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May

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Un peu fort de café ...

 

polanski.jpg 

Bon tout à été dit ou presque sur l’arrestation de Polanski.

Mais cette histoire m’énerve et me fâche tellement qu’il faut que je draine ma bile noire.

Je me suis dit, comment aurais-tu réagi si ta fille à l’âge de 13 ans avait été droguée et violée ?

Même 40 ans après.

J’ai trop entendu la détresse des femmes battues et abusées sexuellement pour me permettre d’oublier, de comprendre, d’accepter.

Ce qui m’a la plus choqué dans mon travail de médecin, c’est la fréquence des abus sur les femmes.

Je ne l’imaginais pas.

Alors j’écoute et je lis et je me rends compte qu’un Etat, la France, peut se permettre de réinterpréter le droit et d’oublier la séparation des pouvoirs.

Alors j’écoute et je lis que la célébrité et le talent permettent d’être protégé.

Alors je ne comprends plus rien et je me dis que le pouvoir est une sacrée machine à décerveler et que même des ministres ne sont plus capables de réfléchir avant de parler.

Monsieur Polanski est un triste sire, et je suis poli.

Un point c’est tout.

 

Tous les commentaires

Cher BertrandBuchs,

Je lis souvent vos billets, qui ont toujours quelque chose d'édifiant, et un décalé souvent du regard, une autre maturité, plus paisible par rapport à ce que je peux connaître, même dans la contestation.

Votre billet en est la parfaite illustration.

Polanski, ou pas Polanski, l'affaire est triste, déjà.

Mais les réactions, du public pour une part, et de certains de nos institutionnels sont consternantes.

On ne parlera plus des deux poids, deux mesures, des Coupat déclarés terroristes, et embastillés, des Villepin pendus à un croc de boucher, on parlera des faits, une enfant de treize ans au milieu d'un cercle d'adultes, qui a vu l'un d'entre eux en abuser, au nom de quoi?

Je ne pense pas que ce soit au nom de l'amour.

Alors, aujourd'hui, le voilà rattrapé, le voilà questionné, et le voilà protégé.

N'importe quel autre quidam dans le cas aurait-il mobilisé nos bons apôtres?

On connaît la réponse.

C'est cela qui me choque, d'abord, sans parler de l'horreur et la colère qui me prennent quand je pense à ces pédophiles et ces agresseurs de femme impunis qui se promènent dans nos rues.

Tout va bien, en France, et aux plus haut niveaux de l'Etat on a choisi son camp, publiquement.

Au lieu de saisir cette affaire pour apporter des réponses sur un sujet qui concerne nos femmes, nos filles, nos soeurs, et nos concitoyennes, on prétend défendre l'indéfendable sur le principe.

On peut prendre la défense d'un ami, d'un présumé innocent, mais il y a la manière. Et l'exemplarité auprès du public.

Ces gens là n'ont rien à faire à notre tête.

Mais on le savait déjà.

C'est le règne des tartuffes et des irresponsables.

Merci. Votre article est une respiration, apres ce que j'ai pu lire sur le sujet notamment sur ce site, certains propos balancant entre la betise (ce grand artiste, ses merveilleux films, ce qu'il a subi lui-même ...) et l'ignorance tranquille de la réalité, entre autre psychologique, des abus sexuels subis par les enfants et les adolescents ; le tout baignant dans une sinistre puanteur.

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Sans oublier qu'il n'y a pas que les propos ignobles de ces ministres volant au secours d'un membre de la caste. Kouchner est allé jusqu' à téléphoner à la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton pour plaider la clémence envers le cinéaste (Reuters).

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"... Je trouve honteux d’entendre des artistes qui il y a quelques semaines vouaient aux gémonies les téléchargeurs et approuvaient toute législation répressive et faisant bon cas de droits constitutionnels pour sanctionner le téléchargement illégal de leurs œuvres crier au scandale quand c’est à un des leurs qu’on entend appliquer la loi dans toute sa rigueur. Quand on sait que pas mal de téléchargeurs ont dans les treize ans, on en tire l’impression que les mineurs ne sont bons à leurs yeux qu’à cracher leur argent de poche et leur servir d’objet sexuel. Comme si leur image avait besoin de ça. Et après ça, on traitera les magistrats de corporatistes.

Et je bondis en entendant le ministre de la culture parler de « cette amérique qui fait peur ». Ah, comme on la connait mal, cette amérique.

