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2011 ! COUPS D’ETAT FINANCIERS En une semaine fin 2011 trois gouvernements ont été remplacés par l’action conjuguée “

En une semaine fin 2011 trois gouvernements ont été remplacés par l’action conjuguée “des marchés” de la BCE et de l’Europe
Je reprends ici en le complétant mon billet publié le 1 décembre 2011 intitulé MARCHÉS FINANCIERS ET DEMOCRATIE
- En Grèce les invraisemblables ukases du couple Merkel Sarkozy ont privé d’expression le peuple grec.
Sommé d’abandonner le pouvoir Papandreou est remplacé par Lucas Papademos ex vice président de la BCE et de Goldman Sachs, qui n’ignorait rien des magouilles des comptes grecs. Il devient chef d’un gouvernement qui va de l’extrême droite au parti socialiste
Le budget 2012 adopté en décembre comporte notamment de nouvelles hausses d'impôts, baisses des salaires des fonctionnaires et réductions du nombre de salariés dans le secteur public, qui déboucheront vraisemblablement sur un abaissement sensible du niveau de vie d'une grande partie de la population. Faut-il rappeler que ce pays d’un peu plus de 11 millions d’habitants comporte, avant la cure d’amaigrissement de Papademos, 3 millions de pauvres soit 27 %
- En Italie Mario Monti universitaire économiste de renom remplace Berlusconi. Ancien commissaire européen chargé du marché intérieur et de la concurrence, acteur de la dérégulation, ancien conseiller international de Goldman Sachs, il forme un gouvernement de “techniciens” et déclare «Je suis parvenu à la conclusion que l'absence de responsables politiques dans le gouvernement faciliterait la vie à l'exécutif, enlevant des motifs d'embarras»,
On n’hésite pas à parler d’un putsch Goldman Sachs. Le nouveau président de la BCE Mario Draghi ancien gouverneur de la banque d’Italie fut lui aussi vice-président de Goldmann Sachs Europe inventrice des instruments financiers de manipulation des comptes grecs permettant à ce pays d’entrer dans la zone euro par effraction
- Sans vote d’un parlement ni élections. “les marchés” ont donc changé les gouvernements. Exit Papandréou, Berlusconi et Rodriguez Zapatero EXIT LA DEMOCRATIE même si en Espagne on veut croire que les formes démocratiques ont été respectées. Sous la pression, Zapatero avait dû anticiper les élections laissant au gouvernement de droite de Rajoy le soin de poursuivre sa politique de coupures
L'Europe est celle des banquiers et non des citoyens. Les gouvernements sont aux ordres, les véritables dirigeants sont les banquiers et le marché.
En Belgique après 550 jours sans gouvernement il a suffi que l’agence de notation Standard & Poor’s dégrade sa note de AA+ en AA pour que le pays se dote enfin d’un gouvernement.
Il semblait absolument nécessaire de renflouer la Grèce afin de “sauver la Grèce, sauver l'Europe et sauver l'euro“. Mais le plan de sauvetage financier prévoie que nous, les contribuables, renflouions les banques à hauteur de 90% de leurs placements hasardeux. Les Grecs ne reçoivent pas un centime, et nous donnons d'énormes montants aux riches banquiers, 30% de notre argent ira aux spéculateurs qui vont faire d'énormes profits en spéculant sur le sauvetage financier. Les gouvernements offrent sans cesse plus d’argent des contribuables aux banquiers.
L’Euro n’est pas sauvé. Doit-il l’être ?
Au Portugal des mairies ont laissé ouvertes les cantines scolaires pendant les vacances pour permettre aux enfants de prendre au moins un repas par jour, mais le premier ministre socialiste Socrates a baissé le taux de TVA sur les terrains de golf de 23 % à 6 %. Il fut contraint à la démission. Après des élections anticipées Pedro Passos Coelho du Parti social démocrate devenu premier ministre concocte avec les instances internationales un plan d'austérité. Dès son adoption Moody's baisse de 4 points sa note souveraine lui en interdisant de fait son application. Le quotidien Diário Económico demande que les agences de notation passent en jugement.
