Fri.
25
May

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Je suis née dans une usine

Je suis née dans une usine à une dizaine de quelques kilomètres de la fonderie de FEURS et ce matin après avoir vu ce qu'il reste de celle-ci, je pleure de tristesse et de colère tout comme lorsque j'étais enfant j'ai pleuré lorsque la très petite usine de mon père a brûlé et que j'ai vu les flammes et les larmes de mon père, ceci a été le fondement da mon choix professionnel : médecin du travail et psychiatre, spécialiste en souffrance au travail et en suivi post accident du travail ou maladie professionnelle. Alors ce billet je l'écris ce matin pour la famille des victimes, pour les salariés, pour les habitants de Feurs. Il y a quinze jours j'étais au concert de LAVILLIERS à St-Etienne, j'ai fait le déplacement de Grenoble car sa chanson Le Stéphanois et tant d'autres me vont droit au coeur: "On n'est pas d'une pays mais d'une ville..."chante-t-il, cette phrase est mienne. Je pense aussi à tous les salariés en maintenance qui mettent quotidiennement leurs vies en danger dans un paysage industriel en déliquéscence. La sécurité sans moyen financier à la hauteur ne peut exister et quotidiennement dans mon cabinet j'entends de telles confidences, pas assez d'EPI, réparations de fortune par manque de matériel, perte de savoirs non transmis par les "anciens" qui ont été mis à la porte par des PSE, produits cancérigènes sur des combinaisons de travail que l'on ne peut nettoyer, produits chimiques explosifs trouvés au décours d'un dépannage dans un atelier non prévu pour çà, chaussures de sécurité non réglementaires quand il faut travailler à moins 10 degrés au sommet d'une installation, parkas non ignifugées, gants trop courts et dans mon cabinet les cicatrices, les plaies celles que l'on voit mais aussi celles qui ne se voient pas et celles-ci font très mal, je vous en supplie n'utilisez jamais le mot 'blessés légers" car parfois leur douleur morale qui se nomme syndrome psychique post traumatique est indicible. J'essaie de panser les plaies, celles qui ne se voient pas et je cache mes larmes. Docteur Font Le Bret Brigitte, psychiatre.

Tous les commentaires

Merci de dire.

Billet très émouvant... Oui, merci de dire.

Les "blessés légers" sont un euphémisme entrepreneurial comme "l'absentéisme" pour éluder la sinistralité et ses conséquences médicales et humaines.

Comme il n'y a pas de blessés légers, il n'y a pas d'absentéisme. Il y a des malades ou des accidentés. Le patronnat vit dans le déni et l'hyperbole.

Le droit à la santé est un droit de l'Homme et le médecin son garant. Attenter à l'indépendance du médecin menace la garantie des travailleurs à bénéficier de ce droit fondamental à la santé.

Ce que fait le gouvernement est une régression sociale (une de plus).

L'absence de réaction de l'ordre des médecins à une telle atteinte de ses prérogatives témoigne d'une certaine inféodation au pouvoir, comme en a déjà attesté les députés médecins ayant voté contre les soins aux étrangers sans que cela ne le choque.

Porter atteinte à l'indépendance du médecin est comme porter atteinte à l'indépendance du juge, garant des autres droits de l'homme.

Le sort des médecins ne fait peut-être que préfigurer celui de la justice.

Le manque de sécurité au travail se voit en plein jour dans nos villes dans le manque de matériel de protection approprié à des tâches dangereuses autorisées par la mairie ou l'Etat.

Les échaffaudages de réfection des façades d'immeubles tiennent par miracle, mettant les nettoyeurs, sans masque filtrant, en plus grand danger.

Merci pour ce billet, et votre rappel au sujet des blessés dits 'légers' est entendu.

http://www.youtube.com/watch?v=4DTbe2W3Fqg&feature=youtube_gdata_player Moi, je suis née très prématurée et toute bleue (on avait mis des glaçons sur le ventre de ma mère, qui, tenait absolument à accoucher ds un hôpital public) à l'étranger, sur un autre continent. C'est mon père médecin qui m'a sauvée in extremis... A mon avis, ceci a déterminé, aussi, une de ses spécialités en médecine & ses principes dans la vie.. Bref. On ne va pas faire pleurer ds les chaumières. Il y a pire ds la vie et ds le monde. C'est la vie, rien n'est simple. Il faut se battre, ne pas se laisser faire & y croire. Il est vrai que le sort & travail des médecins (de leur "allocation" pdt leurs études à leur internat ds le service public..) en France, ainsi que ceux de leurs patients, sont pitoyables et affligeantes (et cela date d'au moins une décennie voire plus) pour un pays sensé être une "économie riche"... mais ce n'est pas (ou n'était pas avant la réforme de Rafarin) encore comparable aux USA... surtout en ce qui concerne les patients de la "classe" moyenne.. en tout cas de ce que j'en avais vu à l'époque (IRL) avant la réforme sur la santé d'Obama.

***

On soulignera aussi la terrible régression de la médecine scolaire.

Merci à vous.

La marchandisation de l'humain. Plus d'un siécle de luttes sociales (Loi sur les AT en 1898 si je ne m'abuse ?) laminé par des comptables besogneux. Et dehors pour les remplacer les gestionnaires du moindre mal. Effectivement il y a de quoi pleurer. Mais après s'être mouché et essuyé les yeux il va falloir passer à autre chose.

Est il necessaire d 'ajouter à ces souffrances quotidiennes 2 années supplementaires ?

Penibilité du travail non reconnue .

" Travaille et crève "

Desolé , c'etait le titre de mon premier billet .

Merci à vous de dire .

Puissiez vous etre entendue !

"Tout petit déjà, cette fleur de grisou" (B.L.)

