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N'interrogez plus les savants de ce monde

Avant de revêtir ma tenue d’homme sandwich (avec ou sans maillot), quelques nouvelles sans importance.
La nouvelle sans importance est à l’information sérieuse ce que le "off" est au festival de jazz.
Déposer les statues
L’association “Pour la réintroduction du Chirac en Corrèze” est dissoute.
L’association “Pour la réintroduction du Sarkozy à Neuilly sur Seine” vient de déposer ses statuts.
Repas de famille
Dimanche grand repas de famille.
J’y ferai mon coming out.
J’annonce à tous mon hétérosexualité.
La tête qu’ils vont faire.
Sans papiers
Une jeune Rom sans papiers sacrée meilleure apprentie de France.
La gauche "responsable" va pouvoir se saisir du dossier.
Santé
Il faut prendre soin de son corps.
Et notamment de cet organe indispensable qu’est le boyau de la rigolade.
Bruler un siège
Je viens de terminer la lecture de “Chien blanc” de Romain Gary.
Il y parle des émeutes des noirs américains.
En France pour satisfaire nos désirs nous brulons des cierges ou des voitures à la Saint-Sylvestre.
Tiraillé entre deux attitudes, je me contenterai de bruler un siège la prochaine fois.
Pour ne pas m’attirer des ennuis, je ne dirai pas s’il s’agit d’un Saint-Siège ou d’un siège de voiture.
Impossible
Pendant que vous me lisiez, j’ai revêtu mon habit de lumière et je vais faire de la pub.
Vient de sortir "L'Impossible". Je vous en parlerai quand je l’aurai lu en entier.
J’y ai déjà lu un beau prologue qui invite à  interpeler les savants ne plus interroger les savants de ce monde, à faire de la politique.
Curieux que le terme "savantisme" - comme il y a un mot pour désigner le scientisme - n'ait pas été forgé.   
Histoire véridique

Un juge à l’accusé : pourquoi avez-vous tué cet homme sandwich ?
L’accusé : parce que j’avais faim , monsieur le juge.
Lundi
Lundi, inutile de chercher à me joindre, je serai six pieds sous terre.
Je pars faire un stage de spéléo en Ardèche.

Extrait du prologue de l'Impossible N° 1 :
"Politique de l'Impossible
L'éloge de l'art, de l'inédit, de la discorde, de la pensée, de l'espérance, de l'amitié, de l'invention, du désir, de la confiance, de la joie, du génie, de l'amour, de la langue, de la rêverie, de l'élégance, de la solitude, de la liberté ? Oui, je peux l'écrire, je peux l'illustrer. Mais l'éloge de la politique ?
Un mouvement dont s'éprendrait la jeunesse, une gaieté, une ardeur, des phrases drôles et des phrases tragiques pour dire le peu qu'il faut dire. Par exemple cette injonction devenue obscène : Faites de la politique !
Ne respectez plus les puisssants de ce monde, admirez de plus impressionnantes personnes.
N'interrogez plus les savants de ce monde, palabrez avec de plus sages personnes.
Ne négociez plus avec les influents de ce monde, traitez avec de plus considérables personnes.
Ne charmez plus les séduisants de ce monde, affolez de plus étonnantes personnes.
Faites de la politique !
Racontez de drôles d'histoires et des histoires drôles.
Jouez !
Nous avons inventé ce petit objet pour les nuits blanches et pour les jours sans fête. Lisez-le, dispersez-le, donnez-le :
Faites de la politique."

Lisez-le, dispersez-le, donnez-le.

Post scriptum : je remonte ici une partie de ma réponse à une question de JoëlMartin qui attendait quelque chose de plus consistant sur les savants  :
Curieux que le terme de scientisme existe et pas celui de savantisme.
Il y a une ligne de partage invisible qui séparent "ceux qui savent" et "ceux qui ne savent pas".
Pourtant on ne parle jamais de ségrégation intellectuelle.
Rencontrer des sans-papiers qui n'ont peut-être jamais été scolarisés pour certains, qui parlent mal le français, et qui pourtant ont un savoir sur notre société, peut nous permettre d'apprendre "deux ou trois choses qu'ils savent d'elle". Ils ont beaucoup à nous apprendre.
Je pense tout à coup au film de Jean Rouch "Petit à petit" qui nous montre les tribulations d'un africain à Paris.
Et à Marcel Griaule.
« Griaule fait voir aux Français des années trente, encore largement colonialistes, des Africains vivant au fin fond d’un pays complètement coupé du reste du monde, que l’on considère pour cette raison comme primitifs ou arriérés, et qui ont pourtant reçu en héritage une grande oeuvre de la pensée humaine. Car, oui, veut affirmer Griaule, pour la première fois : “on pense” sur la falaise de Bandiagara, des Africains pensent d’une manière savante et sophistiquée » (Scheinfeigel, 2008).

Tous les commentaires

31/03/2012, 14:37 | Par Pointvirgule

Lu dans "L'impossible"(N°1) :

C'est à partir de ce qu'on ose défaire qu'on invente sa vie. ( Marie Depussé)

Ça m'a beaucoup plu.

31/03/2012, 15:14 | Par JoëlMartin

Et les savants à interpeller, dans tout ça ?

01/04/2012, 09:09 | Par bienavous en réponse au commentaire de JoëlMartin le 31/03/2012 à 15:14

J'ai remis la main sur ce numéro 1 que je citais de mémoire et déformais. Errare inhumanum est.
Mais l'idée était là : ne plus croire dévotement les gens dits savants, "ceux qui savent" comme c'est dit parfois avec respect sur Mediapart aussi.
Curieux que le terme de scientisme existe et pas celui de savantisme.
Il y a une ligne de partage invisible qui séparent "ceux qui savent" et "ceux qui ne savent pas".
Pourtant on ne parle jamais de ségrégation intellectuelle.
Rencontrer des sans-papiers qui n'ont peut-être jamais été scolarisés pour certains, qui parlent mal le français, et qui pourtant ont un savoir sur notre société, peut nous permettre d'apprendre "deux ou trois choses qu'ils savent d'elle". Ils ont beaucoup à nous apprendre.
Je pense tout à coup au film de Jean Rouch "Petit à petit" qui nous montre les tribulations d'un africain à Paris.
Et à Marcel Griaule.
« Griaule fait voir aux Français des années trente, encore largement colonialistes, des Africains vivant au fin fond d’un pays complètement coupé du reste du monde, que l’on considère pour cette raison comme primitifs ou arriérés, et qui ont pourtant reçu en héritage une grande oeuvre de la pensée humaine. Car, oui, veut affirmer Griaule, pour la première fois : “on pense” sur la falaise de Bandiagara, des Africains pensent d’une manière savante et sophistiquée » (Scheinfeigel, 2008).
J'ai rajouté dans le billet l'extrait de l'Impossible qui m'avait plu. Et pardon pour l'amateurisme...

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