Tocqueville avait déjà relevé il y a 170 ans, la passion pour l’égalité de ce pays. Elle n’a pas changé. Il est inconcevable là-bas de traiter différemment un justiciable parce qu’il appartiendrait à une aristocratie, fut-elle artistique. Il y a dix ans, l’Amérique a sérieusement envisagé de renverser le président en exercice parce qu’il avait menti sous serment devant un Grand Jury. Quitte à affaiblir durablement l’Exécutif.

Une justice qui n’épargne pas les puissants et les protégés des puissants ? On comprend qu’un ministre de la République française, qui a soigneusement mis son président et ses ministres à l’abri de Thémis, trouve que cette Amérique fait peur."

 

http://www.maitre-eolas.fr/post/2009/09/29/Quelques-mots-sur-l-affaire-Polanski

Je m'avise ne pas vous avoir remercié pour le lien et votre point de vue.

Merci donc. Il sont fait beaucoup pour mon édification, dans la confusion du début.

Le chemin vers le respect des" femmes"( à partir de l'âge où elles ont des formes) est encore bien long et la pente en est forte.

Tout se passe encore dans l'esprit de beaucoup comme si, du fait qu'une gamine commençait à ressembler à une femme, elle en avait aussi la maturité. Dès lors comment voir dans une relation sexuelle, que la maturité des corps permet, autre chose, à la limite, qu'un simple dérapage? C'est cela qui circule toujours dans la tête des gens, même quand ils sont cultivés. Et même chez des femmes, ce qui est curieux. Manque d'information? Volonté d'aligner à tout prix les femmes sur les hommes? Pas impossible! Poids des traditions? Certainement. Comment justifier cette banalisation?

Pour ce qui est des enfants, c'est un peu pareil. Mais pour d'autres raisons, je crois. Les enfants, c'est une minorité. Comme les vieux, les prisonniers, les handicapés, les homos, les femmes battues. En France, on déteste les minorités, on veut pas les voir. "On est Français. Point-barre" donc pas de mesures particulières à leur égard!

«Et même chez des femmes, ce qui est curieux. Manque d'information? Volonté d'aligner à tout prix les femmes sur les hommes? Pas impossible! Poids des traditions? Certainement.»

 

Très intéressant, cher M Philips.

À ce sujet, j'ai coutume de comparer aux extrêmes, avec mes gros sabots habituels, et de ramener le problème de la "soumission au naturel" des femmes, aussi aux diverses et nombreuses traditions terribles et barbares qui existent de par le monde,

par exemple le gavage des filles dans le désert mauritanien, et bien entendu les diverses formes de mutilations et autres excisions,

qui sont perpétuées pourrait-on presque dire principalement par les femmes elles-mêmes, avec un zèle et une constance qui confinent à la transe ou plutôt au mysticisme...

Tu as raison, Axel, j'oubliais ces histoires d'excision et d'infundibulation qui sont le plus souvent défendues par des femmes elles-même. Tout se passant comme si, en supprimant cet acte, on supprimait du même coup le statu social de la personne. Qu'une femme n'existerait vraiment dans son village qu'après être passé par là. Terrible.

Je trouve chez Fantie B, comme un peu quelque chose du même ordre. Un objectif, sans cesse réaffirmé, au prix de s'attirer des foudres, de mettre de la distance, un objectif de mettre du recul sur ce sujet. Tout se passant comme si la reconnaissance d'un statut de victime(à un moment donné) chez une autre femme rejaillissait sur la totalité de la condition féminine et la dépréciait.

Bien sûr que rien n'est jamais tout blanc ou tout noir, mais quand on entend des gens dire que la gamine avait l'allure d'une femme( et que donc c'est assez normal que cela soit arrivé), il me semble acceptable de crier un coup. Sans avoir en tête, au contraire, de réduire l'idée que l'on se fait des femmes. Au prix d'être pris comme un moraliste ou d'un juge.

 

C'est là où les hommes se montrent géniaux : faire accomplir l'acte de torture sur les victimes par d'autres victimes. En leur faisant comprendre que si elles ne le font pas, elles seront banni(e)s de leur société, de leur groupe. Et non seulement cela, mais que leur propre enfant (fille) sera également bannie du groupe à cause du refus de la mère.

Il ne s'agit pas d'une "soumision au naturel", Axel, mais d'une question de survie au sein d'un groupe - qui reste indispensable pour qui veut vivre dans des régions où l'accès à l'information, à la culture (à la liberté de dire non, donc) reste quasi-nul pour les femmes, en particulier.