Répondant “non” par près de 60 % au référendum de “rébellion contre la finance internationale et les banksters”, les Islandais ont refusé de payer l'ardoise de la faillite de la banque Icesave qui avait spolié près de 340000 épargnants Le premier ministre Geir Haarde, actuellement poursuivi par une cour spéciale pour sa gestion de la crise, a été contraint à la démission.
Une autre dictature est née alors que celles ayant marqué le 20e siècle ont disparu .La plupart des derniers bastions se sont écroulés dans les pays arabes où le peuple s’est joint au mouvement de liberté. La démocratie et les droits humains individuels, collectifs et sociaux seraient devenus la règle dans nos sociétés pensait-on. Mais les inégalités s’aggravent entre le nord et le sud, des millions de gens meurent de faim, n’ont pas droit à l’eau potable, à une nourriture suffisante ni à l’instruction pendant qu’au nord on n’envisage pas de vie sans blackberry. Et même dans ces pays les inégalités croissent et la pauvreté s’étend aux couches jusque là épargnées.
Dans notre société post industrielle, l’économie repose exclusivement sur la finance. Les industriels du siècle passé produisaient en exploitant la force de travail qu’ils jugeaient nécessaires Aujourd’hui dans une économie libérale globalisée on a de moins en moins recours à cette force de travail de proximité, on la trouve dans des pays où elle est abondante et disponible comme en Asie.
“Les marchés”, qui ont déjà spolié les pays riches en matières premières, contrôlent les prix du pétrole, du nickel du cuivre ... spéculent sur les prix des productions comme blé soja riz café coton ...“Pour le marché” qui recouvre les spéculateurs anonymes ces produits ne sont que des monnaies virtuelles. Il fixe le taux des devises, des emprunts entre Etats banques et particuliers.
Le capital voit décupler ses profits et la main d’œuvre partiellement inutilisée des pays dominants grossit la masse des chômeurs. Faux nez des puissances financières, les agences de notation, organismes privés, enseignes abstraites sous lesquelles se cachent les puissances financières contrôlent ou influencent de manière décisive les gouvernants et les médias. Ces insatiables opérateurs du capitalisme financier sauvage, exigent de plus en plus de “sacrifices” aux victimes que sont les peuples.
Certains, comme l’économiste Jacques Sapir (Le Monde du 1.12.2011) préconisent de “Réquisitionner les Banques “La réquisition existe dans notre droit“, écrit il “La hausse des taux d'intérêt est, ou sera sous peu, insoutenable pour de nombreux pays. Plus généralement, la défiance des marchés financiers ne connaît plus de limites : même l'Allemagne est touchée“ Il note les obstacles institutionnels et explique comment passer outre.
De son côté l’agence de presse alternative SERPAL (Serpal contra el silencio de los corderos “contre le silence des agneaux“) écrit dans un récent bulletin
« Pour l'instant, la réalité est exactement le contraire de ce qui a été réclamé ces derniers mois dans toutes les rues des grandes villes européennes par des centaines de milliers de personnes: L'Europe pour les citoyens et non pour le marché: nous ne sommes pas des marchandises entre les mains des politiciens et des banquiers.»
Victime de coups d’état financiers, la démocratie est en péril. . Déjà les lois et circulaires sécuritaires de circonstances se sont accumulées sous l’ère Sarkozy Guéant et portent atteintes aux libertés citoyennes.

