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Algérie 50 ans après

Un recueil de textes sur l’Algérie contemporaine publié à l’occasion du 50ème anniversaire de l’indépendance vient démontrer si besoin est la vivacité des écrivains, journalistes et professeurs amoureux de cette terre.

 

Certes, la majorité des 24 écrivains réside en Europe et c’est peut-être le point faible de cet ouvrage dont l’ambition n’est pas tellement d’analyser la situation actuelle mais de lancer un cri du cœur. Ce faisant le régime au pouvoir actuellement se voit refuser toute légitimité et la nostalgie d’un présent différent dans ce pays dont la douceur de vivre relevait de l’image d’Épinal affleure  à longueur de pages.

 

Point de tableaux sociologiques de cette société sclérosée, spoliée et vidée d’espoir mais un bilan accablant et douloureux de ce laps de temps qui fait le deuil de tous les possibles enfouis sous les amas de vaines promesses. Kateb Yacine, Mohammed Dib et Jean Sénac reviennent au fil des lignes comme références incontournables d’une floraison culturelle tronquée par leurs morts, prématurée et odieuse dans le cas de ce dernier.

 

Yahia Belaskri et Elisabeth Lesne ont su réunir des talents qui font luire les multiples facettes de ce pays fascinant qui suscite passion ou haine, mais jamais l’indifférence. Beaucoup de souvenirs de 1962 ou d’expériences de visites intenses en Algérie, les destins individuels réels ou romancés se croisent et éclairent ce passé récent qui tient plus de la traversée du tunnel ou du chemin de croix que de la croisière paisible qui eût été possible avec des revenus pétroliers répartis plus équitablement et un rigorisme moins prononcé.

 

Tribu et butin étaient deux des trois vecteurs de ce que d’aucuns nomment la « déchéance », je ne me souviens pas du troisième énoncé par Belaskri lors de la présentation du livre mais il y a fort à parier qu’il touche à la répression car comment contenir cette jeunesse avide de tout ce qui confère une dignité et fait tant défaut : travail, formation, famille à fonder … sans oublier aussi les divertissements tant convoités et si faciles à obtenir ailleurs. Le référent occidental au-delà de la mer brille de mille feux que ce soit pour éblouir ou pour repousser dans l’obscurantisme.

 

Un parcours salutaire dans les méandres de ces années si vite passées, mais non oubliées pour ce qui est des souffrances et des désillusions. Mais un ton optimiste tout de même car si l’on parle d’âme slave, on peut tout aussi bien parler de vigueur méditerranéenne qui surmonte l’adversité et dans le cas de l’Algérie se traduit par son ingéniosité et son art de surmonter les épreuves pour avancer .

 

 

 

ALGÉRIES 50, Magellan & Cie, Cité nationale de l’histoire de l’immigration

 

 

 

 

 

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