne manqua pas d’inspirer la commission POCHARD sur le métier d’enseignant, aux manettes de laquelle opérait, souverain et insubmersible, Christian FORESTIER. Directeur d’administration centrale sous François BAYROU, Directeur de Cabinet de Jack LANG après avoir officié à la direction des Lycées et Collèges (actuelle Direction des Enseignements Scolaires), ce dernier imposa dogmatiquement ses vues à l’ensemble des cabinets qu’il hanta. Last but not least, on ne manquera pas d’évoquer ici Monsieur le Recteur de Gaudemar, Directeur des Enseignements Scolaires sous Claude ALLEGRE, récemment chargé par Xavier DARCOS de diriger la mission sur la réforme du Lycée…
L’éternelle lune de miel entre certains syndicats de gauche et les ministres de droite résulte sans doute, de part et d’autre, d’une stratégie relevant du jeu de dupes. Mais à partager la même table, fût-ce avec une longue cuiller en bois, ne risque-t-on pas de partager les mêmes valeurs, voire, au bout du compte, la même - et funeste - absence de valeurs ?...
Superstructures.
L’évidence résultant de ce qui précède est que, contrairement à ce que semble impliquer le livre d’ Eddy KHALDY et Muriel FITOUSSI, le clivage gauche/droite a cessé d’être opérationnel en matière d’éducation. C’est donc le logiciel qu’il faut changer : aucune analyse systémique ni aucune grille de lecture événementielle fondée sur une telle opposition ne saurait désormais fonctionner en rendant compte de la réalité. Plusieurs causes à cette situation sont à rechercher.
- En termes de stratégie, différents facteurs sont à considérer. Tout syndicat, et c’est conforme à sa nature, tend à avancer des revendications dont la prise en compte globale constitue un succès. S’il fallait juger de l’action du SGEN-CFDT à cette seule aune, force serait de reconnaître que cette organisation est parvenue à imposer une grande partie de ses propositions au système scolaire… Pour le plus grand malheur de ce dernier. Il reste que, pour ce syndicat, l’empressement des gouvernements de droite à satisfaire ses demandes justifie qu’il collabore activement à leur application… Une dialectique voisine anime les relations des gouvernements avec l’UNSA-Education, mais pour des raisons différentes. L’UNSA compte, dans ses rangs, le principal syndicat de personnels de direction du secondaire, (le SNPDEN), et le penchant jamais démenti de tout pouvoir de droite pour les chefs d’établissement tisse des liens. Par ailleurs, la stratégie du SE-UNSA visant à se reconstituer un champ de syndicalisation par la promotion de la bivalence et le retour aux Professeurs d’Enseignement Général des Collèges d’antan ne peut que trouver une oreille favorable de la part d’une administration qui méprise les professeurs et entend procéder à des économies d’échelle en facilitant sa propre gestion… Un regard rétrospectif sur la politique de Xavier DARCOS, depuis son arrivée à l’Education nationale, montre clairement qu’il a pris grand soin de ne procéder, pour l’enseignement secondaire, qu’à des réformes clairement avalisées, au préalable, par les syndicats de gauche, ce qui devrait lui permettre - du moins l’espère-t-il - de leur faire avaler, avec moins de réticence, la pilule des suppressions de postes et la réforme des programmes du primaire. On peut dire, en résumé, que la mise en concordance de certaines manœuvres gouvernementales avec les manigances de certains syndicats, depuis longtemps, conduit inexorablement au déclin de la transmission du savoir et, partant, à la détérioration du système éducatif.
- Naturellement, l’ idéologie, qu’elle fonde les bonnes intentions qui pavent le chemin de l’enfer ou qu’elle serve à masquer des aspirations moins avouables, joue un rôle important. De ce point de vue, la prose des instructions officielles et celle des syndicats de gauche relèvent de la même doxa, à laquelle il serait politiquement incorrect de se soustraire. Pour s’éviter les remontrances des maîtres à penser de la pédagogie, tout discours officiel, par solennelle allégeance, emprunte obligatoirement à la vulgate béatifiée des gais-penseurs syndicaux. Tel qui prétendrait, par exemple, que tous les élèves n’ont pas les mêmes aptitudes, ou que la sélection révèle le talent, ou que les parents n’ont pas à décider de qui dispose des connaissances requises pour passer dans la classe supérieure, se verrait derechef appliquer la « reductio ad Le Penum » de circonstance. C’est pourquoi les ministres de droite ont toujours, en apparence, courbé l’échine face aux censeurs patentés, qui, sans moufter, les laissent, en échange, mettre en pratique les options ultra-libérales que leur angélisme de façade autorise à prospérer urbi et orbi… Et le souvenir de Claude ALLEGRE, dont l’ombre plane encore sur la rue de Grenelle, est là pour rappeler que la gauche, lorsqu’elle gouverne, pratique exactement la même politique…
- Reste donc à s’interroger sur les origines de la dérive : ces dernières s’avèrent sans doute structurelles et sociales. La « massification » du système éducatif, en s’accompagnant d’une dégradation notoire de la transmission du savoir, a progressivement transformé l’école en « instrument de classe ». Le faible taux d’élèves issus des catégories défavorisées dans les voies de réussite montre clairement qu’en renonçant à dispenser une part des savoirs, l’institution scolaire renvoie ce rôle aux familles, et, parmi ces dernières, seules celles qui disposent du capital intellectuel et financier suffisant peuvent s’en acquitter. Par quelque bizarre inversion, les « héritiers » se voient aujourd’hui confortés dans leur statut par ceux-là mêmes qui entendent réformer l’école au nom des principes bourdieusiens. Mais à y réfléchir, les enseignants, et donc les syndicalistes enseignants, tout comme les professions intellectuelles, ont tout intérêt à défendre la pérennité d’un système qui, sous couvert de justice et d’égalité, les assure de conserver, encore longtemps leurs privilèges.