C'est clair, chère Yolaine, merci pour ces précisions importantes,

vous me rassurez aussi sur ce que les ("mes") femmes scandinaves, non ne sont finalement pas des extraterrestres, juste des êtres humains qui jouissent pleinement de leur liberté et de leur maîtrise sur leur propre vie.

Une situation somme toute normale, qui devrait être naturelle et généralisée à toute la planète, mais qui par sa "confidentialité", les fait passer pour des exceptions!

Comment ça, "Mes femmes", Axel... ? SurprisTranquile

Sourire Il y avait des guillemets ET des parenthèses...

Un raccourci qui disait: celles que j'aime, celles que j'ai trouvées, celles qui par leur liberté et leur maîtrise, font que moi aussi comme homme, je peux enfin me sentir complètement libre, sans aucun rôle conventionnel à jouer qui sinon m'enferme(rait) moi-même dans la prison habituellement connue sous le nom de "machisme".

Merci pour ces commentaires impressionnants de profondeur.

Yolaine,

Vous posez bien les bases des faits et les mécanismes qui y participent. Ils témoignent de l'immensité du chemin qu'il reste à parcourir dans le monde pour accéder à cette égalité de conditions, comme cela semble bien être le cas en Scandinavie. Une même époque, des statuts si différents.

Mais sont-ce vraiment les hommes et les hommes seuls qui sont là derrière?

La femme sait qu'elle ne peut occuper une place et jouer un rôle qu'au travers d'éléments autres que la force physique. N'a-t-elle pas participé à la mise en place d'un statut un peu "magique" lui permettant, à défaut de force physique, d'exercer malgré tout un certain rôle dans la communauté? Une question de survie passant par l'acceptation de "rites" horribles. Rites d'autant mieux reconnus et acceptés qu'ils sont horribles. Rites confirmant ce statut magique de la femme et les pouvoirs qui en découlent.

Au travers de certains commentaires, en exprimant aujourd'hui chez nous comme un refus de ce passage par un statut de victime (fut-il passager) pour des sujets féminins victimes d'abus sexuels, certaines femmes n'expriment-elles pas en fin de compte le sentiment que ce vécu, que ce statut, serait une atteinte à leur liberté. Une liberté qu'elles sont en train d'acquérir très lentement, aux prix d'un combat permanent, même chez nous en France?

Voilà le questionnement que je me fais et vis-à-vis duquel je serais heureux d'avoir le point de vue de femmes.

Oui, j'ai également remarqué que beaucoup d'hommes s'expriment sur ce sujet et peu de femmes.

Votre billet est excellent et courageux, cher Bertrand, car s'il s'agissait de Roman Dugommier ou Duschmoll et non Roman Polanski, les réactions, qui s'avèrent très dérangeantes, auraient très certainement été différentes. La notoriété et le talent ne constituent pas des passe-droit. Certes, on ne peut qu'éprouver de la compassion pour ce qu'a vécu Polanski. Avoir survécu au ghetto de Varsovie, puis au sauvage assassinat de son épouse, enceinte à l'époque, Sharon Tate, par le fou furieux Charles Manson, ne peut qu'engendrer une réelle compassion. Mais il n'y avait aucune raison pour que le désordre, légitimement consécutif à ce terrible passé, fasse d'une gamine de treize ans une victime. Enfin, bon nombre de media nous abreuvent d'un refrain convenu, selon lequel la victime, aujourd'hui âgée de 45 ans et mère de famille, ne veut plus entendre parler de tout cela. Mais si elle ne veut pas subir un harcèlement médiatique, c'est sans doute qu'il réveille un épisode extrêmement douloureux.

Entièrement d'accord : la célébrité de Polanski donne à ce dossier une drôle de tournure. L'argent également car Duschmoll n'aurait sans doute pas eu les moyens d'arriver à une transaction financière pour que le jeune fille retire sa plainte et ne souhaite plus en parler, argument qui sert aujourd'hui d'appui à de nombreux commentaires.L'absence de séparation des pouvoirs en France est une tare de notre démocratie qui conduit à une indescence qui ne connait plus de limites.Parallèlement on fait voter une nouvelle loi pour que les criminels sexuels inconnus du public soient toujours sous le contrôle de la justice après avoir purger leur peine. Tout est dit.

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