Incapables de prendre les mesures nécessaires les politiciens s’agitent à travers le monde, de dîners en réunions, petits déjeuners et mises en scènes dramatiques de conférences de presse. En réalité chacun défend “son bout de gras” dans une vision de court terme au nom d’une conception étriquée et dépassée de l’indépendance nationale. Le lamentable et inutile G20 de Cannes, le psychodrame médiatique des gouvernants européens à Bruxelles fut pitoyable révélant leur incapacité à mettre sur pied une politique économique sociale et monétaire commune en Europe
Démocratiquement élus les gouvernements ont l’obligation d’assurer le bien être des populations, développer l’économie défendre le pouvoir d’achat et le plein emploi, veiller à l’équilibre des finances publiques. Au lieu de cela nos gouvernants suivent docilement ce que leur dictent les marchés. Le nombre de chômeurs s’accroît. 24 millions en Europe, 17 millions soit 10,5 % dans la zone euro, dont 5 millions de moins de 25 ans soit plus de 20 % de cette tranche d’âge. Près de 5 millions en France soit 10 % de la population active, 4,5 millions en Espagne soit 21,60 % et 41,5 % des moins de 25 ans. En Grèce 18 % de chômeurs et 35 % des 15/29 ans. En novembre 2011 le taux de chômage en Suisse, longtemps épargnée, a été de 3,1 % et 5,6 % dans le canton de Genève. La dette extérieure de la France est de 4700 milliards d’euros représentant 235 % du PIB et la dette souveraine qui en 2002 était à 59,1 % du PIB est passée à 90 % soit 1800 milliards sous l’ère Sarkozy ce qui n’empêche pas le président français de donner des leçons de bonne gestion aux autres gouvernements.
Acceptant une dépendance aveugle aux agences championnes des conflits d’intérêt, les gouvernants réduisent les dépenses et augmentent les recettes. De nombreux économistes ont montré la voie à suivre démontrant qu’il serait facile d’économiser de 50 à 100 milliards d’euros en peu de temps sans toucher au pouvoir d’achat. Inspirés par les maîtres de la finance, les gouvernants ont fait le choix de diminuer les prestations sociales, réduire les salaires et les pensions, augmenter la durée du travail en Espagne Grèce Italie Portugal France, Ils multiplient les niches fiscales pour les riches et réduisent les déductions fiscales sur les aides à la personne et les énergies renouvelables. On ne taxe pas les plus importantes sociétés aux bénéfices scandaleux on ne crée pas de nouvelles tranches d’imposition pour les hauts revenus. Le gouvernement Sarkozy fait très exactement le contraire de ce qu’il fallait, sa potion magique comme celle de Zapatero en Espagne, de Passos Coelho au Portugal de Monti en Italie et Papandreou puis Papademos en Grèce c’est l’austérité sauf pour les couches favorisées. En réalité ces gens ne décident rien ils exécutent ce que disent les marchés financiers.
En Espagne où le taux de chômage s'élève à 21,60 % il n’y a pas de limite au cynisme. La population subit depuis deux ans une cure d'austérité « Nous sommes face à une situation extraordinaire et imprévue » déclare le nouveau gouvernement il faudra donc « prendre des mesures extraordinaires et imprévues » l'enjeu est de rassurer les marchés. Aucun nouvel impôt sur la fortune n’est envisagé. Les salaires des fonctionnaires qui ont subi une baisse de 5 % en mai 2010, décidé par le gouvernement socialiste avant d’être gelés en 2011 le seront à nouveau. Luis de Guindos, ancien ministre d’Aznar , membre du comité exécutif mondial de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers et ancien président pour l'Espagne et le Portugal de cette banque dont la faillite en 2008 est largement responsable du chaos financier mondial est nommé ministre de l’économie.
Pour certains pourtant il y a des alternatives. Lire "Hay alternativas, propuestas para crear empleo y bienestar en España" ( Propositions pour créer emploi et bien-être en Espagne) avec un prologue de Noam Chomsky »