Avec l’économie mondialisée pour infrastructure, la superstructure pédagogique, en tant que système culturel de représentations n’a plus, finalement, pour fonction que de généraliser une sous-culture. La dénonciation, par Althusser, des « appareils idéologiques d’état » reste, somme toute, d’actualité. Destinée à former des populations vouées à un « sacre du présent » (Zaky LAÏDI) dépourvu de perspective, ouverte, en raison de son absence de repères, à l’impermanence ainsi qu’au relativisme éthique et culturel, cette nouvelle imposture a fait d’une certaine gauche l’ « idiot utile » du marché tout en obstruant pour longtemps l’horizon de toute révolte. « Main basse sur l’école publique » ou alliance contre nature ? « Les deux, mon Général », et pour le pire, plutôt que pour le meilleur…
BKZ

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Dommage qu'un syndicat d'enseignants comme le SNALC mène l'offensive uniquement vers des syndicats d'enseignants concurrents... Il y a peut être des combats unitaires à mener. Ah mince ! J'oubliais... bientôt les élections professionnelles...
Comme je vous comprends Monsieur Kuntz. Qu'il est loin le temps béni où l'Ecole séparait de bonne heure le bon grain de l'ivraie. Je maudis de toutes mes tripes ce collège unique qui m'accueillit et qui me propulsa, pauvre fils d'employés de catégorie C, jusqu'au Baccalauréat. Qu'elle avait raison de s'inquiéter de ma réussite cette grand-mère aimante que l'école d'alors avait paré d'une écriture si pure et d'un certificat de fin d'études comme trophée éternel. Tant pis si sa raison en chantier vacillait un peu lorsqu'elle soutenait le mythe de l'Arche et de son improbable cargaison animalière. Ou bien vacillait encore lorsqu'elle voulut défendre l'entrée de son frigidaire aux communistes, le funeste soir de mai 1981. Je maudis cette école qui fit de moi un bachelier et me poussa vers l'exercice du métier douloureux d'enseignant. Et que dire de cet IUFM qui tenta de m'apprendre ce métier et fit de moi, in extrémis, non un syndicaliste recroquevillé sur des valeurs d'ancien régime, mais un profeseur soucieux de parfaire son enseignement, j'en pleure encore, à l'aide des connaissances véhiculées par les Sciences de l'éducation. Je la maudis encore cette Ecole qui me donna le plaisir accru d'enseigner, de participer à la vie de mon établissement en mettant en oeuvre des projets en toute liberté, usant jusqu'à la fin cette autonomie qu'on nous avait laissée. J'expie tout cela. Je me flagelle encore car j'aime tellement ce métier. Mon vice est sans limite. Mais le pire M. Kuntz, c'est que je crois que mes élèves y prennent eux aussi toute leur part. Mais le pire du pire serait encore à venir avec cette diabolique réforme du lycée, que j'entrevois déjà avec concupiscence, même si je la trouve un peu timide.
A part haïr, que faites-vous dans la vie, cher monsieur bkz ?
Euh... A part ça, quels sont vos arguments ?!
"... Persuadés de la collusion active de ces organisations, KHALDY et FITOUSSI affirment que ces « nouveaux croisés » « n’espèrent rien de mieux que le retour à l’école d’antan. Celle d’avant la République, aux mains de l’Eglise». Comme toute conspiration de cette ampleur s’appuie, nécessairement, sur un corpus idéologique, c’est chez les adversaires des « nouvelles méthodes », caricaturés sous les oripeaux de « déclinistes » hallucinés, que les deux auteurs vont chercher les éléments doctrinaux nécessaires, même si certains républicains (Sauver Les Lettres…) se voient reconnaître une volonté - fourvoyée ? – d’améliorer le système..." écrivez-vous de ce livre. Si c'est bien la thèse de ce livre, ce serait donc un nouvel avatar du poujadisme de gauche : il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des "méchants" qui conspirent !
Parmi les nombreuses mythologies qui peuplent l'inconscient collectif du monde de l'éducation, celle qui veut que la droite cherche la mort du système éducatif et que la gauche le protège et le fait prospérer a la vie dure. Ne peut-on pas d'ailleurs pas dire, à la lecture des réactions, qu'il s'agit d'un tabou ? Ah, la dignité outragée du syndicaliste enseignant de gauche... Pourtant, depuis le ministère Jospin au moins, la descente aux enfers continue avec constance et conviction : perte d'autorité et de prestige des enseignants, allègements et opacification des programmes, refus de transmission des connaissances -ce qui devrait pourtant constituer un crime contre l'humanité-, insécurité et règne des petites frappes largement répandu. Tout cela bien sûr avec les meilleures intentions affichées. Alors bien sûr, il est tentant de chercher des justifications dans un complot ourdi par des extrémistes rétrogrades, plutôt que de demander des comptes à nos géniaux progressistes bien pensants. Mais ce sont eux qui ont bâti à coup de réformes et d'innovations pédagogiques une école dans laquelle l'ascenseur social n'est plus qu'un lointain souvenir. Merci donc à BKZ d'avoir le courage de l'écrire et le talent de le montrer.