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L'émeute
Pourquoi ça va pêter...
On parle peu des manifestations lycéennes, et peu des élèves en général.
Voici mon avis de prof; je pense que oui, ça va mal finir, et pour deux raisons.
1/ comme par miracle, les informations filtrent en nous disant que « l’Elysée est inquiet. » Rien ne profiterait plus à Nicolas sarkozy qu’une bonne série d’émeutes; il a été élu suite à l’embrasement de la banlieue. TF1 nous prépare déjà le terrain. Bientôt, le retour de « la France a peur » sur toutes les chaînes.
2/ les lycéens sont profondément désespérés.
Ils voient qu’ils n’ont que peu de chances de trouver un travail.
Ils devront pourtant bosser jusqu’à 70 ans. Charmante perspective quand on en a 18.
La planète qu’on leur laisse est en piteux état, et tout le monde s’en fout.
Leur seule chance d’avenir c’est une bonne formation; on supprime des profs et des heures de cours, on casse l’université.
Ils se sentent;
- méprisés
- non entendus
- non respectés
- et, pire que tout, inutiles.
Le brasier est en place, on souffle sur les flammes...
Merci, Darcos!


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Déjà au mois d'avril, le 22, lors de la réunion des recteurs d'Académie réunis à Matignon le ministre de l'Education Nationale, confie à la presse (selon l'AFP)«ces troubles restent modestes» (billet Le mépris 23 avril 2008) "On serait en droit d'attendre qu'un Ministre parle d'avenir, parle des enfants, des jeunes, de l'éducation, des apprentissages, des connaissances, du savoir. Et parler de cela c'est parler d'un investissement pour les générations futures !" Et c'est le même ton de mépris qu'il emploi à la télévision (FR3) il y a deux jours pour disqualifier ces manifestations qui, signe de l'inquiétude des élèves, des enseignants, des parents, prennent des formes violentes que l'absence de perspectives et d'alternative suscite.
Il y a aussi la phrase de Sarkosy: "maintenant, quand il y a une grève, les français ne s'en aperçoivent plus", dans le genre huile sur le feu...