« Les mobilisations du 15M sont une illustration inspiratrice qui montre ce qui peut et doit être fait pour ne pas poursuivre dans la voie qui nous mèneà un abîme, à un monde qui devrait terroriser toutes les personnes décentes qui serait encore plus oppressif que la réalité actuelle »
Noam Chomsky - Boston août 2011

http://www.attac.es/2011/10/20/hay-alternativas-nuevo-libro-de-vicenc- navarro-juan-torres-y-alberto-garzon/
Les similitudes de la situation actuelles avec « la longue dépression » du 19e siècle davantage qu’avec la crise de 1929 sont frappantes. La dépression économique était largement liée aux mouvements boursiers spéculatifs, l’effondrement en France du Crédit Mobilier, le krach de la Banque de l'Union Générale, sa mise en faillite rappellent celle de Lehman Brothers de 2008. Les banques et les marchés boursiers ont causé cette crise faisant s’effondrer l'ensemble du système économique. « Vous ne pouvez pas utiliser le poison qui a créé la crise comme un remède pour la guérir ». anticipait Marx quand l’Angleterre créait un gouvernement de techniciens pour sortir de la crise » Et dans son roman « l’Argent » Emile Zola regardant la spéculation écrivait «Comprenez donc que la spéculation est la vie même des grandes affaires. La Banque universelle, dit son héros, c’est simple, c’est grand, ça englobe tout, ça couvre le monde, Oui Oui excellent ! La Banque universelle ! »
La liberté d’opinion et d’expression n’est plus réprimée mais cette liberté est un mirage. De quelle liberté jouissent les jeunes qui ne trouvent pas d’emploi ? De quelle liberté jouissent le père et la mère de famille qui ne peut pas se loger faute de pouvoir payer un loyer exorbitant ? Et les millions de personnes qui se nourrissent aux restaurants du cœur ?
D’une dictature l’autre, on peut craindre qu’il soit plus difficile de se débarrasser de la dictature des marchés financiers que de celles des militaires. Il est vain de compter sur les partis politiques ou sur les syndicats installés dans leur confort et leurs certitudes, incapables de faire leur propre révolution.
Le mouvement des “indignés” largement approuvé par les populations, montre peut-être une voie. Il n’a pas encore pu se donner les moyens qui déboucheraient sur les changements qu’il réclame Pour financer ses activités “occupy wall street” aux Etats Unis a réuni 500000 US$ déposés dans une banque mutualiste « qui ne spécule pas sur notre argent pour engraisser ses actionnaires». Cet engouement pour les banques coopératives a fait des émules, 650000 Américains auraient ouvert un compte dans une de ces banques au mois de novembre 2011.
Le caractère non-violent des manifestants leur confère une grande légitimité
http://www.mediapart.fr/journal/international/091211/reportage-et-webdoc-occupy-wall-street-en-revolution-perpetuelle?page_article=5
En effet les seules violences aux Etats Unis comme en Europe ont été le fait de la répression policière.
S’ils parviennent à entraîner des couches plus larges de population, refusant toute compromission, ces indignés pèseront durablement car ce mouvement mondial non organisé et non hiérarchisé représente un immense espoir. “Vous ne pouvez pas expulser une idée quand son temps est venu.” Les indignés et le mouvement "occupy" ont déclenché une extraordinaire bataille d'idées et l'élite corrompue qui représente 1% du monde risque de tout perdre.
Les médias “officiels“ comme les chaînes de télévision ou des journaux comme le Monde ou Libération sont étrangement muets sur un phénomène nouveau absolument unique qu’est la MARCHE VERS ATHÈNES commencée en octobre dernier. Des dizaines de personnes, en majorité des jeunes gens partis de Madrid, Barcelone, Bruxelles, ont participé au contre sommet début novembre à Nice en marge du G20 de Cannes. Un certain nombre avec d’autres venus les rejoindre, poursuivent leur marche vers Athènes à travers l’Italie. Ils s’arrêtent dans villes et villages italiens, organisent des réunions et rencontrent les populations. D’autres s’intègrent à leur marche. Allemands , Anglais, Belges, Espagnols, Français, Grecs, Italiens, Néerlandais avancent inexorablement vers Athènes comme une « armée pacifique » internationale, solidaire, antiraciste, pour que la vie soit plus humaine, égalitaire et juste, contre la corruption et pour ne plus dépendre des financiers.
Ils sont arrivés à Rome dimanche 8 janvier 2012 vers midi pour se diriger à la piazza del Poppoloou une Agora aura lieu du 9 au 18 janvier .
Ce n’est pas une révolution mais pendant que les politiciens professionnels se livrent à de pitoyables et honteuses comédies tenant lieu de campagnes électorales, les “indignés“ quel que soit le nom qu’on leur donnera représentent peut-être aujourd'hui le seul véritable avenir. Il faut être avec eux, les écouter.

http://www.scoop.it/t/international-agora-of-rome
International Agora of Rome
http://www.scoop.it/t/march-to-athens
Marche des indignés vers Athènes - Programme agora de Rome
Bernard Riguet

Tous les commentaires

24/01/2012, 21:03 | Par GIULLIETTALASUBVERSIVE

Pour quelle raison ce billet est-il sans commentaire  ?

 

24/01/2012, 21:29 | Par Danyves

"Les similitudes de la situation actuelles avec « la longue dépression » du 19e siècle davantage qu’avec la crise de 1929  sont frappantes"

Merci pour le souligner. C'est aussi ce que je m'efforce de dire ici et là. Un point important, fort peu évoqué.

02/12/2012, 12:09 | Par chalouette

 

Goldman Sachs finalise sa prise de contrôle économique sur l’Europe


"... Le nouveau patron de la Bank of England (BoE) doit succéder à l’actuel gouverneur en juin 2013.

Mark Carney a fait des études à Harvard et Oxford, puis travaille treize ans pour la compagnie Goldman Sachs International à Londres. Il s’impliquera notamment dans l’économie post-apartheid de l’Afrique du Sud ainsi que dans les opérations de Goldman Sachs liées à la , en conseillant la Russie de parier contre la capacité du pays à rembourser sa dette..."

http://www.crashdebug.fr/index.php/international/5744-goldman-sachs-finalise-sa-prise-de-controle-economique-sur-l-europe

 

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