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Emplois, salaires, justice sociale : l’impérative démondialisation en 2012
Préliminaires.
En 1944, la guerre n’estpas encore terminée mais les puissances occidentales souhaitent construire unnouvel ordre mondial dans lequel la coopération commerciale internationaleassurerait la promotion des impératifs économiques et sociaux au service despeuples. En quelques années, en dépit de l’engagement frénétique de JohnMaynard Keynes, va se jouer et s’imposer l’orientation néolibérale de lamondialisation. Celle qui se fait au dépens des peuples, de leur souverainetédémocratique et de leur condition de vie. Celle qui s’impose au profit indécentd’une élite sociale et économique occidentale et immorale.
Pourtant, une autrecoopération internationale eut été – etreste – possible. Dans ces premiers débats qui ont animé la création desaccords internationaux en matière de coopération économique et de régulationmonétaire, Keynes a tenté d’imposer une organisation qui reposait sur unecombinaison vertueuse entre d’une part, une indépendance des politiqueséconomiques et industrielles nationales favorisant la création d’emplois et d’autrepart, des échanges commerciaux bien compris entre les nations. Les éliteséconomiques et politiques nous en ont clairement éloigné.
Garante de cet intérêtgénéral, la Banque des Règlementsqu’il appelait de ses vœux, aurait contrôlé et régulé les déficits structurelsnationaux et les excédents commerciaux massifs. Des outils égoïstes deprédation d’une économie sur les autres, empêchant le développement économique,détruisant l’emploi et sabordant globalement la stabilité économiqueinternationale. Les Etats-Unis refuseront toute idée de coopération solidaireet responsable et pourtant, elle est possible, elle est utile, elle est bénéfique.
La preuve par le fait, posthumepour Keynes épuisé et décédé dans son combat vain, mais riche d’enseignementspour nous, maintenant et pour demain. En 1951, pour redresser une Europedétruite sera mise en place l’Unioneuropéenne des paiements, une coopération économique entre les Nationseuropéennes dans un cadre fortement inspiré de la Banque des Règlements. Danscette période, les pays qui s’y sont engagés ont vu leur croissance et leurdéveloppement économique croitre considérablement. A contrario, l’Angleterrequi s’y refusa, accusa un long déclin économique, une croissance atone et unprocessus de désindustrialisation.
Tout au long de cettesemaine, nous vous proposons de relire le phénomène de la Globalisation et d’en identifier les causes structurelles del’injustice sociale, de la précarisation des classes populaires et moyennes,dans les pays occidentaux comme dans les pays du Sud. Dérangeants, accablants,les éléments d’information présents dans cette série se basent sur le propos deJacques Sapir, Economiste, Directeur d’études à l’EHESS, l’Ecole des HautesEtudes en Sciences Sociales. La lecture de l’ouvrage nous invite à prioriserles enjeux de l’élection présidentielle autour d’une transformation impérativede notre société et de ses structures économiques. Un programme : laDémondialisation.
Sommaire de la série:
Préliminaires
Globalisation un monde de mensonges
Néolibéralisme, la fuite en avant.
Contre-révolution conservatrice et socialismed’accompagnement
L’injustice sociale comme conséquence inhérente dela mondialisation.
Pays du Sud et populations flouées.
Réalisme, pragmatisme et volontarisme.


Tous les commentaires
Merci, Bernard Colin, pour ce billet qui m'éclaire et m'aide à me forger un point de vue sur cette question de la mondialisation avant de faire un choix électoral ; je suivrai avec intérêt les autres billets, je souhaite qu'ils soient suivis mais il me semble qu'ils n'apparaissent pas d'emblée dans l'affichage MDP ? Je suis tombée dessus par hasard grâce au tracker et encore par votre nom car j'apprécie vos interventions judicieuses et souvent humoristiques sur différents fils.
Je m'aperçois d'un heureux lapsus sur une confusion de prénoms, il me permet de découvrir votre blog et vos billets intéressants, d'autant plus que je suis de la région lyonnaise et que vos informations seront précieuses.
Merci! Je tâche de faire de mon mieux... et vous propose de nous retrouver un d'ces jours sur Lyon.
Et dès que j'ai le temps de vous lire sur MDP!
Merci pour ce billet.
Il existe un texte qu'il serait intéressant de remettre en lumière, c'est "La Charte de La Havane", de 1947 qui devait placer le Commerce sous l'égide de l'ONU.
On sait ce qu'il est advenu par la suite. D'abord le GATTS, puis l'OMC.
Je mets un lien simple vers Wikipedia. Le texte intégral est en lien sur la page.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_La_Havane
Il y a quelques temps, j'ai lu le livre d'Alain Supiot "L'esprit de Philadelphie"
qui évoque lui aussi le grand retournement néolibéral des organisation économiques internationales. alors qu'elles souhaitaient promouvoir les enjeux économiques et sociaux à la faveur des peuples.
Je serais heureux de le présenter prochainement.
bien à vous.
Bonjour Bertrand,
La lecture (avec retard) de cette introduction à votre série adossée aux travaux de Sapir met en lumière et confirme le paradoxe de la position défendue.
Il y a quelques jours j'avais déjà pointé ce paradoxe dans un billet consacré à un petit texte de Sapir "S'il faut sortir de l'euro...", qui est toujours disponible ici, voici en quoi consiste me semble-t-il ce paradoxe.
Jacques Sapir croit pouvoir définir à partir de ses analyses économiques (dont je ne saurais contester la pertinence) l'objectif stratégique d'un projet politique qui se veut social, ou en tout cas résolument à rebours des conséquences catastrophiques de la mondialisation que nous impose le capitalisme financiarisé, et il identifie cet objectif à la déconstruction de l'actuelle Union Européenne, et plus précisément à l'abandon de l'euro.
Pour réaliser démocratiquement et avec succès cet objectif, il nous propose de partager ses analyses et d'adopter toute une série de mesures qui en découlent et peuvent en effet constituer un programme de mandature.
Ce faisant, il présuppose comme acquis le désir majoritaire de partage (et l'aptitude majoritaire à ce partage) de ses analyses, mais aussi le partage majoritaire des motivations morales ou philosophiques qui justifient les mesures d'accompagnement qu'il préconise.
Et c'est ainsi qu'il passe à côté de ce qui est la réalité du politique et qui tient tout entier dans ce présupposé.
Autrement dit, et c'est le paradoxe : il nous propose pour sortir démocratiquement d'une situation jugée inextricable d'adopter des propositions qui nécessitent pour leur adoption démocratique une conscience politique qui exclut la possibilité de l'enfermement dans la situation qui justifie ces propositions.
Je ne reprends pas ici l'argumentation développée dans mon précédent billet mis en lien ci-dessus.
En revanche je pousse un peu plus loin.
Pour contourner l'impasse faite il est implicitement proposé de nous en remettre à la seule puissance logico-déductive de l'analyse économique. Elle est convainquante en effet. Mais il faut aller au bout des conséquences d'une telle démarche (qui peut s'apparenter à une démarche d'éducation populaire, mais c'est du canada dry).
Elle consiste implicitement et symboliquement à valider comme seule valeur de référence la production de richesses matérielles. Autrement dit à consolider l'idéologie qui sous-tend le capitalisme.
Il faudrait pousser encore pour décortiquer en quoi cette démarche nourrit la confusion et la perte de repères généralisée si profitable (au FN en apparence) aux commanditaires de Nicolas Sarkozy et de ses accolytes en réalité.
Plus tard...