Oui merci de Dire....et acter l'encadrement total de la Personne blessée , combien sont-ils ceux qui actent avec le sentiment médical humain ??????

Combien sont-ils ceux qui ne veulent pas s'investir, dont la cause est aussi invisible (le maillon du rendement financier et voir ++++) ??????

Combien sont-ils ceux qui ne prennent plus de responsabilité envers leurs patients?????

Ils sont nombreux ceux qui se classent dans la normalité d'ignorer le droit de l'homme, en effet, les larmes ne se cachent pas en eux , car ils sont totalement dépouvus de ressentis. D'autres baissent les bras , voir même rejoignent l'autre côté ddu cabinet, la salle d'attente !!!!!!

Merci pour ce billet et pour votre courage tenace!

A giseleh

merci pour cette phrase si juste "les larmes ne se cachent pas en eux , car ils sont totalement dépouvus de ressentis." qui - de mon point de vue - touche du doigt la raison pour laquelle tant de personnes sont comme anesthésiées face à leur propre réification et disent que ce n'est pas "si grave que cela" ce que l'on subit, que l'on vit très bien avec, que l'on s'en remet si on ne se "victimise pas" et qui, du coup, trouvent normal de servir de courroie de transmission à l'oppression.

Je ne suis pas sure que ce soit le sens que vous vouliez transmettre mais c'est celui que j'ai reçu!

A WataYaga

Bonjour,

Vous avez bien compris le chemin du sens mes pensées de mon commentaire. A mon sens je le généralise sur tous les sujets de sociétés, qui sont Ceux ???? qui mènent la société mondiale comme ils le désirent où, quand, comment , le pourquoi est facile à deviner (rendements financiers) pour banaliser par le fantomastisme, les brebis aveugles que nous sommes suivons cette musique dominatrice froide et sans sentiment (cela depuis des décennies) et si certaine brebis veulent s'en écarter, les chefs, les nanagers éduqués à n'avoir aucune larme, nous rattrapent afin de nous rediriger vers ce chemin de réorganisations travail, santé, justice et bien d'autre chose etc....Par l'individualisme, la technologie, la manipulation, l'instrumentalisation du mensonge, la prise en otage par la peur sur chacun, afin que le seul filemment d'espace restant de véritable liberbé, nous ne l'empreintions pas....Doù la perte de repères sur notre propre identétée, culture, origine. Le sens de mon commentaire est en profondeur (raccourcie) pour finir par dire "blessés légers" NON mais par CEUX perversité OUI sur la société mondiale car c'est atteinte à la vie humaine qui pleure (dont la seule et ultime solution c'est bien souvent se donner la mort ou vivre en mort vivant) et non à des instruments sans sentiments.

PS: je ne suis pas dans le médical, mais si on veux ouvrir les yeux et regarder autour de soi à 360°, on découvre de ++++++ en +++++ les malfaçons de l'humanité, car malheusement elle a perdu son origine....Par CEUX qui lui ont imprégné la nouvelle origine (l'Argent) qu'ils infiltrent de +++en++++ depuis voir des centaines d'années. Ce qui en résulte , nous l'avons devant nous, et dans le futur, aie, aie, aie....

Oui en effet, nous avons besions de professionnels de santé, qui ont des larmes intérieures.

 

 

 

 

Je n'ai aucune confiance en mon médecin du travail.

La visite d'embauche a suffit pour me démontrer que je ne pourrais jamais compter sur lui. J'avais même l'impression que c'était le but recherché de cette visite d'embauche: Me montrer que j'étais seul et qu'il ne fallait surtout pas compter sur mon médecin du travail.

Une sorte de doux-dingue très agité, hyperstressé, très en retard, très à la bourre, avec des piles de dossiers partout sur son bureau, je dis bien des piles, 50 centimètres de haut menaçant de tomber, à peine quelques centimètres carrés pour griffoner fébrilement, et sa chaise, où il pouvait quand même s'asseoir sans avoir à déplacer une pile de dossiers médicaux.

Tout un long speech, entrecoupé de plusieurs appels téléphoniques où j'entendais se jouer des carrières, notamment celle d'un pilote d'hélico dont on organisait par téléphone la "sortie du circuit", tout un long speech ressorti dans un étrange mélange de par-coeur automatique, et d'une sorte de souci empathique impuissant, concernant les maux liés à ma profession.

Vraiment l'impression mêlée, d'un homme qui aurait eu à coeur de s'occuper de ses professionnels avec intégrité, mais qui s'est laissé complètement déborder et surmener, et qui joue à merveille le jeu pour lequel en réalité il est à ce poste:

Surtout bien montrer qu'il ne faut pas compter sur les médecins du travail.

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Il y a des coups comme ça, où j'aimerais tant recevoir un message privé, pour y révéler en réponse, noms de lieus, identités, dates etc etc..!

Mais je sais bien que la confrérie se tiendra les coudes, quitte à laisser pourrir encore plus et de plus en plus, toute la situation.

C'est vrai, quoi, il y a encore un peu de place au sol et aussi dans le corridor d'entrée, pour y empiler d'autres amas de dossiers médicaux en souffrance...

Sale métier de con que je pratique, dont je connais les limites et les perversions (si ça vous intéresse, regardez donc mon dernier billet sur l'aptitude et les travailleurs exposés aux rayons, je ne sais pas encore bien mettre un lien).

Simplement je me sens utile là où je suis et je me l'entends dire. Ce métier est un combat, il n'est pas le seul certes, mais j'ai vraiment l'impression de défendre une ligne de front, tout en me disant que la relève ne viendra pas...

Nous ne sommes pas une vraie confrérie, si vous saviez...

Je tiens...encore.

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